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dimanche 8 juin 2008

2008年6月7日(土)

Au programme : un mélange des divers petits trucs qui ont eu lieu hier, samedi 7 juin 2008. Rien de sensationnel, assez pour écrire deux trois trucs.

Le premier événement dont je n'ai pris connaissance que quand il a commencé, à savoir le matin aux alentours de 9h, c'était qu'il y avait une fête dans le lycée voisin à la résidence. D'habitude il y a toujours du bruit (entraînements sur le terrain de sport, répétition de l'orchestre, ...) mais cette fois-ci c'était pas pareil. Pas le même genre de bruit, l'entrée avait été rapidement décorée et il y avait un bon nombre d'élèves et d'extérieurs. Il s'agissait à coup sûr du gakuensai (学園祭, festival scolaire) (annuel) de l'établissement.
Parmi le public : de la famille (enfin je suppose) mais aussi des élèves d'autres établissements (pas le même uniforme). Ça faisait plus de monde que d'habitude dans les petites rues voisines de Kashii. L'événement s'est arrêté assez tôt (ça a l'air d'être une habitude au Japon) puisqu'à 16h l'accès était fermé et les élèves commençaient à ranger. C'était animé mais pas tant que ça. J'ai une vue sur une facade du bâtiment et on ne voyait rien de bien spécial dans les salles. Voici une photo de l'entrée (prise incognito depuis une terrasse de la résidence...), on constate qu'il n'y a rien à voir.



Le deuxième événement c'était un matsuri (祭り, festival/fête) au sanctuaire de Kashii. J'avais eu l'information je ne sais plus où, je ne sais plus quand. Je passe donc pour jeter un œil dans la matinée. En réalité il n'y avait pas grand chose. Quelques stands avec de quoi manger ou boire, un avec des ballons surprise et une scène où se succédaient divers artistes, le tout agrémenté de quelques lampions... c'était vraiment petit.L'ensemble était installé dans le petit parc entre l'entrée du temple proprement dit et la route. Aucun événement dans le temple proprement dit, on en fait très vite le tour.
Le festival se déroulant sur deux jours (samedi et dimanche) j'y suis retourné aujourd'hui mais il n'y avait pas plus de choses. Il y avait un stand où ils préparait du chikara-machin (je ne connaissais pas le deuxième kanji, mais chikara signifie force/pouvoir). C'était de la pâte de riz qui était écrasée et malaxée en direct. C'était servi avec une sauce (dont je ne suis pas très fan), ça donnait un truc très quelconque.

Le truc qui pouvait faire qu'on reste un peu était la scène, très similaire à ce qu'on pouvait voir au dontaku, avec des pauses assez longues donc je ne suis pas resté très longtemps. J'ai eu l'occasion de voir l'orchestre d'une école. La photo est prise de biais pour qu'on puisse voir tous les participants, y compris l'élève à la batterie et une partie des pom-pom girls pseudo-danseuses au dynamisme faiblard. On notera tout de même deux choses : premièrement la très forte majorité de filles (plus de 90%) et l'uniforme du type pour lequel je n'avais pas de photo dans le précédent article
J'en profite pour signaler que ledit article qui comportait un nombre de erreurs/lapsus/oublis importants (état de fatigue avancé) qui le rendaient partiellement illisible a subi une phase de strification. Si ça se reproduit, je vous rappelle que j'accepte les mails d'insulte et que je suis ouvert à toute remarque ou rapport d'erreur.




Le deuxième truc que j'ai eu l'occasion de voir, c'était des danses de femmes en kimono avec accessoires divers. On ne se rend pas bien compte de ce que ça peut donner avec des photos, donc aujourd'hui vous aurez droit à une vidéo d'une vingtaine de secondes de la performance de deux japonaises (avec même un lancer d'éventail). Ça ne sont pas des groupes professionels donc ça reste simple et parfois un peu bancal.
Pour le son, imaginez de l'enka (演歌)... Sur Youtube on a du mal à trouver des morceaux d'enka normal de qualité correcte, et en cherchant dans la langue c'est pas mieux puisqu'on tombe sur de l'enka chanté par un Noir américain au look de rappeur qui cartonne au Japon ou de la J-Pop remixée soit-disant version enka pour un jeu-vidéo qui cartonne aussi au Japon. Heureusement, il y a tout de même un ou deux trucs décents.

Vidéo de la danse (5,85 Mo)


Pour la soirée, on avait prévu d'aller à Tenjin manger des sushis. Avant de commencer, quelques informations d'ordre général... Un sushi (寿司 ou 鮨 ou 鮓) est un plat à base de riz accompagné (en général) de poisson cru et trempé dans de la sauce soja avant d'être dégusté. N'allez pas demander à un Japonais que dans son pays on mange des sushis tous les jours ou même souvent. On vous a déjà demandé si en France on mangeait tous les jours ou même souvent avec plusieurs séries de fourchettes, couteaux et cuillères ? Moi oui. Bah c'est la même chose pour eux avec les sushis. Il s'agit d'un plat de luxe et dans les restaurants proposant du poisson de grande qualité, les prix peuvent dépasser les 1500 yens (10 €) l'unité.

Heureusement, tous les restaurants qui proposent des sushis ne sont pas aussi hors de prix. Pour les bourses modestes il y a les kaitenzushi (回転寿司) : des assiettes avec des sushis défilent sur un tapis roulant et on pioche une assiette qui nous intéresse. (Je vous laisse faire une recherche) pour des photos.) Le prix d'une assiette dépend de son motif et de sa couleur. S'il n'y a pas ce qu'on veut qui passe (notamment pour les sushis chers) on peut aussi demander au cuisinier qui se tient au centre du du tapis roulant. Pour aller avec ça, on a aussi droit à du thé, naturellement. Avec ses baguettes, on trempe les sushis dans la sauce soja, en essayant que le riz reste avec le poisson (ce qui n'est pas toujours facile). Dans les restaurants plus chics on mange avec ses doigts (ce qui est plus simple pour tremper le bon côté du sushi).

C'était la première fois que je goûtais des sushis, et globalement je trouve ça bon. Je précise globalement parce qu'il en existe pas mal de types, plus ou moins bon. Les sushis ne sont pas toujours fait avec du poisson cru : poisson cru, légumes, poisson et légume, sous forme de maki (en rouleau, entouré d'algue séchée ou nori), viande, ... Pour que le riz avec ce qui va avec il y a plusieurs solutions : un ruban de nori, envelopper le riz de manière intelligente ou ajouter du wasabi qui fait office de colle. On est resté sur des assiettes abordables et les plus chères ne sont pas forcément les meilleures. Quelques exemples :

  • maguro : un classique, simple mais efficace ;
  • saumon : pareil, c'est toujours bon (même cru) ;
  • unagi : de l'anguille à ne pas tremper dans la sauce soja, ça fond dans la bouche et c'est vraiment bien ;
  • un truc blanc dont je ne connais pas le nom : c'était dur (pas fondant du tout) du coup j'ai moins aimé (les Japonais préfèrent paraît-il) ;
  • un truc avec des tentacules : y'avait beaucoup de wasabi, ça fait peur à certains Européens mais on ne sent pas les tentacules en fait, et le goût n'a rien de particulier.

Il y avait des clients qui avaient sur leur table une pile immense d'assiettes : de (très) gros mangeurs. Un sushi ça n'a l'air de rien, on a l'impression que y'a rien à manger, c'est petit... mais costaud. À raison de deux sushis par assiettes, avec quatre ou cinq assiettes on a déjà de quoi être bien calé. Ce qui fait que pour moins de 1000 yens (6,50 €) on peut manger des sushis à sa faim.


Pas de phrase de conclusion aujourd'hui. Enfin si, juste celle-là et... euuh... histoire de mettre quelque chose : dans le titre (土) c'est pour dire la date est un samedi.

vendredi 30 mai 2008

Boissons

Après avoir parlé de trucs à manger, parlons des trucs à boire qui se font au Japon. Je ne parlerai pas des cérémonies du thé ou des subtilités diverses liées à la préparation de ce breuvage (parce que je n'y connais rien) mais des boissons de tous les jours, du genre de ce qu'on trouve dans les distributeurs ou en magasin (parce que c'est plus fun).


Dans les distributeurs

Ci-dessus, le distributeur de la résidence, il donne un bon aperçu des différents types de boissons qu'on trouve. Au delà des différences d'aspect de la machine ou de forme des canettes, la gamme des produits proposés sont différents de ce qu'on a en France.
On a bien sûr l'omniprésent Coca Cola (et des dérivés) et d'autres produits du groupe comme du Sprite ou du Fanta. Premier truc qu'on n'a pas en France : le Fanta grape. Comme l'indique le nom, c'est au raison. Le goût est un peu particulier, c'est pas mauvais mais pas en trop grandes quantités ; on conçoit tout à fait que ce produit n'ait pas de succès chez nous.

Autre classique, pour les Japonais : le thé (la bouteille en haut avec marqué 茶花, et celles juste à droite). Il s'en vend beaucoup et plusieurs marques se partagent le marché (même pas d'illusions, elles appartiennent aux gros groupes multinationaux). Il y a deux grands types de parfums : thé vert et thé rouge. Je ne suis personnellement pas très adepte du thé en bouteille, il a un goût âpre (pas anormal pour du thé, ceci dit en passant) ; je préfère le thé (froid ou chaud) qu'on a dans pas mal de restaurants (à la place de l'eau) qui est moins agressif.
Comme boissons douces on trouve aussi différentes boissons comme l'Aquarius qui sont des sortes de boissons aromatisées (histoire de donner du goût), principalement au citron et à des trucs chimiques quelconques (du style boissons pour sportifs).

À droite du thé, on a du Real Gold, une des marques de boissons énergétiques qu'on peut trouver, des équivalents de Red Bull. Je n'en bois pas (n'en déplaise à certaines mauvaises langues), j'ai juste goûté une fois, donc je ne saurais vous dire si c'est vraiment énergétique.
Toujours dans la gamme des produits caféinés, mais en en plus soft, on a le café. Là non plus je n'en bois pas, mais il paraît qu'il n'est pas très fort... c'est pas ça qui va aider un drogué du café à tenir debout. Si vous voulez un truc un peu fort, prenez bien du café black, ça vous évitera d'avoir un truc trop fadasse ou coupé au lait : parfois c'est écrit clairement dessus café au lait (besoin de traduction ?), mais ça n'est pas toujours le cas.


Les boissons normales
Il y a bien sûr tout plein de boissons qu'on trouve en magasin, du même style que ce qu'on a chez nous : jus d'orange, équivalent Canada Dry, limonade, etc. Il y a cependant certaines marques que vous ne trouverez pas au Japon (en tout cas j'en ai pas vu), comme par exemple du Schweppes, du Pepsi.
C'est tout pour cette partie ridiculement petite d'un intérêt ridiculement petit.


Calpis du lait qui vient pas des vaches

Calpis

C'est le moment d'attaquer les boisons un peu space. Une très connue est le Calpis (カルピス). Après un rapide tour sur le net, il semblerait que ça ait été exporté dans quelques pays. C'est une boisson qui fait penser à du lait : opaque, blanche, texture similaire. Par contre le goût est différent. J'aurais du mal à le décrire (surtout que j'en ai pas sous la main), le mieux c'est de goûter. En tout cas c'est particulier : parmi les Européens, y'a ceux qui aiment et ceux qui trouvent ça trop spécial pour eux. Moi j'aime bien.
J'aime tester les trucs bizarres (est-il encore nécessaire de le préciser ?), j'ai donc goûté plusieurs des variations existantes : la version de base (Calpis Water), la version pétillante (Calpis Soda) et la version aromatisée à la pêche (Calpis... Peach, je crois), et il en existe d'autres.


Furu-furu, secouez-moi, sinon le jus il coulera pas
Furu-furu Shaker

Vous avez devant les yeux une canette de Furufuru Sheikaa (ふるふるシェイカー), une boisson vraiment très spéciale. La canette est très colorée, ça annonce un goût spécial... mais ça ne s'arrête pas là.
C'est une nouvelle boisson, sortie il y a deux ou trois mois tout au plus. Vendredi dernier, je vois mon camarade français avec un exemplaire du produit dans les mains et qui me dit, partagé entre rire et stupéfaction, que « C'est vraiment trop space, y'a pas que du liquide dedans. » Deux minutes plus tard j'étais de retour avec une canette dans les mains. J'ouvre la canette, je la porte à mes lèvres, je l'incline... rien ne coule si ce n'est un mince filet de liquide. En fait, la canette est remplie de liquide mais également surtout d'une espèce de gelée (qui forcément ne passe pas par l'ouverture). Et là on comprend que sheikaa c'est pour shaker et que le dessin en haut de la canette c'est pour nous dire de la secouer dix fois avant d'ouvrir.
Il fallait le faire, la boisson pétillante en canette-shake. C'était un peu trop tard pour secouer, je n'ai pas pu profiter pleinement de la boisson, mais le goût n'était pas aussi spécial que la consistance, mais pas quelconque pour autant. Il faudra que j'en reprenne une pour tester dans de bonnes conditions.


Melon Cream, breuvage psychédélique
Melon Cream Soda

Pour terminer sur cette série, voici l'énormissime Melon Cream Soda (メロンクリームソーダ). Après une boisson blanche, une boisson jaunâtre en gelée, voici une boisson vert fluo. Ça ne se voit pas trop sur la photo mais c'est vraiment fluo, et ça le vaut bien. C'est vert parce que c'est (censé) être du melon (les melons japonais sont des melons verts), mais ça n'explique pas le fluo.
Le Melon Cream, quand on le voit on ne sait pas ce qu'il y a dedans mais c'est sûrement plein de trucs chimiques, quand on le goûte on n'a pas la réponse mais on a confirmation pour les trucs chimiques, et quand on demande à un Japonais de traduire la liste des ingrédients il n'est pas capable de lire l'inscription sur la bouteille (les kanji pour bicarbonate de sodium ou acide nitrique, ça ne sert pas tous les jours). Le mystère reste donc entier quant à la composition de ce singulier breuvage.
Le goût de cette boissons pétillante est en effet très particulier, ça fait penser à un bonbon (du genre Arlequin). Je ne sais pas ce qu'il mettent dedans mais c'est la première fois que je bois un truc comme ça. C'est très particulier mais c'est vraiment bon, j'adore.



J'ai épuisé toutes les boissons bizarres sur lesquelles je suis tombé. Ce sont des produits qui ont l'air de changer régulièrement, et comme l'été approche, j'ai bon espoir de pouvoir tester d'autres trucs du style d'ici la fin de mon séjour.

lundi 12 mai 2008

Questions pour un (non) nippon

Petit grand jeu (ou l'inverse) aujourd'hui, pour stimuler les méninges... ou pas.
Une (courte) série de questions sur tout et rien, les réponses et explications sont rassemblées à la fin.


Et on commence tout de suite par une question à 1 point.
Q1 : Nous sommes le 12 mai 2008, vous avez votre correspondance train vers métro à prendre à Kaizuka. Vous êtes devant les pseudo-portillons de contrôle et avez en main votre carte de transport qui expire le 20.05.08.
Que faîtes-vous ?

On enchaîne tout de suite avec une question musique, pas d'indice, mais vous avez la main.
Q2 : Où et quand faut-il aller pour entendre une version instrumentale de Ce n'est qu'un au-revoir ?

Sans transition, une question sur la télévision.
Q3 :À quelle heure se terminent les programmes télévisés au Japon ?

Pour varier les plaisirs, une question en images.
Q4 : Où travaille cette charmante personne (je dénie toute responsabilité pour les sensibilités heurtées).
Avec un indice.

Et pour finir, une question gastronomie.
Q5 : Que peut-on manger au Japon ? Des têtes de crevettes ou du cartilage de poulet ?



C'était dur ? Je sais... Mais sans plus attendre, les réponses.


R1 : Vous allez renouveller votre carte périmée depuis 4 jours déjà.
Il faut le savoir, les japonais ont deux systèmes pour compter les années, à peu près autant utilisés l'un que l'autre : celui que tout le monde utilise (et qui dit que nous somme en 2008) et un à eux basés sur le nombre d'années de règne de l'empereur (dans celui-ci, on en est à l'année 20).
On peut penser que ça peut prêter à confusion, mais en fait non. Déjà parce que les Japonais écrivent l'année complète (2008 et pas juste 08). Et puis parce qu'ils ont la bonne idée de toujours écrire dans l'ordre année/mois/jours. Comme séparateurs on voit souvent le point ou le tiret, mais (curieusement) pas le slash. En japonais une date s'écrit comme ceci (par exemple pour le 12 mai 2008) : 2008年5月12日, des kanji très classiques. Les dates sont aussi fréquemment suivie du jour de la semaine, marqué entre parenthèses (chaque jour correspondant à un kanji). Les mois n'ont pas de noms en japonais (comme nous avons janvier, février, etc.), du coup les dates, on est sûr de pouvoir les lire.

R2 : Dans une gare, à l'heure du dernier train.
Je sais que c'est le cas dans une des gares de Kashii (je l'ai entendu ce soir, ça dure longtemps en plus), et j'ai entendu dire que c'était pareil pour le métro. En tout cas, ils ont le sens de l'humour (imaginez le type qui rate son train de justesse, avec cette musique dans les oreilles).

R3 : Aux alentours de 28h, en moyenne.
J'ai trouvé un programme télé sur le net, et en voyant ça j'ai d'abord cru à un bug du système, mais en fait c'est tout à fait normal : les programmes qui débordent sur la nuit sont comptés dans le jour précédent, sans remettre l'horloge à zéro. Heureusement qu'il n'y a pas que l'heure pour programmer des enregistrements, ça ne doit pas être simple sinon...

R4 : À environ 3 mètres de moi.
Oui, c'est un collègue d'un box à côté, qui travaille sur le même projet que nous, et on mange régulièrement avec lui. Comparez-donc avec la personne en haut à droite de la photo donnée en indice. Qui soupçonnerait ça d'un ingénieur en informatique ? surtout qu'il en a tout une collection de photos de cosplay sur son site, et que (dixit un des Français) il est très enthousiaste quand il en parle, il vous montre d'autres photos, etc. Les Japonais ont des goûts... particuliers quand même. Il ne faut pas non plus aller croire que c'est ultra banal et répandu, y'a aussi des Japonais qui trouvent ça bizarre et que ça amuse. Mais globalement on dirait qu'ils aiment bien se déguiser les Japonais, et ça n'est pas le même genre de costumes que ce qu'on a chez nous (y'a qu'à voir ce qu'on peut trouver dans les magasins).

R5 : Les deux bien sûrs, et frits bien évidemment.
J'ai goûté, ça n'est pas transcendant. Le plus étrange c'est le cartilage. Ça craque sous la dent de manière un peu spéciale, ça se mange mais je préfère de loin du vrai karaage (avec une bonne sauce).

jeudi 8 mai 2008

Les repas du jour

Aujourd'hui je vous propose un petit aperçu en images photos (et bien évidemment accompagnées d'explications) du genre de repas que je mange le midi au restaurant. Aujourd'hui vous aurez droit à deux exemples, d'autres suivront peut-être.


カツオムライスカレー



En rômaji ça donne katsuomuraisukaree. Après découpage on obtient katsu omu raisu karee. Explication...

  • katsu : quelque chose de pané et frit (de la viande en général), ça se reconnaît aisément sur la photo ;
  • omu : une version contractée pour dire omelette, vous savez tous ce que c'est ;
  • raisu karee pour rice curry : du riz au curry, avec le riz à gauche (sous l'omelette) et la sauce curry à droite.

Le katsu et l'omelette ne nécessitent pas de commentaires particuliers. On a l'équivalent en France, tout le monde connaît. Pour le riz au curry, il faut savoir que c'est très courant au Japon : tous les restaurant en proposent, c'est le plat de base qui coûte pas cher et qui remplit bien l'estomac. Il est toujours servi de la même manière (d'un côté le riz, de l'autre le curry) et se mange à la cuillère (à soupe), hors du cadre de cette photo. Avis au sensibles du palais, c'est tout de même bien épicé, faites attention.

Sur la gauche de l'assiette vous avez ces petits trucs rouges à picorer. Je ne saurais pas vous dire le nom, ça doit être un légume quelconque. Au fond, en bonus, vous avez un bout du bentôt de mon voisin d'en face. Entre ça et mon assiette vous pouvez voir une tasse de thé. Le bol sur lequel sont posées les baguettes contient la soupe miso, chaude, avec quelques herbes dedans et divers ingrédients (qui donnent notamment cette couleur blanchâtre). Pour finir un peu de salade avec une sauce crudités quelconque.

Ce n'est pas un repas très cher, c'est dans la fourchette basse des prix qu'on trouve dans le quartier de Momochi : 650 yens (4€). Par contre ça nourrit bien (très bien même). Ce même restaurant sert surtout des bentô (mais cette fois-ci j'avais pris autre chose). Tant que je suis à raconter ma vie, la première fois que j'y ai mangé, on n'était assis par terre (on laisse ses chaussures et on y va en chaussettes). Il y a un petit coussin pour s'asseoir mais c'est hautement inconfortable pour les gens qui, comme moi, on des jambes dont la longueur et la souplesse rappellent des spaghettis crus : impossible de se mettre décemment en tailleur, les jambes s'en rappellent.


Le repas en pièces détachées



Là c'est dans un restaurant plus cher que la moyenne : 850 ou 900 yens (environ 5,50€), je ne me souviens plus exactement. C'est un restaurant qui fait dans le katsu, avec différents choix de viande et poissons. Le truc pour pas s'embêter (et payer un peu moins) c'est de prendre un higawari (日替わり, plat du jour, le choix pratique qui évite d'avoir à vraiment choisir).

Ce restaurant a quelques particularités amusantes. Tout d'abord la table : presque vide quand on arrive, elle se remplit de toutes sortes de choses à une vitesse assez incroyable. Bols pour le riz, soupe miso, petites coupelles, sauce soja classique, sauce pour le katsu, récipient commun pour le riz, récipient avec les graines de sésame et j'en passe... la table est vite entièrement recouverte.
Un autre truc c'est qu'on prépare soi-même la sauce pour les katsu, que vous pouvez voir dans la coupelle sur laquelle sont posées les baguettes (y'en a pas mal de sauce parce que je l'apprécie particulièrement). On commence par verser des graines de sésame dans la coupelle dont les bords sont striés (ça n'est pas un hasard). Deuxième étape : on écrase les graines au moyen des pillons (que vous pouvez voir sur la photo, entre le bol de riz et la soupe miso), ça explique les bords striés. Dernière étape : on verse un des deux sauces disponibles (la douce et la normale, pour ceux qui veulent du goût) et on mélange le tout. Il ne reste plus qu'à y tremper ses katsu. Ceux qui comme moi apprécient quand y'a du goût peuvent ajouter une sorte de moutarde (le goût est très proche) pour que ça soit meilleur.

Dans l'assiette vous pouvez voir que les katsu sont différents : il y a de la viande mais aussi une (grosse) crevette (dont on voit la queue dépasser), ainsi qu'une aubergine (le truc sombre). Comme c'est souvent le cas, les katsu sont accompagnés de chou (à droite de l'assiette, avec une sauce quelconque à côté). Dans ce restaurant, c'est chou et riz à volonté : il suffit de demander (ça explique un peu pourquoi c'est plus cher que la moyenne). On en voit se faire resservir généreusement de chou et engloutir l'immense volume en quelques bouchées, pareil pour le riz d'ailleurs.

lundi 5 mai 2008

Grignotage japonais

En plus des plats servis pendant les repas ou des choses connues en France, il y a plein d'autres recettes ou ingrédients japonais à tester, avec essentiellement des desserts ou trucs à grignoter. Je fais régulièrement des nouvelles expériences, avec plus ou moins d'appréhension et plus ou moins de succès.
Voici une première liste (j'ai encore le temps de découvrir d'autres trucs) agrémentée de quelques liens quand y'a besoin (ou pas, histoire de partager les trukalakon que je trouve), parce qu'il paraît que je dois mettre des photos. On trouve très facilement des tonnes photos en cherchant (surtout avec les noms japonais), si vous en voulez plus.


Petits pains
J'essaie régulièrement des desserts dans la pseudo boulangerie du Hallo Day que j'ai déjà évoquée. Ils proposent des desserts sucrés et mais aussi des trucs salés, c'est d'ailleurs pas toujours évident de savoir à quoi on a affaire. Il n'y a rien de particulièrement remarquable sur le goût. Par contre, on remarque que les Japonais aiment bien ajouter de la crème, une pâte sucrée ou du chocolat à l'intérieur de leurs pâtisseries (c'est valable pour d'autres choses d'ailleurs). Du coup parfois c'est un peu la surprise quand on croque (y'aura-t-il quelque chose dans le beignet ?). Niveau chocolat, c'est pas encore ça par contre, ils pourraient être plus généreux sur les quantités : difficile de faire des enrobages plus fins, difficile de trouver du vrai chocolat noir, ...

Pain melon
Non, les melon pan (メロンパン) n'ont pas goût de melon. Le nom vient de sa forme striée. Ce sont des gros petits pains (environ 10cm de diamètre, en général) avec une texture proche de celle de la brioche. La pâte est sucrée et il doit aussi y avoir une sorte de crème, certains on également des pépites de chocolat incrustées. C'est pas cher (j'ai le même à la maison pour 100 yens), c'est bon (miam), et ça remplit bien.

Mmmmh, de l'aloe
Vous avez sûrement tous déjà vu une pub de produit vaisselle, shampoing ou ou autre à l'aloe (vera). Moi aussi. Donc forcément, quand j'ai vu des yaourts avec marqué aloe (アロエ) dessus, j'en ai pris (en plus y'avait des morceaux de fruit). La texture fait penser aux litchis, le goût c'est celui qui va avec l'odeur (en moins fort), c'est bon.

Frrrwwwwiii
Les Japonais aiment bien les fraises, quand il y a un dessert chocolaté il y a souvent l'équivalent avec une pâte/crème de fraise à la place du cacao. C'est aussi valable pour les barres chocolatées et autres, par exemple des Kit Kat à la fraise (j'ai pas encore vu ceux au thé vert, mais je sais que ça existe), et aussi du Crunch à la fraise si mes souvenirs sont bons. En plus les fraises c'est bien, c'est rose/rouge, ou en voit souvent pour faire kawai, ça doit leur plaire.

Le chocolat aux fruits (ou l'inverse)

Encore un produit qui a suscité ma curiosité : du chocolat aux fruits. Il y a avait plusieurs parfums, j'ai pris le plus spécial je pense : mangue. Comme le montre le montre la photo c'est du Rich Fruit Chocolate. Quand on ouvre le paquet il se dégage une puissante odeur, on les sent les 31% de fruit. Le chocolat c'est pas du noir, c'est du blanc ; ça explique la couleur atypique de ce qu'on commence à hésiter à appeler chocolat.
Pour ce qui est du goût c'est... hum... comment dire... dégueulasse (ma réaction à chaud), j'ai pas d'autre mot. Les trois autres Français qui ont essayé n'ont pas trouvé ça bon non plus. Tout comme l'odeur, ça a un fort goût de fruit, mais auquel vient s'ajouter le gras du chocolat : ça donne une pâte assez écœurante. Si vraiment vous vouliez essayer, prévoyez au moins de quoi boire à portée de la main.

Pâte de haricots rouges, anko (ou an tout court)
On trouve pas mal de desserts fourrés de cette pâte de haricots rouges, dans du pain notamment, et j'aime beaucoup. C'est un ingrédient très répandu au Japon. Le goût est plus atténué que de la confiture et la texture fait penser à euuh... une mousse mais bien plus dense, en tout cas c'est bien.

J'ai de la chance™, les daifuku (大福)
Littéralement grande chance (大 signifie grand, c'est un kanji simple et fréquent, 福 signifie chance/fortune, c'est le même que dans Fukuoka). Ce sont des boules/disques de pâte de riz fourrées (avec de l'anko notamment). La particularité c'est que la pâte n'est pas cuite. Elle est donc encore un peu farineuse et surtout très élastique : quand on mort dedans il faut vraiment tirer pour arracher un morceau. La pâte de riz n'a pas un goût très prononcé, celui-ci vient donc essentiellement de ce qui est à l'intérieur. C'est pas mauvais et la texture très étrange fait que c'est amusant d'essayer au moins une fois.

Une belle brochette de boulettes
Les dango (団子) sont des petites boules de pâte de riz alignées sur une tige de bois (comme une brochette) avec éventuellement une pâte ou un sirop/sauce quelconque par dessus. Je dirais qu'il y a au moins 3 boules par tige (ou c'est rare deux par deux), parfois plus. Le nom est assez imagé puisqu'il est formé de 団 (brigade ou groupe, le même que dans Ouendan ou que le groupe SOS), et de 子 (enfant, qu'on retrouve dans plusieurs noms d'aliments en forme de petites boules).
J'avais dis à une certaine personne que j'essaierai d'en trouver pour faire une description du goût, j'ai enfin réussi à en trouver. Par contre c'était en supermarché, donc ça n'est peut-être pas ce qui se fait de mieux. Deux types de la grande famille des dango étaient en vente : mitarashi (à gauche) et ankeka (à droite).

Les boules de pâte de riz étaient identiques. Comme pour les daifuku, ça n'a pas de goût très fort ou très caractéristique, c'est juste de la pâte de riz. C'est un peu mou mais bien plus ferme que les daifuku (ça garde leur forme de boule), normal vu que c'est cuit cette fois. C'est assez nourrissant comparé à la taille que ça a (c'est le riz). Le goût est entièrement déterminé par ce qu'on met sur ces boulettes de riz (qui sont surtout là pour que ça soit nourrissant justement).
Sur les mitarashi c'est une sauce dont la couleur et la consistance font penser à du miel, mais le goût est nettement différent. C'est un genre de sirop à base de sauce soja, avec du sucre et peut-être autre chose. Le mélange n'est pas fameux, j'ai pas trouvé ça bon.
Les ankeka c'est bien par contre. Comme leur nom l'indique, c'est à base de haricots rouges (an), avec des petits morceaux en plus.

mardi 15 avril 2008

Bienvenue à l'ISIT

Ce soir été organisé une petite soirée au restaurant pour fêter la bienvenue aux deux Enseirbiens arrivés depuis peu à l'ISIT.
L'ISIT est un laboratoire privé, financé par des fonds privés mais aussi par la mairie de Fukuoka il me semble, et qui travaille dans le domaine de l'informatique. Dans le cadre de mon stage j'ai à travailler sur un processeur avec une mémoire (type FPGA) reconfigurable dynamiquement. Pour ceux qui voudraient de plus amples informations, vous pouvez me demander ça en privé (ou relouter Martoni qui a pris les devant).

Avant de parler de la soirée, histoire de remplir un peu, j'en profite pour vous parler un peu de l'ISIT d'un point de vue purement social. Je ne vous parlerai pas de la difficulté à comprendre un Windows tellement tout en japonais qu'on dirait du chinois, ou de la familiarisation avec le clavier japonais avec sa barre d'espace très réduite, son QWERTY avec les caractères spéciaux (parfois très mal placés) pas au même endroit que l'US (~goudal aurait pris le clavier Sun que j'ai vu, avec les touches Ctrl et Caps Lock inversées), etc. ... Ah bah si en fait je viens de le faire, tant pis.

La journée de travail normale débute à 9h00 et se termine à 17h45 avec une heure de pause le midi, soit 38h45 par semaine. Vu que je suis payé à l'heure, j'ai la possibilité de faire des heures en plus (ou en moins) et d'être payé (ou pas) en conséquence. Je travaille en collaboration avec les deux autres français qui sont à l'ISIT donc pour la communication (et l'ambiance) ça aide. Le déjeuner se fait au restaurant, avec en général un ou deux collègues japonais.
Les locaux sont situés au 7e 6e étage d'un immeuble de bureau (les Japonais comptent le rez-de-chaussée comme premier étage). On a droit à des ascenseurs vocaux (comme beaucoup de choses au Japon), polis (évidemment) qui nous gratifient de la porte s'ouvre, la porte se ferme, 7階でございます.

Avril étant le début de l'année fiscale au Japon il y a eu changements dans l'équipe : départs et arrivés de plusieurs personnes. À chaque fois, tout le monde se réunit dans l'open-space (un coin réunion où y'a assez de place) pas au garde-à-vous mais presque. On a alors droit à un discours (plus ou moins long) de la personne concernée et également du plus haut placé présent (avec des morceaux d'humour dedans, n'allez pas non plus croire que c'est ultra-coincé). Le tout est accompagné de courbettes à plusieurs reprises, d'applaudissements à la fin, et agrémenté de ありがとうございます (merci beaucoup) et よろしくお願いします (qui signifie plus ou moins : je m'en remets à vous).
Quand une personne revient d'un voyage, il est d'usage qu'elle rapporte des omiage (お見上げ, le お étant une marque de politesse). De manière générale c'est un souvenir (de voyage), dans le cas précis c'est un gâteau local ou autre sucrerie. La personne fait la tournée des popotes et chacun a droit au sien. (Il y a même des magasins spéciaux omiage, histoire de pouvoir prendre un truc, même pris à l'arrache.)


Revenons à la soirée : le rendez-vous était donné à 19h dans un restaurant de Tenjin (天神). Tenjin c'est le centre de Fukuoka, je n'en ai pas encore parlé mais ça viendra (j'ai encore plein de choses à dire en réserve). Étaient présents les 4 français de l'ISIT (dont les 2 stagiaires de l'ENSEIRB), un Brésilien (un vrai, mais qui est là depuis quelques temps et se débrouille très bien en japonais) et 5 Japonais. La soirée n'était pas un vrai repas classique mais un nomikai (飲み会, 飲み = boire, 会 = réunion), quelque chose de fréquent au Japon, surtout entre collègues.
Ça peut dépendre des établissements et de ce qu'on demande, mais quelques plats défilent accompagnés de boissons (alcoolisées de préférence). Suivant les cas l'alcool ou la nourriture peut être à volonté pendant la durée du repas (là c'était 2 heures).

Les Japonais tiennent mal l'alcool, très mal pour certains, mais paradoxalement (ou pas) ils aiment bien se pinter et il n'est pas rare de voir des hommes en costard cravate tituber (ou l'étape d'après) dans les rues en ville passée une certaine heure. Je sens déjà l'inquiétude monter chez certaines personnes alors rassurons-les tout de suite : il ne s'agit pas forcément d'une beuverie (c'est pas un OB à l'Enseirb), et il y a toujours moyen de ne pas boire alcoolisé si on ne veut pas.

Niveau nourriture, c'était pas très fourni ce soir là. Tout d'abord, quelques sashimis en entrée : différents crustacés (calamar, pieuvre, ...) que l'on trempe dans de la sauce soja. Avec ça, un petit truc bizarre que je ne saurais décrire : un genre de sauce avec quelques trucs à picorer dedans, et du foie (d'après ce que j'ai compris, mais du foie de quoi...). Ensuite il y a eu des trucs plus européens et plus classiques, à chaque fois en petites portions (servies dans un plat commun) : salade, viande, pizza, karage (poulet frit), ... Rien de bien exceptionnel.
Côté boisson alcool, ce fut l'occasion de goûter quelques alcools japonais. Il y en a des plus ou moins fort, de plus ou moins bons. Il convient de ne pas mélanger le sake (酒), alcool à base de riz, avec les autres alcools japonais (qui utilisent toutefois le même kanji). Voici ce que j'ai eu l'occasion de goûter :

  • l'alcool de prune est plutôt léger et sucré, pas mauvais du tout ;
  • le shôchû (焼酎) qui peut être de riz, de blé, de soja ou de patate douce, fort pour un alcool japonais mais pas si fort dans l'absolu.
  • le nihonshu (日本酒, littéralement alcool japonais), servi chaud dans des petits tasses en céramiques (hauteur d'environ 5cm, diamètre d'environ 3cm), il est moins fort que le shôchû et pas désagréable à boire.


Après le repas, quelques collègues restent en ville pour aller (re)boire un coup, voire plus...

dimanche 13 avril 2008

Une journée chez Matsuda-san

Aujourd'hui on (un étudiant de l'ENSEIRB qui fait le stage avec moi, et moi) avait prévu d'aller à Ôhorikôen (大堀公園, kôen signifie parc) aujourd'hui. Mais finalement une fête prévue pour demain a été avancée pour des raisons météorologiques. Nous sommes donc parti de la résidence en groupe en début d'après-midi en direction de la résidence de Matsuda-san (san est un suffixe de politesse équivalent à Monsieur/Madame).
Vous ne savez pas qui est Matsuda-san... pour comprendre il faut que je vous parle un peu de la vie à la résidence, c'est l'occasion.

Le Jikyogakusha Kyûshû Dormitory est une résidence qui accueille beaucoup d'étrangers. Il y a pas mal de chambres mais elles sont loin d'être toutes occupées je pense (on ne voit pas beaucoup de têtes différentes). Pour les curieux, cette page donne des détails sur ce qu'il y a (avec photos à l'appui). Ce n'est pas le but de cet article donc je ne m'y attarde pas.
Il y a des Japonais, des Coréens, des Brésiliens, des Boliviens, ... et deux Français, les seuls à ne pas comprendre et parler le japonais couramment. Ça peut surprendre mais les Brésiliens et Boliviens sont d'origine japonaise et parlent donc la langue. Heureusement dans l'ensemble l'anglais suffit pour se comprendre.
Il y a aussi quelques jeunes, des habitués, qui ne logent pas ici mais qui viennent quand même parce qu'ils sympathisent avec les résidents qui se succèdent.

Et Matsuda-san dans l'histoire ? Lui aussi est un habitué de la résidence, à chaque fois qu'il y a une petite fête ou soirée d'organisée il rapporte une bouteille de vin (c'est un connaisseur). Des fêtes il y en a déjà eu quelques unes, j'en parlerai peut-être une autre fois, même si ça fait désordre que le récit ne soit pas chronologique...

Chez Matsuda-san, il y avait pas mal d'étrangers, surtout venant d'Amérique du Sud. Entre les Brésiliens, les Argentins et autres, ça parlait même parfois plus portugais ou espagnol que japonais. Chose rare (pour ne pas dire exceptionnelle), il y avait une personne qui pouvait parler français ! Il y a une collection impressionnante de pantoufles, largement suffisante pour tout le monde. Près de l'entrée (couverte de chaussures) on trouve même un petit meuble ou racker verticalement des paires de pantoufles, dans un style très japonais.
Tout le monde s'est réuni sur le toit pour un déjeuner mélangeant barbecue, paella, tacos, ... La petite table est vite totalement remplie, comme le montre la photo ci-dessous (où il ne reste plus grand chose à manger).


Mais ce n'est que le début du repas, des invités arrivent, d'autres partent, ça discute beaucoup. J'ai été plutôt agréablement surpris en constatant que j'arrivais tout de même à suivre certaines conversations en japonais. Même si ça reste modeste, ça fait plaisir. Après les spécialités plutôt sud-américaines (cuisinées par le maître de maison), des trucs plus japonais arrivent. Par exemple des petits bouts de pain avec du fromage, le tout frit. (Quand je vous disais qu'ils aimaient ça...) ; un alcool assez fort (style rhum) apporté par un Brésilien et placé dans une bouteille style jus de pomme en a surpris plus d'un(e). Une fois n'est pas coutume, j'ai eu l'occasion de tester des sucreries, notamment une sorte de crème blanche sucrée, avec une consistance étrange, et en portions très très petites, bizarre... Pas encore de dangos mais je me suis renseigné sur la question, les informations devraient bientôt arriver.
Je suis également content (si on peut dire ça) d'avoir eu l'occasion de goûter le produit en conserve coréen que avez déjà dû voir avec effroi au moment où vous lisez ces lignes.

Ce sont des larves de ver à soie. Il paraît que c'est bon pour la santé... j'espère bien, parce que ça n'est pas terrible comme goût. Ça n'est pas mauvais, mais ça n'a vraiment rien d'exceptionnel, je n'en mangerais pour le plaisir. C'est petit, ça craque quand on le croque et puis l'intérieur est tout effrité. Les Japonais aussi sont repoussés par ce genre de nourriture, on n'a pas été beaucoup à essayer.

La soirée se termine tranquillement, parmi ceux qui sont encore là on est quelques uns à regarder avec un film (heureusement, y'avait des sous-titres en anglais). C'est la première fois que je vois un home-cinéma dans une pièce si petite. Il y en a pour une fortune en matériel : vidéo-projecteur, son 5.1, ordinateurs, synthés, etc. Mais il n'y a plus place pour être bien placé devant l'écran et au milieu des enceintes. Seul ça doit aller, et encore...
On termine en grignotant un peu autour d'un kotatsu, une table entourée d'une couverture sous laquelle est placé un radiateur. On se met autour en tailleur, les pieds sous la couverture et on est bien au chaud. C'est bien agréable.

En plus de l'intérêt purement matériel d'avoir pu faire deux bons repas, ce fut une journée très intéressante d'un point de vue culturel. L'occasion de découvrir des plats qui ne seront jamais servis dans un restaurant, de voir comment ça se passe quand on est invité chez quelqu'un, la confrontation de plein de nationalités, ... et, encore et toujours, progresser un peu en japonais.

vendredi 11 avril 2008

いただきます

La nourriture au Japon est sensiblement différente de ce qui se fait en France et plus généralement en Europe et ceci à plusieurs niveaux : déroulement du repas, organisation de la table, ingrédients, ... Premier tour d'horizon de la cuisine japonaise avant d'aborder les plats plus en détail.
Remarque : prendre des photos en plein restaurant n'étant pas forcément bien vu, je n'ai pas encore eu l'occasion de prendre des photos de repas, heureusement il y a ce qu'il faut sur le net.

Contrairement à la France où aller au restaurant coûte assez cher, au Japon il est très courant d'y aller, notamment pendant la pause quand on travaille. On en trouve un bon nombre et ils ne sont jamais vides (le midi ils sont même souvent pleins). Les prix tournent en général autour de 700 yens (4,5 €). Le soir, pour l'instant c'est surtout des plats préparés type bentô dont j'ai parlé hier. Le problème des bentôs c'est qu'ils sont fait pour être consommés le jour mais et ne se conservent pas donc longtemps. Quand c'est vraiment la dèche il y a les cup noodles ou équivalents, des nouilles instantanées pas chères mais qui ne remplissent pas trop l'estomac. Eh oui, au Japon aussi le plat du pauvre de l'étudiant ce sont des pâtes.

En France le repas est divisé en trois phases : entrée, plat principal et dessert, avec dans la plupart des cas un plat unique dans son assiette. Le repas japonais fonctionne différemment, un peu à la manière d'un plateau repas : on a devant soi tout une série d'éléments et on pioche dedans dans l'ordre qu'on veut jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien. Le contenu dépend bien évidemment du repas, mais certains éléments reviennent souvent.

  • La soupe miso : servie chaude dans un petit bol, on y a toujours droit. Elle est essentiellement composée d'algues, d'herbes et de soja qui trempent dans une sauce opaque. On y va un peu au feeling avec ses baguettes pour y pêcher quelque chose avant de la boire.
  • Les trucs frits (frit se dit yaki) : les Japonais en sont très friands (hum, pardon). Tamagoyaki (sorte de rondelles d'omelette enroulée sur elle-même, pas mauvais du tout), yakisoba (les soba sont un type de nouilles), karage (poulet frit), etc. Beaucoup de repas en contiennent.
  • Le riz, bien sûr. Servi dans un bol qui sert aussi à retenir ce qui pourrait tomber (quand les bouchées sont trop grosses). C'est dur riz rond (et non long, comme en France), toujours collant (sinon avec des baguettes c'est même pas la peine).
  • Du choux, des mélanges de légumes : le choux est mangé cru et remplace en quelque sorte la salade, les légumes accompagnent le poisson ou la viande. Il y a aussi régulièrement des légumes en lamelles, finement découpés et qui se picorent. (Pas vu de courgettes pour l'instant, juste des aubergines.)
  • Du daicon : la première fois que j'en ai goûté c'était dans l'avion et c'était pas fameux, ce n'est qu'après que j'ai appris ce qu'étaient ces rondelles jaunes et croquantes. Ceux qui sont sur place sont meilleurs mais c'est pas exceptionnel. Le daicon est un gros radis blanc et on a souvent droit à quelques tranches.
  • Des nouilles, de plein de types différents : soba, nouilles de soja (elles sont translucides, c'est rigolo), spaghettis comme chez nous (il paraît que c'est plutôt un plat de filles là-bas), udon (des grosses pâtes), pâtes à ramen, plus d'autres sûrement.
  • De la sauce à base de soja (y'a beaucoup de soja au Japon) : il y en a toujours un pot sur la table, pour assaisonner son chou, son tofu (il paraît que dans le riz, ça ne se fait pas).

Pour ce qui est des fruits, il faut aller faire ses courses soi-même. Certains fruits (bananes, ananas) sont tout à fait corrects, autant au niveau du goût que du prix, d'autres comme les tomates ont une tête bizarre et sont beaucoup plus cher quand France. On trouve également du thé (en bouteille également) et pas mal de produits/arômes bizarres/étranges, mais ça sera pour une autre fois.

Comme vous le savez, au Japon on utilise des baguettes, ou hashi (はし). On utilise tout de même des cuillères pour certains plats japonais (comme le riz au curry) ou produits européens (le yahourt à la baguette c'est pas super). Les baguettes japonaises sont courtes (contrairement aux baguettes chinoises) et en bois (les baguettes coréennes sont en métal, c'est lourd...). La nourriture est adaptée à l'utilisation des hashi mais parfois c'est tout de même dur, par exemple pour découper le poisson (il résiste) ou le tofu (tout mou, il se dépiaute complètement, pour réussir à choper les morceaux après...).
Quand les morceaux sont trop gros (une grosse bouchée de poulet par exemple), on croque un bout et/ou on laisse tomber le reste dans son bol de riz.
Les Japonais n'ont pas du tout la même notion de propreté quand il s'agit de manger. Manger bruyamment c'est le signe qu'on trouve ça bon et peut être vu comme un compliment à la personne qui a préparé le plat. Quand on mange des ramens, on aspire les pâtes bruyament, c'est la bonne manière de faire. Il n'est pas rare non plus de voir des Japonais la bouche collée au coin de leur plateau et y ratissant les dernières bouchées de leur repas.

Et tout ça, c'est beau ? c'est bon ? c'est bof ? C'est nippon ni mauvais ?
N'étant ni gastronome ni très exigeant (je ne trouve pas le RU mauvais, c'est pour dire), je ne saurais donner d'avis valable. Dans l'ensemble je trouve ça bon. Les bentôs sont pas mauvais dans l'ensemble, même chose pour les restaurants. Les repas sont variés et j'aime bien le concept du repas à choix multiples où on choisit ce que va être la bouchée suivante au gré des envies.


ごちそうさま



いただきます (itadakimasu) est une formule de début de repas, l'équivalent de bon appétit.
ごちそうさま (gochisôsama) est une formule prononcée quand on a fini son repas, pour remercier.