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mercredi 23 avril 2008

Ah... la France... le français...

Le français est une langue difficile, certes, mais une belle langue, et au Japon aussi. Y'a des filles qui craquent quand elles en entendent du style ouaah du français, trop joli ! (même quand ce sont des slogans Enseirbiens bien gras) ça veut dire quoi ? (euuh...).
Il y a les noms qui font sourire les Français, mais qui sont le fruit de coïncidences, comme les urinoirs Cefion
Et puis bien sûr la France, c'est la mode, ce qui nous vaut de très bons noms de magasins (j'ai réussi à en retrouver un bien) comme HumeR par Perle Pêche. Non c'est pas une blague, voyez vous-même (ils expliquent même pourquoi humer). Les Japonais ont des problèmes avec la prononciation, mais même quand ils peuvent prononcer (à peu près) correctement ils font des fautes : le nom du restaurant Bon Repas se prononce bon repasse. Si on peut excuser l'absence de t final à bistrot, 7 écritures différentes pour café ça fait beaucoup : (café, caffé, cafè, cafe, caffe, ...). ... Snif...

Le Japonais aime peut-être le français, mais il ne saura pas faire la différence entre un Français et un États-Unien ou un Anglais (ou au moins il ne saura pas l'exprimer). Un gaijin (étranger) ça se repère facilement. Et parfois je croise des adolescentes qui quand j'arrive à leur niveau me lancent un Nice to meet you. voire même insistent (face à l'absence de réponse) en lançant plusieurs Hello ! HELLO !. Y'en a même qui demandent de but en blanc 「何人?」 (Quelle nationalité ?). Je peux vous dire que ça surprend, d'autant plus qu'on ne sait pas trop ce qu'ils attendent/espèrent.
Dans le même genre, y'a un des employés (le chef semble-t-il) de la boulangerie pseudo-viennoiserie du Hallo Day qui chaque fois qu'il nous (l'autre stagiaire et moi) voit est tout content et s'incline bien bas en nous lançant des Thank you! sous le regard amusé de la jeune caissière ; nous forcément on est morts de rire. La prochaine fois faudra lui dire qu'on est Français...

Eh oui, parce que la France, c'est aussi la cwouizine : le chocolat, le jus de poire le fromage, ... mais surtout le pain. On voit beaucoup de paquets de pain avec un petit drapeau français dessus, une Tour Eiffel, un gros label NATUREL (marqué en français s'il vous plaît) même si on ne voit pas ce qu'il y a de particulièrement naturel, (comme pour le gaz). Certains n'hésitent pas se déclarer フランスパン (pain français) alors que franchement... ça n'a rien à voir : le pain japonais (comme beaucoup de produits japonais d'ailleurs) il doit être moelleux, donc plutôt du genre brioche. Il y a quelques pains qui ressemblent à du pain complet, un peu moins moelleux que la moyenne, mais d'ici à trouver une baguette (ou à défaut d'avoir la même forme, un simple pain) qui craque quand on appuie dessus, qui croustille quand on croque dedans...

samedi 19 avril 2008

Tranche de vie à Kashii

Ce samedi matin, je suis allé faire un petit tour vers le centre de Kashii où j'avais quelques trucs à faire. Bien que la résidence soit un peu éloignée, c'est tout de même assez bruyant, surtout le week-end j'ai l'impression. Déjà il y a l'environnement naturel : au Japon il y a pas mal de corbeaux, et pas des petits. Le matin ce ne sont pas les oiseaux qui gazouillent mais les corbeaux qui s'y mettent. À cela il faut ajouter le passage des quelques avions : l'aéroport de Fukuoka étant situé dans la ville, on les entend assez bas.

Les matins de week-end on a aussi droit aux activités de clubs des lycées et collèges, et vu qu'il y en a un juste à côté de chez moi... Quand je suis arrivé au Japon, c'était encore les vacances scolaires, mais c'était assez difficile à deviner. Les élèves sont très motivés : tous les matins vers 8h on en voyait dans les rues, et même le dimanche à 7h30 (du matin oui, j'étais dehors à cette heure là un dimanche, je sais que ça peut surprendre). Habituellement on entend les joueurs de base-ball, ce matin j'ai aussi eu droit à l'orchestre du lycée quand je suis passé à côté.

Et puis il y a aussi la musique dans les rues marchandes, les vendeurs qui attirent le client à la voix, etc. En approchant du centre j'ai entendu plein de ~masu. C'était un groupe de 10 ou 15 élèves qui distribuaient des tract pour une association caritative, une écharpe de ladite association sur l'épaule, et qui criait en cœur des yoroshiku onegaishimaaaassssu et autres arigatô gozaimaaaassssu. (Quand je vous disais qu'ils étaient motivés.)
À ce propos, petit aparté sur la langue... En japonais il existe deux formes pour les verbes : la forme neutre et la forme polie (pour le vouvoiement, les formules de politesse, etc.) qui se termine par masu (prononcer masse) au présent (le cas standard). De ce fait, beaucoup de formules de politesse (ou phrases dites pour faire poli) se terminent par ce son. Quand des vendeurs ou autres remercient, ils prononcent très vite le début et allonge la fin si bien que parfois on ne distingue qu'un début-super-rapide-incompréhensible-maaaaaassssu ; mais c'est pas grave si on a zappé le début. Intérêt pour les étrangers : pour toute forme de remerciement ou équivalent il suffit de sortir un aaasssssu et ça passe très très bien, même si on ne met rien avant !

Je savais que les Japonais aimaient bien donner des sacs plastique, mais en fait c'est pire que ça : parfois c'est juste pour la forme : je ne vois toujours pas l'intérêt d'avoir attaché un sac au bout d'un balai puisque primo je le porterai par le manche et secondo on ne peut même pas l'utiliser pour porter le produit. Y'aurait de quoi faire hurler Martoni, notre écolo-réac. Surtout qu'au Japon, bien qu'ils soient (soit-disant) très discipliné, ils conduisent vraiment n'importe comment... aussi bien vélos que voitures. Dans les rues étroites de Kashii, quand y'a des rencontres c'est le bazar.


Fin des trucs en vrac. Cet après-midi ça sera ballade à Tenjin. J'y suis déjà allé le samedi qui a suivi mon arrivée (il y a 3 semaines) mais je n'ai pas encore pris le temps de faire un article dessus. Vous aurez droit à un mix ce soir ou demain.

mercredi 9 avril 2008

Le japonais en une leçon

Il serait difficile de parler du Japon sans employer des mots japonais ou sans faire allusion à la langue. Et certains points abordés ne pourront se comprendre qu'avec un minimum de connaissances du fonctionnement du japonais. Voici donc un rapide topo pour présenter le B.A. BA.


Syllabaires

Le japonais fonctionne par syllabes (les consommes sont toujours associées à une voyelle). Deux syllabaires (les kana) de 46 caractères chacun permettent d'écrire l'intégralité de ces sons : les hiragana (ex. : ひらがな) et les katakana (ex. : カタカナ). Ils correspondent directement à une syllabe à prononcer, ce qui rend la lecture immédiate (contrairement au français où le lien écriture/prononciation est plus tordu). Il n'existe que 3 exceptions et un cas particulier que nous verrons plus tard. Les katakana ont été étendus pour permettre de représenter des sons non japonais.

Les katakana sont utilisés pour les mots et noms d'origine étrangère. Pouvoir les lire est bien utile car ils permettent de reconnaître des mots (essentiellement tirés de l'anglais) sur la sonorité, et donc d'y comprendre quelque chose au milieu de tous les kanji.


Kanji

Les kanji (ex. : 漢字) sont les caractères d'origine chinoise. Ils servent pour les radicaux des verbes, un bon nombre de noms, etc. et permettent également de différencier les homonymes (assez nombreux), et aussi de séparer visuellement les éléments dans la phrase (on rappelle qu'il n'y a pas d'espaces en japonais).
Les kanji sont très nombreux : il y a 1945 kanji officiels (plus 284 pour les noms propres) mais il en existe bien plus. Chaque kanji a dans la plupart des cas plusieurs prononciations (plusieurs dizaines pour les cas extrêmes), mais chacun reste (en général) associé à un sens ou une idée donnée. La lecture des kanji est donc difficile, et leur apprentissage demande du travail. Connaître beaucoup de kanji est une marque d'érudition.
Dans la vie courante, on apprend vite à en reconnaître quelques uns, notamment pour les noms de lieu. Parfois, les kanji sont accompagnés de furigana (la prononciation écrite en petit au-dessus ou à côté en utilisant un des syllabaires), ce qui permet de tout de même les lire.


Rōmaji

C'est la transcription en alphabet latin des syllabes japonaises, celle que j'utiliserai ici. Elle n'utilise que des caractères normaux excepté le ō qui correspond à un o long. Par soucis de commodité il peut aussi être noté ô ou encore ou (comme pour les hiragana).
Quelques petites différences apparaissent parfois dans la manière de transcrire, mais elles sont minimes.


Prononciation

Si vous lisez ou retenez un mot, autant qu'il soit prononcé correctement. La prononciation du japonais n'est pas difficile à lire. Certaines règles qui peuvent sembler étranges viennent du fait que la transcription est directement tirée de l'écriture en kana.

  • Les voyelles : a, i, o se prononcent comme en français, e se prononce é, u est à cheval entre le ou et le u (ça varie suivant les personnes).
  • Les consommes : s se prononce comme dans sa, ch se prononce comme dansmatch, sh se prononce comma dans chat, le h est aspiré, le f est plutôt soufflé, le j se prononce comme dans jazz, le r est un l (L) tirant sur le r français , le reste c'est comme en français.
  • ou est un o long, ei est diphtongué et souvent proche d'un e long.
  • Quand un y suit une consomme, on lie les deux : myo se prononce comme dans myosotis.
  • Quand on parle un peu vite, quelques diphtongues apparaissent.
  • Quand on parle à vitesse normale, des voyelles sont omises : shiku est prononcé ch'coup, un masu final est prononcé masse, ...
  • Une consomme double (ex. : yatta) se prononce plus longtemps (on insiste dessus).

Hum... après coup, ça fait un peu compliqué, mais en pratique c'est plus simple.

Les 3 exceptions dont je parlais sont parfois directement transcrites corrigées, il s'agit de syllabes prononcées différemment quand elles sont utilisées comme particules (comprendre seules dans un mot) :
  • la particule ha se prononce wa (également dans konnichiha et konbanha) ;
  • la particule he se prononce e ;
  • la particule wo se prononce wo.

Le cas particulier est un n qui peut se placer sans voyelle après. Il est prononcé en général comme en français, et tire parfois vers gn ou m en fonction de ce qui suit ; en pratique ça vient instinctivement.


Finalement c'était plus qu'un petit topo. Promis, la prochaine fois ça ne sera pas un cours.



Ai goto mai tofuru (I got my TOEFL)

Ça n'apparaît peut-être pas clairement, mais le japonais n'utilise qu'un nombre très réduit de sons : peu de voyelles, des consommes qui manquent à l'appel, etc. L'avantage pour nous c'est que c'est pas dur de prononcer du japonais. Par contre l'inverse c'est vraiment pas ça. Essayez de faire prononcer du français ou de l'anglais à un Japonais, il y en a qui se débrouillent plutôt bien mais le plus souvent c'est pas très compréhensible : tu devient tsu, j'ai devient djé, etc. Je ne vous dis pas le nombre de fois que j'ai dû épeler mon nom (les r ils ne connaissent pas).

Petit exemple : le lendemain de mon arrivée on est allé faire un petit tour dans un magasin nommé prononcé donkihôtee. Je croyais que c'était Donkey quelque-chose, mais c'eût été trop simple... Il s'agissait en réalité de ドンキ・ホーテー qui signifie(rait) Don Quichotte.

Dans le même genre, au début on est étonné, voire choqué de voir que La France Juice (ラ・フランスジュース) est le nom donné au jus de poire (il est où le rapport ?), et puis on s'habitue...