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dimanche 31 août 2008

Retour en France... et retour au Japon ?

Ça y est, le stage s'est terminé vendredi, dernier jour de boulot. Enfin boulot... c'était assez tranquille et surtout destiné à du rangement, rapatrier les données utiles sur les serveurs de l'ENSEIRB pour pouvoir les récupérer, etc. Les démarches diverses sont bouclées (interrompre sa ligne au Japon c'est bien plus pratique qu'en France : une courte discussion quelques jours à l'avance et c'est réglé). Le sac a été rempli et tout rentre (c'était pas gagné !).Je prends l'avion demain matin (10h30), atterrissage à Charles de Gaulle à 18h20.

Jeudi, il y a eu une soirée d'adieu au restaurant, dans un yakiniku (焼肉, lit. viande grillée). En gros c'est comme un barbecue, mais en intérieur et le matos pour griller étant posé sur la table, il est plus petit. C'était bien sympathique et on a bien mangé et bien discuté : vous saviez qu'au Japon (à part pour les sumos) avoir un tour de taille supérieur à 85cm pour les hommes, 90 pour les femmes était illégal ? Le lendemain, dernier jour de travail oblige, on fait un (court) blabla d'adieu devant le personnel (en japonais s'il vous plaît). Le soir il y avait un genre de meeting organisé par l'ISIT avec des invités venus de je ne sais où. Sur la fin, on est descendu à plusieurs, histoire de profiter des sushis gratos et de discuter avec les employés du pôle administratif (ou comment apprendre qu'une des secrétaires est une gameuse).

Vu que c'est le dernier article (que j'écris vraiment comme ça vient, d'une traite), il va falloir que je parle des trucs biens et moins biens, des regrets, etc. Bon alors déjà je ne regrette pas du tout, je me suis bien amusé et j'ai découvert plein de trucs (oui, ça fait bateau mais c'est vrai). Je regrette un peu de ne pas avoir beaucoup eu l'occasion de pratiquer mon japonais, faute d'avoir été beaucoup en relation avec des Japonais. Ceci dit, mon niveau dans la langue a tout de même bien progressé je pense. D'ailleurs, à force de ne parler français qu'avec les trois mêmes personnes, j'ai perdu certaines habitudes (par exemple ça m'a fait bizarre de vouvoyer un prof de l'ENSEIRB en visite). Et à force de parler et d'entendre du japonais, j'en ai pris d'autres (faire des eeeeh ?, des etoooo, maaaa et autres : les Japonais ont tendances exprimer leur pensée immédiate par des sons), sans parler des courbettes.
Il y a une foultitude de petites différences entre le Japon et la France, surtout liées au mode de vie que j'ai sur place. De retour en France il va falloir abandonner les baguettes et reprendre fourchette et couteau. Plus de riz tous les jours, place au trio entrée/plat principal/dessert. Plus de repas pas cher au restaurant (pas de vaisselle à faire, le pied). Finis les feux rouges interminables et il va falloir se remettre à ne pas traverser que quand le feu est vert (histoire de ne pas passer pour quelqu'un de bizarre). Mes parties régulières de Pop'n Music et de DrumMania vont me manquer. En retrouvant la morosité et le caractère désagréable des Parisiens Français je vais regretter le sourire et la sympathie qu'on a au Japon ; et puis la mode japonaise c'est tout de même plus amusant à voir. Je vais à nouveau comprendre tout ce qui est écrit et affiché dans la rue (y compris la pub...).
Hum... on va s'arrêter là.

Une fois rentré il va tout de même falloir finir le rapport de stage, faire la soutenance qui va avec, et après... Alors justement pour après, bien que rien ne soit encore décidé, il n'est pas impossible que je reparte là-bas (toujours à l'ISIT), pour 6 mois ou plus. Il y a encore des histoires de 希望 (kibô, espoir), de 条件 (jôken, conditions) et de budget... Ce blog ne s'arrêtera donc peut-être pas avec ce article.

mercredi 6 août 2008

Bêtes, mais surtout bestioles

Gnurf, déjà 10 jours depuis le dernier blabla... ça va pas tout ça. Ce 42e article donnera quelques réponses (à défaut d'avoir les questions) sur la vie animale à Fukuoka. Un sujet pas vaste du tout, parce que les animaux, ça ne court pas les rues. Il y a bien quelques chats errants et chiens/chiots accompagnés de leur maître... mais y'a rien à dire sur eux, ils sont comme en France (la différence c'est tout de même que je n'ai jamais eu l'occasion de voir de déjections canines sur le trottoir).

Fukuoka, comme bon nombre de villes, a bien entendu son gang de pigeons. Par contre ils n'ont vraiment de rien impressionnant : ils ne sont pas bien gros et surtout peu nombreux. La raison ? C'est qu'il y a un autre groupe de piafs in black dans le secteur qui a su s'imposer : les corbeaux. Et forcément, quand tu mets un corbeau et un pigeon côte à côte... tu sens bien que le frêle pigeon a intérêt à garder profil bas. Est-ce qu'on y gagne au change ? Non, on y perd même. Déjà un corbeau ça fiente autant qu'un pigeon si ce n'est plus (du fait de la différence de taille). Mais le corbeau a aussi le chic de venir croasser (tôt) le matin près des habitations, et ça croasse fort un corbeau.

Dans les différentes rivières, étangs ou lacs on a l'occasion de voir (surtout dans les parcs) des poissons assez gros, notamment des carpes koï (koi étant le nom japonais pour carpe), souvent blanches à taches rouges. À noter qu'à l'occasion du kodomo no hi (jour des enfants, qui tombe le 5 mai, pendant la Golden Week on peut voir des koinobori (鯉幟, littéralement bannière carpe) qui ont cette tête ; il y en a une pour papa, une pour maman et un par (petit) garçon. J'en avais entendu parlé, mais n'en ayant que quelques uns, je n'avais rien écrit dessus.
Un autre animal aquatique que j'ai vu et dont le nombre m'a laissé médusé... les méduses (hum, pardon). Un jour, la petite rivière qui passe à côté de la résidence en était littéralement saturée. En tout cas ne ça donne pas envie de se baigner... déjà qu'à la base des plages artificielles toutes carrées c'est pas le top.

Dernière famille animale : les insectes. Ça doit être lié au climat, mais au Japon les insectes c'est taille XXL. Prenons par exemple un cafard japonais, avec ses 5 bons centimètres il en impose (la première fois ça surprend). Et non seulement il est rapide mais en plus il reste bien aux insecticide (coriace la bébête). Dès que l'été arrive il est aussi fortement conseillé de fermer la moustiquaire afin de limiter l'arrivée de moustiques, araignées, fourmis en période de reproduction (donc volantes) et autres bestioles qui n'hésiteront pas à se balader chez vous, à passer sur votre écran pendant que vous regardez un film ou votre clavier pendant que vous tapez, à mourir sur vos genoux, à venir goûter à vos restes alimentaires, à venir squatter votre dos ou votre cou, ... J'ai aussi eu droit à un tapis de cadavres de fourmis devant ma porte. Très sympathique comme vous pouvez l'imaginer... mais on s'y fait.
Il faut savoir qu'en plus de cela, les Japonais sont fans d'insectes. J'avais déjà évoqué la présence de stands en vendant dans les matsuri, et il y en a aussi dans certains gachapon. Je vois tout à fait les enfants Japonais se balader en bordure de la ville, ratissant les bois dans les hautes herbes pour attraper des Pokémon insectes pour leur collection ou pour affronter le copain (Insécateur, go!).

On va finir sur un insecte et pas des moindres : la cigale. Déjà les cigales japonaises (蝉, semi) sont grosses : difficile de ne pas voir les cadavres qui apparaissent de temps en temps dans les escaliers. Mais surtout, c'est bruyant. Alors là j'entends tout de suite certains dire que c'est parce que je ne suis qu'un sale geek incapable d'apprécier le doux chant des cigales que nous offre Dame Nature. À ces personnes je conseille le trajet station de Nishijin - SRP Building un matin d'été, qui leur permettra de se rendre compte qu'un c'est tout sauf doux : ça en balance des décibels. Une fois arrivé on en a vraiment plein la tête, ça fait du bien quand ça s'arrête.
Il y a plein d'arbres qui bordent la route et quelques jardins ou parcs, et ce tout au long du chemin. Les cigales s'en donnent donc à cœur joie ; elles s'entendent de loin et couvrent aisément le bruit du trafic automobile. Autre exemple, le matin j'entends plus les cigales qui sont dehors que le réveil à 50 cm de ma tête (et si je garde la fenêtre ouverte, c'est juste pour pas (trop) crever de chaud).
Les cigales font deux sortes de bruits : un sifflement continu qui fait mal au crâne et qu'on entend surtout au début de l'été et qui laisse ensuite la place à un ksss ksss plus classique. Parfois on a aussi des sons très bizarres : « Tiens, un hélicoptère ? Ah non, des cigales psychopates. » ; « Tiens, ils construisent un truc dans le coin ? Ah non, ce sont des cigales qui imitent des engins de chantier. » (ça sent le vécu, c'est normal). Le midi elles se calment et le soir ça va encore. C'est vraiment le matin que c'est le pire, et ça commence tôt (au moins 6h, avant j'étais pas réveillé).


Voilà, fini, on a fait le tour. En gros ce qu'il faut retenir c'est que y'a pas beaucoup d'animaux (en ville c'est plutôt normal) et que le peu qu'il y a est à mettre dans la catégorie des nuisibles, section grandes tailles.

samedi 26 juillet 2008

Le retour des transports

Comment ? Mais il y avait déjà eu un article sur le sujet. Ssscrooc s'empressent de dire les deux élecs du fond. Oui mais j'ai quelques nouveaux trucs à dire depuis la dernière fois, et pas mal de généralités.
Pour les curieux, le site du métro de Fukuoka rassemble pas mal d'informations. En cliquant un peu partout vous pouvez tomber sur une description rames, ce qui est mis en œuvre pour se protéger des vilains terroristes, ... le tout avec des photos.

La dernière fois, j'avais parlé des machines pour acheter ses billets. Il existe évidemment des tarifs forfaitaires pour les habitués ou pour des occasions particulière. Il y en a même un bon paquet (en voici une petite partie), entre les pass normaux, les forfaits avec place de parking, les tickets valables pour se rendre dans la gare voisine, forfait voyage+hamburger, etc. Et il y a souvent une grosse campagne de pub quand une nouvelle carte de transport est annoncée. Personnellement j'ai une simple carte mensuelle (aperçu), bleue parce que je suis en garçon (pour les filles c'est rose bien entendu), valable de Kashii-Miyamae à Nishijin, ce qui est bien utile ça permet d'aller à Tenjin sans avoir à prendre de ticket.

Les transports sont toujours très ponctuels, ce qui est vraiment appréciable. Le personnel fait aussi tout son possible pour être agréable. Il y a le préposé aux gozaimasu en rafale dont j'avais déjà parlé, les お疲れ様です (otsukare sama desu, une formule pour remercier quelqu'un de son travail), l'employé qui attend l'arrivée de la rame avec une rampe qu'il dépliera devant la porte pour que l'handicapé en fauteuil puisse descendre sans encombre, etc.
Tiens, un truc sans rapport : dans certains trains de la JR il y a un système de sièges amovibles qui permet de passer de deux rangées de deux places à un carré de quatre face à face ; c'est tout bête mais c'est très sympa quand on est plus de deux pour pouvoir discuter, ou quand on veut juste se mettre tout seul (ou à deux). C'était l'anecdote du jour.

On le sait, les Japonais sont très rangés. J'avais déjà parlé des files devant les portillons qui se forment de manière très fluide (parfois un passager pressé s'intercale dans la file, mais toujours sans accrochage). Mais il y a aussi la manière d'attendre sur le quai (quand il y a la place pour, ça demande de l'espace). Ça m'a surpris la première fois que j'ai vu ça alors qu'il y avait pas mal de personnes qui attendaient. En général quand j'attends qu'une rame arrive je me pose sur le quai à un endroit quelconque, j'attends, et quand elle arrive je m'approche des portes. Les Japonais fonctionnent différemment : le train n'est même pas encore annoncé qu'ils attendent à l'emplacement des portes, bien alignés sur deux files (comme il se doit). Ça fait des colonnes de personnes bien longues qui donnent l'impression que le quai est plein, assez surprenant.

Il est amusant de regarder les nombreuses affiches des stations. Il y a tout d'abord les gagnants du concours de posters sur les bonnes manières dans les transports en commun (les affiches sont assez amusantes), et une autre rappelant ces bonnes manières. Dans le même ordre d'idée, à la fin de l'été sont aussi apparues des affiches (dessinées bien entendu) avec une madame fort triste derrière laquelle on distingue l'ombre d'un homme au sourire mauvais, le tout sur fond rose fushia avec marqué en gros チカンは犯罪 (chikan ha hanzai, la perversité est un crime), message à l'intention des mains baladeuses.
Il y a aussi la pub pour la sortie prochaine de la peluche ちかまる (chikamaru, la mascotte du métro de Fukuoka). Ils aiment bien ça au Japon, les mascottes ont la cote. Et quand je vois celle des pompiers de Fukuoka ça me rappelle fortement les pompiers Fabuland de mon enfance.

Dans les rames, il y a décidément trop de messages vocaux. Au début on s'amuse à comprendre ce qu'il veulent dire mais on a vite fait le tour et ça devient une rengaine un peu lassante, entre les consignes sur l'usage du téléphone portable, faire attention aux pieds du voisin, etc. Je n'avais pas d'enregistrement la dernière fois, aujourd'hui je vous propose cette vidéo du trajet Hakozaki/Kaizuka (le terminus), avec en bonus l'écran de led déjà évoqué. Pour une raison que j'ignore, il y a deux parties avec presque la même chose, vous pouvez commencer à 2:14. Ce trajet est le plus long et le message est vraiment minimal (quand ça parle de téléphone ça dure trois plombes) donc ça ne voit pas trop, mais en moyenne ça occupe une bonne partie du temps de voyage.

En plus des messages sonores, il y a les messages visuels, la pub. Ce qu'on peut dire c'est qu'il y en a un paquet (cliquez sur l'image pour des détails, vous avez aussi les liens en haut pour les autres espaces et même la grille de tarifs), parfois mêlés aux consignes diverses (attention aux portes, etc.). C'est amusant les pubs parce que ça occupe quand on essaie de les déchiffrer, ça permet d'être un peu au courant des trucs du moment (l'annonce des soldes, les derniers films, la sortie de MGS4, ...), de voir des pubs marrantes et/ou ridicules, ... Régulièrement dans le train on a droit l'intégrale, par exemple la pub rouge vif Mama Pasta partout, difficile de la rater. En ce moment c'est la série des open campus, journées porte ouvertes pour les université. Les vacances d'été on commencé la semaine dernière ; en ce milieu d'année scolaire, c'est choisir pour quelles universités on va postuler (entrée sur concours). Et il y a de tout : en plus des formations usuelles on peut par exemple voir des école comme celles destinées aux futures épouses où on apprend à faire la cuisine, s'occuper des enfants, ...


Plus le temps passe et plus je me dis que le métro est endroit vraiment très représentatif du Japon. On y retrouve tout plein d'éléments caractéristiques du pays, des habitudes des gens, des usages, etc. Autant de choses qui font que, pas de doute, je suis bien au Japon.

dimanche 6 juillet 2008

Journée d'hier

Une fois encore, récit des aventures de la veille (samedi 5 juillet), avec beaucoup de choses en vrac (transpiration, hommes presque à poil, toilettes, ... ça donne envie n'est-ce pas). Retour un jour en arrière...

Motivé par quelques trucs à faire/voir, je pars en tout début d'après-midi, direction Tenjin. Première chose : malgré un temps parfois couvert, il fait (très) chaud. Les météorologues ont annoncé le début de l'été il y a quelques jours : fini la saison des pluies (qui aura été courte et peu intense cette année), mais il fait toujours aussi humide et de plus en plus chaud.
Comme l'annonçaient de nombreuses publicités dans les transport, c'est le premier week-end de バーゲン (baagen → bargain → bonnes affaires) avec des magasins qui ferment plus tard le soir pendant quelques jours pour le début des soldes d'été (oui, au Japon aussi). À la recherche de quelques articles je me balade (mais sans trop me perdre, je commence à mémoriser le dédale qu'est Tenjin) dans les magasins. Forcément, y'a du monde. Les grands magasins pour djeunz se transforment en marchés à la criée avec des vendeuses qui hurlent dans des porte-voix et des grandes banderoles tendues par-ci par-là... c'est particulier.

En attendant à un carrefour que le feu passe au vert, je remarque à ma gauche un cameraman et son coéquipier avec leur équipement, bientôt rejoints par des collègues qui arrivent en courant. Le feu étant long à passer au vert (comme toujours à Fukuoka) j'ai le temps de voir ce qui va se passer... parce que y'a sûrement un truc. En effet, quelques secondes plus tard déboule un cortège de jeunes hommes fort peu vêtus et escortés par quelques agents de police (non, pas pour cause d'exhibitionnisme, juste pour gérer la circulation).
Ça ressemble beaucoup à un 山笠 (yamakasa) dont j'avais déjà entendu parler (mais ça n'en est pas un) : des garçons vêtus d'un simple pagne (si on exclut les chaussettes) portant sur leurs épaules un de leur confrère (qui lui est plus habillé, faut dire qu'il n'a rien à porter). Plusieurs personnes accompagnent le cortège, soit en suivant, soit depuis le trottoir. Ça crie en rythme des washi/washen (j'ai pas réussi à distinguer ce que c'était). Certains portent des seaux remplis d'eau qu'ils balancent sur les porteurs (c'est qu'il fait chaud).
Ignorant le feu qui vient de passer au vert, je suis un peu le convoi qui fait une petite pose, ce qui permet de prendre quelques photos (les équipes de télévision sont toujours là et elles en profitent). Je suis abordé par un Japonais qui m'explique (surtout en anglais, mais je m'efforce de lui répondre dans sa langue) que c'est le festival des dernière année de l'université de Kyûshû. Je saisis l'occasion pour demander la date du vrai yamakasa : ça commence la semaine prochaine. Merci au guide fort sympathique.



Après ça, direction Nishijin pour une visite de Robosquare. J'y étais déjà allé un soir après le boulot (c'est juste à côté), mais je n'avais pas pu prendre de photos. C'est pas grand et on a vite fait le tour, mais y'a tout de même quelques trucs amusants. Plus de détails dans un article à venir... N'ayant pas encore déjeuné, je rentre dans un combini et achète un おにぎり (onigiri) et une brique de Kagome. Les onigiri sont des boulettes de riz de forme triangulaire, généralement accompagnées d'une feuille de nori (algue séchée) pour tenir le tout sans avoir les doigts tout collants. Pour ceux vendus en combini, le riz este totalement enveloppé, comme ça, ça tient bien. Kagome c'est une marque (parmi d'autres) de boissons multi-fruits, multi-légumes. Attention, c'est pas le multi des jus multi-vitaminés ou assimilés qu'on a en France avec 3 ou 4 produits. Non, là c'est pas le même ordre de grandeur : 18 légumes, 5 fruits (liste complète au dos de la brique), parfois plus... c'est pas un truc de p'tit joueur.

L'étape d'après ça a été de la marche, beaucoup de marche, pour aller dans la partie sud de Fukuoka. Il faisait vraiment chaud et j'avais oublié ma serviette : grave erreur... En plus arrivé sur place, y'avait pas ce pour quoi j'étais venu... information périmée sans doute. Je fais le retour en métro, parce que je suis trop fatigué pour me farcir le retour à pattes, et ça m'aurait fait rentrer à pas d'heure.
De retour à Tenjin, je constate avec satisfaction que les premiers éventails publicitaires font leur apparition. Je n'en ai pas encore parlé, mais il est courant de voir des démarcheurs distribuer des petits paquets de pseudo-mouchoirs minuscules bouts de cellulose tout fins accompagnés d'un petit carton publicitaire. Et en été comme il fait chaud, on a parfois droit à des éventails de cette forme là (pas ceux qui se replient) avec un dessin publicitaire dessus. Je dois dire que c'est très appréciable.

Pris d'un soudain d'évacuer mes déchets reinaux, je me dirige vers les toilettes de la station de Tenjin. Les toilettes publiques au Japon sont bien entretenues, contrairement à ce qu'on a en France : c'est propre, y'a du papier... et des toilettes avec jet d'eau contrôlé par des pitits boutons. J'avais pas encore eu l'occasion d'essayer ça, alors je tente l'expérience. C'était un modèle relativement simple. Y'en a des ultra sophistiqués (contrairement aux toilettes traditionnelles qui ne sont vraiment pas pratiques) : les plus modernes sont pilotés (et pas juste contrôlés) par un véritable tableau de bord force, mouvement et position du jet, possibilité d'utiliser du savon, de sécher, lunette chauffante, analyses d'urine, etc.) Ouais, ça va très loin.
Celles du métro avaient juste trois boutons principaux (les noms et logos sont les mêmes que sur la photo) plus un réglage de la force du jet et un ou deux petits boutons non testés et sans logo pour savoir de quoi il s'agit. Le premier bouton, c'est le gros rouge, celui pour arrêter le jet (il existe des modèles qui détectent quand personne n'est assis). Ensuite y'a le bouton おしり (oshiri, ça désigne votre postérieur), le jet de base. Je passe sur le 3e bouton que je n'avais pas pour passer au bouton ビデ (bide), un mot qui vient de chez nous (par l'intermédiaire de l'anglais) puisqu'il signifie bidet. Ce jet vise une partie différente : les plus perspicaces ont déjà remarqué la couleur rose du bouton ainsi que la coupe de cheveux du personnage et ont ainsi deviné à qui/quoi il peut servir.
Faut avouer, la sensation est particulière quand on ne connaît pas, et ça a au moins le mérite d'être marrant. Parmi tous ces boutons, impossible de trouver la chasse d'eau... elle devait être automatique.
Pour ceux qui veulent en savoir plus rigoler un peu, l'article Wikipédia est très complet et expose quelques particularités culturelles cocasses.

L'heure du dîner approchant étant déjà dépassée, je me mets en quête d'une boutique de ramen (j'avais envie de ça ce soir) comme on peut en voir beaucoup. Murphy oblige, c'est toujours quand on en cherche quand on a du mal à en trouver. Après ça, je suis allé profiter de mon passage à Tenjin pour taper un peu des pieds sur 4 flèches roses et bleues, histoire de dépenser le peu d'énergie qu'il me restait, avant de rentrer bien crevé.

Beaucoup de marche (pour rien) et de temps à traîner (pour rien également) mais aussi quelques expériences amusantes... je ne regrette pas.

jeudi 3 juillet 2008

À bicyclette

Ça fait longtemps que j'ai prévu d'en parler, et même si y'a pas grand chose à dire j'y vais. Cet article est bien entendu dédié à notre réac national pour qui [url=http://www.pierrequiroule.net/blog/2007/08/06/on-finira-tous-a-velo/]on finira tous à vélo[/url]. En tous cas les Japonais ça fait longtemps qu'il s'y sont mis. Vélo se dit 自転車 (jitensha) qui ressemble beaucoup à 自動車 (jidôsha) qui signifie automobile ; si on regarde les kanji : 自 = soi-même, 転 = rouler/tourner, 車 = véhicule et 動 = bouger, un vélo est donc un véhicule qu'on fait rouler soi-même alors qu'une voiture est un véhicule qui bouge tout seul (automatique).
Alors qu'on voit relativement peu de scooters ou de motos (on en entend surtout, des gougnafiers qui font pétarader leur engin y'en a aussi, malheureusement), des vélos on en croise énormément. Quelles sortes de machines ? Principalement des vélos de ville avec pneus plats, garde-boue et très souvent un porte-bagages et/ou un panier à l'avant. On voit aussi quelques petits vélos à haut guidon et petites roues. Les modèles type VTT (guidon droit et pneus crantés) sont plus rares, alors qu'en France on voit surtout de ça. Et qui roule à vélo ? Tout le monde : ça va des collégiens sur le chemin de l'école à la mamie qui va faire ses courses en passant par le salary-man de retour du bureau.

Forcément, il faut de quoi parquer tous ces vélos. Toutes les écoles, résidences, gares et autres ont leur garage à vélo dédié, mais ça ne suffit pas. Il n'est pas rare de voir des parkings sauvages s'installer à divers endroits, par exemple à la sortie des stations de métro. Parfois (j'ai entendu ça ce matin en fait) une camionnette passe en diffusant un message comme quoi la fourrière passe bientôt (sous-entendu : les gens sont vivement invités à récupérer leur véhicule).
Le Japon étant un pays ayant un des taux les plus faibles de vol/insécurité/criminalité, il n'est pas rare de voir des vélos (ou même des scooters) sans aucune protection. Parfois y'a un cadenas mais il reste sur le guidon. En tout cas vous ne verrez pas de roue attachée à un poteau sans le cadre qui va avec ou de personne emporter sa selle avec lui de peur qu'on la lui vole.
Sur la photo ci-dessous, un exemple caractéristique de parking sauvage de vélos. Le bâtiment sur la droite c'est le dôme de Fukuoka, et c'est jour de match ; donc fatalement, des masses de gens parquent leur deux-roues aux alentours. On ne voit qu'une petite partie mais il faut bien imaginer que c'est comme ça tout autour du dôme.



Et maintenant, un petit point sur la sécurité. En France les vélos sont considérés comme des véhicules et roulent donc sur la route. Au Japon, ils roulent sur le trottoir ; il faut dire qu'ils ne feraient pas long feu au milieu des voitures, quand on voit la conduite des Japonais. Il n'y a pas de pistes cyclables ou de voies réservées sur les trottoirs (ou alors c'est vraiment très rare), parfois les passages cloutés délimitent une bande pour les vélos qui est gentiment ignorée. Car oui, les vélos roulent au milieu des piétons, si bien que le danger d'un vélo face à une voiture est déporté au danger d'un piéton face à un vélo. Coup de guidon au dernier moment, freinage brusque à un mètre, ... les cyclistes sont guère meilleurs que les automobilistes. En plus, j'ignore pourquoi, mais le plus souvent les freins font un bruit à côté duquel le crissement d'un bout de métal sur un tableau noir est une douce mélodie : vous êtes content de ne pas avoir été écrasé mais vos oreilles s'en souviennent.
Quand il pleut, la plupart des cyclistes déploient leur parapluie. Bizarrement il n'y a pas de collisions, malgré la conduite à une main. On sait tous que le téléphone au volant c'est mal... mais les Japonais, le téléphone au guidon ça ne les gêne pas. Bien entendu, les cyclistes expérimentés maîtrisent le combo parapluie + téléphone portable... C'est pas fait pour rassurer le piéton tout ça.
Le vélo peut également se transformer en transport en commun : le porte-bagage prend alors toute son importance, permettant d'accueillir un passager. Quand y'a trois personnes sur un vélo, c'est plus folklorique, et on a de la peine pour celui qui pédale. Dans la section deux-roues surpeuplés, mention spéciale au scooter monoplace roulant (alors que la nuit est déjà tombée) avec quatre passagers : le conducteur, un passager partageant la selle avec lui, une troisième personne placée entre le guidon et le conducteur et un dernier accroché au guidon, dos à la route (et qui ne verra donc pas le mur approcher)... et ils n'avaient pas tous leur casque (comme c'est étrange).
Bref, c'est pas super rassurant tout ça. Pour l'instant je n'ai pas vu d'accident mais plusieurs fois ça n'est pas passé loin.


Un week-end, quand la saison des pluies sera passée, j'irai bien essayer de louer un vélo ou en acheter un d'occasion (c'est pas cher) pour me balader aux alentours de Kashii, côté campagne. C'est plus sympa que de juste voyager en train, et à pieds on ne peut pas aller très loin. Reste plus qu'à savoir où trouver ça...

vendredi 27 juin 2008

Blé, thunes, flouze et pépettes

Parce que l'argent c'est quelque chose d'important, intéressons-nous à des considérations plus matérielles que d'habitude, parlons pognon.
Je suppose que chacun sait que la monnaie japonaise est le yen que nous notons en utilisant le symbole ¥. Sur place ça ne vous servira à rien de savoir ça puisqu'en japonais ça ne se dit pas yen mais en et que ça se note avec le kanji 円 (et rarement avec le symbole européen), l'argent s'écrivant お金 (okane, le o étant honorifique). Actuellement l'euro est à 168,951 yens ; il a gagné une dizaine de yens depuis que je suis arrivé et le taux normal (compte tenu du coût de la vie, etc.) tournerait plutôt autour de 150 yens pour 1 euro.

Toujours dans les notations, il est bon de savoir que contrairement aux langues européennes qui découpe les nombres par puissances de 1000, le japonais découpe par puissances de 10000. Quelques détails pour bien comprendre : en français on a un, dix, cent, mille, puis on réutilise les mêmes mots (dix mille, cent mille) en en introduisant un nouveau au bout de trois (million, milliard) ; en japonais on a 一 (1), 十 (10), 百 (100), 千 (1000) et 万 (10000), et quatre zéros plus loin 億 (1 million). Ça paraît idiot comme ça, mais ça a quelques conséquences sur l'affichages des nombres : il faut faire gaffe à ne pas zapper un zéro en pensant voir un groupe de trois. Ceci dit, le découpage par groupe de trois et majoritairement utilisé, mais il faut tout de même faire attention. Il est également bien de connaître le kanji pour 10000 (万) vu qu'il est assez souvent utilisé pour éviter d'avoir à marquer trop de zéros.

Intéressons-nous maintenant aux pièces. Ceux qui ont déjà joué à Money Idol Exchanger reconnaîtront. Dans le sens de lecture : 1, 5, 10, 100 et 500 yens.

Pièce de 1 yen Pièce de 5 yens Pièce de 10 yens Pièce de 50 yens Pièce de 100 yens Pièce de 500 yens

On notera que la valeur faciale est toujours indiquée au moins en kanji et que la date utilise le système d'années basée sur le règne des empereurs. Pas grand chose à dire de plus, sinon que les pièces s'usent vite (la faute au matériau), et qu'on n'aime pas avoir des pièces de 1 et 5 yens (pièces non gérées par les automates), enfin comme d'habitude avec la menue monnaie. Les pièces sont plus légères et plus fines qu'en France. La plus utilisée est sans nul doute celle de 100 yens (avec ses jolies fleurs de cerisier).

Les billets maintenant. Vous avez dû remarquer que les japonais avaient moins de pièces que nous. Pour les billets c'est plus flagrant. Il n'y en a que trois de 1000, 5000 et 10000 (1万, ichiman). Contrairement aux automates qu'on a chez nous, au Japon tous acceptent les billets, au moins ceux de 1000 (qui valent néanmoins plus que nos billets de 5 euros). C'est bien pratique quand on n'a pas de monnaie sur soi. À ce propos, si vous avez besoin de pièces de 100 yens ou de changer un billet de 10000, les salles de jeu disposent de changeurs, ça peut être pratique.
Quand je vous ai dis que y'avait que trois billets, ça n'est pas tout à fait exact. Il existe en effet le légendaire billet de 2000 yens. Pas légendaire parce qu'il est vieux, mais parce qu'on n'en voit jamais. Pour vous donner une idée, j'ai appris son existence par les Français avec qui je travaille ; je n'en ai vu qu'une seule fois, c'était un habitué de la résidence qui revenait de son chez lui à Okinawa et qui a créé la surprise : certains des résidents ne savaient même pas que ça existait et pour beaucoup c'était la première fois qu'ils en voyaient un. Inutile de dire qu'il n'est pas supporté du tout par les automates.

Pour ce qui est des habitudes liées à l'argent, les Japonais utilisent très peu les cartes de paiement et je n'ai pas encore vu de chèque, tout se fait en liquide. Il n'est pas du tout anormal d'acheter sa voiture en liquide par exemple. Le billet de valeur la plus élevée n'atteignant même pas les 70€, ça peut vite donner un côté film de mafieux avec la valise remplie de billets. Le Japon étant un des pays les plus sûrs (au niveau des vols, etc.) ça n'est pas aussi dangereux qu'en France de se balader avec une grosse somme sur soi.
Au niveau des distributeurs, c'est, disons-le tout suite, pourri. Je l'avais déjà dit, mais au Japon ils ne sont pas ouverts 24h/24, ils ferment assez tôt le soir et à partir d'une certaine heure ainsi que le week-end on a droit à des frais de 100 yens (plus 5 de taxes). Pas cool. Et pour retirer depuis un compte étranger, il faut réussir à trouver une machine qui accepte votre carte, ce qui n'est pas gagné d'avance. Si vous envisagez un voyage au Japon, n'hésitez pas à emporter du liquide (japonais bien sûr) avec vous.

Il existe un autre moyen de paiement, pour les trucs du style facture (téléphone, autres paiements réguliers, ...) : le paiement par combini. Suite aux problèmes qu'avait le fournisseur Internet avec les coordonnées de mon compte bancaire, j'ai effectué mon premier paiement via ce système, et je dois dire que c'est très pratique. Vous recevez par la poste un petit carton que vous ouvrez/détachez pour voir l'équivalent de la facture (y'a tout : le détail, la date limite, ...). Il ne vous reste plus qu'à vous rendre dans un combini, sachant qu'il y en a partout et qu'ils ne ferment que tard dans la nuit (voire pas du tout), ça peut se faire à tout heure de la journée, mais le soir après être rentré tard du boulot. Vous remettez votre petit carton à l'employé ainsi que le montant du paiement. Après vous avoir rendu la monnaie, il vous demande d'attendre (au cas où vous auriez eu envie de partir tout de suite), tamponne deux fois avec l'inkan du magasin et découpe la partie du carton avec le reçu pour vous la remettre. C'est rapide, ultra-simple (même pas la peine de comprendre un mot de japonais), efficace... tout l'opposé des banques locales en gros. Ça serait bien pratique d'avoir l'équivalent en France (sauf qu'il faudrait déjà les combini).

Dans les magasins, la procédure de paiement et remise de la monnaie (おつり, otsuri) est toujours la même, que ça soit dans un supermarché, un grand magasin ou un restaurant où l'échange se fait sans comptoir. Le vendeur/caissier/autre attend bien sagement que vous ayez fini de fouiller dans votre porte-monnaie avant de prendre l'argent que vous avez déposé. Puis il vous dit/rappelle la somme que vous venez de donner (~円から, ~ en kara), vous annonce combien il doit vous rendre (~円お返しです, ~ en okaeshi desu), recompte devant vous les éventuels billets qu'il a à vous rendre avant de terminer par les pièces.

La première fois, pour retirer de l'argent de son compte japonais via un automate, c'est pas trivial. Heureusement si on connaît au moins les kanji 出 et 入 (ultra courants) utilisés pour dire déposer et retirer, on arrive à trouver le bouton correspondant. Sur l'écran (tactile) d'accueil il y a tout un tas d'autres boutons dont je ne connais pas la signification. En pianotant au feeling et en regardant comment réagissait la machine, j'ai tout de même réussi à faire mettre à jour mon livret bancaire (avec les différentes opérations effectuées sur le compte) ; il faut l'insérer dans le bon sens, à la bonne page... tout un programme. Certains distributeurs permettent de choisir combien de chaque type de billet on veut, c'est pas très utile au Japon mais c'est appréciable quand même. Bien entendu, tout au long de ses démarches le client est guidé par une voix ; et à la fin, en plus du remerciement vocal, on a droit à un petit dessin animé d'une guichetière bien droite qui fait une courbette. On n'est pas prêts de voir ça en France.


Je ne suis pas ultra riche, mais étant rémunéré j'ai tout de même quelques économies. Et au vu de la conjoncture économique, il vaut mieux que je dépense ça au Japon qu'en France. Reste plus qu'à voir quoi acheter...

dimanche 22 juin 2008

天気の物語 ~ saison 5

Il y a une semaine (et avec un peu de retard) a débuté au Japon la cinquième saison de 天気の物語 (Tenki no Monogatari) : 雨季 (uki). Vous connaissez sûrement cette série réadaptée partout dans le monde, qui repasse chaque année. Toutefois, seuls certains pays (notamment en Asie de l'est et du sud-ouest) ont droit à cette saison bonus qui chronologiquement débute après la première, 春 (haru), et se termine à cheval sur la deuxième, 夏 (natsu). La localisation fait que des variantes existent suivant les pays : l'intensité de l'action n'est pas la même, certains personnages n'ont pas exactement les mêmes rôles, etc. Je vous parlerai bien entendu de la version japonaise : 梅雨 (baiu/tsuyu).
Tout de suite, un synopsis des premiers épisodes.

Prologue : rappels sur la saison 1
Dans une ambiance tendre et chaleureuse, les cerisiers alors fleurissants ont perdu leurs pétales. Les protagonistes mènent une vie paisible, entretenue par une nature clémente et généreuse. Les corbeaux ont progressivement laissé place aux insectes, c'est le temps où pleurent chantent les cigales.
Il fait bon vivre, mais cette quiétude ne saurait durer...


Épisode 1 : 厚い~ (atsui ne...) ~ Fait chauuud...
Le délégué à la température 暖かい (atatakai, doux/chaud quand c'est agréable) a laissé sa place à son remplaçant, 厚い (atsui, chaud quand c'est pas bien). Depuis, rien ne va plus : le baromètre monte, le soleil lance ses premières attaques sur les étrangers à la peau sensible.
Les transports en communs et lieux public mettent en marche leurs équipements de contre-attaque : ventilateurs, climatisation, éventails... Les publicités de エアコン (air-con(ditioner)) font leur apparition... Bien décidé à lutter contre les agissements de 厚い, un mouvement de résistance s'installe...

Épisode 2 : 雨が降る (ame ga furu) ~ La pluie tombe
Un personnage à première vue docile fait son apparition: 雨 (ame, pluie). Pour être exact, ça n'est pas sa première intervention, mais une mutation soudaine l'a transformé en une créature bien plus féroce. Elle déverse toute sa rage sur les habitants, déchaînant l'élément des eaux. Ses attaques répétées voire continues (s'étalant sur plusieurs jours) varient en intensité mais peuvent être d'une grande violence.
Face à ce nouveau concurrent, 厚い perd un peu de sa puissance : ces deux prédateurs ne font pas bon ménage... pour l'instant.

Épisode 3 : 傘 (kasa) ~ Parapluie
Bien qu'elle n'ait aucun moyen de repousser ce nouvel assaillant, la population sort son principal moyen de défense : le parapluie. Le modèle le plus courant est celui disponible dans les combini centres de ravitaillement et d'armement. Tout le monde a le sien et l'utilise, même à vélo bien entendu. Quand on n'en a pas c'est qu'on est inconscient, bizarre, ou les deux. Dès qu'on sort d'un refuge ou autre abri souterrain on déploie son bouclier, et dès qu'on rentre on le replie. Malheur à l'imprudent qui l'aura oublié : il ne ressemblera plus à grand chose une fois arrivé à destination. Mieux vaut prévenir que guérir : certains marchent le parapluie en main, même quand il ne pleut pas.
Il est très courant de laisser son parapluie à l'entrée des établissements à l'emplacement prévu à cet effet (personne n'ira le voler). Certains établissements (notamment ceux accueillant beaucoup de monde) proposent des étuis à parapluie, en gros des sacs plastiques longs et fins, ceci afin d'éviter de répandre de l'eau partout. Parfois il y a même une gentille demoiselle qui est là rien que pour vous aider à mettre votre parapluie dans le sac et une autre qui nettoie le sol dès que quelqu'un passe (c'est ça aussi le Japon).
Quand il ne pleut pas Les femmes utilisent également leur parapluie (ou une ombrelle) pour se protéger du soleil, faisant ainsi d'une pierre deux coups.

Épisode 4 : 風来たぁぁ!! (kaze kitaaa!!) ~ Le vent est arrivé !
Dans ce épisode, la dernière menace entre en scène. Venue tout droit de la mer, le vent souffle fort à Fukuoka. Ça n'a rien d'inhabituel et c'est constant tout au long de l'année, mais suivant la période il est plus ou moins dangereux. Quand il souffle un peu violemment, c'est une arme très efficace contre les parapluies dont la maniabilité se voit fortement réduite. Dans le pire des cas, ceux-ci se retrouvent hors d'usage (plus ou moins rapidement suivant la qualité), et parfois laissés agonisants sur le bord du trottoir.


Épisode 5 : 合体だ!湿度100% (gattai da! shitsudo 100%) ~ Fusion ! humidité 100%
Afin d'éradiquer la résistance des habitants, les trois ennemis ont décidé de se rassembler et d'unir leurs forces. La tension monte, on pressent que le pire est à venir... La pluie se réchauffe et atteint progressivement la température ambiante, si bien qu'elle ne rafraîchit plus. Qu'il pleuve ou pas l'air se charge d'humidité, et pas qu'un peu. Pour se faire une idée : aujourd'hui, 43% à Paris contre 94% à Fukuoka. Le parapluie qui avait déjà bien du mal à protéger les jambes de la pluie (c'est long des jambes) ne peut rien contre cette espèce de pluie là, de l'eau qui vient de nulle part... ou plutôt de partout à la fois (de la pluie sans nuages dans le ciel, c'est possible).
Le vent frais en été c'est bien, mais quand il est chaud c'est autre chose. C'est comme le vent froid en hiver mais inversé : on a encore plus chaud. Inutile d'ouvrir la fenêtre parce que vous étouffez chez vous, c'est bon au début de la saison mais faut vite oublier : le courant d'air (quand il y en a) ne va pas aider. Si certains de vous se demandaient pourquoi dans les épisodes précédents la population n'utilisait pas d'autres moyens de protection contre la pluie telle que l'imperméable, vu la chaleur vous pouvez oublier (le Japon a peut-être la réputation d'avoir un fort taux de suicide, mais quand même).
Tous ces facteurs cumulés font que quand on sort (par exemple du train bien ventilé, mais aux vitres couvertes de buées), on est très vite moite et on goutte de partout. Ça n'est pas (que) de la transpiration mais surtout l'humidité ambiante. Afin de s'essuyer le visage et de rester à peu près sec, beaucoup de Japonais suivent un des conseils importants donné par H2G2 et s'équipent d'une serviette, une face towel (par contre pour le babel-fish, faudra repasser).


次回予告 (jikaiyokoku) ~ prochain épisode
厚い et de 雨 ne sont pas encore au maximum de leur puissance et sont encore supportables. À venir : des torrents d'eaux qui peuvent être impressionants, une chaleur vraiment insoutenable, ... Jusqu'où cela ira-t-il ? (Suspense... ou pas.)
La saison se termine à la fin du mois (dans certains régions, elle est raccourcie et les épisodes les plus durs sont retirés). Après, on enchaîne sur l'été, plus sec mais plus chaud. À suivre donc...


L'avis du public sur cette saison supplémentaire ? Malgré un scénario un peu original, elle ne présente pas d'intérêt particulier. Beaucoup de passages lourds et une ambiance oppressante la rende pénible à suivre. La première et surtout la troisième saison (春, haru, printemps et 秋, aki, automne) sont bien plus agréables et sont de loin les meilleures.

samedi 17 mai 2008

L'outil de base du Japonais

Certains disent qu'en France les gens ont toujours leur téléphone portable dans la main. Ça n'est pas totalement faux, mais quand on voit comment c'est au Japon, on apprend à relativiser. Des keitaidenwa (携帯電話, abrégé comme chez nous en keitai qui signifie juste portable) on en voit partout. Prendre le métro est un bon moyen de constater le phénomène qui concerne toutes les générations.

Au Japon, le leader du secteur c'est SoftBank. À l'origine c'était une banque mais depuis que la société a racheté une boîte de téléphones portables... C'est également LE sponsor de l'équipe de base-ball de Fukuoka, qui n'est pas une petite équipe (au Japon on aime le base-ball). Au niveau des tarifs, je ne sais pas trop ce qui se fait en France, mais de ce qu'on m'a dit c'est beaucoup moins cher ici (si vous voulez comparer). Par exemple pour les abonnés SoftBank, avec un forfait basique, les appels et envois de mails vers un téléphone de la marque sont gratuits (sachant qu'ils sont leaders...).

Avec un téléphone, qu'est-ce qu'on fait ? On ne fait pas que téléphoner bien entendu (personne ne téléphone dans les rames de métro et de train, ceci dit en passant). Contrairement à la France, personne n'écrit de SMS, c'est dépassé : on envoie des e-mails, et pas qu'un peu. Il faut dire que la langue permet d'écrire plus rapidement. On commence à taper la prononciation et y'a une auto-complétion à double usage : lister les mots possibles et faire la transcription en kanji. Certes, il y a aussi de l'autocomplétion en France mais elle est moins performante. Le japonais étant plus compact et avec moins de petits mots perdus ; c'est beaucoup plus rapide et pas besoin de langage SMS tout crade. Un défaut tout de même, ils utilisent le SJIS (un encodage vraiment pourri) : si vous envoyez un mail en UTF-8 avec du japonais à un portable n'espérez pas qu'il soit interprété correctement.

Bien entendu, l'usage du portable ne s'arrête pas là. Comme en France il y a un appareil photo intégré (cela va de soi) et des jeux, avec certains bien japonais (en z'yeutant un peu je suis tombé sur un jeu de pêche). Dans les transports, les Japonais ne se contentent pas de jouer et d'envoyer des mails. Suivant les modèles on les voit incliner leur téléphone et/ou faire pivoter l'écran et/ou déplier une antenne. Recevoir la télé sur son téléphone est une chose tout à fait banale, et y'a un bon réseau de diffusion.
Y'a un autre truc bien utile quand on est avec des japonais (je ne sais pas si c'est dans le téléphone ou si ça se fait via Internet) : un dictionnaire anglais/japonais.

Pour finir, l'accès au net pour les téléphones portables est très développé : les portables sont équipés pour et beaucoup de sites ont une version pour mobile et certains services ne sont proposés que par l'intermédiaire de cette version. On voit aussi un peu partout (produits, pubs, ...) des codes barre 2D de ce type qui codent une adresse Internet ; en photographiant le code barre avec son portable, on peut accéder au site (sans avoir à taper l'adresse). Il doit probablement y avoir d'autres usages plus spécifiques de ce système d'ailleurs.

lundi 12 mai 2008

Questions pour un (non) nippon

Petit grand jeu (ou l'inverse) aujourd'hui, pour stimuler les méninges... ou pas.
Une (courte) série de questions sur tout et rien, les réponses et explications sont rassemblées à la fin.


Et on commence tout de suite par une question à 1 point.
Q1 : Nous sommes le 12 mai 2008, vous avez votre correspondance train vers métro à prendre à Kaizuka. Vous êtes devant les pseudo-portillons de contrôle et avez en main votre carte de transport qui expire le 20.05.08.
Que faîtes-vous ?

On enchaîne tout de suite avec une question musique, pas d'indice, mais vous avez la main.
Q2 : Où et quand faut-il aller pour entendre une version instrumentale de Ce n'est qu'un au-revoir ?

Sans transition, une question sur la télévision.
Q3 :À quelle heure se terminent les programmes télévisés au Japon ?

Pour varier les plaisirs, une question en images.
Q4 : Où travaille cette charmante personne (je dénie toute responsabilité pour les sensibilités heurtées).
Avec un indice.

Et pour finir, une question gastronomie.
Q5 : Que peut-on manger au Japon ? Des têtes de crevettes ou du cartilage de poulet ?



C'était dur ? Je sais... Mais sans plus attendre, les réponses.


R1 : Vous allez renouveller votre carte périmée depuis 4 jours déjà.
Il faut le savoir, les japonais ont deux systèmes pour compter les années, à peu près autant utilisés l'un que l'autre : celui que tout le monde utilise (et qui dit que nous somme en 2008) et un à eux basés sur le nombre d'années de règne de l'empereur (dans celui-ci, on en est à l'année 20).
On peut penser que ça peut prêter à confusion, mais en fait non. Déjà parce que les Japonais écrivent l'année complète (2008 et pas juste 08). Et puis parce qu'ils ont la bonne idée de toujours écrire dans l'ordre année/mois/jours. Comme séparateurs on voit souvent le point ou le tiret, mais (curieusement) pas le slash. En japonais une date s'écrit comme ceci (par exemple pour le 12 mai 2008) : 2008年5月12日, des kanji très classiques. Les dates sont aussi fréquemment suivie du jour de la semaine, marqué entre parenthèses (chaque jour correspondant à un kanji). Les mois n'ont pas de noms en japonais (comme nous avons janvier, février, etc.), du coup les dates, on est sûr de pouvoir les lire.

R2 : Dans une gare, à l'heure du dernier train.
Je sais que c'est le cas dans une des gares de Kashii (je l'ai entendu ce soir, ça dure longtemps en plus), et j'ai entendu dire que c'était pareil pour le métro. En tout cas, ils ont le sens de l'humour (imaginez le type qui rate son train de justesse, avec cette musique dans les oreilles).

R3 : Aux alentours de 28h, en moyenne.
J'ai trouvé un programme télé sur le net, et en voyant ça j'ai d'abord cru à un bug du système, mais en fait c'est tout à fait normal : les programmes qui débordent sur la nuit sont comptés dans le jour précédent, sans remettre l'horloge à zéro. Heureusement qu'il n'y a pas que l'heure pour programmer des enregistrements, ça ne doit pas être simple sinon...

R4 : À environ 3 mètres de moi.
Oui, c'est un collègue d'un box à côté, qui travaille sur le même projet que nous, et on mange régulièrement avec lui. Comparez-donc avec la personne en haut à droite de la photo donnée en indice. Qui soupçonnerait ça d'un ingénieur en informatique ? surtout qu'il en a tout une collection de photos de cosplay sur son site, et que (dixit un des Français) il est très enthousiaste quand il en parle, il vous montre d'autres photos, etc. Les Japonais ont des goûts... particuliers quand même. Il ne faut pas non plus aller croire que c'est ultra banal et répandu, y'a aussi des Japonais qui trouvent ça bizarre et que ça amuse. Mais globalement on dirait qu'ils aiment bien se déguiser les Japonais, et ça n'est pas le même genre de costumes que ce qu'on a chez nous (y'a qu'à voir ce qu'on peut trouver dans les magasins).

R5 : Les deux bien sûrs, et frits bien évidemment.
J'ai goûté, ça n'est pas transcendant. Le plus étrange c'est le cartilage. Ça craque sous la dent de manière un peu spéciale, ça se mange mais je préfère de loin du vrai karaage (avec une bonne sauce).

vendredi 2 mai 2008

Transports en commun

Chaque matin, pour aller travailler, j'ai environ une heure de trajet dont une bonne partie passée dans les transports en commun. Je voulais prendre des photos et puis finalement je n'ai pas eu l'occasion, et comme cet article commençait à tarder, je le fais quand même...
À Fukuoka il y a :

  • le train, géré par deux compagnies : la JR (Japan Railways, nationale) et Nishitetsu (西鉄) ;
  • le métro, trois lignes gérées par une troisième compagnie ;
  • le bus, également géré par Nishitetsu.


Bien que gérées par des organismes différents, les différentes lignes de métro et de train sont bien reliées et un seul titre de transport suffit quand on a des correspondances. Il n'y a pas de tarif unique : on paye à la distance, ce qui fait que le coût des transports est plutôt élevé par rapport à chez nous. Pour acheter son ticket ça fait un peu peur la première fois mais c'est pas si compliqué. Le tout est de savoir à combien s'élève le prix du billet en se référant au plan des lignes situé au-dessus des machines ; les noms en anglais sont affichés, et on apprend vite à reconnaître les kanji des noms de lieux. Dans les stations il y a souvent des rangées de ces machines alignées, avec l'écran, les boutons et les pièces qui tombent quand ça rend la monnaie, ça donne un petit effet pachinko quand il y a du monde (le bruit en moins).

Pour me rendre de Kashii-Miyamae (香椎宮前) à Nishijin (西陣) je commence par environ un quart d'heure de train. La petite gare où je le prends ne comporte qu'une seule voie avec des trains circulant dans les deux sens, ne pas se tromper... Pour le contrôle des billets c'est encore fait à la main avec un petit tampon à l'entrée et une (très rapide) vérification à la sortie. Aux heures de pointe c'est plus pour la forme qu'autre chose : les employés, ne pouvant suivre le rythme, se contentent de jeter un œil. L'autre fonction du contrôleur c'est aussi de dire arigatô gozaimasu (merci), en rafale quand il y a du monde. Ça doit être usant à la longue de dire ça sans discontinuer une centaine de fois.
Les rames de train ne sont pas très jeunes, il suffit de voir l'intérieur de la cabine pour s'en rendre compte : pas de siège pour le conducteur, un tableau de bord qui se limite à deux ou trois poignées... à côté de ça, celui du tramway de Bordeaux fait cockpit d'avion. Par contre, malgré leur âge, les rames sont vraiment dans un état impeccable : pas de trace ou de tags sur les parois, les sièges (rembourrés) n'ont pas le moindre accroc. On notera aussi les compétences du Japonais en matière d'occupation de l'espace : les gens sont biens répartis sur la surface disponible, y'a pas de place perdue. Du coup y'a toujours de la place pour que quelqu'un d'autre monte, sans que ça bouchonne, c'est amusant à voir. Aux correspondances par contre, c'est le gros rush, la masse se dirige d'un pas pressé vers la sortie, mais toujours bien organisée et sans accrochages.
Pendant le trajet on a bien entendu droit à une voix très enthousiaste qui vous remercie à chaque arrêt d'avoir pris le train avant de vous annoncer le prochain arrêt. Rebelote avant l'arrivée en gare en signalant bien de faire attention de n'avoir rien oublié, etc. On finit par les retenir inconsciemment les messages...

Une fois arrivé à Kaizuka (貝塚) il faut changer pour prendre le métro dont voici un plan (et une version en anglais). Là encore il faut faire attention au passage entre la ligne orange et la ligne bleue, histoire de ne pas se retrouver à l'aéroport. Il y a quelques astuces à connaître pour éviter de perdre du temps, mais ça n'a rien de bien intéressant... Comme vous pouvez le constater, chaque station est associée à un logo ayant un rapport avec le nom de la station où ce qu'on peut y trouver : Kaizuka signifie amas de coquillages, d'où le logo, Ôhorikôen est symbolisé par des pétales de cerisier, ...
Les rames de métro soient du même style que celles du train, mais le métro est tout de même plus avancé technologiquement parlant. On a notamment droit à des portillons automatiques qui feraient envie aux fraudeurs parisiens : juste deux petites plaques à hauteur des genoux (donc très faciles à enjamber) qui se ferment si on a oublié de passer son ticket. Mais au Japon ça ne fraude pas, le problème ne se pose pas. Et puis il y a aussi les superbes afficheurs à leds, sur le quai et dans les rames, bien mieux foutus qu'en France (ceci dit, c'est pas dur). Les stations sont toujours propres, on est loin du métro parisien et de ses mauvaises odeurs. Dans certaines stations ils passent un léger fond sonore de musique classique (pour détendre les gens ?).
Côté voix, là encore ça n'arrête pas, c'est même pire que dans le train : annonce de la prochaine gare et des correspondances éventuelles (en japonais puis en anglais), les informations supplémentaires pour certaines stations, les consignes diverses (à propos des téléphones portables, faire attention à la fermeture des portes, ...), etc. En France on se contente de donner le nom du prochain arrêt (parfois de manière tronquée sur certaines lignes du métro, c'est pas encore au point...), là ça n'arrête pas et c'est long, parfois plus d'une minute de parlote entre deux stations.

Rien de bien révolutionnaire, ça reste des transports en commun, mais on sent tout de suite la différence avec la France (différence de mentalité je dirais) : propreté, civisme et bon sens des passagers, atmosphère générale... et plein de blabla. L'effet important que ça a (du moins c'est ce que j'ai ressenti), c'est qu'on est plus détendu, moins oppressé, pour le mental c'est mieux. (À Tokyo c'est peut-être moins ça par contre...)

dimanche 27 avril 2008

I'm a legal alien

Je suis un Français à Fukuoka, et je me dois donc d'avoir mon alien card. Lundi dernier je suis allé la retirer au Higashi Ward Office (Higashi-ku étant le quartier où je réside). Cette carte doit être faite dans les 90 jours qui suivent l'arrivée au Japon (pour les séjours de longue durée bien entendu).

L'aventure commence trois semaines plus tôt, le lundi de mon arrivée. L'objectif était juste d'aller ouvrir un compte en banque, mais ce fut plus compliqué que ça. Les banques au Japon ça ne marche pas comme en France. Il n'y a pas plein de petites agences avec quelques guichets mais quelques grosses, le reste étant des machines automatiques. Les agences sont ouvertes moins longtemps qu'en France (si si !), mais surtout les distributeurs, qui ne sont pas en pleine rue, ferment également (moi non plus je ne vois pas l'intérêt d'interdire l'accès à des machines automatiques, mais bon...), et puis si on ne retire pas en semaine pendant la journée, on a droit à 100+5 yens de frais... C'est pas terrible les banques au Japon, on comprend pourquoi beaucoup de transactions se font en espèces (versement de cautions, paiement d'un loyer, ...).

Nous sommes donc quatre Français à nous rendre à la Fukuoka Bank de Nishijin (près de là où on bosse) pour ouvrir les comptes. Il y a du monde qui attend, en regardant la télé ou en lisant le journal (disponibles dans la salle d'attente). Pendant ce temps on voit les employés qui s'activent derrière la dizaine de guichets. Nous on préfère discuter et faire des commentaires sur tout et n'importe quoi. L'avantage c'est qu'on peut dire tout ce qu'on veut, on sait que personne ne comprend le français, c'est bien pratique. Vu qu'on était en période de cerisiers en fleurs, on avait droit aux décorations appropriées : des pétales en papier rose collés un peu partout.
Les guichets sont très caractéristiques de la culture nippone en matière d'accueil des clients. Au moment d'appeler un nouveau client la guichetière appuie pour passer au numéro suivant, une voix invite très poliment le client numéro 42 à aller se présenter au guichet 7. Pendant ce temps la guichetière se tient debout, bien droite. Une petite courbette au début, on traite la demande du client, une petite courbette à la fin accompagnée de remerciements, et on passe au suivant.

Notre tour arrive, on se présente au guichet et on commence à remplir les formulaires. Il faut faire très gaffe au Japon avec les noms et prénoms. Un détail qui sort un peu de la procédure prévue ou un cas un peu particulier à tendance à les perturber, alors les noms d'étrangers... il faut faire attention. L'accent circonflexe ça les a complétement bloqué : ils voulaient que je translate in English, ça ne leur est pas venu à l'idée de le retirer d'eux-même. En plus du nom écrit normalement (en japonais ou en caractères latins anglais), on donne également sa prononciation en utilisant des katakana, ceci avant de lever l'ambiguité de l'écriture en kanji et d'établir une correspondance pour les noms non japonais. Pour moi ça sera リデル ベノワ (Rideru Benowa, ça aurait pu/dû être Benuwa, mais un coucours de circonstances à fait que...). Et (pour la banque) mon nom complet sera RYDER BENOIT, et surtout pas RYDER Benoit. J'insiste, c'est important : ils n'ont pas été capable de faire l'association quand j'ai marqué mon prénom en minuscules dans un formulaire pour une démarche quelconque.

Pour la signature, là encore, c'est problématique. On n'avait pas apporter nos inkan et il a donc fallu en faire une manuscrite : pas question de leur faire un griffonage, il faut que le nom soit lisible, on a donc bêtement recopié notre nom et prénom et ils étaient contents. Et un inkan, c'est quoi ? C'est un sceau gravé à son nom qui sert de signature. Le sceau est utilisé avec une encre rouge et il peut en exister de plusieurs tailles. Le mien est un sceau basique (l'étui se trouve facilement pour 100 yens) : petit et circulaire, avec le nom gravé dedans. Mais il en existe des bien plus gros, notamment les cachets des administrations. Certaines démarches importantes nécessitent d'avoir un inkan plus imposant (donc plus cher), on peut donc en avoir plusieurs : celui qu'on a toujours sur soi et celui qu'on garde soigneusement chez soi pour les trucs importants.




Après avoir écrit l'adresse du dormitory (qui est loin d'être courte), on laisse de l'argent pour l'ouverture du compte : 3 yens (même pas 2 centimes d'euro) suffiront. Et on retourne attendre. Cinq ou dix minutes plus tard j'entends un Rideru-sama ... ah ouais c'est moi ça. Un employé qui avait l'air d'être le boss est tout perturbé, on n'a pas d'alien number, qui n'était pas demandé un an auparavant pour ouvrir un compte... Pour une raison obscure il s'obstine à s'entretenir en anglais alors que le Français qui était toujours pour nous dépanner lui répondait en japonais. Il ne devait pas avoir son TOEFL, on a eu droit à un anglais très... spécial qui continue de nous faire marrer. Y'a pas le choix, va falloir commencer les démarches pour l'alien card. Direction le métro pour se rendre au Higashi Ward Office.

Là encore, de l'attente, des papiers à remplir (on commence à la connaître l'adresse du dormitory), des photos d'identité à faire, ... des champs obscurs à remplir, ... je vous passe les détails. Encore des voix d'annonce aux guichets (et pas un simple bip comme chez nous), avec un système bien au point qui regroupe les annonces quand il y en a plusieurs à faire à la suite (ouais je sais, y'a que moi pour m'intéresser à ce genre de trucs). Comme à la banque, une télé est là pour aider à attendre. Y'a aussi le floor staff qui a trois fonctions majeures : dire aux gens d'aller se mettre à l'endroit approprié pour remplir leurs formulaires, se ranger à côté de l'entrée, saluer (paroles + courbette) quand quelqu'un entre ou sort.
Pendant qu'un papier temporaire est établi pour la banque (en attendant la vraie carte en plastique), on va se ballader près du temple voisin et on fait la visite (si on peut appeler ça comme ça) d'un jardin (pendant certaines périodes c'est payant, pour voir des fleurs quand même). Retour aux guichets pour récupérer le précieux papier ; après avoir essayé de comprendre quelque chose au panneau qui semblait annoncer l'ordre de passage pour le guichet de retrait, on est passé dès que la place s'est libérée, y'a des trucs pas clairs quand même...

Retour à la banque, re-remplissage de formulaires (elle est longue cette adresse...), et on peut enfin avoir notre compte. Le moins qu'on puisse dire c'est que la guichetière n'a pas eu de pot de tomber sur nous. Finalement on est arrivé à l'ouverture de l'agence et on est reparti peut avant la fermeture. C'est long les formalités...

mercredi 23 avril 2008

Ah... la France... le français...

Le français est une langue difficile, certes, mais une belle langue, et au Japon aussi. Y'a des filles qui craquent quand elles en entendent du style ouaah du français, trop joli ! (même quand ce sont des slogans Enseirbiens bien gras) ça veut dire quoi ? (euuh...).
Il y a les noms qui font sourire les Français, mais qui sont le fruit de coïncidences, comme les urinoirs Cefion
Et puis bien sûr la France, c'est la mode, ce qui nous vaut de très bons noms de magasins (j'ai réussi à en retrouver un bien) comme HumeR par Perle Pêche. Non c'est pas une blague, voyez vous-même (ils expliquent même pourquoi humer). Les Japonais ont des problèmes avec la prononciation, mais même quand ils peuvent prononcer (à peu près) correctement ils font des fautes : le nom du restaurant Bon Repas se prononce bon repasse. Si on peut excuser l'absence de t final à bistrot, 7 écritures différentes pour café ça fait beaucoup : (café, caffé, cafè, cafe, caffe, ...). ... Snif...

Le Japonais aime peut-être le français, mais il ne saura pas faire la différence entre un Français et un États-Unien ou un Anglais (ou au moins il ne saura pas l'exprimer). Un gaijin (étranger) ça se repère facilement. Et parfois je croise des adolescentes qui quand j'arrive à leur niveau me lancent un Nice to meet you. voire même insistent (face à l'absence de réponse) en lançant plusieurs Hello ! HELLO !. Y'en a même qui demandent de but en blanc 「何人?」 (Quelle nationalité ?). Je peux vous dire que ça surprend, d'autant plus qu'on ne sait pas trop ce qu'ils attendent/espèrent.
Dans le même genre, y'a un des employés (le chef semble-t-il) de la boulangerie pseudo-viennoiserie du Hallo Day qui chaque fois qu'il nous (l'autre stagiaire et moi) voit est tout content et s'incline bien bas en nous lançant des Thank you! sous le regard amusé de la jeune caissière ; nous forcément on est morts de rire. La prochaine fois faudra lui dire qu'on est Français...

Eh oui, parce que la France, c'est aussi la cwouizine : le chocolat, le jus de poire le fromage, ... mais surtout le pain. On voit beaucoup de paquets de pain avec un petit drapeau français dessus, une Tour Eiffel, un gros label NATUREL (marqué en français s'il vous plaît) même si on ne voit pas ce qu'il y a de particulièrement naturel, (comme pour le gaz). Certains n'hésitent pas se déclarer フランスパン (pain français) alors que franchement... ça n'a rien à voir : le pain japonais (comme beaucoup de produits japonais d'ailleurs) il doit être moelleux, donc plutôt du genre brioche. Il y a quelques pains qui ressemblent à du pain complet, un peu moins moelleux que la moyenne, mais d'ici à trouver une baguette (ou à défaut d'avoir la même forme, un simple pain) qui craque quand on appuie dessus, qui croustille quand on croque dedans...

samedi 19 avril 2008

Tranche de vie à Kashii

Ce samedi matin, je suis allé faire un petit tour vers le centre de Kashii où j'avais quelques trucs à faire. Bien que la résidence soit un peu éloignée, c'est tout de même assez bruyant, surtout le week-end j'ai l'impression. Déjà il y a l'environnement naturel : au Japon il y a pas mal de corbeaux, et pas des petits. Le matin ce ne sont pas les oiseaux qui gazouillent mais les corbeaux qui s'y mettent. À cela il faut ajouter le passage des quelques avions : l'aéroport de Fukuoka étant situé dans la ville, on les entend assez bas.

Les matins de week-end on a aussi droit aux activités de clubs des lycées et collèges, et vu qu'il y en a un juste à côté de chez moi... Quand je suis arrivé au Japon, c'était encore les vacances scolaires, mais c'était assez difficile à deviner. Les élèves sont très motivés : tous les matins vers 8h on en voyait dans les rues, et même le dimanche à 7h30 (du matin oui, j'étais dehors à cette heure là un dimanche, je sais que ça peut surprendre). Habituellement on entend les joueurs de base-ball, ce matin j'ai aussi eu droit à l'orchestre du lycée quand je suis passé à côté.

Et puis il y a aussi la musique dans les rues marchandes, les vendeurs qui attirent le client à la voix, etc. En approchant du centre j'ai entendu plein de ~masu. C'était un groupe de 10 ou 15 élèves qui distribuaient des tract pour une association caritative, une écharpe de ladite association sur l'épaule, et qui criait en cœur des yoroshiku onegaishimaaaassssu et autres arigatô gozaimaaaassssu. (Quand je vous disais qu'ils étaient motivés.)
À ce propos, petit aparté sur la langue... En japonais il existe deux formes pour les verbes : la forme neutre et la forme polie (pour le vouvoiement, les formules de politesse, etc.) qui se termine par masu (prononcer masse) au présent (le cas standard). De ce fait, beaucoup de formules de politesse (ou phrases dites pour faire poli) se terminent par ce son. Quand des vendeurs ou autres remercient, ils prononcent très vite le début et allonge la fin si bien que parfois on ne distingue qu'un début-super-rapide-incompréhensible-maaaaaassssu ; mais c'est pas grave si on a zappé le début. Intérêt pour les étrangers : pour toute forme de remerciement ou équivalent il suffit de sortir un aaasssssu et ça passe très très bien, même si on ne met rien avant !

Je savais que les Japonais aimaient bien donner des sacs plastique, mais en fait c'est pire que ça : parfois c'est juste pour la forme : je ne vois toujours pas l'intérêt d'avoir attaché un sac au bout d'un balai puisque primo je le porterai par le manche et secondo on ne peut même pas l'utiliser pour porter le produit. Y'aurait de quoi faire hurler Martoni, notre écolo-réac. Surtout qu'au Japon, bien qu'ils soient (soit-disant) très discipliné, ils conduisent vraiment n'importe comment... aussi bien vélos que voitures. Dans les rues étroites de Kashii, quand y'a des rencontres c'est le bazar.


Fin des trucs en vrac. Cet après-midi ça sera ballade à Tenjin. J'y suis déjà allé le samedi qui a suivi mon arrivée (il y a 3 semaines) mais je n'ai pas encore pris le temps de faire un article dessus. Vous aurez droit à un mix ce soir ou demain.

vendredi 18 avril 2008

Y'a quoi à la télé ?

Ouais, un article sur la télévision ! Allez raconte, t'as vu des jeu débiles ? des anime à la con, des émissions loufoques ? Bah non en fait... Moi aussi j'espérais... mais j'ai été déçu. En fait les trucs qu'on trouve sur Youtube sont tout de même très limités.

À la résidence où je regarde de temps en temps la télé en mangeant (avec toujours un peu d'espoir de tomber sur un truc bien), on capte 4 ou 5 chaînes locales ainsi que NHK, la chaîne publique nationale. À part sur NHK où ils passent de temps en temps des reportages intéressants, le reste, faut pas se voiler la face, c'est plutôt naze. Il faudrait que j'essaie de choper une grille des programmes compréhensible ou essayer à d'autres heures, mais je n'y crois pas trop.
À la limite les pubs sont ce qu'il y a de plus intéressant : c'est plus universel (donc plus facile à comprendre), on découvre des types de produits ou de pubs qu'il n'y a pas chez nous, ... Même pas de pub très spéciale, malheureusement. Un truc qui surprend par rapport à la France : il n'y a aucun jingle ou autre pour signaler le début ou la fin de la pub, sauf éventuellement si ça a été ajouté dans le programme qui est interrompu, c'est parfois assez perturbant.

On peut classer le contenu que j'ai eu l'occasion de voir en trois catégories :

  • les documentaires et le journal télé ;
  • les films et drama ;
  • les émissions faites pour le grand public avec un plateau et des invités.


Je ne suis tombé qu'une seule fois sur une chaîne où y'avait ce qui ressemblait à un journal d'informations, et pourtant j'ai le plus souvent été devant la télé aux alentours de 20h-21h. Il faut croire que l'actualité ça ne passionne pas les Japonais ou qu'ils se contentent des journaux papier (bien plus présents qu'en France). Les documentaires on en voit sur NHK... et c'est tout je crois. J'ai suivi un reportage sur le jeu de go qui n'était pas inintéressant du tout (les schémas de parties, ça aidait à comprendre).

Pour ce qui est des films, rien de spécial à dire, à part qu'au Japon il y a toujours de la VO (avec potentiellement deux pistes audio : versions originale et doublée), ce qui n'est pas une mauvaise chose. Pour ce qui est des drama, là c'est une autre affaire. Un drama est un terme générique pour désigner une série télévisée filmée (les anime, dessins animés japonais, n'en sont pas). Ils peuvent aborder un peu tous les thèmes mais montrent souvent des gens (normaux à la base) auxquels il va arriver des trucs peu communs. Le jeu d'acteur y est souvent pas terrible, voire carrément mauvais : ça fais très préparé, très artificiel. Mais il semblerait que ça soit voulu : dans un film, on peut retrouver les mêmes acteurs avec un jeu tout à fait normal. Y'a parfois des concepts... japonais bizarres. Mardi je suis tombé sur un drama, ça devait être un des premiers épisodes (la rentrée était y'a quelques semaines, donc à raison d'un par semaine...) : une fille se fait livrer chez elle un robot (la raison était expliquée dans les épisodes précédents) à forme humaine (là j'ai eu plus de mal à comprendre pourquoi), un homme bien sûr (faut bien une histoire... on devine la suite) et elle doit l'embrasser pour l'allumer (là j'ai arrêté de chercher à comprendre et je suis remonté dans ma chambre).

Et maintenant le gros de la télévision : les émissions qui parle de bouffe et de rien (mais surtout de bouffe). Prenez un plateau au décor très cheap et fait plus ou moins à l'arrache, plongez-y des invités qui rigolent et ont toujours l'air heureux, ajoutez des morceaux de courts reportages, saupoudrez de grosses inscriptions très colorées reprenant mot à mot certaines phrases des invités en question, mélangez le tout : c'est prêt.
Et les reportages tournent très très souvent autour de la bouffe, et c'est moins marrant que ça et moins loufoque que ça : on vous présente un gentil papi qui cultive ses daicons et qui vous montre comment il cuisine je ne sais pas trop quoi. Et là tous les invités sortent des oishiiiiii (délicieux, trop bon), tabetaaaaaiiiii (je veux [en] manger), etc. Ils sont toujours très enthousiastes et le moindre grain de riz devient LE plat que tout le monde veut goûter (comme tous les plats précédents).
Ça n'est pas toujours aussi direct que ça, mais il y a comme un axiome qui dit que tout émission avec de joyeux invités passe par un point de nourriture. Au début on n'est pas au courant, on se laisse surprendre...
  • Le reportage vous montre des types dans une station spatiale. Ça parle un peu, mais très vite John te sort la bouffe spatiale, spécialement préparée par le chef cuisinier machin, qui doit faire attention à plein de trucs parce que ça ajoute des contraintes particulières. Et hop, on a droit à des tsugooooi (génial, trop fort) tabetaaaaiii, etc.
  • Un jeune adulte vous montre ses quelques ordinateurs, parmi lesquels quelques modèles un peu anciens (un vieux portable Toshiba, comme celui qu'on avait, guère plus récent que ceux qu'on a récupérés Eirbot), on distingue clairement des mots relatifs à l'informatique, ... Cool, un truc un peu geek ! Et là la femme du type appelle à manger et on à droit à des images de comment ils préparent la popote, ce qu'il aime, etc. Les PC passent complètement à la trappe. Cruelle déception...

Bon, même s'ils diffusent des cours de cuisine et autre, il y a aussi des émissions un peu comme en France. Je suis tombé sur une émission une émission que deux ou trois Japonais regardaient. C'était un genre de Star Academy avec tout de même des différences notables :
  • nettement moins de mise en scène ;
  • des candidats plus quelconques et pas sélectionnés pour s'affronter ;
  • les paroles qui défilent en sous-titres style karaoké...
  • ... pour que les téléspectateurs puissent eux-aussi chanter...
  • ... ce qu'ils firent.



Certains se plaignent de la télévision française, mais par rapport à ce que j'en ai vu, c'est nettement mieux que la télévision japonaise, du moins pour ce qui est des chaînes gratuites. Après il y a aussi des chaînes payantes, plus spécialisées et sûrement plus intéressantes, mais ce que j'ai vu m'a déçu.

mercredi 16 avril 2008

C'est l'heure des courses

Le RU est fermé, le frigo est vide, pas même des pâtes sous la main... l'étudiant va au supermarché le plus proche acheter de quoi survivre se sustenter. Pris d'une flemmingite aiguë il a mal prévu son coup : on est vendredi soir et y'a une queue pas possible. Il place ses produits sur le tapis roulant en râlant contre la mémé d'en face qui n'en finit pas ranger ses trois carottes et sa pâtée pour chat. Après avoir traîné les produits pour passer les code barre la caissière annonce le prix d'un air fatigué. Pendant que l'étudiant rentre son code de carte bancaire elle est vautrée dans son siège prête à arracher le ticket de caisse dès son apparition. Une fois tous les achats rentrés dans le sac recyclable vous partez sans savoir si cette fois la caissière aura laissé échappé un semblant de remerciement.

Quelques mois plus tard le même étudiant rentre dans un hyakuen shop (100 yens shop, un magasin où (presque) tout est à 100 yens, environ 0,6 €) histoire de s'acheter un peu de vaisselle et des baguettes. On est dimanche matin et il n'y a pas de queue à l'unique caisse, tout comme le vendredi soir à 19h. Il pose son panier et la caissière, debout derrière sa caisse, l'accueille d'un irasshaimase avant de commencer à passer les produits tout en les transvasant dans un autre panier. En voyant que le client a acheté un produit à 210 yens (et non 100) elle fait une petite courbette et le remercie d'un arigatô gozaimasu. Pendant que l'étudiant prépare sa monnaie, la caissière range les différents produits dans un ou plusieurs sacs en plastiques. Au moment de rendre la monnaie, elle compte les billets de 1000 yens devant l'étudiant avant de les lui donner (à deux mains, avec une petite phrase en sus), lui remet les quelques pièces restantes et le ticket de caisse avant de saluer le client d'un n-ème arigatô gozaimasu (merci beaucoup) tout en s'inclinant.


Dans ces deux cas il s'agit de vécu : la première fois en France, la deuxième au Japon. Ils donnent un assez bon aperçu des différences qu'il peut y avoir. Quelque chose que l'on remarque très vite : le client est toujours bien accueilli. Même si parfois les caissières font un peu la tronche, on a toujours le droit à un bonjour et à un merci. Et c'est souvent plus verbeux avec régulièrement quelques courbettes. Toujours dans le rapport client/caissière, il n'y a pas de caisses à tapis roulant : on pose ses produits et la caissière les fait passer de l'autre côté. Il y a des sacs en plastique tout le temps et partout, même quand on achète un petit produit. Dans les (pseudo-)grandes surfaces la caissière donne quelques sacs plastique au client qui va ranger ses produits (enfin ceux que la caissière n'a pas déjà rangés) un peu plus loin après avoir payé.
Quand on achète, il faut faire attention aux taxes. Parfois les prix sont TTC, parfois non, auquel cas il faut ajouter 5% (ce qui fait notamment que les 100 yens shops sont en réalité des 105 yens shops).

Du fait de la présence de très nombreux kombini (ces petits magasins ouverts 24h/24, 7j/7 qui proposent un peu de tout), il n'y a pas de vraie grandes surfaces comme on les conçoit en France. De manière générale, les magasins ferment tard (22h contre 20h en France). Par contre, quand on arrive trop tard n'est pas sûr qu'il y ait encore un bentô pour le repas du soir.
Cette organisation différente doit sûrement jouer dans le fait que (du moins là où je suis allé), je n'ai jamais vu de queue avec plus de 3 personnes ni attendu plus de 2 minutes pour passer. Les gens achètent généralement par petits lots et il n'y a pas d'heure de pointe comme en France. Cela doit aussi pouvoir s'expliquer par le fait que les dates de péremption (affichées, en pratique on peut déborder) sont souvent (beaucoup) plus courtes : les bentôs sont à consommés le jour même (et vendu à -20% passé une certaine heure), le pain se conserve rarement plus de 4 jours, ...

Pour en revenir aux formalisme dans les magasins, il y a un truc qui est vrai quasiment dans tous les types de magasins, que ça soit un restaurant, un magasin d'électronique, un magasin de vêtements dans une galerie marchande ou autre : dès que vous croisez le regard d'un membre du personnel vous avez droit à un irasshaimase (un bonjour/bienvenu version magasin). C'est caractéristique quand on se ballade dans une galerie marchande : les vendeurs sont debout à attendre et dès qu'on croise un regard on y a droit ; au début on est limite un peu gêné et puis on s'y fait. Dans les restaurants normaux (du genre de ceux où on va manger le midi, pas les restaurants un peu plus haut de gamme) c'est un automatisme chez le personnel : porte qui s'ouvre => irasshaimase, porte qui se ferme => arigatô gozaimasu. À certains endroits c'est limite s'il n'y a pas une personne à la sortie rien que pour dire au-revoir en saluant.


Et dans les magasins ? c'est comment ? À part quelques grands magasins ou spéciaux dont je commenterai la visite une autre fois, je vais exclusivement au Yamada Denki qui est pas loin, un complexe sur plusieurs étage où on peut trouver un peu de tout.
Au rez-de-chaussée c'est la partie plutôt électronique, avec jeux-vidéos (avec des titres qu'on ne verra jamais chez nous, et bien moins chers), DVD, TV, etc. Pour l'ami Jean-Loup ils vendent même des répliques d'armes (type d'airsoft je suppose), et y'a du choix. Juste à côté des consoles de jeu ça fait bizarre quand même. (Je prendrai des photos un de ces quatre si j'ai l'occasion.)

Au sous-sol ce sont plus des consommables et pour la vie de tous les jours. C'est amusant parce qu'il n'y a pas vraiment de limite entre le magasin et l'extérieur. Il serait vraiment facile de sortir sans payer le panier sous le bras (parfois on se retrouve même dans le magasin d'à côté sans le vouloir). Et il y a notamment Hallo Day, supermarché (essentiellement) alimentaire. C'est là que je me prends de quoi manger le matin et le soir. Si on oublie le radio-cassette à moitié planqué derrière un panneau de prix et qui joue une tyrolienne en japonais au dessus des fromages, ils passent de la musique, japonaise évidemment, récente ou ancienne, remixée ou originale... il m'est déjà arrivé de reconnaître des trucs (si si !). Mais le top du top (ou pas), la chanson qui passe le plus souvent (avec le volume plus fort) et qui tranche avec le reste, c'est la chanson thème d'Hallo Day. En gros ça dit que faire ses courses à Hallo Day c'est trop bien, y aller en famille c'est trop bien, ça apporte le sourire, etc.

Elle est loin la France...