Comment ? Mais il y avait déjà eu un article sur le sujet. Ssscrooc s'empressent de dire les deux élecs du fond. Oui mais j'ai quelques nouveaux trucs à dire depuis la dernière fois, et pas mal de généralités.
Pour les curieux, le site du métro de Fukuoka rassemble pas mal d'informations. En cliquant un peu partout vous pouvez tomber sur une description rames, ce qui est mis en œuvre pour se protéger des vilains terroristes, ... le tout avec des photos.
La dernière fois, j'avais parlé des machines pour acheter ses billets. Il existe évidemment des tarifs forfaitaires pour les habitués ou pour des occasions particulière. Il y en a même un bon paquet (en voici une petite partie), entre les pass normaux, les forfaits avec place de parking, les tickets valables pour se rendre dans la gare voisine, forfait voyage+hamburger, etc. Et il y a souvent une grosse campagne de pub quand une nouvelle carte de transport est annoncée. Personnellement j'ai une simple carte mensuelle (aperçu), bleue parce que je suis en garçon (pour les filles c'est rose bien entendu), valable de Kashii-Miyamae à Nishijin, ce qui est bien utile ça permet d'aller à Tenjin sans avoir à prendre de ticket.
Les transports sont toujours très ponctuels, ce qui est vraiment appréciable. Le personnel fait aussi tout son possible pour être agréable. Il y a le préposé aux gozaimasu en rafale dont j'avais déjà parlé, les お疲れ様です (otsukare sama desu, une formule pour remercier quelqu'un de son travail), l'employé qui attend l'arrivée de la rame avec une rampe qu'il dépliera devant la porte pour que l'handicapé en fauteuil puisse descendre sans encombre, etc.
Tiens, un truc sans rapport : dans certains trains de la JR il y a un système de sièges amovibles qui permet de passer de deux rangées de deux places à un carré de quatre face à face ; c'est tout bête mais c'est très sympa quand on est plus de deux pour pouvoir discuter, ou quand on veut juste se mettre tout seul (ou à deux). C'était l'anecdote du jour.
On le sait, les Japonais sont très rangés. J'avais déjà parlé des files devant les portillons qui se forment de manière très fluide (parfois un passager pressé s'intercale dans la file, mais toujours sans accrochage). Mais il y a aussi la manière d'attendre sur le quai (quand il y a la place pour, ça demande de l'espace). Ça m'a surpris la première fois que j'ai vu ça alors qu'il y avait pas mal de personnes qui attendaient. En général quand j'attends qu'une rame arrive je me pose sur le quai à un endroit quelconque, j'attends, et quand elle arrive je m'approche des portes. Les Japonais fonctionnent différemment : le train n'est même pas encore annoncé qu'ils attendent à l'emplacement des portes, bien alignés sur deux files (comme il se doit). Ça fait des colonnes de personnes bien longues qui donnent l'impression que le quai est plein, assez surprenant.
Il est amusant de regarder les nombreuses affiches des stations. Il y a tout d'abord les gagnants du concours de posters sur les bonnes manières dans les transports en commun (les affiches sont assez amusantes), et une autre rappelant ces bonnes manières. Dans le même ordre d'idée, à la fin de l'été sont aussi apparues des affiches (dessinées bien entendu) avec une madame fort triste derrière laquelle on distingue l'ombre d'un homme au sourire mauvais, le tout sur fond rose fushia avec marqué en gros チカンは犯罪 (chikan ha hanzai, la perversité est un crime), message à l'intention des mains baladeuses.
Il y a aussi la pub pour la sortie prochaine de la peluche ちかまる (chikamaru, la mascotte du métro de Fukuoka). Ils aiment bien ça au Japon, les mascottes ont la cote. Et quand je vois celle des pompiers de Fukuoka ça me rappelle fortement les pompiers Fabuland de mon enfance.
Dans les rames, il y a décidément trop de messages vocaux. Au début on s'amuse à comprendre ce qu'il veulent dire mais on a vite fait le tour et ça devient une rengaine un peu lassante, entre les consignes sur l'usage du téléphone portable, faire attention aux pieds du voisin, etc. Je n'avais pas d'enregistrement la dernière fois, aujourd'hui je vous propose cette vidéo du trajet Hakozaki/Kaizuka (le terminus), avec en bonus l'écran de led déjà évoqué. Pour une raison que j'ignore, il y a deux parties avec presque la même chose, vous pouvez commencer à 2:14. Ce trajet est le plus long et le message est vraiment minimal (quand ça parle de téléphone ça dure trois plombes) donc ça ne voit pas trop, mais en moyenne ça occupe une bonne partie du temps de voyage.
En plus des messages sonores, il y a les messages visuels, la pub. Ce qu'on peut dire c'est qu'il y en a un paquet (cliquez sur l'image pour des détails, vous avez aussi les liens en haut pour les autres espaces et même la grille de tarifs), parfois mêlés aux consignes diverses (attention aux portes, etc.). C'est amusant les pubs parce que ça occupe quand on essaie de les déchiffrer, ça permet d'être un peu au courant des trucs du moment (l'annonce des soldes, les derniers films, la sortie de MGS4, ...), de voir des pubs marrantes et/ou ridicules, ... Régulièrement dans le train on a droit l'intégrale, par exemple la pub rouge vif Mama Pasta partout, difficile de la rater. En ce moment c'est la série des open campus, journées porte ouvertes pour les université. Les vacances d'été on commencé la semaine dernière ; en ce milieu d'année scolaire, c'est choisir pour quelles universités on va postuler (entrée sur concours). Et il y a de tout : en plus des formations usuelles on peut par exemple voir des école comme celles destinées aux futures épouses où on apprend à faire la cuisine, s'occuper des enfants, ...
Plus le temps passe et plus je me dis que le métro est endroit vraiment très représentatif du Japon. On y retrouve tout plein d'éléments caractéristiques du pays, des habitudes des gens, des usages, etc. Autant de choses qui font que, pas de doute, je suis bien au Japon.
samedi 26 juillet 2008
Le retour des transports
jeudi 3 juillet 2008
À bicyclette
Ça fait longtemps que j'ai prévu d'en parler, et même si y'a pas grand chose à dire j'y vais. Cet article est bien entendu dédié à notre réac national pour qui [url=http://www.pierrequiroule.net/blog/2007/08/06/on-finira-tous-a-velo/]on finira tous à vélo[/url]. En tous cas les Japonais ça fait longtemps qu'il s'y sont mis. Vélo se dit 自転車 (jitensha) qui ressemble beaucoup à 自動車 (jidôsha) qui signifie automobile ; si on regarde les kanji : 自 = soi-même, 転 = rouler/tourner, 車 = véhicule et 動 = bouger, un vélo est donc un véhicule qu'on fait rouler soi-même alors qu'une voiture est un véhicule qui bouge tout seul (automatique).
Alors qu'on voit relativement peu de scooters ou de motos (on en entend surtout, des gougnafiers qui font pétarader leur engin y'en a aussi, malheureusement), des vélos on en croise énormément. Quelles sortes de machines ? Principalement des vélos de ville avec pneus plats, garde-boue et très souvent un porte-bagages et/ou un panier à l'avant. On voit aussi quelques petits vélos à haut guidon et petites roues. Les modèles type VTT (guidon droit et pneus crantés) sont plus rares, alors qu'en France on voit surtout de ça. Et qui roule à vélo ? Tout le monde : ça va des collégiens sur le chemin de l'école à la mamie qui va faire ses courses en passant par le salary-man de retour du bureau.
Forcément, il faut de quoi parquer tous ces vélos. Toutes les écoles, résidences, gares et autres ont leur garage à vélo dédié, mais ça ne suffit pas. Il n'est pas rare de voir des parkings sauvages s'installer à divers endroits, par exemple à la sortie des stations de métro. Parfois (j'ai entendu ça ce matin en fait) une camionnette passe en diffusant un message comme quoi la fourrière passe bientôt (sous-entendu : les gens sont vivement invités à récupérer leur véhicule).
Le Japon étant un pays ayant un des taux les plus faibles de vol/insécurité/criminalité, il n'est pas rare de voir des vélos (ou même des scooters) sans aucune protection. Parfois y'a un cadenas mais il reste sur le guidon. En tout cas vous ne verrez pas de roue attachée à un poteau sans le cadre qui va avec ou de personne emporter sa selle avec lui de peur qu'on la lui vole.
Sur la photo ci-dessous, un exemple caractéristique de parking sauvage de vélos. Le bâtiment sur la droite c'est le dôme de Fukuoka, et c'est jour de match ; donc fatalement, des masses de gens parquent leur deux-roues aux alentours. On ne voit qu'une petite partie mais il faut bien imaginer que c'est comme ça tout autour du dôme.
Et maintenant, un petit point sur la sécurité. En France les vélos sont considérés comme des véhicules et roulent donc sur la route. Au Japon, ils roulent sur le trottoir ; il faut dire qu'ils ne feraient pas long feu au milieu des voitures, quand on voit la conduite des Japonais. Il n'y a pas de pistes cyclables ou de voies réservées sur les trottoirs (ou alors c'est vraiment très rare), parfois les passages cloutés délimitent une bande pour les vélos qui est gentiment ignorée. Car oui, les vélos roulent au milieu des piétons, si bien que le danger d'un vélo face à une voiture est déporté au danger d'un piéton face à un vélo. Coup de guidon au dernier moment, freinage brusque à un mètre, ... les cyclistes sont guère meilleurs que les automobilistes. En plus, j'ignore pourquoi, mais le plus souvent les freins font un bruit à côté duquel le crissement d'un bout de métal sur un tableau noir est une douce mélodie : vous êtes content de ne pas avoir été écrasé mais vos oreilles s'en souviennent.
Quand il pleut, la plupart des cyclistes déploient leur parapluie. Bizarrement il n'y a pas de collisions, malgré la conduite à une main. On sait tous que le téléphone au volant c'est mal... mais les Japonais, le téléphone au guidon ça ne les gêne pas. Bien entendu, les cyclistes expérimentés maîtrisent le combo parapluie + téléphone portable... C'est pas fait pour rassurer le piéton tout ça.
Le vélo peut également se transformer en transport en commun : le porte-bagage prend alors toute son importance, permettant d'accueillir un passager. Quand y'a trois personnes sur un vélo, c'est plus folklorique, et on a de la peine pour celui qui pédale. Dans la section deux-roues surpeuplés, mention spéciale au scooter monoplace roulant (alors que la nuit est déjà tombée) avec quatre passagers : le conducteur, un passager partageant la selle avec lui, une troisième personne placée entre le guidon et le conducteur et un dernier accroché au guidon, dos à la route (et qui ne verra donc pas le mur approcher)... et ils n'avaient pas tous leur casque (comme c'est étrange).
Bref, c'est pas super rassurant tout ça. Pour l'instant je n'ai pas vu d'accident mais plusieurs fois ça n'est pas passé loin.
Un week-end, quand la saison des pluies sera passée, j'irai bien essayer de louer un vélo ou en acheter un d'occasion (c'est pas cher) pour me balader aux alentours de Kashii, côté campagne. C'est plus sympa que de juste voyager en train, et à pieds on ne peut pas aller très loin. Reste plus qu'à savoir où trouver ça...
dimanche 22 juin 2008
天気の物語 ~ saison 5
Il y a une semaine (et avec un peu de retard) a débuté au Japon la cinquième saison de 天気の物語 (Tenki no Monogatari) : 雨季 (uki). Vous connaissez sûrement cette série réadaptée partout dans le monde, qui repasse chaque année. Toutefois, seuls certains pays (notamment en Asie de l'est et du sud-ouest) ont droit à cette saison bonus qui chronologiquement débute après la première, 春 (haru), et se termine à cheval sur la deuxième, 夏 (natsu). La localisation fait que des variantes existent suivant les pays : l'intensité de l'action n'est pas la même, certains personnages n'ont pas exactement les mêmes rôles, etc. Je vous parlerai bien entendu de la version japonaise : 梅雨 (baiu/tsuyu).
Tout de suite, un synopsis des premiers épisodes.
Prologue : rappels sur la saison 1
Dans une ambiance tendre et chaleureuse, les cerisiers alors fleurissants ont perdu leurs pétales. Les protagonistes mènent une vie paisible, entretenue par une nature clémente et généreuse. Les corbeaux ont progressivement laissé place aux insectes, c'est le temps où pleurent chantent les cigales.
Il fait bon vivre, mais cette quiétude ne saurait durer...
Épisode 1 : 厚い~ (atsui ne...) ~ Fait chauuud...
Le délégué à la température 暖かい (atatakai, doux/chaud quand c'est agréable) a laissé sa place à son remplaçant, 厚い (atsui, chaud quand c'est pas bien). Depuis, rien ne va plus : le baromètre monte, le soleil lance ses premières attaques sur les étrangers à la peau sensible.
Les transports en communs et lieux public mettent en marche leurs équipements de contre-attaque : ventilateurs, climatisation, éventails... Les publicités de エアコン (air-con(ditioner)) font leur apparition... Bien décidé à lutter contre les agissements de 厚い, un mouvement de résistance s'installe...
Épisode 2 : 雨が降る (ame ga furu) ~ La pluie tombe
Un personnage à première vue docile fait son apparition: 雨 (ame, pluie). Pour être exact, ça n'est pas sa première intervention, mais une mutation soudaine l'a transformé en une créature bien plus féroce. Elle déverse toute sa rage sur les habitants, déchaînant l'élément des eaux. Ses attaques répétées voire continues (s'étalant sur plusieurs jours) varient en intensité mais peuvent être d'une grande violence.
Face à ce nouveau concurrent, 厚い perd un peu de sa puissance : ces deux prédateurs ne font pas bon ménage... pour l'instant.
Épisode 3 : 傘 (kasa) ~ Parapluie
Bien qu'elle n'ait aucun moyen de repousser ce nouvel assaillant, la population sort son principal moyen de défense : le parapluie. Le modèle le plus courant est celui disponible dans les combini centres de ravitaillement et d'armement. Tout le monde a le sien et l'utilise, même à vélo bien entendu. Quand on n'en a pas c'est qu'on est inconscient, bizarre, ou les deux. Dès qu'on sort d'un refuge ou autre abri souterrain on déploie son bouclier, et dès qu'on rentre on le replie. Malheur à l'imprudent qui l'aura oublié : il ne ressemblera plus à grand chose une fois arrivé à destination. Mieux vaut prévenir que guérir : certains marchent le parapluie en main, même quand il ne pleut pas.
Il est très courant de laisser son parapluie à l'entrée des établissements à l'emplacement prévu à cet effet (personne n'ira le voler). Certains établissements (notamment ceux accueillant beaucoup de monde) proposent des étuis à parapluie, en gros des sacs plastiques longs et fins, ceci afin d'éviter de répandre de l'eau partout. Parfois il y a même une gentille demoiselle qui est là rien que pour vous aider à mettre votre parapluie dans le sac et une autre qui nettoie le sol dès que quelqu'un passe (c'est ça aussi le Japon).
Quand il ne pleut pas Les femmes utilisent également leur parapluie (ou une ombrelle) pour se protéger du soleil, faisant ainsi d'une pierre deux coups.
Épisode 4 : 風来たぁぁ!! (kaze kitaaa!!) ~ Le vent est arrivé !
Dans ce épisode, la dernière menace entre en scène. Venue tout droit de la mer, le vent souffle fort à Fukuoka. Ça n'a rien d'inhabituel et c'est constant tout au long de l'année, mais suivant la période il est plus ou moins dangereux. Quand il souffle un peu violemment, c'est une arme très efficace contre les parapluies dont la maniabilité se voit fortement réduite. Dans le pire des cas, ceux-ci se retrouvent hors d'usage (plus ou moins rapidement suivant la qualité), et parfois laissés agonisants sur le bord du trottoir.
Épisode 5 : 合体だ!湿度100% (gattai da! shitsudo 100%) ~ Fusion ! humidité 100%
Afin d'éradiquer la résistance des habitants, les trois ennemis ont décidé de se rassembler et d'unir leurs forces. La tension monte, on pressent que le pire est à venir... La pluie se réchauffe et atteint progressivement la température ambiante, si bien qu'elle ne rafraîchit plus. Qu'il pleuve ou pas l'air se charge d'humidité, et pas qu'un peu. Pour se faire une idée : aujourd'hui, 43% à Paris contre 94% à Fukuoka. Le parapluie qui avait déjà bien du mal à protéger les jambes de la pluie (c'est long des jambes) ne peut rien contre cette espèce de pluie là, de l'eau qui vient de nulle part... ou plutôt de partout à la fois (de la pluie sans nuages dans le ciel, c'est possible).
Le vent frais en été c'est bien, mais quand il est chaud c'est autre chose. C'est comme le vent froid en hiver mais inversé : on a encore plus chaud. Inutile d'ouvrir la fenêtre parce que vous étouffez chez vous, c'est bon au début de la saison mais faut vite oublier : le courant d'air (quand il y en a) ne va pas aider. Si certains de vous se demandaient pourquoi dans les épisodes précédents la population n'utilisait pas d'autres moyens de protection contre la pluie telle que l'imperméable, vu la chaleur vous pouvez oublier (le Japon a peut-être la réputation d'avoir un fort taux de suicide, mais quand même).
Tous ces facteurs cumulés font que quand on sort (par exemple du train bien ventilé, mais aux vitres couvertes de buées), on est très vite moite et on goutte de partout. Ça n'est pas (que) de la transpiration mais surtout l'humidité ambiante. Afin de s'essuyer le visage et de rester à peu près sec, beaucoup de Japonais suivent un des conseils importants donné par H2G2 et s'équipent d'une serviette, une face towel (par contre pour le babel-fish, faudra repasser).
次回予告 (jikaiyokoku) ~ prochain épisode
厚い et de 雨 ne sont pas encore au maximum de leur puissance et sont encore supportables. À venir : des torrents d'eaux qui peuvent être impressionants, une chaleur vraiment insoutenable, ... Jusqu'où cela ira-t-il ? (Suspense... ou pas.)
La saison se termine à la fin du mois (dans certains régions, elle est raccourcie et les épisodes les plus durs sont retirés). Après, on enchaîne sur l'été, plus sec mais plus chaud. À suivre donc...
L'avis du public sur cette saison supplémentaire ? Malgré un scénario un peu original, elle ne présente pas d'intérêt particulier. Beaucoup de passages lourds et une ambiance oppressante la rende pénible à suivre. La première et surtout la troisième saison (春, haru, printemps et 秋, aki, automne) sont bien plus agréables et sont de loin les meilleures.
lundi 16 juin 2008
Musique
J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer quelques éléments de la musique japonaise dans les sujets précédents, cette fois-ci c'est le sujet du jour. Ne connaissant rien à la musique japonaise traditionnelle (passés les taiko et l'enka non contemporain), je n'en parlerai pas. Je me limiterai à ce qu'on peut entendre actuellement, en me basant sur ma vie au Japon, mes nombreuses heures passées sur StepMania, ce que j'ai appris via Internet et ma culture personnelle en général (afin de vous mettre quelques liens).
Comme partout, la musique (dans la langue : 音楽, ongaku, formé de son et de agréable/plaisant) prend une place importante dans la société japonaise, notamment chez les jeunes. Le Japon n'a évidemment pas la même culture musicale que l'Europe (son occidentalisation n'a commencé qu'à partir de la fin du XIXe siècle). Le retard a bien sûr été comblé depuis et les Japonais ont maintenant accès à l'ensemble des grands classiques occidentaux (plus ou moins récents). Ils ont également des artistes représentant les différents styles de musique existants, etc. Le but étant de présenter la musique japonaise, je traiterai ce qui la différencie des autres.
Jeu
Avant de commencer, un petit jeu : saurez-vous associer chaque musique au lieu où je l'ai entendue ?
Les réponses sont disponibles à la fin de l'article.
Les musiques (un peu de tout : y'a du connu... ou pas, du japonais... ou pas).
- オー・ツー (O2), qui sert de générique à un anime à succès.
- Divers tubes américains célèbres des années 80.
- Le thème d'Indiana Jones.
- Les Morning Musume (morceau pris au pif).
- Remix non rock de 世界はそれを愛と呼ぶんだぜ.
- 海雪 (Mer de neige) par Jero, le rappeur américain.
- Un remix techno de la célèbre Ievan Polkka.
- Une version instrumentale de Eyes on Me tirée du jeu Final Fantasy VIII.
- Une version instrumentale de The Sounds of Silence.
Les lieux (chacun peut servir plusieurs fois, histoire de rendre ça plus intéressant).
- Mandarake, un magasin consacré aux manga, anime et jeux-vidéo.
- Ce restaurant, dont le thème est la nostalgie (indice).
- Hallo Day, le supermarché où je vais faire mes courses.
- Le restaurant Hamakatsu, un peu plus classe que la moyenne (et plus de personnes âgées aussi).
- Une station de métro.
- Un autre restaurant donc je n'ai pas parlé.
- Une salle d'arcade de Kashii.
Enka, J-pop, musique étrangère
L'enka (演歌) est un style musical que j'avais rapidement évoqué. Le terme est également assez vague, et peut désigner des styles un peu différents. C'est une musique populaire, plutôt ancienne (début du XXe siècle) et surtout plus douce. En gros ce sont les lentes chansons romantiques qui parlent d'amour, de cerisiers en fleur, etc. Chanter de l'enka en kimono c'est évidemment plus mieux.
Le terme J-pop (japanese pop) désigne la musique japonaise populaire. C'est un terme très général et on y case l'essentiel de la musique moderne qui bouge un peu, notamment le J-rock (japanese rock, qui n'avait pas deviné ?). De ce fait, c'est aussi le style de musique qu'on entend le plus. Pour la petite histoire, les termes J-Rock, J-Pop, J-Music et Visual Kei (un autre dérivé japonais) sont depuis quelques mois des marques déposées en France (du grand n'importe quoi).
Je n'ai pas de morceau particulier à vous donner, le plus simple c'est de faire une recherche et de piocher dans ce qui sort, ça donnera un bon aperçu. Pour ce qui est plus spécial, j'en parlerai plus loin, avec des extraits adaptés (attention aux oreilles).
Contrairement à la France qui consomme beaucoup de musique américaine (ou tout du moins anglophone), le Japon se satisfait beaucoup plus de ses productions locales. Je ne dis pas qu'ils ne n'écoutent que de la musique japonaise, mais les proportions sont très différentes de ce qu'on a en France. On entend vraiment très peu de musique non japonaise (au moins ils n'ont pas à imposer des quotas). En plus des artistes américains, les jeunes écoutent également de la K-pop (korean pop, la Corée n'est pas loin de chez eux).
Pour ce qui est de la chanson française, c'est le néant, à part quelques anciens classiques (comme Edith Piaf) ou quelques rares chansons compatibles avec les goûts japonais (en plus comme c'est en français c'est kakkoii, cool/classe/stylé). Il y a aussi quelques groupes japonais qui s'essaient à de la J-pop en français. Rigolez pas, les paroles sont pas si ridicules que ça et elle a plutôt une bonne prononciation. On est loin de ce genre de désastre (admirez les sous-titres de qualité)... la France se débrouille mieux (ou pas).
Popularité musicale
En France on a droit à de sublimes émissions telles que la Star'Ac qui déterminent qui sera la nouvelle star dans les cris et les larmes (ou les grincements de dents, au choix). Au Japon ils ont évidemment des émissions musicales, elles ont parfois aussi pour objectif de faire le tri parmi des artistes, mais le plus souvent c'est juste pour chanter. Vous avez dû le remarquer dans la vidéo de Poupée de cire, poupée de son : il y a les paroles qui défilent, à la manière d'un karaoke. Ça c'est parce que les Japonais aiment bien chanter. Ils sont d'ailleurs de grands adeptes du karaoke (カラオケ) que j'aurai l'occasion de détailler une autre fois. Et s'ils peuvent chanter devant la télé, il le font.
Au Japon, on ne parle pas vraiment de stars mais surtout d'idoles (アイドル), le terme étant essentiellement utilisé pour les artistes féminins. (Remarque au passage : le terme d'idole n'est pas limité à la chanson, mais dans notre cas on se limitera à ça.) La particularité japonaise c'est le caractère très éphémère de la carrière d'une idole. Toutes connaissent une période de gloire pendant laquelle la popularité est au max ; mais tout évolue très vite et ça ne peut durer que quelques mois. Certaines parviennent à avoir du succès sur la durée, mais c'est plutôt rare (surtout comparé au nombre d'idoles qui sombrent dans l'oubli).
Ce système fait qu'à peu près n'importe qui est susceptible de devenir une idole, même des filles très jeunes : une demoiselle mignonne (c'est très important d'être kawaii) se fait remarquer alors qu'elle chante avec un copain guitariste près d'une bouche de métro (j'en ai vu à Tenjin), et hop c'est parti : télé, concerts, défilés en maillot de bain, interviews... l'idole est adulée par des tas de fans qui pourront tout savoir d'elle : date de naissance, taille, mensurations et groupe sanguin (je n'ai toujours pas compris l'intérêt porté au groupe sanguin) et la voir régulièrement à la télé.
Le phénomène ne concerne pas tous les artistes non plus. Certains groupes célèbres dépassent la durée de vie de quelques années à laquelle sont limitées la plupart des idoles. Parfois c'est un peu plus tordu, comme dans le cas des Morning Musume (モーニング娘), un groupe de filles dont les membres changent régulièrement (parfois pour suivre une carrière de leur côté).
Si on fait une recherche sur Youtube à japanese idol ou à アイドル on ne tombe pas sur des idoles en train de chanter... En prenant des noms au pif, ça marche mieux, y'a de quoi se faire
Musique et jeux-vidéos
Beaucoup de grands firmes du jeu-vidéo (surtout jeux console) sont japonaises. Il va sans dire que la musique est un élément important d'un jeu, voire crucial pour certains. Passé le stade des premières générations de consoles, quand les évolutions technologiques ont permis d'atteindre une qualité audio satisfaisante, des bandes originales de jeux-vidéos ont commencées à être commercialisées (à la manière des bandes originales de films).
Avec le développement des jeux-vidéo, les japonais ne sont évidemment plus les seuls à faire ça, mais ils avaient déjà commencé eux. Des concerts de musiques de jeux organisés par de grands orchestres ont aussi lieu plusieurs fois par an (un peu partout dans le monde).
Parmi les grands noms ont peut citer Nobuo Uematsu (compositeur pour la série des Final Fantasy) ou encore Koji Kodi (à l'origine des musiques de Super Mario et The Legend of Zelda, entre autres).
Comme j'en avais déjà parlé, les Japonais sont à l'origine de nombreux jeux musicaux avec notamment la série Bemani de Konami. Platine DJ, danse avec les pieds, danse avec les bras, guitare, batterie, chant, taiko, ... tout y passe. Ces jeux dit de rythme consistent principalement à jouer (de différentes manières) des notes prédéfinies en rythme avec une musique qui passe en fond. Les jeux de rythme s'exportent plutôt bien en Europe et aux États-Unis, mais au Japon on va plus loin...
Un jeu qui marche très fort au Japon : Vocaloid2. La recette est simple : la voix d'une actrice/chanteuse/autre japonaise est enregistrée et samplée de manière à avoir tous les sons vocaux possibles. Le joueur n'a plus qu'à assembler les morceaux en ajustant quelques paramètres (longueur de la note, variations d'intonation, ...) et ça donne des trucs comme ça. Sur celle-ci le résultat n'est vraiment pas génial, Poupée de cire, poupée de son là c'est un peu mieux. En fait, la voix est surtout adaptée à la J-pop (ça a été fait pour ça) et plus particulièrement celle qu'on peut entendre dans les dessins animés japonais, les anime (genre ça). Plusieurs opus (avec des voix différentes) sont sortis, et le personnage de Hatsune Miku (初音ミク) issu du jeu s'est déjà taillé une bonne place chez les otaku japonais.
Un autre jeu (encore un, on va se demander où je vais trouver tout ça), 100% japonais, sorti sur arcade puis sur console : THE iDOLM@STER. Comme le titre le suggère (ou pas), le joueur incarne un producteur chargé de la carrière d'une idole qu'il aura au préalable choisie parmi une liste de modèles disponibles et nommée bien entendu. Une fois entraînée (mini-jeux), habillée (la garde-robe fait office de collection) et équipée de divers accessoires(cadeaux des fans, ...), l'idole peut monter sur scène pour sa prestation qui déterminera si oui ou non elle gagnera en popularité.
Le reste, les trucs qui font le plus peur
La J-pop alimente les jeux-vidéos mais également, comme on peut facilement l'envisager, tout ce qui est anime. Il faut savoir qu'un anime commence (opening) et finit (ending) quasi systématiquement par un générique en musique.
Si vous pensiez qu'on ne pouvait pas faire pire que les chanteuses telles qu'Alizée ou Priscilla qu'on a en France et/ou que je vous avais montré le pire... bin non, j'ai dégotté pire. Il ne faut pas oublier les jeux japonais qu'on ne verra jamais chez nous en raison d'un fossé culturel trop important avec ce genre de truc (comment la chanteuse fait pour garder sa voix ? même avec du post-traitement ça y va fort).
Il y a aussi tout ce qui est musique dôjin, ou y'a un peu de tout : de l'orchestral, des chansons normales ou d'un autre espace-temps). En cherchant un jeu, j'ai eu l'occasion d'aller dans un magasin spécialisé, j'ai été surpris de voir que les albums de Touhou (pour ceux qui voient ce que c'est) remplissaient une bonne moitié des étalages, dont une bonne partie avec des albums officiels.
On va finir sur un (long) medley qui, ne serait-ce que par la performance technique qu'il n'est pas donné à tous de pouvoir apprécier, donne un bon aperçu de ce dont sont capables les Japonais. (Je vous rassure tout de même : comme à la télé, on montre surtout les cas particuliers, c'est loin de concerner la majorité.)
Réponses du jeu
Rapidement, parce qu'il faut que j'aille au dodo. Heureusement, il n'y a pas d'explications à donner, même si les résultats surprendront peut-être certains.
- オー・ツー : salle d'arcade.
- Divers tubes américains célèbres des années 80 : le restaurant nostalgie.
- Indiana Jones : au supermarché.
- Les Morning Musume : le restaurant dont je n'avais pas parlé.
- Remix de 世界はそれを愛と呼ぶんだぜ : au supermarché.
- Le pseudo-enka : salle d'arcade.
- Remix de Ievan Polkka (aka. Loituma) : Mandarake.
- Eyes on Me (FF8) : Hamakatsu, le restaurant un peu plus classe.
- The Sounds of Silence.
Pfiou, c'était long... J'ai bien mérité mon dodo, histoire de me reposer le cerveau, les yeux et les oreilles (c'est dur à tous les niveaux de faire des recherches).
vendredi 13 juin 2008
Personnages populaires
Dans la rue, les transports en commun ou les magasins, on croise régulièrement les mêmes personnages de fiction qui ont une certaine popularité auprès du public japonais. Ceux-ci sont notamment dérivés en toutes sortes d'accessoires (souvent décoratifs). Je ne ferai pas une approche exhaustive du sujet (je n'ai pas les informations nécessaires) mais me contenterai de dresser une liste des quelques personnages que j'ai l'occasion de voir couramment (et qui peut ne pas être représentative de la popularité réelle).
Contexte et terme
Avant de commencer à parler des personnages proprement dit il convient de dresser un peu le cadre. Les Japonais (enfin surtout les Japonaises) aiment beaucoup accrocher des tas de trucs à leurs affaires et sont très fans de peluches (grandes ou petites) ou autres accessoires divers (ne me dites pas qu'en France c'est pareil... ça ne l'est sûrement pas autant). Par exemple, les filles aime bien attacher des straps (comprendre : des babioles qui pendouillent) à leur téléphone portable (rien de très spécial), avec parfois des exagérations comme par exemple des peluches deux à trois fois plus grosses que l'appareil lui-même. Il m'est arrivé de voir des trucs assez extravagants comme un gros nœud rose vif de 25cm de large accroché à un sac : faute de pouvoir choisir leur tenue vestimentaire, les élèves soumises à l'uniforme scolaire personnalisent.
Si dans un magasin vous passez à côté d'un groupe de filles agglutinées autour de petites babioles dans un environnement où prédomine le rose, vous avez toutes les chances d'entendre un « Kawaiiiiii~ ! ». L'adjectif kawaii (可愛い) signifie mignon et est un mot important au Japon (comme je le disais dès mon premier article, on voit pas beaucoup de petits dessins mignons, etc.). Il y aurait vraiment beaucoup à dire sur le sujet (partiellement abordé ici), beaucoup de liens à mettre, etc. mais ça n'est pas l'objet de l'article. Retenons surtout que les Japonais ont tendance à abuser du terme et que chez eux le kawaii n'a pas le caractère gamin voire ridicule qu'il peut avoir chez nous, c'est même un argument de vente. Ne vous fiez donc pas trop aux apparences : un truc mignon n'est pas forcément destiné aux enfants ou accessible à n'importe qui.
Personnages Disney
Disney est également largement connu en Europe (inutile de vous les présenter) mais j'ai dès les premiers jours qui ont suivi mon arrivée à Fukuoka, j'ai constaté (dans la rue et surtout les magasins) que les Japonais ont tout plein d'accessoires à l'effigie de stars de la marque. Attention cependant, pas tous les personnages Disney : sont concernés ceux présentant un potentiel kawaii suffisant. Parmi les vedettes on trouve Minnie et Mickey, Winnie l'Ourson, Stitch (je comprends moins le succès pour cette bestiole mais on la voit souvent). Pas question de voir Dingo par contre : il est plus kowai (effrayant) que kawaii.
Hello Kitty
Avec ses moustaches et son nœud, Hello Kitty (ハローキティ) est un personnage très bien placé sur l'échelle du kawaii. On le voit aussi en Europe, et il a évidemment un gros succès dans son pays d'origine : le Japon. On le voit un peu partout, sur toutes sortes d'articles, et pas juste des petits accessoires à accrocher. Admirez donc ce magnifique ordinateur portable NEC LaVie G et ses accessoires (aux États-Unis ils préfèrent les HK47). Le mois dernier, le personnage a même été nommée ambassadrice du tourisme en Chine et à Honk-Kong par un ministre tout sourire.
AnPanMan
Ce héros de série pour enfants se voit également un peu partout mais est tout de même moins répandu (car destiné aux enfants). Avec sa tête ronde assortie de trois boules rouges, il se reconnaît vite fait. Les personnes attentives se rappelleront que an désigne de la pâte de haricot rouge, pan du pain et donc que AnPanMan (アンパンマン) est l'homme pain fourré à la pâte de haricot-rouge. Il a aussi un paquet de copains (pain melon, pain brioché, pain au curry, ...).
Doraemon
Le manga dont est il provient n'ayant été exporté que très tardivement en Europe et aux États-Unis, Doraemon (ドラえもん) n'est pas très connu chez nous. Au Japon en revanche il est non seulement vraiment très connu mais également très populaire (un des Japonais avec qui j'ai l'occasion me disait que c'était son personnage préféré). Comme pour les autres personnages, on voit de nombreux portes-clefs ou autres. Le costume dont j'ignorais ce que c'était, c'était un costume Doraemon justement (comme pour le Pikachu : combinaison intégrale).
Devançant Hello Kitty de quelques mois, Doraemon a également été nommé ambassadeur du Japon.
Gundam
Pour terminer, plus qu'un personnage c'est un ensemble de personnage, de robots pour être précis. Gundam (ガンダム) est une licence japonaise de mechas (robots humanoïdes, comme Goldorak, plus connu en France). En près de 30 ans d'existence, un nombre incroyable de manga, anime, jeux et autres produits sont sortis, et ça continue toujours aussi fort. Pour la petite anecdote, j'ai un collègue de travail, un cravateux proche de la retraite, qui suit toujours activement les séries télévisées (comme quoi, y'a pas d'âge pour ça). Vu qu'il y a une quantité impressionnante de personnages, je vous laisse faire une recherche pour des images. Contrairement aux personnages précédents, là on n'est plus dans le kawaii et dans les straps pour portables mais dans un univers pour garçons. Typiquement, dans les magasins on trouve souvent des modèles de Mobile Suits (les robots humanoïdes). Dans la grande surface à côté de chez moi ça remplit plusieurs rayons, quasiment autant que les CD de musique.
Comme d'habitude, j'ai mis plus de temps que prévu pour écrire l'article. 2h30 passées, ça me fait une excuse pour ne pas trouver de conclusion (ou pas).
lundi 2 juin 2008
Du port de la cravate en période estivale et de l'uniforme scolaire dans sa généralité
En ce matin du 2 juin, j'ai reçu un mail (en japonais bien sûr) expliquant qu'à l'ISIT, de juin à septembre inclus, c'était la période du eco style (エコスタイル), avec la règle du no necktie (ノーネクタイ, pas de cravatte). Eco pour économique ou eco pour écologique j'en sais trop rien, l'idée étant qu'il est ridicule de continuer à porter une cravate si c'est pour mettre la clim à fond à cause de la chaleur. Durant cette période, les hommes d'affaire laisse le costume à la maison et passent à des vêtements plus légers.
Il faut dire que l'été au Japon est (très) chaud et (très) lourd, j'aurais l'occasion d'en parler plus en détail une autre fois.
Les dates du 1er juin et du 1er octobre n'ont pas été choisies de manière aléatoire. Elles font en quelque sorte partie de la culture japonaise et correspondent au passage des uniformes/costumes d'hiver (fuyu fuku) à ceux d'été (natsu fuku), et vice-versa. Après recherches, il s'avère que ces deux jours ont même un nom koromogae (衣替え, de 衣 vêtement et 替 changer).
En pratique, ça fait déjà une ou deux semaines que les élèves ont commencé à passer progressivement à l'uniforme d'été (il faut dire qu'il fait plus chaud que la moyenne à Kyûshû). Le changement n'a donc pas été soudain, même s'il semblerait que ça soit l'usage : il peut tout de même y avoir quelques dérogations à la règle, pour diverses raisons.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, les élèves japonais se doivent de porter l'uniforme. Ceci concerne tous les collèges et lycées ainsi que les universités et écoles primaires voire maternelles ou c'est moins systématique. En général, l'uniforme inclut également le survêtement de sport (aux couleurs de l'école), parfois les chaussures ou encore le sac de cours (ce qui fait que les élèves prennent parfois un deuxième sac).
Il est plus que banal de voir des jeunes japonais en uniforme à toute heure de la journée, y compris le week-end et pendant les vacances (j'aurais tendance à dire que ça concerne surtout les filles, mais il faut dire qu'en ville on en croise plus que des garçons). Ça fait vraiment partie du paysage quotidien. Une première raison ce sont les clubs scolaires (sports, arts, mais pas seulement) qui ont lieu (entre autres ?) le week-end, et également pendant les vacances. Je suis arrivé au Japon pendant celles qui précèdent la nouvelle année scolaire, bah au début j'ai eu un doute sur le fait que ça soit vraiment les vacances, vu que je voyais pas mal d'élèves en uniforme.
Sur le chemin pour aller travailler, j'ai l'occasion de voir un bon nombre d'uniformes différents, auxquels viennent s'ajouter ceux que je vois à l'occasion d'excursions diverses. On peut les séparer en trois catégories (trois pour les filles), avec souvent le même duo fille/garçon mais parfois quelques mélanges ou particularités. Plutôt que de tout vous décrire de manière approximative, vous aurez droit à des liens vers des photos, c'est plus parlant.
On va commencer par l'uniforme le moins courant qui ne concerne que les filles et limité à un ou deux établissements (lycées pour filles je pense). Il s'agit d'une robe portée par dessus une chemise blanche. Ça peut ressembler à ça même si ceux que je vois ont des bretelles beaucoup plus courtes. Ce type est peu répandu (j'ai d'ailleurs eu du mal à trouver une photo ressemblante).
Ensuite viennent les uniformes type blazer/veste. Les filles ont droit à une jupe et à une veste. Les couleurs varient, en général dans les tons sombres (gris/noir, bleu marine), on voit parfois également du vert foncé, du beige ou de l'écossais (pour le bas uniquement). L'uniforme est agrémenté d'un ruban ou d'une courte cravate qui surmonte la poitrine. Sur cette photo, à gauche l'uniforme d'été et à droite celui d'hiver, sur celle-ci c'est marqué. Pour les garçons, un pantalon remplace la jupe et la veste est souvent très proche de celle des filles comme l'illustre cette photo. Certains doivent se farcir une cravate (les pauvres), mais c'est loin de concerner tous les établissements (même si en revanche c'est pas facile de trouver des photos).
Pour l'uniforme d'été, la veste ou le blazer est abandonné et on se contente d'une chemise (avec souvent la marque de l'école quelque part). Petite photo de groupe.
Pour finir, le duo classique : uniforme marin pour les filles et gakuran (学ラン) pour les garçons. L'uniforme marin est bien ancré (ah ah...) dans la culture japonaise, on en voit assez souvent sur des affiches, dans des pubs ou chez les personnages de fiction (ou pour des trucs plus obscures...). L'uniforme est en général sombre en été et blanc en été (comme pour le type précédent). Le foulard est parfois remplacé par un simple ruban. Quand il fait un peu froid mais qu'elles n'ont que l'uniforme d'été, certaines écolières portent un fin gilet beige (c'est très rarement une autre couleur), je ne sais pas s'il fait partie de l'uniforme mais y'a des chances.
Pour les garçons, le gakuran (y'a pas l'air d'avoir un équivalent en français) est, comme le montre, la photo (tenez, une autre) avec des boutons assez gros portant souvent la marque de l'école. En été, les élèves abandonnent cette veste et se limitent à une simple chemise plus pratique. Le pantalon est également allégé.
Quelques points supplémentaires relatifs aux demoiselles. Il arrive fréquemment que la couleur du liseré de l'uniforme marin ou du foulard/nœud diffère selon l'année d'étude (ceci concerne essentiellement les uniformes marins). Pour les garçons, il y a peut-être une différence au niveau des boutons du gakuran mais c'est pas aussi visible, comme vous pouvez l'imaginer.
Les jupes sont le plus souvent plissées et arrivent globalement au niveau des genoux. La taille pouvant varier selon l'établissement et le caractère de la propriétaire.
Si vous voulez plus d'exemples, on trouve aisément tout plein de photos d'uniformes féminins, moins facilement masculins. Sachez tout de même garder un regard critique : on tombe sur pas mal de costumes de fiction (encore du cosplay). Et si certains sont facilement identifiables pour leur exubérance, ça n'est pas toujours le cas, par exemple le premier était un faux (à défaut d'avoir trouvé mieux).
vendredi 25 avril 2008
Sanctuaire de Kashii
Samedi dernier je suis allé me promener plus à l'est de Kashii pour aller voir le 香椎宮 (kashiiguu, le A sur la carte). Il s'agit d'un sanctuaire shinto assez ancien, et le plus imposant de Kashii ; la gare de Kashii-miyamae (香椎宮前) où je me rends chaque matin porte son nom (la pronciation du kanji est différente mais ça désigne la même chose).
Je commence l'ascension, car les temples et sanctuaires sont en général en hauteur. Au début du trajet on tombe (en bifurquant un peu) sur un temple bouddhiste (petit et fermé). Il y a deux principales religions aux Japon : le bouddhisme et le shintoïsme. Ce ne sont pas des religions comme le christianisme ou l'islam, c'est plus de la superstition.
Le long de la route on croise quelques petits sanctuaires (si on peut dire ça), un peu comme les statues ou croix qu'on trouve aux carrefours dans la campagne française. Certains sont indiqués sur la carte, symbolisés par 卍 pour les bouddhistes, et par un toripour les shintos.
Le tori (photo de droite) est le symbole shinto par excellence. On trouve ces grands portails (celui-ci est loin d'être le plus gros que j'ai vu) portails à l'entrée des sanctuaires ainsi qu'à l'intérieur, ils sont censés repousser les mauvais esprits. Pour des raisons historiques diverses, il n'est pas rare de voir des temples bouddhistes qui en ont également. Un fois passé le jardin situé devant le sanctuaire, on franchit l'enceinte de ce dernier via une grosse porte pour entrée dans le sanctuaire proprement dit.
Sur la gauche on trouve des godets à long manche pour se laver les mains avant d'aller prier. On se dirige ensuite vers le lieu de prière (ici ils sont petits et isolés, mais ça n'est pas toujours le cas), on tient ses mains à plat verticalement, on tape dedans deux fois (il faut les entendre claquer), et on les laisse jointes pour méditer. Quand on a fini, on donne quelques coups de la grosse cloche (dont on voit la corde pendre), on peut aussi verser une petite offrande. Avant de partir, la Japonais a jugé bon de s'incline bien bas devant le grand arbre situé juste derrière.
Dans le bâtiment principal, plus gros et entouré d'une petite cour, on peut trouver un petit autel, des gros tambours, des moines (en blanc et vert vif) qui s'occupaient du temple, ... À côté se trouvent un objet non identifié (j'ai pas compris si ça avait une utilité), une petite boutique où on peut acheter différents bibelots, des bandes de papiers avec des écritures (des charmes ou sorts de protection je suppose), ou encore tirer une petite baguette avec un présage (petite malchance, énorme chance, ...). On trouve également un panneau où les gens accrochent (lors des festivals entre autres) deux choses : des petits bouts de papier noués sur lesquels ont écrit un vœu, et des plaques de bois (plus grosses) suspendues où on écrit là aussi un vœu, une intention ou ce qu'on veut (c'est fait à la main de manière très personnelle, on voit souvent des dessins, c'est très varié et amusant à voir).
Il faisait bon et c'était bien agréable de se promener. Surtout qu'il y avait encore quelques arbres en fleur pour la vue. Les bâtiments sont tous de couleur rouge, ça fait des couleurs très vives qui se détachent bien. On a vite fait le tour et il n'y a rien de transcendant, mais s'y balader est sympathique, et ça vaut le coup d'y aller au moins une fois pour voir.
samedi 19 avril 2008
Tenjin, ses rues, ses grands magasins
Tenjin (天神, dieu des cieux) est le centre de Fukuoka. Quand on parle de Tenjin on parle de bien entendu de la gare de métro mais surtout de la grande galerie marchande souterraine (en rouge sur le plan) et des nombreux grands magasins voisins.
J'y suis allé deux fois : une première il y a trois semaines, dans le but de régler quelques points d'ordre administratif (et de visiter un peu). À cette occasion, on a eu plusieurs périodes de vide et on en a profité pour visiter quelques magasins permettant de découvrir quelques aspects plus ou moins typiques du Japon. La seconde fois c'était cet après-midi où j'ai erré parfois au hasard, parfois non. Je me suis moins éloigné du centre que la dernière fois mais ça ne m'a pas empêché de bien marcher.
Première chose, autant prévenir tout de suite, je n'ai pas pris de photos, et ce pour plusieurs raisons :
- la première fois je n'avais pas mon appareil ;
- dans les rues pleines de monde c'est pas trop la peine d'y penser ;
- idem dans les magasins (et pourtant y'a des trucs qui vaudraient la photo)
- c'est difficile de ne pas avoir des gens qui gênent ce qu'on veut prendre ;
- les gens qui passent dans la rue ne s'arrêtent pas pour attendre de se faire photographier ;
- dans certains magasins il est interdit de prendre des photos ;
- ...
Si vous voulez absolument des photos pour savoir à quoi ressemblent les rues, Google est votre ami. Si vous voulez encore râler, je vous rappelle que j'accepte les mails d'insultes.
Il risque aussi d'y avoir pas mal de fautes d'inattention, fatigue et heure tardive aidant.
Vu qu'il y a beaucoup de choses à dire pour un seul article et que je suis un peu fatigué, je vais faire ça en deux fois : dans un premier temps les trucs normaux et dans un deuxième temps les trucs plus orientés otaku.
La galerie de Tenjin
La galerie de Tenjin relie les deux lignes de métro qui passent à Tenjin. Elle est souterraine et s'étale sur... une bonne distance, en suivant le tracé d'une très large avenue de Fukuoka. Elle est relié avec l'extérieur par 13 fois 2 sorties (ouest et est à chaque fois), si ça peut vous donner une idée de la longueur... Ce qui est pratique c'est qu'on peut faire une bonne partie de chemin sans voitures, traverser plus rapidement qu'en attendant le feu, et l'été il y fait plus frais.
Après ce qu'on y trouve c'est assez classique. Aux extrémités il y a bien sûr les deux stations de métro. Entre les deux c'est un mélange de magasins de vêtements (la majorité) ou assimilables (cosmétiques, ...) et bien sûr de quoi manger (sur place ou à emporter). Les boutiques japonaises aiment bien prendre des noms anglais mais aussi français, parce que ça fait chic. On trouve ainsi pour la frime ou Vie de France, ceux-là sont bien écrits et ne sont pas ridicules mais c'est loin d'être toujours le cas. Il y a aussi des boutiques consacrées à des trucs typiquement japonais comme un petit magasin avec que du Hello Kitty dedans.
Dans la rue
Quand on sort on se retrouve au pied de grands immeubles décorés d'un grand nombre de panneaux lumineux voire d'écrans de télévision, avec le son en général. Mais ils sont largement couverts (autant visuellement qu'auditivement) par les passants.
Je suis tombé sur un autre groupe d'étudiants pour la même association que ce matin. Mais ils n'étaient pas seuls. Des filles qui distribuaient des prospectus à la sortie des grands magasins féminins, des types habillés en jaune et vert fluo de la casquette au pantalon et qui semblaient mener une opération en faveur des vélos, ... Tout ce beau monde qui crie ça fait du bruit.
Ensuite il y a les tenues vestimentaires, parce que la mode des jeunes au Japon c'est quelque chose... Les femmes et hommes d'affaire sont le plus souvent en tailleur ou costard cravate. Pour les personnes plus âgées, rien de spécial, à part les quelques femmes qu'on voit habillées en kimono traditionnel (avec la ceinture, obi, si compliquée à mettre et les sandales, geta). Et puis il y a les jeunes... À Paris, dans le métro ou dans la rue, on tombe parfois sur des gens habillés de manière étrange, rigolote ou tout simplement bizarre. À Tenjin y'en a plein, surtout du côté des filles. Les tenues sont très hétéroclites, de toutes les formes de toutes les couleurs, ... un vrai spectacle que je ne saurais vous retransmettre : il faut y être. Globalement ça aime les froufrous, les mélanges de couleurs et ça s'habille plutôt court (quitte à mettre quelque chose en dessous).
Il y a aussi des trucs marrants comme les Crocs (qui viennent des États-Unis où elles ont fait un tabac) : c'est pas pour aller à la plage, c'est pour faire fashion (et ça l'est paraît-il). Après il y a aussi les cas plus japonais, plus spéciaux, celui de deux personnes qui mangent une glace, l'une avec un costume de je ne sais quoi, l'autre avec un costume de Pikachu : la tenue intégrale, des pieds à la tête, inclus.
Les grands magasins
Tenjin compte un grand nombre de grands magasins qui occupent des immeubles de 7 ou 8 étages. Ça en fait des trucs à voir. Par contre on s'y perd vite : ils sont tous plus ou moins à cheval les uns sur les autres et parfois on passe de l'un à l'autre sans s'en rendre compte. Pour s'y retrouver c'est pas facile. Parmi les plus gros on pourra citer Tenjin Core, Solaria, Mina-Tenjin (mina signifiant tout le monde) et le 天神VIVRE (tiens, du français).
Le tour des magasins de vêtements est à faire au moins une fois. On voit des trucs vraiment spéciaux (voire space), des tas de styles différents comme les gals (le style r3b3lZ). Du côté mode masculine c'est pas mal non plus, là encore c'est très varié. Surtout qu'à chaque fois les vendeuses et vendeurs sont dans le style de ce qu'ils vendent et n'hésitent pas à se montrer pour vous lancer des irasshaimase. Côté discrétion, trois étrangers habillés de manière quelconque qui zyeutent partout d'un air amusant, ... on a bien dû se faire remarquer.
Mais (heureusement) il n'y a pas que des vêtements. Plusieurs magasins vendent des jouets, accessoires divers et autres babioles. Donner une liste de tous les trucs qu'il y a là-bas et pas en France serait trop long, et puis je n'ai pas tout en tête. On notera surtout le grand nombre de trucs kawai (mignons) : que ça soit des immenses peluches (Hello Kitty, (mon voisin) Totoro, ...) ou des trucs (j'connais pas le nom) à mettre dans ses bottes pour qu'elles restent droites, faut que ça reste mignon.
Pour les filles il y a des portions de magasins où le rose est plus que la couleur dominante (ça se repère facilement).Pour les garçons on trouve d'imposants modèles de Gundam (une série très connue au Japon... et pas seulement). Dans genre japonais il y a aussi les costumes dont certains modèles sont exposés de manière bien visible. Ça va de l'uniforme d'écolière au bikini léopard en passant par le costume de soubrette (version rose également disponible), la panoplie complète Hard Gay (avec accessoires) ou encore la même combi moulante que dans le Human Tetris. Non non, la partie otaku n'a pas commencé, tout ceci est accessible à tous, et on en voit souvent (dans les magasins, portés j'ai jamais vu encore).
C'est tout pour cette fois. J'ai l'impression d'avoir oublié plein de choses, et c'est le cas (notamment tout plein de babioles sur lesquelles on s'était arrêté). Mais difficile de se rappeler de tout, surtout vu la quantité... J'espère avoir au moins réussi à donner une vision d'ensemble.
Suite au prochain épisode avec l'ascension du plus gros magasin d'otaku de Fukuoka et un tour des salles d'arcade. Si les sigles FF7, DBZ, DDR, KoF ne signifient absolument rien pour vous, il y a toutes les chances pour que vous ne soyez pas concernés, ou tout du moins intéressés.
vendredi 18 avril 2008
Y'a quoi à la télé ?
Ouais, un article sur la télévision ! Allez raconte, t'as vu des jeu débiles ? des anime à la con, des émissions loufoques ? Bah non en fait... Moi aussi j'espérais... mais j'ai été déçu. En fait les trucs qu'on trouve sur Youtube sont tout de même très limités.
À la résidence où je regarde de temps en temps la télé en mangeant (avec toujours un peu d'espoir de tomber sur un truc bien), on capte 4 ou 5 chaînes locales ainsi que NHK, la chaîne publique nationale. À part sur NHK où ils passent de temps en temps des reportages intéressants, le reste, faut pas se voiler la face, c'est plutôt naze. Il faudrait que j'essaie de choper une grille des programmes compréhensible ou essayer à d'autres heures, mais je n'y crois pas trop.
À la limite les pubs sont ce qu'il y a de plus intéressant : c'est plus universel (donc plus facile à comprendre), on découvre des types de produits ou de pubs qu'il n'y a pas chez nous, ... Même pas de pub très spéciale, malheureusement. Un truc qui surprend par rapport à la France : il n'y a aucun jingle ou autre pour signaler le début ou la fin de la pub, sauf éventuellement si ça a été ajouté dans le programme qui est interrompu, c'est parfois assez perturbant.
On peut classer le contenu que j'ai eu l'occasion de voir en trois catégories :
- les documentaires et le journal télé ;
- les films et drama ;
- les émissions faites pour le grand public avec un plateau et des invités.
Je ne suis tombé qu'une seule fois sur une chaîne où y'avait ce qui ressemblait à un journal d'informations, et pourtant j'ai le plus souvent été devant la télé aux alentours de 20h-21h. Il faut croire que l'actualité ça ne passionne pas les Japonais ou qu'ils se contentent des journaux papier (bien plus présents qu'en France). Les documentaires on en voit sur NHK... et c'est tout je crois. J'ai suivi un reportage sur le jeu de go qui n'était pas inintéressant du tout (les schémas de parties, ça aidait à comprendre).
Pour ce qui est des films, rien de spécial à dire, à part qu'au Japon il y a toujours de la VO (avec potentiellement deux pistes audio : versions originale et doublée), ce qui n'est pas une mauvaise chose. Pour ce qui est des drama, là c'est une autre affaire. Un drama est un terme générique pour désigner une série télévisée filmée (les anime, dessins animés japonais, n'en sont pas). Ils peuvent aborder un peu tous les thèmes mais montrent souvent des gens (normaux à la base) auxquels il va arriver des trucs peu communs. Le jeu d'acteur y est souvent pas terrible, voire carrément mauvais : ça fais très préparé, très artificiel. Mais il semblerait que ça soit voulu : dans un film, on peut retrouver les mêmes acteurs avec un jeu tout à fait normal. Y'a parfois des concepts...
Et maintenant le gros de la télévision : les émissions qui parle de bouffe et de rien (mais surtout de bouffe). Prenez un plateau au décor très cheap et fait plus ou moins à l'arrache, plongez-y des invités qui rigolent et ont toujours l'air heureux, ajoutez des morceaux de courts reportages, saupoudrez de grosses inscriptions très colorées reprenant mot à mot certaines phrases des invités en question, mélangez le tout : c'est prêt.
Et les reportages tournent très très souvent autour de la bouffe, et c'est moins marrant que ça et moins loufoque que ça : on vous présente un gentil papi qui cultive ses daicons et qui vous montre comment il cuisine je ne sais pas trop quoi. Et là tous les invités sortent des oishiiiiii (délicieux, trop bon), tabetaaaaaiiiii (je veux [en] manger), etc. Ils sont toujours très enthousiastes et le moindre grain de riz devient LE plat que tout le monde veut goûter (comme tous les plats précédents).
Ça n'est pas toujours aussi direct que ça, mais il y a comme un axiome qui dit que tout émission avec de joyeux invités passe par un point de nourriture. Au début on n'est pas au courant, on se laisse surprendre...
- Le reportage vous montre des types dans une station spatiale. Ça parle un peu, mais très vite John te sort la bouffe spatiale, spécialement préparée par le chef cuisinier machin, qui doit faire attention à plein de trucs parce que ça ajoute des contraintes particulières. Et hop, on a droit à des tsugooooi (génial, trop fort) tabetaaaaiii, etc.
- Un jeune adulte vous montre ses quelques ordinateurs, parmi lesquels quelques modèles un peu anciens (un vieux portable Toshiba, comme celui qu'on avait, guère plus récent que ceux qu'on a récupérés Eirbot), on distingue clairement des mots relatifs à l'informatique, ... Cool, un truc un peu geek ! Et là la femme du type appelle à manger et on à droit à des images de comment ils préparent la popote, ce qu'il aime, etc. Les PC passent complètement à la trappe. Cruelle déception...
Bon, même s'ils diffusent des cours de cuisine et autre, il y a aussi des émissions un peu comme en France. Je suis tombé sur une émission une émission que deux ou trois Japonais regardaient. C'était un genre de Star Academy avec tout de même des différences notables :
- nettement moins de mise en scène ;
- des candidats plus quelconques et pas sélectionnés pour s'affronter ;
- les paroles qui défilent en sous-titres style karaoké...
- ... pour que les téléspectateurs puissent eux-aussi chanter...
- ... ce qu'ils firent.
Certains se plaignent de la télévision française, mais par rapport à ce que j'en ai vu, c'est nettement mieux que la télévision japonaise, du moins pour ce qui est des chaînes gratuites. Après il y a aussi des chaînes payantes, plus spécialisées et sûrement plus intéressantes, mais ce que j'ai vu m'a déçu.
mercredi 16 avril 2008
C'est l'heure des courses
Le RU est fermé, le frigo est vide, pas même des pâtes sous la main... l'étudiant va au supermarché le plus proche acheter de quoi survivre se sustenter. Pris d'une flemmingite aiguë il a mal prévu son coup : on est vendredi soir et y'a une queue pas possible. Il place ses produits sur le tapis roulant en râlant contre la mémé d'en face qui n'en finit pas ranger ses trois carottes et sa pâtée pour chat. Après avoir traîné les produits pour passer les code barre la caissière annonce le prix d'un air fatigué. Pendant que l'étudiant rentre son code de carte bancaire elle est vautrée dans son siège prête à arracher le ticket de caisse dès son apparition. Une fois tous les achats rentrés dans le sac recyclable vous partez sans savoir si cette fois la caissière aura laissé échappé un semblant de remerciement.
Quelques mois plus tard le même étudiant rentre dans un hyakuen shop (100 yens shop, un magasin où (presque) tout est à 100 yens, environ 0,6 €) histoire de s'acheter un peu de vaisselle et des baguettes. On est dimanche matin et il n'y a pas de queue à l'unique caisse, tout comme le vendredi soir à 19h. Il pose son panier et la caissière, debout derrière sa caisse, l'accueille d'un irasshaimase avant de commencer à passer les produits tout en les transvasant dans un autre panier. En voyant que le client a acheté un produit à 210 yens (et non 100) elle fait une petite courbette et le remercie d'un arigatô gozaimasu. Pendant que l'étudiant prépare sa monnaie, la caissière range les différents produits dans un ou plusieurs sacs en plastiques. Au moment de rendre la monnaie, elle compte les billets de 1000 yens devant l'étudiant avant de les lui donner (à deux mains, avec une petite phrase en sus), lui remet les quelques pièces restantes et le ticket de caisse avant de saluer le client d'un n-ème arigatô gozaimasu (merci beaucoup) tout en s'inclinant.
Dans ces deux cas il s'agit de vécu : la première fois en France, la deuxième au Japon. Ils donnent un assez bon aperçu des différences qu'il peut y avoir. Quelque chose que l'on remarque très vite : le client est toujours bien accueilli. Même si parfois les caissières font un peu la tronche, on a toujours le droit à un bonjour et à un merci. Et c'est souvent plus verbeux avec régulièrement quelques courbettes. Toujours dans le rapport client/caissière, il n'y a pas de caisses à tapis roulant : on pose ses produits et la caissière les fait passer de l'autre côté. Il y a des sacs en plastique tout le temps et partout, même quand on achète un petit produit. Dans les (pseudo-)grandes surfaces la caissière donne quelques sacs plastique au client qui va ranger ses produits (enfin ceux que la caissière n'a pas déjà rangés) un peu plus loin après avoir payé.
Quand on achète, il faut faire attention aux taxes. Parfois les prix sont TTC, parfois non, auquel cas il faut ajouter 5% (ce qui fait notamment que les 100 yens shops sont en réalité des 105 yens shops).
Du fait de la présence de très nombreux kombini (ces petits magasins ouverts 24h/24, 7j/7 qui proposent un peu de tout), il n'y a pas de vraie grandes surfaces comme on les conçoit en France. De manière générale, les magasins ferment tard (22h contre 20h en France). Par contre, quand on arrive trop tard n'est pas sûr qu'il y ait encore un bentô pour le repas du soir.
Cette organisation différente doit sûrement jouer dans le fait que (du moins là où je suis allé), je n'ai jamais vu de queue avec plus de 3 personnes ni attendu plus de 2 minutes pour passer. Les gens achètent généralement par petits lots et il n'y a pas d'heure de pointe comme en France. Cela doit aussi pouvoir s'expliquer par le fait que les dates de péremption (affichées, en pratique on peut déborder) sont souvent (beaucoup) plus courtes : les bentôs sont à consommés le jour même (et vendu à -20% passé une certaine heure), le pain se conserve rarement plus de 4 jours, ...
Pour en revenir aux formalisme dans les magasins, il y a un truc qui est vrai quasiment dans tous les types de magasins, que ça soit un restaurant, un magasin d'électronique, un magasin de vêtements dans une galerie marchande ou autre : dès que vous croisez le regard d'un membre du personnel vous avez droit à un irasshaimase (un bonjour/bienvenu version magasin). C'est caractéristique quand on se ballade dans une galerie marchande : les vendeurs sont debout à attendre et dès qu'on croise un regard on y a droit ; au début on est limite un peu gêné et puis on s'y fait. Dans les restaurants normaux (du genre de ceux où on va manger le midi, pas les restaurants un peu plus haut de gamme) c'est un automatisme chez le personnel : porte qui s'ouvre => irasshaimase, porte qui se ferme => arigatô gozaimasu. À certains endroits c'est limite s'il n'y a pas une personne à la sortie rien que pour dire au-revoir en saluant.
Et dans les magasins ? c'est comment ? À part quelques grands magasins ou spéciaux dont je commenterai la visite une autre fois, je vais exclusivement au Yamada Denki qui est pas loin, un complexe sur plusieurs étage où on peut trouver un peu de tout.
Au rez-de-chaussée c'est la partie plutôt électronique, avec jeux-vidéos (avec des titres qu'on ne verra jamais chez nous, et bien moins chers), DVD, TV, etc. Pour l'ami Jean-Loup ils vendent même des répliques d'armes (type d'airsoft je suppose), et y'a du choix. Juste à côté des consoles de jeu ça fait bizarre quand même. (Je prendrai des photos un de ces quatre si j'ai l'occasion.)
Au sous-sol ce sont plus des consommables et pour la vie de tous les jours. C'est amusant parce qu'il n'y a pas vraiment de limite entre le magasin et l'extérieur. Il serait vraiment facile de sortir sans payer le panier sous le bras (parfois on se retrouve même dans le magasin d'à côté sans le vouloir). Et il y a notamment Hallo Day, supermarché (essentiellement) alimentaire. C'est là que je me prends de quoi manger le matin et le soir. Si on oublie le radio-cassette à moitié planqué derrière un panneau de prix et qui joue une tyrolienne en japonais au dessus des fromages, ils passent de la musique, japonaise évidemment, récente ou ancienne, remixée ou originale... il m'est déjà arrivé de reconnaître des trucs (si si !). Mais le top du top (ou pas), la chanson qui passe le plus souvent (avec le volume plus fort) et qui tranche avec le reste, c'est la chanson thème d'Hallo Day. En gros ça dit que faire ses courses à Hallo Day c'est trop bien, y aller en famille c'est trop bien, ça apporte le sourire, etc.
Elle est loin la France...
mardi 15 avril 2008
Bienvenue à l'ISIT
Ce soir été organisé une petite soirée au restaurant pour fêter la bienvenue aux deux Enseirbiens arrivés depuis peu à l'ISIT.
L'ISIT est un laboratoire privé, financé par des fonds privés mais aussi par la mairie de Fukuoka il me semble, et qui travaille dans le domaine de l'informatique. Dans le cadre de mon stage j'ai à travailler sur un processeur avec une mémoire (type FPGA) reconfigurable dynamiquement. Pour ceux qui voudraient de plus amples informations, vous pouvez me demander ça en privé (ou relouter Martoni qui a pris les devant).
Avant de parler de la soirée, histoire de remplir un peu, j'en profite pour vous parler un peu de l'ISIT d'un point de vue purement social. Je ne vous parlerai pas de la difficulté à comprendre un Windows tellement tout en japonais qu'on dirait du chinois, ou de la familiarisation avec le clavier japonais avec sa barre d'espace très réduite, son QWERTY avec les caractères spéciaux (parfois très mal placés) pas au même endroit que l'US (~goudal aurait pris le clavier Sun que j'ai vu, avec les touches Ctrl et Caps Lock inversées), etc. ... Ah bah si en fait je viens de le faire, tant pis.
La journée de travail normale débute à 9h00 et se termine à 17h45 avec une heure de pause le midi, soit 38h45 par semaine. Vu que je suis payé à l'heure, j'ai la possibilité de faire des heures en plus (ou en moins) et d'être payé (ou pas) en conséquence. Je travaille en collaboration avec les deux autres français qui sont à l'ISIT donc pour la communication (et l'ambiance) ça aide. Le déjeuner se fait au restaurant, avec en général un ou deux collègues japonais.
Les locaux sont situés au 7e 6e étage d'un immeuble de bureau (les Japonais comptent le rez-de-chaussée comme premier étage). On a droit à des ascenseurs vocaux (comme beaucoup de choses au Japon), polis (évidemment) qui nous gratifient de la porte s'ouvre, la porte se ferme, 7階でございます.
Avril étant le début de l'année fiscale au Japon il y a eu changements dans l'équipe : départs et arrivés de plusieurs personnes. À chaque fois, tout le monde se réunit dans l'open-space (un coin réunion où y'a assez de place) pas au garde-à-vous mais presque. On a alors droit à un discours (plus ou moins long) de la personne concernée et également du plus haut placé présent (avec des morceaux d'humour dedans, n'allez pas non plus croire que c'est ultra-coincé). Le tout est accompagné de courbettes à plusieurs reprises, d'applaudissements à la fin, et agrémenté de ありがとうございます (merci beaucoup) et よろしくお願いします (qui signifie plus ou moins : je m'en remets à vous).
Quand une personne revient d'un voyage, il est d'usage qu'elle rapporte des omiage (お見上げ, le お étant une marque de politesse). De manière générale c'est un souvenir (de voyage), dans le cas précis c'est un gâteau local ou autre sucrerie. La personne fait la tournée des popotes et chacun a droit au sien. (Il y a même des magasins spéciaux omiage, histoire de pouvoir prendre un truc, même pris à l'arrache.)
Revenons à la soirée : le rendez-vous était donné à 19h dans un restaurant de Tenjin (天神). Tenjin c'est le centre de Fukuoka, je n'en ai pas encore parlé mais ça viendra (j'ai encore plein de choses à dire en réserve). Étaient présents les 4 français de l'ISIT (dont les 2 stagiaires de l'ENSEIRB), un Brésilien (un vrai, mais qui est là depuis quelques temps et se débrouille très bien en japonais) et 5 Japonais. La soirée n'était pas un vrai repas classique mais un nomikai (飲み会, 飲み = boire, 会 = réunion), quelque chose de fréquent au Japon, surtout entre collègues.
Ça peut dépendre des établissements et de ce qu'on demande, mais quelques plats défilent accompagnés de boissons (alcoolisées de préférence). Suivant les cas l'alcool ou la nourriture peut être à volonté pendant la durée du repas (là c'était 2 heures).
Les Japonais tiennent mal l'alcool, très mal pour certains, mais paradoxalement (ou pas) ils aiment bien se pinter et il n'est pas rare de voir des hommes en costard cravate tituber (ou l'étape d'après) dans les rues en ville passée une certaine heure. Je sens déjà l'inquiétude monter chez certaines personnes alors rassurons-les tout de suite : il ne s'agit pas forcément d'une beuverie (c'est pas un OB à l'Enseirb), et il y a toujours moyen de ne pas boire alcoolisé si on ne veut pas.
Niveau nourriture, c'était pas très fourni ce soir là. Tout d'abord, quelques sashimis en entrée : différents crustacés (calamar, pieuvre, ...) que l'on trempe dans de la sauce soja. Avec ça, un petit truc bizarre que je ne saurais décrire : un genre de sauce avec quelques trucs à picorer dedans, et du foie (d'après ce que j'ai compris, mais du foie de quoi...). Ensuite il y a eu des trucs plus européens et plus classiques, à chaque fois en petites portions (servies dans un plat commun) : salade, viande, pizza, karage (poulet frit), ... Rien de bien exceptionnel.
Côté boisson alcool, ce fut l'occasion de goûter quelques alcools japonais. Il y en a des plus ou moins fort, de plus ou moins bons. Il convient de ne pas mélanger le sake (酒), alcool à base de riz, avec les autres alcools japonais (qui utilisent toutefois le même kanji). Voici ce que j'ai eu l'occasion de goûter :
- l'alcool de prune est plutôt léger et sucré, pas mauvais du tout ;
- le shôchû (焼酎) qui peut être de riz, de blé, de soja ou de patate douce, fort pour un alcool japonais mais pas si fort dans l'absolu.
- le nihonshu (日本酒, littéralement alcool japonais), servi chaud dans des petits tasses en céramiques (hauteur d'environ 5cm, diamètre d'environ 3cm), il est moins fort que le shôchû et pas désagréable à boire.
Après le repas, quelques collègues restent en ville pour aller (re)boire un coup, voire plus...
lundi 14 avril 2008
Ôhorikôen
En début d'après-midi nous sommes partis à 4, deux Enseirbiens et deux habitués de la résidence (un Japonais et un Coréen), en direction de Ôhorikôen (大濠公園, 大 = grand, 濠 = douve, 公園 = parc). En approchant de la gare nous sommes tombés tout à fait par hasard sur un cortège de moines du temple voisin. L'occasion de prendre quelques photos, malgré les voitures qui ne rendaient pas la tâche facile.
Le parc est situé approximativement au centre de Fukuoka et s'étale sur une grande surface. À l'ouest : un château et ses enceintes successives ainsi que les ruines d'un château plus ancien. À l'est : un grand lac (2km de périmètre). Ce n'était pas une visite à proprement parler mais plutôt une grande promenade. Nous avons eu quelques vagues explications historiques du Japonais qui nous accompagnait mais c'est tout. Ne vous attendez donc pas à des décors très variés et des découvertes extraordinaires. Par contre j'ai pris des photos (plus ou moins réussies).
En entrant, on tombe sur des grandes étendues de gazon où se déroulent et se sont déroulés (comme le témoignent les ordures qui s'accumulent près des poubelles) des hanami. Un hanami (花見) est un événement traditionnel japonais. Le nom est formé de hana (花, fleur) et mi (見, voir), la traduction en découle directement. En pratique c'est un pique-nique (bien arrosé pour certains) sous les cerisiers en fleurs. Il y en avait un de prévu à la résidence, mais la météo et des problèmes organisationnels ont fait qu'il n'a finalement pas eu lieu.
Sur la photo ci-dessous, un petit hanami, avec juste quatre personnes. De nombreux pétales tapissent déjà le sol. On avait peur que la période soit déjà terminée, mais les craintes ont vite été dissipées. En tout cas c'est très joli à voir.
Après avoir mangé quelques takoyaki, des boulettes de pâte (normale, à base de farine) fourrées à la pieuvre (tako) et encore et toujours yaki (frites, pour ceux qui auraient besoin d'un rappel), commence l'escalade pour arriver jusqu'en haut de la colline d'où le château surplombe les alentours. Ledit château est entouré d'enceintes successives formant un pseudo-labyrinthe pour obliger l'ennemi à faire du chemin (comme pour le TD à War3). Et encore et toujours des cerisiers en fleurs. Les pétales sont roses et/ou blancs, plus ou moins selon les cas. Quand il y a du vent (ou que quelqu'un s'amuse à secouer une branche, c'est plus efficace) les parfaits pétales de cerisiers* s'envolent : ça fait très cliché, mais ça existe vraiment (mais pas aussi dense que dans l'imaginaire de certaines fictions japonaises).
Une fois en haut, on a une vue sur toute la ville et sur une grande partie du parc. Les cerisiers en fleurs se distinguent très nettement des autres arbres. La visite de la cour intérieure du château se terminant tôt, nous n'avons pas pu y entrer. Et de l'extérieur il n'y a pas grand chose à voir. Étape suivante : le lac.
Le jardin japonais qu'on aurait pu aller voir ferme aussi ses portes tôt. Nous avons donc juste fait un demi tour de lac avant de le traverser : quelques îles et ponts permettent de le franchir par le milieu. Quelques étudiant(es) en uniforme rentrent de l'université toute proche, un naginata ; le moins qu'on puisse dire c'est que pour bosser le cadre est sympa. Dans le lac on peut voir quelques poissons vicieux : ils se postent à la limite (extérieure) de la zone où il est permis de pêcher ; ainsi que des tortues. Au centre il y a même des faucons à qui des enfants jettent du pain : c'est quand même plus classe que les pigeons et corbeaux (qui sont là aussi). Autour on peut aussi voir quelques petits piliers avec des comptines et mimes associés pour les enfants, ça fait très japonais.
Fin de la promenade, après avoir bien marché et sans avoir de pluie.
vendredi 11 avril 2008
いただきます
La nourriture au Japon est sensiblement différente de ce qui se fait en France et plus généralement en Europe et ceci à plusieurs niveaux : déroulement du repas, organisation de la table, ingrédients, ... Premier tour d'horizon de la cuisine japonaise avant d'aborder les plats plus en détail.
Remarque : prendre des photos en plein restaurant n'étant pas forcément bien vu, je n'ai pas encore eu l'occasion de prendre des photos de repas, heureusement il y a ce qu'il faut sur le net.
Contrairement à la France où aller au restaurant coûte assez cher, au Japon il est très courant d'y aller, notamment pendant la pause quand on travaille. On en trouve un bon nombre et ils ne sont jamais vides (le midi ils sont même souvent pleins). Les prix tournent en général autour de 700 yens (4,5 €). Le soir, pour l'instant c'est surtout des plats préparés type bentô dont j'ai parlé hier. Le problème des bentôs c'est qu'ils sont fait pour être consommés le jour mais et ne se conservent pas donc longtemps. Quand c'est vraiment la dèche il y a les cup noodles ou équivalents, des nouilles instantanées pas chères mais qui ne remplissent pas trop l'estomac. Eh oui, au Japon aussi le plat du pauvre de l'étudiant ce sont des pâtes.
En France le repas est divisé en trois phases : entrée, plat principal et dessert, avec dans la plupart des cas un plat unique dans son assiette. Le repas japonais fonctionne différemment, un peu à la manière d'un plateau repas : on a devant soi tout une série d'éléments et on pioche dedans dans l'ordre qu'on veut jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien. Le contenu dépend bien évidemment du repas, mais certains éléments reviennent souvent.
- La soupe miso : servie chaude dans un petit bol, on y a toujours droit. Elle est essentiellement composée d'algues, d'herbes et de soja qui trempent dans une sauce opaque. On y va un peu au feeling avec ses baguettes pour y pêcher quelque chose avant de la boire.
- Les trucs frits (frit se dit yaki) : les Japonais en sont très friands (hum, pardon). Tamagoyaki (sorte de rondelles d'omelette enroulée sur elle-même, pas mauvais du tout), yakisoba (les soba sont un type de nouilles), karage (poulet frit), etc. Beaucoup de repas en contiennent.
- Le riz, bien sûr. Servi dans un bol qui sert aussi à retenir ce qui pourrait tomber (quand les bouchées sont trop grosses). C'est dur riz rond (et non long, comme en France), toujours collant (sinon avec des baguettes c'est même pas la peine).
- Du choux, des mélanges de légumes : le choux est mangé cru et remplace en quelque sorte la salade, les légumes accompagnent le poisson ou la viande. Il y a aussi régulièrement des légumes en lamelles, finement découpés et qui se picorent. (Pas vu de courgettes pour l'instant, juste des aubergines.)
- Du daicon : la première fois que j'en ai goûté c'était dans l'avion et c'était pas fameux, ce n'est qu'après que j'ai appris ce qu'étaient ces rondelles jaunes et croquantes. Ceux qui sont sur place sont meilleurs mais c'est pas exceptionnel. Le daicon est un gros radis blanc et on a souvent droit à quelques tranches.
- Des nouilles, de plein de types différents : soba, nouilles de soja (elles sont translucides, c'est rigolo), spaghettis comme chez nous (il paraît que c'est plutôt un plat de filles là-bas), udon (des grosses pâtes), pâtes à ramen, plus d'autres sûrement.
- De la sauce à base de soja (y'a beaucoup de soja au Japon) : il y en a toujours un pot sur la table, pour assaisonner son chou, son tofu (il paraît que dans le riz, ça ne se fait pas).
Pour ce qui est des fruits, il faut aller faire ses courses soi-même. Certains fruits (bananes, ananas) sont tout à fait corrects, autant au niveau du goût que du prix, d'autres comme les tomates ont une tête bizarre et sont beaucoup plus cher quand France. On trouve également du thé (en bouteille également) et pas mal de produits/arômes bizarres/étranges, mais ça sera pour une autre fois.
Comme vous le savez, au Japon on utilise des baguettes, ou hashi (はし). On utilise tout de même des cuillères pour certains plats japonais (comme le riz au curry) ou produits européens (le yahourt à la baguette c'est pas super). Les baguettes japonaises sont courtes (contrairement aux baguettes chinoises) et en bois (les baguettes coréennes sont en métal, c'est lourd...). La nourriture est adaptée à l'utilisation des hashi mais parfois c'est tout de même dur, par exemple pour découper le poisson (il résiste) ou le tofu (tout mou, il se dépiaute complètement, pour réussir à choper les morceaux après...).
Quand les morceaux sont trop gros (une grosse bouchée de poulet par exemple), on croque un bout et/ou on laisse tomber le reste dans son bol de riz.
Les Japonais n'ont pas du tout la même notion de propreté quand il s'agit de manger. Manger bruyamment c'est le signe qu'on trouve ça bon et peut être vu comme un compliment à la personne qui a préparé le plat. Quand on mange des ramens, on aspire les pâtes bruyament, c'est la bonne manière de faire. Il n'est pas rare non plus de voir des Japonais la bouche collée au coin de leur plateau et y ratissant les dernières bouchées de leur repas.
Et tout ça, c'est beau ? c'est bon ? c'est bof ? C'est nippon ni mauvais ?
N'étant ni gastronome ni très exigeant (je ne trouve pas le RU mauvais, c'est pour dire), je ne saurais donner d'avis valable. Dans l'ensemble je trouve ça bon. Les bentôs sont pas mauvais dans l'ensemble, même chose pour les restaurants. Les repas sont variés et j'aime bien le concept du repas à choix multiples où on choisit ce que va être la bouchée suivante au gré des envies.
ごちそうさま
いただきます (itadakimasu) est une formule de début de repas, l'équivalent de bon appétit.
ごちそうさま (gochisôsama) est une formule prononcée quand on a fini son repas, pour remercier.















