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vendredi 11 juillet 2008

Robosquare

Comme annoncé, un article consacré à Robosquare. Euuh... c'est quoi ce machin ? Comme le nom le suggère, malgré l'absence de t, c'est un espace consacré à la robotique et situé dans TNC TV building pas loin de là où je bosse (et où je déjeune régulièrement).
Ça n'est pas très grand, on en fait vite le tour, mais ça vaut le coup si on passe dans le coin. Vous pouvez trouver des informations sur www.robosquare.org (une version en anglais existe, mais elle est bien moins complète). Pour compléter les quelques photos qui vont suivre je vous conseille vivement la visite virtuelle qui fait bien le tour de tout ce qu'il y a (les informations sont en japonais mais vous avez l'image).


Les présentations sont faites, franchissons ensemble le portail gardés par deux robots, dont un qui doit venir de je ne sais quel manga (y'avait évidemment un Gundam, mais sur le côté et hors champ). On tombe tout d'abord sur une série de petits robots, la plupart fabriqués dans le cadre d'un tournoi de robots footballeurs humanoïdes dont quelques matchs sont diffusés sur des écrans en hauteur. Ils ne sont pas bien grands et c'est de la mécanique/électronique bien propre : rien à voir avec un certain robot patché au carton et les tripes à l'air (mais ils sont télécommandés, c'est tout de suite plus facile). Sur la droite vous pourrez remarquer une poupée robots (à grands pieds). Qu'est-ce qu'elle fait là ? J'en sais pas plus que vous...


Après ces petits robots il y a les plus gros (certains sont assez imposants) et non domestiques. La première fois que je suis allé à Robosquare il n'y avait personne et j'ai donc eu droit à des explications sur les différents engins : un ou deux robots pour aider les secours dans la recherche de survivants dans des décombres (utilisés après le 11 septembre par exemple), des robots de surveillance, et puis des plus rigolos comme モスペン君2番 (MosuPen-kun n°2). J'avais déjà évoqué les petits paquets publicitaires de pseudo-mouchoirs minuscules bouts de cellulose tout fins, bah ce robot est là pour en distribuer. En pratique il a du mal à s'acquitter de cette tache (surtout quand la pile est trop pleine), mais quand il réussit à vous tendre son généreux présent avec sa pince et détecte que vous l'avez pris vous avez droit aux remerciements d'usage accompagnés d'une jolie frimousse (oui, le visage sur l'écran s'anime).


Pour finir, il y a un bon nombre de robots domestiques commercialisés : robot aspirateur (bruyant et qui a beaucoup de mal à retourner à son emplacement de repos), les chiens robots de chez Sony qui font mumuse avec une baballe et font un semblant de danse (par contre quand ils se déplacent, c'est bancal), un robot radio en forme de cylindre et monté sur deux roues qui danse tourne dans tous les sens en rythme avec la radio qu'il diffuse (j'comprends vraiment pas l'intérêt, c'est vraiment 100% gadget : le son venant d'en bas ça doit pas être génial... même bon, d'après la vidéo c'est le bonheur ultime de se trémousser sur son parquet avec ça dans les pattes). Et puis il y a l'ami des personnes âgées dans les maisons de retraite, l'ami de la petite fille seule à l'hôpital (toujours d'après la vidéo, les acteurs avaient l'air tellement heureux...) : パロ (Paro) le phoque.
J'avais déjà vu cette créature quelques semaines auparavant, au boulot. Un après-midi on entend de drôles de sons venir d'un bureau à côté : un employé avait apporté son Paro (il travaille dans le même domaine, c'était pas pour l'accompagner mentalement). Plusieurs employés (surtout ées en fait) attirée par le bruit se sont amusés à caresser l'animal (il réagit en poussant des cris bruits de phoque... ou pas) et à commenter les quelques mouvements et fonctionnalités. La grosse bête (c'est pas tout petit comme engin) possède plusieurs capteurs sur le corps, tourne la tête quand on l'appelle (j'ai bien l'impression que la réaction est la même pour tous les sons), bouge un peu, cligne des yeux, ... c'est à peu près tout. Pour recharger ce protégé moderne de Brigitte Bardot vous avez une prise en forme de tétine à lui mettre dans la bouche (ils ont pensé à tout). Le bouton marche/arrêt est plus dur à trouver par contre, ce qui lui a vallu opération à cœur ouvert de la part d'un employé en quête du fameux interrupteur. C'est pas tout ça, mais ça devient vite pénible ses gémissements.

C'est à peu près tout. Je passe sur la mini-boutique qui permettait d'acheter quelques petits trucs (de remarquable y'avait juste un piano à queue miniature, électronique, avec des boutons à la place des touches). Des petites animations ont lieu de temps en temps mais je n'y étais pas au bon moment. C'était relativement modeste mais intéressant au moins une fois : on a sûrement tous vu ce genre de robots à la télé ou sur des vidéos vantant le produit, voir ça en vrai permet de se faire une meilleur idée de la chose... et de voir que la réalité est plus chaotique.

samedi 17 mai 2008

L'outil de base du Japonais

Certains disent qu'en France les gens ont toujours leur téléphone portable dans la main. Ça n'est pas totalement faux, mais quand on voit comment c'est au Japon, on apprend à relativiser. Des keitaidenwa (携帯電話, abrégé comme chez nous en keitai qui signifie juste portable) on en voit partout. Prendre le métro est un bon moyen de constater le phénomène qui concerne toutes les générations.

Au Japon, le leader du secteur c'est SoftBank. À l'origine c'était une banque mais depuis que la société a racheté une boîte de téléphones portables... C'est également LE sponsor de l'équipe de base-ball de Fukuoka, qui n'est pas une petite équipe (au Japon on aime le base-ball). Au niveau des tarifs, je ne sais pas trop ce qui se fait en France, mais de ce qu'on m'a dit c'est beaucoup moins cher ici (si vous voulez comparer). Par exemple pour les abonnés SoftBank, avec un forfait basique, les appels et envois de mails vers un téléphone de la marque sont gratuits (sachant qu'ils sont leaders...).

Avec un téléphone, qu'est-ce qu'on fait ? On ne fait pas que téléphoner bien entendu (personne ne téléphone dans les rames de métro et de train, ceci dit en passant). Contrairement à la France, personne n'écrit de SMS, c'est dépassé : on envoie des e-mails, et pas qu'un peu. Il faut dire que la langue permet d'écrire plus rapidement. On commence à taper la prononciation et y'a une auto-complétion à double usage : lister les mots possibles et faire la transcription en kanji. Certes, il y a aussi de l'autocomplétion en France mais elle est moins performante. Le japonais étant plus compact et avec moins de petits mots perdus ; c'est beaucoup plus rapide et pas besoin de langage SMS tout crade. Un défaut tout de même, ils utilisent le SJIS (un encodage vraiment pourri) : si vous envoyez un mail en UTF-8 avec du japonais à un portable n'espérez pas qu'il soit interprété correctement.

Bien entendu, l'usage du portable ne s'arrête pas là. Comme en France il y a un appareil photo intégré (cela va de soi) et des jeux, avec certains bien japonais (en z'yeutant un peu je suis tombé sur un jeu de pêche). Dans les transports, les Japonais ne se contentent pas de jouer et d'envoyer des mails. Suivant les modèles on les voit incliner leur téléphone et/ou faire pivoter l'écran et/ou déplier une antenne. Recevoir la télé sur son téléphone est une chose tout à fait banale, et y'a un bon réseau de diffusion.
Y'a un autre truc bien utile quand on est avec des japonais (je ne sais pas si c'est dans le téléphone ou si ça se fait via Internet) : un dictionnaire anglais/japonais.

Pour finir, l'accès au net pour les téléphones portables est très développé : les portables sont équipés pour et beaucoup de sites ont une version pour mobile et certains services ne sont proposés que par l'intermédiaire de cette version. On voit aussi un peu partout (produits, pubs, ...) des codes barre 2D de ce type qui codent une adresse Internet ; en photographiant le code barre avec son portable, on peut accéder au site (sans avoir à taper l'adresse). Il doit probablement y avoir d'autres usages plus spécifiques de ce système d'ailleurs.

samedi 10 mai 2008

Afficheurs et chenillards

Ceux qui étaient à la coupe de France de robotique en 2006, et d'autres également, savent que j'aime bien faire clignoter des leds (aaah... mon premier K2000...). Au Japon ils ont l'air de bien aimer ça les chenillards (c'est quoi un chenillard ?). Je me devais donc d'en toucher deux trois mots, au moins pour les gars d'Eirbot qui sont dans le même cas que moi.

Première chose : les Japonais ont beaucoup d'écrans lumineux, y'en a un peu partout. On en voit aussi en France mais beaucoup moins, et des moins gros. Deuxième chose : du fait du système d'écriture, ils ne peuvent pas se contenter d'afficheurs à segments ou d'afficheurs de faible résolution (tram bordelais par exemple) : comptez au moins 16x16 pixels pour pouvoir afficher des kanji.


Où qu'on en voit des leds ?

Je passe sur les écrans et panneaux géants qu'on peut voir en centre ville et qui sont d'une autre dimension pour ne parler que de ceux qui restent de taille plus ou moins normale. Déjà pas mal de boutiques en ont (je ne parle même pas des pachinko), des gros qui brillent, si possible entourés d'ampoules de toutes les couleurs pour attirer le client : texte, images, animation, ... on voit de tout. Mais ça reste relativement commun...
En fait, dès qu'il y a des leds ou un afficheur, même petit, il faut que ça bouge et on a droit à un chenillard, et ça concerne pas mal de choses : péage de parking, indicateurs placés devant les escalators, témoins lumineux sur les distributeurs (en plus y'a deux couleurs à chaque fois : bleu et rouge pour les boissons fraîches et chaudes), mini afficheurs sur ces mêmes distributeurs (et qui n'ont pas l'air de servir à grand chose à part faire chenillard), ... Certains Jacky vont même jusqu'à mettre des afficheurs au dessus du pot d'échappement de leur moto déjà bardée de grosses lumières bleues.


Dans le métro

Les quais du métro mais aussi les rames ont droit à des afficheurs haut de gamme, rien à voir avec les pauvres trucs du tram bordelais par exemple (ça doit être pareil pour les autres trams d'ailleurs). J'ai tout de suite été séduit par ces zolis afficheurs et leur gestion particulièrement efficace. Ça bouge pas mal dans les rames, mais j'ai quand tout de même réussi à vous prendre une photo correcte.


Comme vous pouvez le voir, on a droit à un truc de bonne taille : un écran de 128x32 leds permettant d'afficher deux lignes de 16 kanji chacune (chaque kanji faisant 16x16 pixels), le tout avec 3 couleurs différentes disponibles (simultanément bien entendu). Sur les quais il y a bien évidemment des afficheurs plus gros, avec une meilleure résolution (24x24 par kanji), mais toujours aussi bien gérés). Là ce sont uniquement des caractéristiques techniques, mais la grosse différence réside qu'au Japon ils n'ont pas des trucs tout bugués codés par des stagiaires incompétents en stage de première année. À Bordeaux les afficheurs partent régulièrement en vrille, au Japon je n'ai jamais vu ça encore.

Déjà il est impensable de se limiter à une seule police : on a donc droit à deux tailles de base, sans compter les polices pour l'affichage du texte en anglais. Chaque ligne est évidemment gérée indépendamment des autres et les messages ne se chevauchent pas comme dans le tram.
On a toujours à disposition le nom du prochain arrêt, plus des messages divers qui défilent (correspondances, mettre son téléphone en mode vibreur, version en anglais, etc.).
Dans toutes les situations, l'espace est toujours utilisé intelligemment pour une lisibilité maximale, même avec les noms de stations trop longs, comme par exemple quand il s'afficher en grand (on respire) Maidashikyudaibyouinmae (馬出九大病院前) qui, avec ses 16 kana et ses 7 kanji, est le nom de station de métro le plus long du Japon : une autre police est choisie et subit un redimensionnement intelligent.


Je me demande s'ils ont un simulateur pour ça...

jeudi 8 mai 2008

Et la lumière fut

Ça fait quelques temps que les démarches avaient commencé, ça y'est. Le type de BBIQ est venu tirer les câbles de fibre optique. Tout n'a pas été simple. Pour une fois la demande effectuée par le gérant de la résidence (de ce côté là c'était pas trop compliqué) on reçoit une enveloppe bien remplie. Certains papiers sont faciles à repérer, comme celui rassemblant les identifiants divers (connexion, mail, ...) ou le schéma des câbles branchements. Par contre il y a tout plein d'autres papiers, tout en japonais bien sûr. Une fois virées toutes les papiers pour avoir également le téléphone, il ne reste plus gros chose et on repère alors l'unique papier à remplir et à envoyer dans l'enveloppe fournie : le formulaire pour le prélèvement.
En France c'est déjà pas toujours très clair, mais en japonais c'est autre chose. Le reverse est un peu long mais on finit par y arriver (au moins j'aurai appris à reconnaître quelques kanji au passage). Reste ensuite le problème de l'envoi par courrier... Cette étape a été magistralement chintée évitée par un gros coup de chance : le point de livraison de l'enveloppe est situé 3 étages en dessous de là où je travaille.
Tout n'est pas fini, il faut ensuite réussir à déchiffrer les gribouillages du gérant de la résidence qui signale que BBIQ a appelé pour dire qu'il y avait un problème avec la banque. Ils n'ont pas aimé la différence dans la casse des caractères quand j'ai écris mon nom. Heureusement qu'un des Français de l'ISIT avait eu le même problème, parce que c'est pas le genre de truc qui se devine... Pour expliquer ça aux voisins 3 étages plus bas (on apprécie d'être à côté) ça n'a pas été de tout repos, par contre on a été bien reçu (ils offrent le thé, notamment).
Finalement le type est venu installer tout le bazar, mais y'en a un autre qui doit venir pour vérifier que tout marche bien. On ne sait jamais, au cas où le BBIQ User Guide Book de plus de 100 pages comprenant (entre autre) toutes les étapes (illustrées de captures d'écran légendées) nécessaires pour la configuration de la connexion pour 6 versions d'OS, 4 navigateurs et autant de clients mails, ne suffirait pas...

Le Japon est plutôt bien avancé dans le passage au tout fibre optique. Les services de vidéo à la demande et compagnie ont l'air d'être pas mal développé également. Par contre pour les prix, c'est pas excessif, mais ça reste plus cher qu'en France (y'a pas Free pour tirer par le bas). Par exemple pour BBIQ, hors offres spéciales, mois gratuits et compagnie, pour une connexion indépendante normale, c'est 5575 yens, soit environ 36€ et 315 yens de plus (2€) pour avoir également le téléphone.

Partie plus technique maintenant. Il s'agit d'une connexion fibre optique 100 Mbits. La fibre arrive jusqu'à une petite boîte qui fait bien creux à laquelle est relié le PC, par un câble Ethernet, avec une connexion PPPoE.
Performances maintenant. Pour le temps de latence, au vu des tests que j'ai fait, c'est pas mauvais du moment qu'on ne se ballade pas trop loin (genre en France) : 2 ms pour le serveur web de BBIQ, 20 pour Google, 295 pour l'enseirb, 307 pour Free ou OVH.
Du côté du débit, je suis monté à 4Mo en download, pour l'upload je lancerai Bittorrent pour voir mais ça devrait être largement suffisant.