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lundi 16 juin 2008

Musique

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer quelques éléments de la musique japonaise dans les sujets précédents, cette fois-ci c'est le sujet du jour. Ne connaissant rien à la musique japonaise traditionnelle (passés les taiko et l'enka non contemporain), je n'en parlerai pas. Je me limiterai à ce qu'on peut entendre actuellement, en me basant sur ma vie au Japon, mes nombreuses heures passées sur StepMania, ce que j'ai appris via Internet et ma culture personnelle en général (afin de vous mettre quelques liens).

Comme partout, la musique (dans la langue : 音楽, ongaku, formé de son et de agréable/plaisant) prend une place importante dans la société japonaise, notamment chez les jeunes. Le Japon n'a évidemment pas la même culture musicale que l'Europe (son occidentalisation n'a commencé qu'à partir de la fin du XIXe siècle). Le retard a bien sûr été comblé depuis et les Japonais ont maintenant accès à l'ensemble des grands classiques occidentaux (plus ou moins récents). Ils ont également des artistes représentant les différents styles de musique existants, etc. Le but étant de présenter la musique japonaise, je traiterai ce qui la différencie des autres.


Jeu

Avant de commencer, un petit jeu : saurez-vous associer chaque musique au lieu où je l'ai entendue ?
Les réponses sont disponibles à la fin de l'article.

Les musiques (un peu de tout : y'a du connu... ou pas, du japonais... ou pas).

  1. オー・ツー (O2), qui sert de générique à un anime à succès.
  2. Divers tubes américains célèbres des années 80.
  3. Le thème d'Indiana Jones.
  4. Les Morning Musume (morceau pris au pif).
  5. Remix non rock de 世界はそれを愛と呼ぶんだぜ.
  6. 海雪 (Mer de neige) par Jero, le rappeur américain.
  7. Un remix techno de la célèbre Ievan Polkka.
  8. Une version instrumentale de Eyes on Me tirée du jeu Final Fantasy VIII.
  9. Une version instrumentale de The Sounds of Silence.


Les lieux (chacun peut servir plusieurs fois, histoire de rendre ça plus intéressant).
  • Mandarake, un magasin consacré aux manga, anime et jeux-vidéo.
  • Ce restaurant, dont le thème est la nostalgie (indice).
  • Hallo Day, le supermarché où je vais faire mes courses.
  • Le restaurant Hamakatsu, un peu plus classe que la moyenne (et plus de personnes âgées aussi).
  • Une station de métro.
  • Un autre restaurant donc je n'ai pas parlé.
  • Une salle d'arcade de Kashii.



Enka, J-pop, musique étrangère

L'enka (演歌) est un style musical que j'avais rapidement évoqué. Le terme est également assez vague, et peut désigner des styles un peu différents. C'est une musique populaire, plutôt ancienne (début du XXe siècle) et surtout plus douce. En gros ce sont les lentes chansons romantiques qui parlent d'amour, de cerisiers en fleur, etc. Chanter de l'enka en kimono c'est évidemment plus mieux.

Le terme J-pop (japanese pop) désigne la musique japonaise populaire. C'est un terme très général et on y case l'essentiel de la musique moderne qui bouge un peu, notamment le J-rock (japanese rock, qui n'avait pas deviné ?). De ce fait, c'est aussi le style de musique qu'on entend le plus. Pour la petite histoire, les termes J-Rock, J-Pop, J-Music et Visual Kei (un autre dérivé japonais) sont depuis quelques mois des marques déposées en France (du grand n'importe quoi).
Je n'ai pas de morceau particulier à vous donner, le plus simple c'est de faire une recherche et de piocher dans ce qui sort, ça donnera un bon aperçu. Pour ce qui est plus spécial, j'en parlerai plus loin, avec des extraits adaptés (attention aux oreilles).

Contrairement à la France qui consomme beaucoup de musique américaine (ou tout du moins anglophone), le Japon se satisfait beaucoup plus de ses productions locales. Je ne dis pas qu'ils ne n'écoutent que de la musique japonaise, mais les proportions sont très différentes de ce qu'on a en France. On entend vraiment très peu de musique non japonaise (au moins ils n'ont pas à imposer des quotas). En plus des artistes américains, les jeunes écoutent également de la K-pop (korean pop, la Corée n'est pas loin de chez eux).
Pour ce qui est de la chanson française, c'est le néant, à part quelques anciens classiques (comme Edith Piaf) ou quelques rares chansons compatibles avec les goûts japonais (en plus comme c'est en français c'est kakkoii, cool/classe/stylé). Il y a aussi quelques groupes japonais qui s'essaient à de la J-pop en français. Rigolez pas, les paroles sont pas si ridicules que ça et elle a plutôt une bonne prononciation. On est loin de ce genre de désastre (admirez les sous-titres de qualité)... la France se débrouille mieux (ou pas).


Popularité musicale

En France on a droit à de sublimes émissions telles que la Star'Ac qui déterminent qui sera la nouvelle star dans les cris et les larmes (ou les grincements de dents, au choix). Au Japon ils ont évidemment des émissions musicales, elles ont parfois aussi pour objectif de faire le tri parmi des artistes, mais le plus souvent c'est juste pour chanter. Vous avez dû le remarquer dans la vidéo de Poupée de cire, poupée de son : il y a les paroles qui défilent, à la manière d'un karaoke. Ça c'est parce que les Japonais aiment bien chanter. Ils sont d'ailleurs de grands adeptes du karaoke (カラオケ) que j'aurai l'occasion de détailler une autre fois. Et s'ils peuvent chanter devant la télé, il le font.

Au Japon, on ne parle pas vraiment de stars mais surtout d'idoles (アイドル), le terme étant essentiellement utilisé pour les artistes féminins. (Remarque au passage : le terme d'idole n'est pas limité à la chanson, mais dans notre cas on se limitera à ça.) La particularité japonaise c'est le caractère très éphémère de la carrière d'une idole. Toutes connaissent une période de gloire pendant laquelle la popularité est au max ; mais tout évolue très vite et ça ne peut durer que quelques mois. Certaines parviennent à avoir du succès sur la durée, mais c'est plutôt rare (surtout comparé au nombre d'idoles qui sombrent dans l'oubli).
Ce système fait qu'à peu près n'importe qui est susceptible de devenir une idole, même des filles très jeunes : une demoiselle mignonne (c'est très important d'être kawaii) se fait remarquer alors qu'elle chante avec un copain guitariste près d'une bouche de métro (j'en ai vu à Tenjin), et hop c'est parti : télé, concerts, défilés en maillot de bain, interviews... l'idole est adulée par des tas de fans qui pourront tout savoir d'elle : date de naissance, taille, mensurations et groupe sanguin (je n'ai toujours pas compris l'intérêt porté au groupe sanguin) et la voir régulièrement à la télé.

Le phénomène ne concerne pas tous les artistes non plus. Certains groupes célèbres dépassent la durée de vie de quelques années à laquelle sont limitées la plupart des idoles. Parfois c'est un peu plus tordu, comme dans le cas des Morning Musume (モーニング娘), un groupe de filles dont les membres changent régulièrement (parfois pour suivre une carrière de leur côté).
Si on fait une recherche sur Youtube à japanese idol ou à アイドル on ne tombe pas sur des idoles en train de chanter... En prenant des noms au pif, ça marche mieux, y'a de quoi se faire plaisir peur.


Musique et jeux-vidéos

Beaucoup de grands firmes du jeu-vidéo (surtout jeux console) sont japonaises. Il va sans dire que la musique est un élément important d'un jeu, voire crucial pour certains. Passé le stade des premières générations de consoles, quand les évolutions technologiques ont permis d'atteindre une qualité audio satisfaisante, des bandes originales de jeux-vidéos ont commencées à être commercialisées (à la manière des bandes originales de films).
Avec le développement des jeux-vidéo, les japonais ne sont évidemment plus les seuls à faire ça, mais ils avaient déjà commencé eux. Des concerts de musiques de jeux organisés par de grands orchestres ont aussi lieu plusieurs fois par an (un peu partout dans le monde).
Parmi les grands noms ont peut citer Nobuo Uematsu (compositeur pour la série des Final Fantasy) ou encore Koji Kodi (à l'origine des musiques de Super Mario et The Legend of Zelda, entre autres).

Comme j'en avais déjà parlé, les Japonais sont à l'origine de nombreux jeux musicaux avec notamment la série Bemani de Konami. Platine DJ, danse avec les pieds, danse avec les bras, guitare, batterie, chant, taiko, ... tout y passe. Ces jeux dit de rythme consistent principalement à jouer (de différentes manières) des notes prédéfinies en rythme avec une musique qui passe en fond. Les jeux de rythme s'exportent plutôt bien en Europe et aux États-Unis, mais au Japon on va plus loin...

Un jeu qui marche très fort au Japon : Vocaloid2. La recette est simple : la voix d'une actrice/chanteuse/autre japonaise est enregistrée et samplée de manière à avoir tous les sons vocaux possibles. Le joueur n'a plus qu'à assembler les morceaux en ajustant quelques paramètres (longueur de la note, variations d'intonation, ...) et ça donne des trucs comme ça. Sur celle-ci le résultat n'est vraiment pas génial, Poupée de cire, poupée de son là c'est un peu mieux. En fait, la voix est surtout adaptée à la J-pop (ça a été fait pour ça) et plus particulièrement celle qu'on peut entendre dans les dessins animés japonais, les anime (genre ça). Plusieurs opus (avec des voix différentes) sont sortis, et le personnage de Hatsune Miku (初音ミク) issu du jeu s'est déjà taillé une bonne place chez les otaku japonais.

Un autre jeu (encore un, on va se demander où je vais trouver tout ça), 100% japonais, sorti sur arcade puis sur console : THE iDOLM@STER. Comme le titre le suggère (ou pas), le joueur incarne un producteur chargé de la carrière d'une idole qu'il aura au préalable choisie parmi une liste de modèles disponibles et nommée bien entendu. Une fois entraînée (mini-jeux), habillée (la garde-robe fait office de collection) et équipée de divers accessoires(cadeaux des fans, ...), l'idole peut monter sur scène pour sa prestation qui déterminera si oui ou non elle gagnera en popularité.


Le reste, les trucs qui font le plus peur

La J-pop alimente les jeux-vidéos mais également, comme on peut facilement l'envisager, tout ce qui est anime. Il faut savoir qu'un anime commence (opening) et finit (ending) quasi systématiquement par un générique en musique.
Si vous pensiez qu'on ne pouvait pas faire pire que les chanteuses telles qu'Alizée ou Priscilla qu'on a en France et/ou que je vous avais montré le pire... bin non, j'ai dégotté pire. Il ne faut pas oublier les jeux japonais qu'on ne verra jamais chez nous en raison d'un fossé culturel trop important avec ce genre de truc (comment la chanteuse fait pour garder sa voix ? même avec du post-traitement ça y va fort).
Il y a aussi tout ce qui est musique dôjin, ou y'a un peu de tout : de l'orchestral, des chansons normales ou d'un autre espace-temps). En cherchant un jeu, j'ai eu l'occasion d'aller dans un magasin spécialisé, j'ai été surpris de voir que les albums de Touhou (pour ceux qui voient ce que c'est) remplissaient une bonne moitié des étalages, dont une bonne partie avec des albums officiels.

On va finir sur un (long) medley qui, ne serait-ce que par la performance technique qu'il n'est pas donné à tous de pouvoir apprécier, donne un bon aperçu de ce dont sont capables les Japonais. (Je vous rassure tout de même : comme à la télé, on montre surtout les cas particuliers, c'est loin de concerner la majorité.)


Réponses du jeu

Rapidement, parce qu'il faut que j'aille au dodo. Heureusement, il n'y a pas d'explications à donner, même si les résultats surprendront peut-être certains.
  1. オー・ツー : salle d'arcade.
  2. Divers tubes américains célèbres des années 80 : le restaurant nostalgie.
  3. Indiana Jones : au supermarché.
  4. Les Morning Musume : le restaurant dont je n'avais pas parlé.
  5. Remix de 世界はそれを愛と呼ぶんだぜ : au supermarché.
  6. Le pseudo-enka : salle d'arcade.
  7. Remix de Ievan Polkka (aka. Loituma) : Mandarake.
  8. Eyes on Me (FF8) : Hamakatsu, le restaurant un peu plus classe.
  9. The Sounds of Silence.



Pfiou, c'était long... J'ai bien mérité mon dodo, histoire de me reposer le cerveau, les yeux et les oreilles (c'est dur à tous les niveaux de faire des recherches).

dimanche 25 mai 2008

Fukuoka Dome et Comic City

N'étant allé nulle part hier en raison de la météo, et n'ayant aucun endroit particulier à visiter, j'ai décidé de faire un tour du côté du Fukuoka Dômu (Dôme de Fukuoka), pour voir ledit dôme et me balader dans le coin. Il est situé à quelques minutes de là où je travaille (juste à l'ouest, après la rivière).
Le dôme est le (grand) stade de baseball de la ville, premier dôme à toit ouvrant du Japon, et qui abrite l'équipe locale à savoir les Hawks.
Suite au rachat de droits par Yahoo! Japan, le dôme a changé de nom pour devenir le Fukuoka Yafuu Domu (faut savoir que Yafuu est la transcription de Yahoo, on début on se demande ce que ce mot fait là), comme on peut le voir sur la photo.

En arrivant au pied de l'escalier, je trouvais qu'il y avait un peu de monde pour un simple stade ; et les matchs à cette heure-là, ça m'étonnerait. Après avoir gravi l'escalier je vois des masses de Japonais parqués dans des carrés entourés de barrières tandis qu'une personne annonce je ne sais quoi dans un mégaphone. Y s'passe un truc...



En regardant ce qu'il y a autour j'apprends (plus tard aidé d'une rapide recherche sur le net) qu'aujourd'hui est le jour de la 17e édition du Comic City de Fukuoka, une convention de dôjin (j'explique plus loin) qui se déroule plusieurs fois par an, dans plusieurs villes. N'ayant rien de prévu pour la journée, je décide de tenter l'expérience, ça pourrait être marrant. Bénéficiant de l'effet mouton couplé aux compétences exemplaires des Japonais en matière de files d'attente (longues mais rapides), je troque quelques modestes deniers contre un panfuretto (pamphlet), un genre de guide qui sert également de pass d'accès avec tout ce qu'il y a à savoir sur l'event : plan, disposition des stands, liste des cercles présents (y'a des noms qui en tiennent une couche), règles à suivre, règles à suivre, conseils pratiques et informations sur la sécurité, ... La convention est ouverte au public de 11h à 15h, j'ai trouvé ça restreint comme horaires, mais pour le visiteur ça suffit.


Maintenant un brin d'explication sur ce quoi porte la convention (je vais essayer de ne pas faire trop long). Comme vous devez le savoir, le Japon est gros producteur (et gros consommateur) de manga et d'anime (BD et dessins animés à la sauce nippone) ainsi que de jeux-vidéos (surtout certains genres, qu'on ne trouve parfois que là-bas). En plus des produits qu'on pourrait qualifier de commerciaux et qu'on peut trouver sur les étalages des magasins standards (ce qui s'exporte en Europe, entre autres), il existe un marché annexe alimenté par des amateurs. Ceux-ci produisent toute sortes de manga, de jeux (PC) et de livres d'illustrations, très souvent basés sur (ou dérivés de) produits commerciaux (mais de taille plus modeste). C'est comparable aux fan-fictions/fan-arts, mais plus général que ça. Le terme dôjin (同人) a évolué et désigne maintenant les productions des ces groupes, appelés des cercles).
C'est un moyen pour les artistes en herbe ou développeurs indépendants de se faire connaître, mais aussi de diffuser leurs produits sans avoir à lancer toute la mécanique commerciale. Il existe des magasins spécialisés dans ce genre de produits (par exemple Mandarake) et la vente sur Internet existe, mais les conventions restent un bon moyen de vendre ses produits (surtout quand débute). À noter que certains groupes sont plus célèbres que d'autres (vu la quantité, tout le monde n'a pas sa place dans les boutiques), voire carrément (très) connus (et deviennent parfois des entreprises à part entière).

Le stade est suffisamment grand, il y a la place qu'il faut pour circuler, et la pelouse moquette verte gomme les bruits de pas (et c'est agréable de marche dessus). Du coup, malgré ce qu'on pourrait penser (et un fond sonore discret), c'est calme. En se balladant à travers les stands d'environ 1 mètre chacun, classés par genre, on voit un peu de tout. Rarement des œuvres originales (c'est pas non plus une grosse convention) mais essentiellement des trucs basés sur des univers existants, avec les plus connus qui reviennent souvent et d'autres plus curieux (y'en a qui reprennent des jeux de rythme quand même). Au niveau de la qualité, y'en a qui se débrouillent clairement très bien, et d'autres qui font plus peine à voir.
En plus des livres d'illustration, jeux et compagnie on trouve aussi tout un tas de vêtements et accessoires pour poupées, fait main bien évidemment (les poupées ça m'étonnerait par contre), et aussi divers accessoires de déguisement à taille humaine. Tout ça intéresse fortement la gente féminine...

Côté public, c'est la tranche des 20-30 ans qui domine, avec autant de filles que de garçons, que ça soit devant ou derrière les stands (peut-être même plus de filles d'ailleurs). On voit néanmoins pas mal d'adultes plus âgés, parfois des couples avec un enfant, pas trop de jeunes adolescents par contre. Et puis bien sûr, je devais être le seul vrai blond présent. Je précise vrai, parce que des faux y'en avait, pas autant que des personnes à cheveux roses par contre.

Parce qu'en plus de la vente sur les stands, une des activités majeures du salon c'est le cosplay (pour ceux qui ne sauraient pas, ça consiste à se déguiser en un personnage de fiction, ça n'existe pas qu'au Japon). Qui dit cosplay dit bien sûr photos. Celles-ci n'étant pas autorisées sur les stands (les Japonais sont assez pointilleux sur le droit à l'image, etc.), tout le monde se rassemble dans la zone prévue à cet effet (à gauche sur la photo d'ensemble). Sur simple demande, les cosplayeurs sont ravis de poser pour qu'on puisse les prendre en photo : ça va du cliché déconne au téléphone portable aux photos en rafale avec du matériel professionnel style mannequin.
Au niveau des déguisements, il y a les séries populaires qu'on voit en plein d'exemplaires. Il y a les trucs très connus (à gauche, y'avait aussi un Jack Sparrow très réussi) et ceux qu'on préfère ne pas connaître (à droite, les candidats étaient nombreux).


Il y a quelques personnes qui portent un costume disponible dans le commerce, mais les vrais sont ceux qui font leur costume eux-même. Il sont plus ou moins bien réussis mais dans l'ensemble c'est ressemblant et bien réalisé (y'avait un type d'environ 40 ans avec un costume immonde, c'était bien ridicule). Attention toutefois habillé bizarrement n'implique pas être déguisé, ça c'est rapidement acquis au Japon ; mais plus trompeur, la réciproque est fausse : y'en a ça se limite à un t-Shirt bien choisi ou à un uniforme très proche de ce qu'on peut voir tous les jours.
Un point important c'est la pose. Pour certains c'est une pose toute bête, pour d'autres (et/ou sur demande du photographe) il y a des photos de groupe avec mise en scène voire accessoires divers : les cosplayers étant souvent en groupes, il y a possibilité de faire des photos avec plusieurs personnages du même univers. Il y a la pose debout classique, la pose mise en scène, la pose (plus ou moins) comme dans la série, ...
Le modèle


Ce qui est amusant à voir ça n'est pas tellement les cosplayeurs eux-mêmes : même si c'est plus sympa de voir ça en vrai, on peut trouver toutes les photos qu'on veut (ou pas) sur Internet ; c'est surtout l'ambiance qui règne : ça rigole, ça discute (non pas moi, j'étais tout seul et j'ai pas le niveau, y aller à plusieurs ça doit être plus marrant), ça commente, etc. On sent que (comme pour le dontaku) les Japonais présents aiment bien se déguiser, c'est un bon prétexte pour s'amuser. Ils aiment également beaucoup prendre des photos avec des poses pour délirer, alors ça forcément ça y va fort. Ça créée parfois des mouvements de masse où tout le monde se rassemble, plus ou moins en se jetant l'un sur l'autre, tout en rigolant, comme sur la photo ci-dessous. (Ce qu'on ne voit pas c'est que par terre, hors du cadre, il y a une trentaine d'appareils amassés, pour que chacun ait sa photo.)



Quand l'événement touche à sa fin, tout le monde rassemble ses petites affaires, ce qu'il reste (ou pas) sur son stand, une longue queue se forme devant les vestiaires, les gros acheteurs rassemblent leurs récentes acquisitions dans des cartons pour qu'ils soient envoyés directement chez eux par l'entreprise proposant ses services de livraison... C'est l'heure de rentrer, un peu fatigué.
Tout s'est déroulé très gentiment, dans une bonne ambiance, sans avoir besoin de tout un service d'ordre ou je ne sais pas quoi. Ce qu'il est amusant de remarquer c'est que contrairement aux événements similaires approchants qui ont lieu en France (comme la JapanExpo), les deux seuls (petits) stands professionnels qu'il y avait vendaient des ramettes de papier et du matériel informatique pour dessiner. On pourrait dire que seule la logistique est assurée par des professionnels, tout le reste est animé et construit par les participants.

lundi 12 mai 2008

Questions pour un (non) nippon

Petit grand jeu (ou l'inverse) aujourd'hui, pour stimuler les méninges... ou pas.
Une (courte) série de questions sur tout et rien, les réponses et explications sont rassemblées à la fin.


Et on commence tout de suite par une question à 1 point.
Q1 : Nous sommes le 12 mai 2008, vous avez votre correspondance train vers métro à prendre à Kaizuka. Vous êtes devant les pseudo-portillons de contrôle et avez en main votre carte de transport qui expire le 20.05.08.
Que faîtes-vous ?

On enchaîne tout de suite avec une question musique, pas d'indice, mais vous avez la main.
Q2 : Où et quand faut-il aller pour entendre une version instrumentale de Ce n'est qu'un au-revoir ?

Sans transition, une question sur la télévision.
Q3 :À quelle heure se terminent les programmes télévisés au Japon ?

Pour varier les plaisirs, une question en images.
Q4 : Où travaille cette charmante personne (je dénie toute responsabilité pour les sensibilités heurtées).
Avec un indice.

Et pour finir, une question gastronomie.
Q5 : Que peut-on manger au Japon ? Des têtes de crevettes ou du cartilage de poulet ?



C'était dur ? Je sais... Mais sans plus attendre, les réponses.


R1 : Vous allez renouveller votre carte périmée depuis 4 jours déjà.
Il faut le savoir, les japonais ont deux systèmes pour compter les années, à peu près autant utilisés l'un que l'autre : celui que tout le monde utilise (et qui dit que nous somme en 2008) et un à eux basés sur le nombre d'années de règne de l'empereur (dans celui-ci, on en est à l'année 20).
On peut penser que ça peut prêter à confusion, mais en fait non. Déjà parce que les Japonais écrivent l'année complète (2008 et pas juste 08). Et puis parce qu'ils ont la bonne idée de toujours écrire dans l'ordre année/mois/jours. Comme séparateurs on voit souvent le point ou le tiret, mais (curieusement) pas le slash. En japonais une date s'écrit comme ceci (par exemple pour le 12 mai 2008) : 2008年5月12日, des kanji très classiques. Les dates sont aussi fréquemment suivie du jour de la semaine, marqué entre parenthèses (chaque jour correspondant à un kanji). Les mois n'ont pas de noms en japonais (comme nous avons janvier, février, etc.), du coup les dates, on est sûr de pouvoir les lire.

R2 : Dans une gare, à l'heure du dernier train.
Je sais que c'est le cas dans une des gares de Kashii (je l'ai entendu ce soir, ça dure longtemps en plus), et j'ai entendu dire que c'était pareil pour le métro. En tout cas, ils ont le sens de l'humour (imaginez le type qui rate son train de justesse, avec cette musique dans les oreilles).

R3 : Aux alentours de 28h, en moyenne.
J'ai trouvé un programme télé sur le net, et en voyant ça j'ai d'abord cru à un bug du système, mais en fait c'est tout à fait normal : les programmes qui débordent sur la nuit sont comptés dans le jour précédent, sans remettre l'horloge à zéro. Heureusement qu'il n'y a pas que l'heure pour programmer des enregistrements, ça ne doit pas être simple sinon...

R4 : À environ 3 mètres de moi.
Oui, c'est un collègue d'un box à côté, qui travaille sur le même projet que nous, et on mange régulièrement avec lui. Comparez-donc avec la personne en haut à droite de la photo donnée en indice. Qui soupçonnerait ça d'un ingénieur en informatique ? surtout qu'il en a tout une collection de photos de cosplay sur son site, et que (dixit un des Français) il est très enthousiaste quand il en parle, il vous montre d'autres photos, etc. Les Japonais ont des goûts... particuliers quand même. Il ne faut pas non plus aller croire que c'est ultra banal et répandu, y'a aussi des Japonais qui trouvent ça bizarre et que ça amuse. Mais globalement on dirait qu'ils aiment bien se déguiser les Japonais, et ça n'est pas le même genre de costumes que ce qu'on a chez nous (y'a qu'à voir ce qu'on peut trouver dans les magasins).

R5 : Les deux bien sûrs, et frits bien évidemment.
J'ai goûté, ça n'est pas transcendant. Le plus étrange c'est le cartilage. Ça craque sous la dent de manière un peu spéciale, ça se mange mais je préfère de loin du vrai karaage (avec une bonne sauce).

mardi 22 avril 2008

Salles d'arcade

Suite de l'article d'hier, sauf que là ça ne concerne pas particulièrement Tenjin, comme prévu ça va parler des salles d'arcade et de ce qu'on peut y trouver. On en trouve assez facilement au Japon (même si celles de Kashii sont bien plus petites que celles de Tenjin), la difficulté étant parfois de déterminer s'il n'y a pas uniquement du pachinko.
Je précise que sur la fin de l'article, je commence à fatiguer, ça risque de se sentir...

Dans une salle d'arcade on trouve grands trois types de machines :

  • les pinces pour attraper des peluches et autres babioles ;
  • les jeux de hasard et d'argent ;
  • les jeux d'arcade à proprement parler.


Les pinces ça s'appelle des prize catcher, il y en a toujours au moins quelques uns à l'entrée des salles et ça ressemble à ça. C'est une grosse boîte dans laquelle il y a des lots et on déplace une pince pour tenter d'en attraper. On a droit à un mouvement de déplacement et une descente de la pince qui est hyper sensible, ce qui fait que c'est pas facile pour réussir à attraper quelque chose. Le quelque chose c'est en général une peluche (y'en a des très grosses) ou sinon des accessoires divers. C'est plus un truc pour filles (ou pour les garçons qui vont se ruiner pour attraper LE truc sur lequel mademoiselle à complétement flashé).

Les jeux de hasard, il y a bien sûr toujours quelques pachinko (au moins pour la forme, même si les trois bâtiments voisins en sont remplis), des bandits manchots, d'autres jeux divers, et... du PMU. Aller à l'hippodrome c'est trop contraignant alors on joue via l'interface qu'on a sur son écran (et qui a l'air très complète et sophistiquée). Un écran géant projette le déroulement de la course, comme à la télé. Et il y a même une reproduction de la piste avec les chevaux qui courent (on voit les pattes bouger !).


Le plus intéressant ce sont bien évidemment les jeux, les vrais. Toutes les parties sont à 100 yens (environ 0,60 €), ce qui permet selon les jeux de jouer assez longtemps pour pas si cher. On peut répartir les différents jeux en plusieurs catégories que je reprendrais (dans un autre ordre) :
  • les jeux de combat, les plus nombreux ;
  • les jeux de course et les jeux de tir ;
  • les jeux à base de cartes ;
  • les jeux de rythme, évidemment ;
  • les puzzle-game ;
  • les shoot-them-up.
  • les autres jeux, les inclassables.


Pour commencer les jeux de course et les jeux de tir (avec flingues, voire sniper), il n'y en a pas énormément, moins que dans les quelques salles françaises dans lesquelles je suis allé. Possédant la version console, j'ai juste essayé F-Zero AX et je ne me suis pas trop mal débrouillé pour une première fois : premier sur Lightning (ça aide de connaître le circuit). J'ai été un peu déçu de ne pas avoir vu une seule borne Metal Slug, peut-être trop américain pour eux...

Les jeux à base de cartes, il y en a de types variés : sport, action/combat, ... Je ne pourrais pas dire grand chose sur le fonctionnement des jeux parce que contrairement à un jeu de combat où l'objectif est clairement défini, là c'est assez chaotique et on ne pige rien. Le (ou les, dans le cas de duels) joueurs disposent de cartes (de leur collection personnelle j'imagine) qu'il disposent et déplacent sur la table de jeu face à eux (la reconnaissance étant magnétique). Il se passe des trucs sur l'écran (qui est parfois tactile), le joueur réorganise ses cartes, ça explose, y'a de la lumière... et on n'y comprends toujours rien.

Viennent ensuite les jeux de combat, très prisés. On trouve bien sûr les grands classiques qui ont fait leurs preuves comme Street Fighter, King of FighterS ou encore Tekken. Mais les Japonais ont bien entendu leur jeux à eux, dont certains qui marchent très fort comme Melty Blood. Certains de ces jeux ont un chara-design très... nippon. Pas (ou rarement) de gros mec baraqué en sueur, de pectoraux virils, ou de femme fatale. Ça va plutôt être une gamine de 15 ans sur une grosse bulle d'eau, l'attaque à coups de mobilier (chaises, tables) de la domestique, etc. Ceux qui me connaissent savent que ça n'est pas le genre de truc qui me dérange (contrairement à d'autres), mais dans le tas y'en a qui font bien ridicule.

Dans les puzzle-game il y a bien sûr Tetris (c'est la base quand même), Puyo Puyo, j'ai aussi vu Magical Drop ainsi qu'un jeu de réflexion où il faut noircir des cases (image, car y'a trop de noms différents pour ce jeu). Mais pour ces derniers il n'y en a pas partout. Il n'existe pas de version arcade de l'excellentissime Panel de Pon et c'est bien dommage, surtout quand on voit qu'il y en a pour cette bouse de Zoo Keeper.

Dans les inclassables on peut mettre les jeux de Mahjong (le poker asiatique en quelque sorte) qui ont du succès. Sur la vidéo de présentation de certains on peut voir des photos de vrais filles : comme au poker, y'a des variantes qu'on devine douteuse (mais ça ne décode pas du captcha Yahoo). Il y a aussi les quizz, à faire en couple ; j'ai pas creusé la question mais ça semble des sortes de QCM. On trouve aussi des véritables bombes comme Bomberman (drôle) et même... et ça m'a vraiment surpris : Super Mario Bros., premier du nom (si si ! y'en a qui mettent 100 yens pour y jouer).

Avant dernière catégorie, les shoot-them-up, plus rares. À côté quelques classiques du genre comme R-Type (je n'ai pas vu d'Arkanoid quand même) on trouve le très bon Ikaruga. Le reste ce sont des jeux Cave (note à nos amis Québecois : et pas pour caves, quoique...). L'un d'eux, Mushihime-sama a suscité mon attention : je l'avais déjà repéré lors de mes recherches sur les danmaku (le même genre que Touhou, pour ceux à qui j'en ai déjà parlé). Je n'ai pas pu résister à une petite partie. Passé le petit temps d'adaptation au joystick (oué, j'suis un novice à ça moi) ça n'allait pas trop mal. Sauf qu'en fait, en voyant un pro y jouer, j'ai constaté que j'avais raté une partie importante du gampleay, n'a pas facilité la tâche. Faut avoir les yeux bien accrochés, mais c'est plaisant, j'aime (mais ça ne vaut pas un bon Touhou à mon goût).

On termine sur les jeux de rythme, un autre genre que j'affecte tout particulièrement. Pour commener y'a Drum Master où on tambourine en rythme, c'est fun (surtout à deux) et c'est pas très dur, même pour une première fois à difficulté élevée (suffit d'avoir le rythme dans la peau). Il y a bien sûr Dance Dance Revolution, j'ai vu un gars qui ne jouait pas aussi vite que le club DDR de l'Esial mais lui il jouait sur 8 notes à la fois le bougre. Pas tellement plus difficile y'a DrumMania et GuitarFreaks (simulation de batterie et de guitare). Pour ceux qui trouvent que Stepmania c'est dur avec juste 4 notes sous les pieds, là c'est autre chose quand même : on a ses deux baguettes en main, la pédale sous le pied (pour la percussion) et on tape en rythme sur les 5 autres instruments, ça demande plus d'habilité.
Mais bon, tout ça ce sont des jeux faciles, les vrais bourrins qu'on voit jouer ils ne font pas ça. Ils jouent à Beatmania et son clavier de 5 ou 7 touches, ou pire, à Pop'n Music et ses 9 grosses touches. Pour ceux qui me prennent pour un fou en me voyant jouer à Stepmania sur mon clavier, là c'est 10 fois pire : déjà on n'a pas toutes les touches sous les doigts (4 c'est peu) et puis elles sont grosses donc pour appuyer sur plusieurs à la fois avec la même main c'est chaud et quand il faut appuyer sur 5 ou 6 à la fois il faut mettre à contribution les poignets voire les coudes. Mais bon, je me devais d'essayer.
Bah même en mode 5 touches, j'ai du mal... Passé le petit temps de familiarisation on arrive à peu près à faire un truc correct quand la musique n'est pas trop dure... Comparé à la fille juste à côté qui te maîtrise les 9 touches à une vitesse ahurissante, ça fait n00b (et ça calme). Ne me dites plus que je suis bon maintenant (mais j'ai plus de 4 mois pour progresser).
Tout ça m'a bien plu, malgré le fait qu'avec le bruit ambiant on ait du mal à entendre la musique qui passe (c'est pas ça qui va aider le novice que je suis). J'ai pas parlé des musiques d'ailleurs, oubli de taille, car sans musique y'a pas le jeu. Comme on peut s'y attendre, pour les trucs que j'ai essayés, il y a de la musique japonaise, essentiellement des trucs d'anime. Ça aide de (re)connaître quelques titres dans la liste (au son où en lisant), ne serait-ce que pour pouvoir suivre le rythme malgré le bruit ambiant. Ça sert aussi pour pouvoir vous retrouver quelques liens, parce que je suis gentil... ou pas, les vidéos (qu'il ne sont pas dans le jeu) peuvent faire peur. Il y a donc des morceaux plus ou moins anciens comme Tank! ou Get Wild, et puis du récent avec Hare Hare Tsukai ou du complétement dingue (mention spéciale Motteke! Sailur Fuku)... je crois que je vais m'arrêter là.


Et qui qui joue à tout ça ? Encore un truc réservé aux ados. Eh bien pas du tout. On en voit vraiment de tous âges. Évidemment, la majorité sont des jeunes (hommes), surtout pour les jeux de combat, mais ça serait bien réducteur d'oublier les autres. On verra ainsi un nostalgique faire une partie de Super Mario Bros., un quinquagénaire dépasser les 150 lignes à Tetris dans un mode de jeu difficile, des adolescentes s'essayer aux jeux de combat, une mère de famille et sa petite fille dans un duel de Mario Kart 2, sur le shoot-them-up de fou (soit-disant inhumainement difficiles et réservés aux aliens, n'est-ce pas JD ?) on voit souvent des ménagères de 40 ans qui se débrouillent plutôt bien (ça calme n'est-ce pas ?). Sur les jeux de rythmes on ne voit pas de grands adultes (les musiques c'est pas leur époque), mais le niveau est le même entre filles et garçons.

Quand on sort de là après y être resté longtemps, on a les oreilles et/ou les yeux un peu bizarres, mais on a passé de bons moments.
Sur ce, je vais me coucher.

dimanche 20 avril 2008

Tenjin, ascension du paradis de l'otaku

De la musique, un bentô, des baguettes, un Vim, ça y'est j'suis prêt. Ça fait quelques temps que j'avais dis à certains que j'en parlerai, cette fois c'est bon. Le moment est venu de parler d'un autre aspect de la culture japonaise : manga, jeux-vidéo, anime, ... Je regrouperai tout ça sous le label otakisme, bien que le terme ne colle pas exactement (même dans le sens moins fort qu'il a en France). Je n'ai pas trouvé de meilleur terme englobant, donc par soucis de commodité...
Avis aux profanes : je ne m'attarderai pas à expliquer tous les termes et noms qui pourraient ne pas être connus, Wikipédia explique ça très bien (même sans avoir à aller chercher sur la version anglaise). Moi-même j'ai bien été obligé d'y aller pour trouver des titres, des termes ou autres infos.


On trouve bien dans les différents immeubles dont j'ai parlé la dernière fois quelques boutiques qui vendent des goodies tirés de manga, jeux et animes (figurines, maquettes à peindre et même poupées avec de tous les accessoires), les librairies vendent des manga et on trouve des DVD sans trop de mal. Pour pour trouver certains produits ou avoir vraiment du choix, il y a des gros magasins spécialisés. Le Mandarake (まんだらけ) est l'un de ceux là (c'est clairement affiché à l'entrée), c'est même le plus gros de Fukuoka. Il s'étale peu en surface (tout est bien serré) mais occupe 4 niveaux ; la tradition voudrait que plus on monte, plus ça fait peur, mais c'est pas totalement vrai.
Une description des étages (en japonais) et quelques (petites) photos sont disponibles cette page (sinon, moteur de recherche habituel).
Là encore, trois Français qui se baladent en montrant des trucs du doigt avec parfois un air horrifié, ça ne fait pas très discret (surtout au deuxième étage).



Une fois passés les manga en présentoir à l'entrée, on entre dans le magasin. L'oreille experte reconnaît tout de suite la musique qui passe : un remix du thème de Tina de FF6. Un panneau vous fait bien comprendre que les photos sont interdites (avec un logo, pas d'excuse comme quoi on ne parle pas la langue). Juste avant la caisse, quelques grosses figurines comme Astroboy, un costume de cosplay de je ne saurais dire qui et d'autres babioles du genre.

Au rez-de-chaussée, comme à chaque étage, on trouve quelques figurines, goodies et cartes qui se battent en duel (n'espérez pas trouver du Magic). Il y a ensuite un bon nombre de manga qu'on pourrait qualifier de normaux (par opposition à ce qui suivra). Mais ce qui prend le gros du niveau c'est tout ce qui est jeux-vidéo console. Et il y a de tout. On trouve bien sûr en grosse quantités tout ce qu'il faut pour les consoles récentes (PS, Wii, GC, XBox, NDS, GBA, ...) mais également des présentoirs réservés aux consoles de la grande époque (Super NES, Megadrive, ...) ou moins répandues (Neo-Geo Pocket, ...). Les Game & Watch sont soigneusement exposés derrière une vitre, les prix oscillant entre 25000 et 60000 yens (150 et 375 €). On trouve également des OST, essentiellement du Final Fantasy mais je suis aussi tombé sur l'OST de SD3.
Parmi les gens qu'on peut trouver, beaucoup de connus mais surtout beaucoup de jeux qui ne sont jamais sorti (et qui ne sortiront sûrement jamais) en Europe (on comprend sans grand mal pourquoi) : des visual-novels, des boîtes avec du rose, des filles et des petits cœurs sur la boîte, une grosse quantité de titres dérivés de manga ou anime à succès (... ou pas), et plein d'autres.

Après avoir emprunté l'escalator, on arrive au premier étage avec de quoi lire, voir et jouer pour les garçons. On commence par tomber sur quelques cel(lulo(ïd))s de Miyazaki, des DVD de grands classiques (Gundam, DBZ, ...) ou récents (Lucky Star, Death Note, ...). Il y a vraiment de tout, du mécha au shônen en passant par le fan-service. On tombe même sur de vieilles séries (dans le sens d'ancien et de pourri) qui paraît-il cartonnent au Japon (malgré un chara-design assez naze) et des nouveaux épisodes passent encore à la télé, j'ai nommé Ultraman. Toujours dans les vieilleries, un coin du magasin regroupe des anciennes séries qui tranchent par leur couleur et leur réalisation avec les productions et ouvrages récents.
Après il y a bien sûr tout ce qui est manga, dôjin (de tout types : manga, quelques jeux, musique, ...), artworks, etc. Il y a d'ailleurs une quantité énorme de dôjin, je n'aurais pas imaginé. Pas question de lire par contre, tout est sous cellophane. Un coin Dans un couloir orné à l'entrée d'une pseudo-tenture rose (couleur prédominante des reliures dudit couloir) et surmonté de deux gros trucs en plastique comme on peut en voir dans DoA (vivent les périphrases). La peur s'installe...
Tout est en général bien tassé dans des étagères, sauf bien sûr les figurines, certaines licences à succès et des artworks ou dôjin qui sont exposés. Ceux-ci occupent les quelques vitrines du magasin. J'ai eu l'agréable surprise d'en voir une quasiment exclusivement réservée à Touhou : en fait c'est vraiment connu là-bas (na !). Vu que pour ce qui était dans les étagères on s'est contenté de la tranche, ce qu'on a vu c'est surtout le contenu des vitrines, et il y a vraiment de tout : ça va du soft au tr'H (si vous voyez ce que je veux dire).

On avait l'étage des garçons, le suivant est réservé aux filles. Le contenu est globalement le même, mais pour les filles : toujours du soft et du tr'H, juste que vous remplacez les filles par des garçons, que vous ajoutez du rose et une bonne couche d'eau de rose (et des roses tout court d'ailleurs). C'est là notamment qu'on trouvera les shôjô, magical girls et autres (là encore du vieux et du plus récent). On voit surtout des filles, mais quelques mecs se promènent aussi dans les rayons.
Ah au fait, j'avais oublié de le dire mais la musique est différente à chaque étage, même si à chaque fois c'est un peu le même type : des musique de jeux, d'anime et compagnie (ma culture personnelle m'ayant permis de reconnaître quelques titres).
Ce qu'il y a de plus par contre sur cet étage c'est le coin cosplay avec une bonne dizaine de costume exposés, plus ceux alignés sur des cintres. Certains pas trop extravagants ressemblent à ce qu'on peut voir dans la rue, d'autre carrément non. Curieusement c'est pas si cher que ça. Surtout que c'est bien réalisé et pas moche à voir (tant qu'on ne tombe pas dans les cas extrêmes bien sûr). À propos de cosplay, un de ces quatre il faudra que je vous parle de quelqu'un que je connais... (je sens la peur sur les yeux de certains).

Le dernier étage est réservé aux toys c'est à dire tous les goodies basés sur les manga, anime, jeux, mais également films (qui a eu peur ?). On trouve ainsi toutes sortes de figurines, à monter (ou à démonter, hum). Là encore ça couvre vraiment une gamme énorme : des séries mignonnes aux trucs plus... spéciaux. Parmi les choses à remarquer il y a bien sûr tout ce qui est mécha (avec tout plein des modèles très classes de Gundam, encore et toujours), les petites figurines de personnages d'anime divers, les classiques comme Doraemon (avec certaines éditions collector pour lesquelles les prix peuvent grimper très haut), quelques plus grosses figurines de Dragon Ball, Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque chez nous), etc. Quelques vitrines remplies de grosses bébêtes type Godzilla.
Les amateurs de science-fiction (s'il ont réussi à passer les étages précédents) trouveront aussi leur compte puisqu'on trouve un grand choix de figurines de Star Wars souvent en (très) gros format : un Chewbacca de 50cm ou Han Solo sur sa monture bipède dans une boîte de près d'1m de large... ça impressionne. On trouve des trucs encore plus insensés comme des modèles en plastique de l'univers de Tron ou même l'espèce de jeu de motos que l'on trouve dans le film.
Le choix est vraiment très vaste et j'oublie sûrement plein de choses, ça vaut le coup de monter jusque là.

Je ne sais plus trop (en trois semaines bien remplies j'ai eu le temps d'oublier) si c'est à cet étage qu'on trouve les CD de musiques (officielles ou non) basées sur les jeux et anime ainsi que le gros des dôjin softs, mais y'en a également (évidemment). Si on regroupe les quatre niveaux le choix est vraiment impressionnant, même s'il ne peut pas tout couvrir tant la production japonaise est importante à ce niveau là. Je n'ai pas réussi à trouver un truc que je cherchais, mais le contenu de certains rayons a l'air de changer assez régulièrement, donc je ne perds pas espoir (d'autant plus que ça n'est pas le seul magasin).



J'avais prévu de parler aussi des salles d'arcade et de ce qu'on peut y trouver, mais j'ai déjà pas mal tapé, et qu'il se fait tard (j'ai commencé y'a plus de deux heures, ça me prend un temps fou tout ça), ça sera pour la prochaine fois.