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dimanche 31 août 2008

Retour en France... et retour au Japon ?

Ça y est, le stage s'est terminé vendredi, dernier jour de boulot. Enfin boulot... c'était assez tranquille et surtout destiné à du rangement, rapatrier les données utiles sur les serveurs de l'ENSEIRB pour pouvoir les récupérer, etc. Les démarches diverses sont bouclées (interrompre sa ligne au Japon c'est bien plus pratique qu'en France : une courte discussion quelques jours à l'avance et c'est réglé). Le sac a été rempli et tout rentre (c'était pas gagné !).Je prends l'avion demain matin (10h30), atterrissage à Charles de Gaulle à 18h20.

Jeudi, il y a eu une soirée d'adieu au restaurant, dans un yakiniku (焼肉, lit. viande grillée). En gros c'est comme un barbecue, mais en intérieur et le matos pour griller étant posé sur la table, il est plus petit. C'était bien sympathique et on a bien mangé et bien discuté : vous saviez qu'au Japon (à part pour les sumos) avoir un tour de taille supérieur à 85cm pour les hommes, 90 pour les femmes était illégal ? Le lendemain, dernier jour de travail oblige, on fait un (court) blabla d'adieu devant le personnel (en japonais s'il vous plaît). Le soir il y avait un genre de meeting organisé par l'ISIT avec des invités venus de je ne sais où. Sur la fin, on est descendu à plusieurs, histoire de profiter des sushis gratos et de discuter avec les employés du pôle administratif (ou comment apprendre qu'une des secrétaires est une gameuse).

Vu que c'est le dernier article (que j'écris vraiment comme ça vient, d'une traite), il va falloir que je parle des trucs biens et moins biens, des regrets, etc. Bon alors déjà je ne regrette pas du tout, je me suis bien amusé et j'ai découvert plein de trucs (oui, ça fait bateau mais c'est vrai). Je regrette un peu de ne pas avoir beaucoup eu l'occasion de pratiquer mon japonais, faute d'avoir été beaucoup en relation avec des Japonais. Ceci dit, mon niveau dans la langue a tout de même bien progressé je pense. D'ailleurs, à force de ne parler français qu'avec les trois mêmes personnes, j'ai perdu certaines habitudes (par exemple ça m'a fait bizarre de vouvoyer un prof de l'ENSEIRB en visite). Et à force de parler et d'entendre du japonais, j'en ai pris d'autres (faire des eeeeh ?, des etoooo, maaaa et autres : les Japonais ont tendances exprimer leur pensée immédiate par des sons), sans parler des courbettes.
Il y a une foultitude de petites différences entre le Japon et la France, surtout liées au mode de vie que j'ai sur place. De retour en France il va falloir abandonner les baguettes et reprendre fourchette et couteau. Plus de riz tous les jours, place au trio entrée/plat principal/dessert. Plus de repas pas cher au restaurant (pas de vaisselle à faire, le pied). Finis les feux rouges interminables et il va falloir se remettre à ne pas traverser que quand le feu est vert (histoire de ne pas passer pour quelqu'un de bizarre). Mes parties régulières de Pop'n Music et de DrumMania vont me manquer. En retrouvant la morosité et le caractère désagréable des Parisiens Français je vais regretter le sourire et la sympathie qu'on a au Japon ; et puis la mode japonaise c'est tout de même plus amusant à voir. Je vais à nouveau comprendre tout ce qui est écrit et affiché dans la rue (y compris la pub...).
Hum... on va s'arrêter là.

Une fois rentré il va tout de même falloir finir le rapport de stage, faire la soutenance qui va avec, et après... Alors justement pour après, bien que rien ne soit encore décidé, il n'est pas impossible que je reparte là-bas (toujours à l'ISIT), pour 6 mois ou plus. Il y a encore des histoires de 希望 (kibô, espoir), de 条件 (jôken, conditions) et de budget... Ce blog ne s'arrêtera donc peut-être pas avec ce article.

mardi 19 août 2008

Des nouvelles en vrac

Ça fait longtemps que je n'ai rien posté : occupations autres, pas de sujet, manque d'inspiration, lassitude, flemme... Pour rattraper un peu le retour, voici un bref résumé, pas trop chargé en notes culturelles.


Le premier jour du mois (oui, ça remonte à loin) il y a eu un grand feu d'artifice à Ôhorikôen, sponsorisé par des grosses boîtes. Le soleil se couchant relativement tôt, il peut avoir lieu en début de soirée (19h30 environ) et durait pas mal de temps (1h30-2h). Les feux d'artifice (花火, hanabi de 花=fleur et 火=feu) ne m'intéressent/emballent/passionnent pas vraiment, surtout que quand on est seul c'est moins fun. J'arrête de faire le mec blasé pour parler des trucs sympa. Comme d'habitude quand y a une fête on a droit à la ribambelle de stands vendant de quoi se sustenter, les quelques jeux classiques des matsuri, etc. Et cette fois-ci, été oblige, on enfile son yukata. Les yukata sont des kimono d'été, plus légers et moins contraignants que les kimono classiques, et très colorés pour ceux féminins. On ne le met pas tous les jours, mais quand y a un événement, on en profite (surtout les filles, pour les garçons c'est plus rare). Il y avait du monde mais c'était amusant de se balader et de voir toutes ces couleurs, surtout que c'est joli un yukata bien porté.


Dimanche 3 août on est parti en visite de Yanagawa, une ville à 45 minutes de Fukuoka réputée pour sa rivière qu'on peut descendre en barque, ses unagi (anguilles) et ses quelques onsen (sources chaudes naturelles). Mon appareil photo et son indicateur moisi de batteries qui se vident en un rien de temps m'ayant lâchement laissé en plan, je n'ai pas de photo, mais je devrai pouvoir en récupérer d'ici peu... On a commencé par la descente en barque, l'occasion de traverser la ville calmement. Il n'y a rien de particulièrement notable à voir lors de cette balade. Le guide donne quelques explications auxquelles je ne capte évidemment rien. J'ai juste retenu qu'il finissait toutes ses phrases par un ne (les japonisants comprendront).

Pour le repas du midi, Yanagawa oblige, c'est unagi. Pour ceux qui se demanderaient ce que ça peut donner, c'est vraiment pas mauvais du tout, très fondant malgré quelques fines arêtes qui ne se sentent pas. L'unagi étant un poisson cher, il était servi en relativement petites quantités, à ne pas avaler en une bouchée si on veut en profiter et ne pas se retrouver en deux secondes avec plus que le riz.
Le dernier truc notable, c'était la source chaude publique dans laquelle on pouvait s'y tremper les pieds librement avec les quelques personnes du coin qui étaient là. C'est agréable et bien détendant.


Le vendredi 8 août avait lieu le nomikai bi-annuel de l'ISIT, avec près de 30 personnes. Pour rappel, un nomikai c'est littéralement une réunion pour boire et en pratique une soirée resto avec les collègues. La réservation avait été faite dans un restaurant chinois de Tenjin, avec tables tournantes (paraît que c'est traditionnel) mais basses. Si y'a bien un truc que je hais ce de devoir me mettre en tailleur pour manger. Parce qu'avec mes jambes trop longues aussi souples que des spaghettis crus... j'ai du mal (et mal aussi). Pour la petite histoire, ça m'a déjà valu quelques mésaventures.
Après avoir payé leur place, les convives tirent un numéro au hasard pour savoir où ils seront placés. Chose amusante, et courante au Japon semble-t-il, le tarif était échelonné en fonction du niveau hiérarchique, avec un rapport du simple au double entre les big boss et les employés normaux en bas de l'échelle. Comme il n'y avait pas de numéro 42, j'ai fait simple en piochant le 1, qui m'a fait me retrouver avec pas mal des big boss en question. Mais bon, en pratique on pouvait changer de place pour aller bavarder avec la tablée d'à côté et plus marrante.

Le repas n'était pas mauvais du tout et souvent bien épicé, l'occasion de tester quelques saveurs (ça fait classe dit comme ça). On se sert un peu comme on veut du plat en cours et on mange dans sa petite assiette avec ses baguettes. D'ailleurs pour ça des baguettes c'est bien pratique : moins encombrant et plus facilement dans des positions tordues. Comme il se doit, c'était nomihoudai (boisson à volonté). Le service assuré par les serveuses en kimono était impeccable (vidage de table efficace, anticipation des besoins en boisson, ...). Les nomikai c'est aussi l'occasion de parler japonais. J'ai été agréablement surpris de constater qu'avec mon vocabulaire plutôt pauvre et mes maigres connaissances de grammaire (beaucoup de phrases toutes faites) j'avais de quoi assurer une discussion, même simple. Il faut dire aussi que ce sont souvent les mêmes trucs qui reviennent... Mais c'est plus sympa quand on peut rigoler avec les autres et participer. Les Japonais se sont dit impressionnés par non niveau de japonais, mais il faut savoir qu'ils dotés d'une très forte tendance à l'exagération quand il s'agit du dire du bien de quelque chose.
Ce fut une soirée bien sympathique.


En fin de semaine dernière, c'était Obon (お盆), la fête des morts au Japon, souvent férié. Beaucoup de personnes en profitent pour se réunir en famille. Chez nous c'était pas férié mais ça n'a pas empêché les employés de prendre des vacances. Résultat, y avait pratiquement personne dans les bureaux, tout le monde ayant pris des congés pour aller rejoindre sa famille ; enfin sauf notre collègue otaku qui lui est parti comme il se doit au Comiket.
Obon marque aussi la fin des vacances d'été. Lundi les cours ont repris, les transports en communs se sont reremplis, les élèves en uniformes sont revenus en masse. En parlant de congés, j'ai appris tardivement que j'avais quelques jours de vacances à déposer... ça aurait bien qu'on nous communique plus de deux semaines et demi avant notre départ.


Moins de deux semaines avant mon retour en France. Un week-end à Kumamoto de prévu (cool), un rapport de stage à finir (pas cool)... Ça se termine.

mercredi 16 juillet 2008

Le festival Yamakasa

Après le Dontaku d'il y a deux mois, la ville de Fukuoka a organisé comme chaque année un autre festival : le Yamakasa (山笠, aussi orthographié Yamagasa) de Hakata Gion (oui c'est encore le quartier d'Hakata qui s'y colle). L'événement s'étend sur deux semaines (du 1er au 15 juillet), les premiers jours étant surtout destinés aux préparatifs.

La première chose qu'on remarque, ce sont les grandes statues éparpillées dans Fukuoka, à Hakata et dans quelques coins très fréquentés comme Tenjin. Un plan est était disponible pour ceux qui voudraient toutes les voir (il y en a environ une douzaine). Comme on peut le voir sur la photo, c'est grand, très grand ; il y a deux côtés à voir à chaque fois, et c'est toujours à peu près le même genre de décoration : un amoncellement de créatures très colorées (surtout dorées en fait). Les emplacements de ces statues marquent les étapes des courses, le vrai événement du Yamakasa.



Comme pour le Dontaku, le Yamakasa réunit un nombre important de personnes dans les rues, aussi bien spectateurs qu'acteurs. Les participants sont là pour faire la course. Des haies sont installées sur la route et les Japonais équipées des chaussures de sport dernier cri se... ouais non, en fait c'est très différent : ils sont en équipes (des groupes de 50 personnes minimum) et doivent trimballer sur leurs épaules une charge qui pèse... très lourd (il ont l'air de souffrir).
Des petites courses s'étalent sur toute la durée du festival. Une grande répétition a eu lieu samedi à 4h de l'après-midi, permettant à chacun d'y assister en famille. Le parcours est un peu plus court que celui de la vraie course, celle qui s'est déroulée mardi (dernier jour du festival) également à 4h... mais du matin cette fois-ci (les participants sont motivés !).
Je suis juste allé à la course de samedi (avec le deuxième stagiaire, un japonais et deux coréens) mais pas à celle de mardi (j'étais pas en forme, sinon j'y serais peut-être allé... ou pas). N'étant pas allé aux deux, je ne peux pas vous donner les différences, mais à celle de samedi il n'y avait pas trop de monde (il faisait juste chaud).
Sur la photo ci-dessous, une partie d'un groupe, actuellement ils ne courent même pas mais y'en a au moins qui portent des trucs. Des explications sur leur tenue un peu plus loin...



Lors de la course, les équipes se succèdent tour à tour : les Japonais ont beau être dangereux sur les routes, ils ne vont pas faire du coude à coude sur une rue de quelques mètres de larges avec des trucs énormes sur les épaules. En fait, dans chaque groupe, il y a ceux qui triment et qui se farcissent le machin à porter, ceux qui sont sur le machin en question et qui encouragent vivement, et les autres qui gambadent autour. Comme pour le Dontaku : le principal c'est de descendre dans la rue. Les femmes ne participent pas (faut dire, c'est très select, tenue incorrecte exigée), toutefois les filles en bas âge sont acceptées (ça n'est pas réservé aux adultes).
Tous les participants portent un vêtement particulier constitué d'une veste courte nouée sur le devant, d'un pagne traditionnel et de sandales+chaussettes. La veste arbore souvent un signe caractéristique du groupe, comme le nom et numéro de quartier.
Ils sont en plus équipés d'un bout de corde pour les aider à porter leur lourde charge (même ceux qui ne portent rien du tout). Une autre tradition est d'encourager les porteurs en criant un truc genre de ho-hisse mais pour courir (l'explication est minable, je sais). Le dernier truc c'est de balancer de l'eau sur les porteurs ; des gros récipients (bleus vif, pour pas qu'on puisse les rater) sont disposés aux points clé du parcours pour que les participants équipés de seaux (plus petits, mais de même couleur) puissent se réapprovisionner en eau afin d'asperger leurs copains.
En général une bonne partie du groupe arrive un avance pour défiler un peu et attendre ceux qui suivent, puis le gros arrive avec la statue en courant, et suivi par les derniers ; certains tricheurs participants fatigués n'hésitent pas à couper pour se placer en avance sur un point plus avancé du parcours.

Pour finir et compenser l'absence de liens de cet article (pas inspiré...) et parce qu'une photo c'est trop figé, voici une vidéo du passage d'un convoi, for your eyes only (ben oui, y'a pas de son).
La vidéo (6,24 Mo)


C'était une journée sympathique, malgré la chaleur. J'ai trouvé ça moins spectaculaire que le Dontaku (plus répétitif aussi), mais ça vaut le coup d'œil. Ceci dit, l'ambiance à 4h du mat' doit être bien différente, avec le soleil qui doit tout juste commencer à pointer son nez.

dimanche 8 juin 2008

2008年6月7日(土)

Au programme : un mélange des divers petits trucs qui ont eu lieu hier, samedi 7 juin 2008. Rien de sensationnel, assez pour écrire deux trois trucs.

Le premier événement dont je n'ai pris connaissance que quand il a commencé, à savoir le matin aux alentours de 9h, c'était qu'il y avait une fête dans le lycée voisin à la résidence. D'habitude il y a toujours du bruit (entraînements sur le terrain de sport, répétition de l'orchestre, ...) mais cette fois-ci c'était pas pareil. Pas le même genre de bruit, l'entrée avait été rapidement décorée et il y avait un bon nombre d'élèves et d'extérieurs. Il s'agissait à coup sûr du gakuensai (学園祭, festival scolaire) (annuel) de l'établissement.
Parmi le public : de la famille (enfin je suppose) mais aussi des élèves d'autres établissements (pas le même uniforme). Ça faisait plus de monde que d'habitude dans les petites rues voisines de Kashii. L'événement s'est arrêté assez tôt (ça a l'air d'être une habitude au Japon) puisqu'à 16h l'accès était fermé et les élèves commençaient à ranger. C'était animé mais pas tant que ça. J'ai une vue sur une facade du bâtiment et on ne voyait rien de bien spécial dans les salles. Voici une photo de l'entrée (prise incognito depuis une terrasse de la résidence...), on constate qu'il n'y a rien à voir.



Le deuxième événement c'était un matsuri (祭り, festival/fête) au sanctuaire de Kashii. J'avais eu l'information je ne sais plus où, je ne sais plus quand. Je passe donc pour jeter un œil dans la matinée. En réalité il n'y avait pas grand chose. Quelques stands avec de quoi manger ou boire, un avec des ballons surprise et une scène où se succédaient divers artistes, le tout agrémenté de quelques lampions... c'était vraiment petit.L'ensemble était installé dans le petit parc entre l'entrée du temple proprement dit et la route. Aucun événement dans le temple proprement dit, on en fait très vite le tour.
Le festival se déroulant sur deux jours (samedi et dimanche) j'y suis retourné aujourd'hui mais il n'y avait pas plus de choses. Il y avait un stand où ils préparait du chikara-machin (je ne connaissais pas le deuxième kanji, mais chikara signifie force/pouvoir). C'était de la pâte de riz qui était écrasée et malaxée en direct. C'était servi avec une sauce (dont je ne suis pas très fan), ça donnait un truc très quelconque.

Le truc qui pouvait faire qu'on reste un peu était la scène, très similaire à ce qu'on pouvait voir au dontaku, avec des pauses assez longues donc je ne suis pas resté très longtemps. J'ai eu l'occasion de voir l'orchestre d'une école. La photo est prise de biais pour qu'on puisse voir tous les participants, y compris l'élève à la batterie et une partie des pom-pom girls pseudo-danseuses au dynamisme faiblard. On notera tout de même deux choses : premièrement la très forte majorité de filles (plus de 90%) et l'uniforme du type pour lequel je n'avais pas de photo dans le précédent article
J'en profite pour signaler que ledit article qui comportait un nombre de erreurs/lapsus/oublis importants (état de fatigue avancé) qui le rendaient partiellement illisible a subi une phase de strification. Si ça se reproduit, je vous rappelle que j'accepte les mails d'insulte et que je suis ouvert à toute remarque ou rapport d'erreur.




Le deuxième truc que j'ai eu l'occasion de voir, c'était des danses de femmes en kimono avec accessoires divers. On ne se rend pas bien compte de ce que ça peut donner avec des photos, donc aujourd'hui vous aurez droit à une vidéo d'une vingtaine de secondes de la performance de deux japonaises (avec même un lancer d'éventail). Ça ne sont pas des groupes professionels donc ça reste simple et parfois un peu bancal.
Pour le son, imaginez de l'enka (演歌)... Sur Youtube on a du mal à trouver des morceaux d'enka normal de qualité correcte, et en cherchant dans la langue c'est pas mieux puisqu'on tombe sur de l'enka chanté par un Noir américain au look de rappeur qui cartonne au Japon ou de la J-Pop remixée soit-disant version enka pour un jeu-vidéo qui cartonne aussi au Japon. Heureusement, il y a tout de même un ou deux trucs décents.

Vidéo de la danse (5,85 Mo)


Pour la soirée, on avait prévu d'aller à Tenjin manger des sushis. Avant de commencer, quelques informations d'ordre général... Un sushi (寿司 ou 鮨 ou 鮓) est un plat à base de riz accompagné (en général) de poisson cru et trempé dans de la sauce soja avant d'être dégusté. N'allez pas demander à un Japonais que dans son pays on mange des sushis tous les jours ou même souvent. On vous a déjà demandé si en France on mangeait tous les jours ou même souvent avec plusieurs séries de fourchettes, couteaux et cuillères ? Moi oui. Bah c'est la même chose pour eux avec les sushis. Il s'agit d'un plat de luxe et dans les restaurants proposant du poisson de grande qualité, les prix peuvent dépasser les 1500 yens (10 €) l'unité.

Heureusement, tous les restaurants qui proposent des sushis ne sont pas aussi hors de prix. Pour les bourses modestes il y a les kaitenzushi (回転寿司) : des assiettes avec des sushis défilent sur un tapis roulant et on pioche une assiette qui nous intéresse. (Je vous laisse faire une recherche) pour des photos.) Le prix d'une assiette dépend de son motif et de sa couleur. S'il n'y a pas ce qu'on veut qui passe (notamment pour les sushis chers) on peut aussi demander au cuisinier qui se tient au centre du du tapis roulant. Pour aller avec ça, on a aussi droit à du thé, naturellement. Avec ses baguettes, on trempe les sushis dans la sauce soja, en essayant que le riz reste avec le poisson (ce qui n'est pas toujours facile). Dans les restaurants plus chics on mange avec ses doigts (ce qui est plus simple pour tremper le bon côté du sushi).

C'était la première fois que je goûtais des sushis, et globalement je trouve ça bon. Je précise globalement parce qu'il en existe pas mal de types, plus ou moins bon. Les sushis ne sont pas toujours fait avec du poisson cru : poisson cru, légumes, poisson et légume, sous forme de maki (en rouleau, entouré d'algue séchée ou nori), viande, ... Pour que le riz avec ce qui va avec il y a plusieurs solutions : un ruban de nori, envelopper le riz de manière intelligente ou ajouter du wasabi qui fait office de colle. On est resté sur des assiettes abordables et les plus chères ne sont pas forcément les meilleures. Quelques exemples :

  • maguro : un classique, simple mais efficace ;
  • saumon : pareil, c'est toujours bon (même cru) ;
  • unagi : de l'anguille à ne pas tremper dans la sauce soja, ça fond dans la bouche et c'est vraiment bien ;
  • un truc blanc dont je ne connais pas le nom : c'était dur (pas fondant du tout) du coup j'ai moins aimé (les Japonais préfèrent paraît-il) ;
  • un truc avec des tentacules : y'avait beaucoup de wasabi, ça fait peur à certains Européens mais on ne sent pas les tentacules en fait, et le goût n'a rien de particulier.

Il y avait des clients qui avaient sur leur table une pile immense d'assiettes : de (très) gros mangeurs. Un sushi ça n'a l'air de rien, on a l'impression que y'a rien à manger, c'est petit... mais costaud. À raison de deux sushis par assiettes, avec quatre ou cinq assiettes on a déjà de quoi être bien calé. Ce qui fait que pour moins de 1000 yens (6,50 €) on peut manger des sushis à sa faim.


Pas de phrase de conclusion aujourd'hui. Enfin si, juste celle-là et... euuh... histoire de mettre quelque chose : dans le titre (土) c'est pour dire la date est un samedi.

lundi 2 juin 2008

Du port de la cravate en période estivale et de l'uniforme scolaire dans sa généralité

En ce matin du 2 juin, j'ai reçu un mail (en japonais bien sûr) expliquant qu'à l'ISIT, de juin à septembre inclus, c'était la période du eco style (エコスタイル), avec la règle du no necktie (ノーネクタイ, pas de cravatte). Eco pour économique ou eco pour écologique j'en sais trop rien, l'idée étant qu'il est ridicule de continuer à porter une cravate si c'est pour mettre la clim à fond à cause de la chaleur. Durant cette période, les hommes d'affaire laisse le costume à la maison et passent à des vêtements plus légers.
Il faut dire que l'été au Japon est (très) chaud et (très) lourd, j'aurais l'occasion d'en parler plus en détail une autre fois.

Les dates du 1er juin et du 1er octobre n'ont pas été choisies de manière aléatoire. Elles font en quelque sorte partie de la culture japonaise et correspondent au passage des uniformes/costumes d'hiver (fuyu fuku) à ceux d'été (natsu fuku), et vice-versa. Après recherches, il s'avère que ces deux jours ont même un nom koromogae (衣替え, de 衣 vêtement et 替 changer).
En pratique, ça fait déjà une ou deux semaines que les élèves ont commencé à passer progressivement à l'uniforme d'été (il faut dire qu'il fait plus chaud que la moyenne à Kyûshû). Le changement n'a donc pas été soudain, même s'il semblerait que ça soit l'usage : il peut tout de même y avoir quelques dérogations à la règle, pour diverses raisons.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, les élèves japonais se doivent de porter l'uniforme. Ceci concerne tous les collèges et lycées ainsi que les universités et écoles primaires voire maternelles ou c'est moins systématique. En général, l'uniforme inclut également le survêtement de sport (aux couleurs de l'école), parfois les chaussures ou encore le sac de cours (ce qui fait que les élèves prennent parfois un deuxième sac).
Il est plus que banal de voir des jeunes japonais en uniforme à toute heure de la journée, y compris le week-end et pendant les vacances (j'aurais tendance à dire que ça concerne surtout les filles, mais il faut dire qu'en ville on en croise plus que des garçons). Ça fait vraiment partie du paysage quotidien. Une première raison ce sont les clubs scolaires (sports, arts, mais pas seulement) qui ont lieu (entre autres ?) le week-end, et également pendant les vacances. Je suis arrivé au Japon pendant celles qui précèdent la nouvelle année scolaire, bah au début j'ai eu un doute sur le fait que ça soit vraiment les vacances, vu que je voyais pas mal d'élèves en uniforme.


Sur le chemin pour aller travailler, j'ai l'occasion de voir un bon nombre d'uniformes différents, auxquels viennent s'ajouter ceux que je vois à l'occasion d'excursions diverses. On peut les séparer en trois catégories (trois pour les filles), avec souvent le même duo fille/garçon mais parfois quelques mélanges ou particularités. Plutôt que de tout vous décrire de manière approximative, vous aurez droit à des liens vers des photos, c'est plus parlant.

On va commencer par l'uniforme le moins courant qui ne concerne que les filles et limité à un ou deux établissements (lycées pour filles je pense). Il s'agit d'une robe portée par dessus une chemise blanche. Ça peut ressembler à ça même si ceux que je vois ont des bretelles beaucoup plus courtes. Ce type est peu répandu (j'ai d'ailleurs eu du mal à trouver une photo ressemblante).

Ensuite viennent les uniformes type blazer/veste. Les filles ont droit à une jupe et à une veste. Les couleurs varient, en général dans les tons sombres (gris/noir, bleu marine), on voit parfois également du vert foncé, du beige ou de l'écossais (pour le bas uniquement). L'uniforme est agrémenté d'un ruban ou d'une courte cravate qui surmonte la poitrine. Sur cette photo, à gauche l'uniforme d'été et à droite celui d'hiver, sur celle-ci c'est marqué. Pour les garçons, un pantalon remplace la jupe et la veste est souvent très proche de celle des filles comme l'illustre cette photo. Certains doivent se farcir une cravate (les pauvres), mais c'est loin de concerner tous les établissements (même si en revanche c'est pas facile de trouver des photos).
Pour l'uniforme d'été, la veste ou le blazer est abandonné et on se contente d'une chemise (avec souvent la marque de l'école quelque part). Petite photo de groupe.

Pour finir, le duo classique : uniforme marin pour les filles et gakuran (学ラン) pour les garçons. L'uniforme marin est bien ancré (ah ah...) dans la culture japonaise, on en voit assez souvent sur des affiches, dans des pubs ou chez les personnages de fiction (ou pour des trucs plus obscures...). L'uniforme est en général sombre en été et blanc en été (comme pour le type précédent). Le foulard est parfois remplacé par un simple ruban. Quand il fait un peu froid mais qu'elles n'ont que l'uniforme d'été, certaines écolières portent un fin gilet beige (c'est très rarement une autre couleur), je ne sais pas s'il fait partie de l'uniforme mais y'a des chances.
Pour les garçons, le gakuran (y'a pas l'air d'avoir un équivalent en français) est, comme le montre, la photo (tenez, une autre) avec des boutons assez gros portant souvent la marque de l'école. En été, les élèves abandonnent cette veste et se limitent à une simple chemise plus pratique. Le pantalon est également allégé.


Quelques points supplémentaires relatifs aux demoiselles. Il arrive fréquemment que la couleur du liseré de l'uniforme marin ou du foulard/nœud diffère selon l'année d'étude (ceci concerne essentiellement les uniformes marins). Pour les garçons, il y a peut-être une différence au niveau des boutons du gakuran mais c'est pas aussi visible, comme vous pouvez l'imaginer.
Les jupes sont le plus souvent plissées et arrivent globalement au niveau des genoux. La taille pouvant varier selon l'établissement et le caractère de la propriétaire.


Si vous voulez plus d'exemples, on trouve aisément tout plein de photos d'uniformes féminins, moins facilement masculins. Sachez tout de même garder un regard critique : on tombe sur pas mal de costumes de fiction (encore du cosplay). Et si certains sont facilement identifiables pour leur exubérance, ça n'est pas toujours le cas, par exemple le premier était un faux (à défaut d'avoir trouvé mieux).

dimanche 25 mai 2008

Fukuoka Dome et Comic City

N'étant allé nulle part hier en raison de la météo, et n'ayant aucun endroit particulier à visiter, j'ai décidé de faire un tour du côté du Fukuoka Dômu (Dôme de Fukuoka), pour voir ledit dôme et me balader dans le coin. Il est situé à quelques minutes de là où je travaille (juste à l'ouest, après la rivière).
Le dôme est le (grand) stade de baseball de la ville, premier dôme à toit ouvrant du Japon, et qui abrite l'équipe locale à savoir les Hawks.
Suite au rachat de droits par Yahoo! Japan, le dôme a changé de nom pour devenir le Fukuoka Yafuu Domu (faut savoir que Yafuu est la transcription de Yahoo, on début on se demande ce que ce mot fait là), comme on peut le voir sur la photo.

En arrivant au pied de l'escalier, je trouvais qu'il y avait un peu de monde pour un simple stade ; et les matchs à cette heure-là, ça m'étonnerait. Après avoir gravi l'escalier je vois des masses de Japonais parqués dans des carrés entourés de barrières tandis qu'une personne annonce je ne sais quoi dans un mégaphone. Y s'passe un truc...



En regardant ce qu'il y a autour j'apprends (plus tard aidé d'une rapide recherche sur le net) qu'aujourd'hui est le jour de la 17e édition du Comic City de Fukuoka, une convention de dôjin (j'explique plus loin) qui se déroule plusieurs fois par an, dans plusieurs villes. N'ayant rien de prévu pour la journée, je décide de tenter l'expérience, ça pourrait être marrant. Bénéficiant de l'effet mouton couplé aux compétences exemplaires des Japonais en matière de files d'attente (longues mais rapides), je troque quelques modestes deniers contre un panfuretto (pamphlet), un genre de guide qui sert également de pass d'accès avec tout ce qu'il y a à savoir sur l'event : plan, disposition des stands, liste des cercles présents (y'a des noms qui en tiennent une couche), règles à suivre, règles à suivre, conseils pratiques et informations sur la sécurité, ... La convention est ouverte au public de 11h à 15h, j'ai trouvé ça restreint comme horaires, mais pour le visiteur ça suffit.


Maintenant un brin d'explication sur ce quoi porte la convention (je vais essayer de ne pas faire trop long). Comme vous devez le savoir, le Japon est gros producteur (et gros consommateur) de manga et d'anime (BD et dessins animés à la sauce nippone) ainsi que de jeux-vidéos (surtout certains genres, qu'on ne trouve parfois que là-bas). En plus des produits qu'on pourrait qualifier de commerciaux et qu'on peut trouver sur les étalages des magasins standards (ce qui s'exporte en Europe, entre autres), il existe un marché annexe alimenté par des amateurs. Ceux-ci produisent toute sortes de manga, de jeux (PC) et de livres d'illustrations, très souvent basés sur (ou dérivés de) produits commerciaux (mais de taille plus modeste). C'est comparable aux fan-fictions/fan-arts, mais plus général que ça. Le terme dôjin (同人) a évolué et désigne maintenant les productions des ces groupes, appelés des cercles).
C'est un moyen pour les artistes en herbe ou développeurs indépendants de se faire connaître, mais aussi de diffuser leurs produits sans avoir à lancer toute la mécanique commerciale. Il existe des magasins spécialisés dans ce genre de produits (par exemple Mandarake) et la vente sur Internet existe, mais les conventions restent un bon moyen de vendre ses produits (surtout quand débute). À noter que certains groupes sont plus célèbres que d'autres (vu la quantité, tout le monde n'a pas sa place dans les boutiques), voire carrément (très) connus (et deviennent parfois des entreprises à part entière).

Le stade est suffisamment grand, il y a la place qu'il faut pour circuler, et la pelouse moquette verte gomme les bruits de pas (et c'est agréable de marche dessus). Du coup, malgré ce qu'on pourrait penser (et un fond sonore discret), c'est calme. En se balladant à travers les stands d'environ 1 mètre chacun, classés par genre, on voit un peu de tout. Rarement des œuvres originales (c'est pas non plus une grosse convention) mais essentiellement des trucs basés sur des univers existants, avec les plus connus qui reviennent souvent et d'autres plus curieux (y'en a qui reprennent des jeux de rythme quand même). Au niveau de la qualité, y'en a qui se débrouillent clairement très bien, et d'autres qui font plus peine à voir.
En plus des livres d'illustration, jeux et compagnie on trouve aussi tout un tas de vêtements et accessoires pour poupées, fait main bien évidemment (les poupées ça m'étonnerait par contre), et aussi divers accessoires de déguisement à taille humaine. Tout ça intéresse fortement la gente féminine...

Côté public, c'est la tranche des 20-30 ans qui domine, avec autant de filles que de garçons, que ça soit devant ou derrière les stands (peut-être même plus de filles d'ailleurs). On voit néanmoins pas mal d'adultes plus âgés, parfois des couples avec un enfant, pas trop de jeunes adolescents par contre. Et puis bien sûr, je devais être le seul vrai blond présent. Je précise vrai, parce que des faux y'en avait, pas autant que des personnes à cheveux roses par contre.

Parce qu'en plus de la vente sur les stands, une des activités majeures du salon c'est le cosplay (pour ceux qui ne sauraient pas, ça consiste à se déguiser en un personnage de fiction, ça n'existe pas qu'au Japon). Qui dit cosplay dit bien sûr photos. Celles-ci n'étant pas autorisées sur les stands (les Japonais sont assez pointilleux sur le droit à l'image, etc.), tout le monde se rassemble dans la zone prévue à cet effet (à gauche sur la photo d'ensemble). Sur simple demande, les cosplayeurs sont ravis de poser pour qu'on puisse les prendre en photo : ça va du cliché déconne au téléphone portable aux photos en rafale avec du matériel professionnel style mannequin.
Au niveau des déguisements, il y a les séries populaires qu'on voit en plein d'exemplaires. Il y a les trucs très connus (à gauche, y'avait aussi un Jack Sparrow très réussi) et ceux qu'on préfère ne pas connaître (à droite, les candidats étaient nombreux).


Il y a quelques personnes qui portent un costume disponible dans le commerce, mais les vrais sont ceux qui font leur costume eux-même. Il sont plus ou moins bien réussis mais dans l'ensemble c'est ressemblant et bien réalisé (y'avait un type d'environ 40 ans avec un costume immonde, c'était bien ridicule). Attention toutefois habillé bizarrement n'implique pas être déguisé, ça c'est rapidement acquis au Japon ; mais plus trompeur, la réciproque est fausse : y'en a ça se limite à un t-Shirt bien choisi ou à un uniforme très proche de ce qu'on peut voir tous les jours.
Un point important c'est la pose. Pour certains c'est une pose toute bête, pour d'autres (et/ou sur demande du photographe) il y a des photos de groupe avec mise en scène voire accessoires divers : les cosplayers étant souvent en groupes, il y a possibilité de faire des photos avec plusieurs personnages du même univers. Il y a la pose debout classique, la pose mise en scène, la pose (plus ou moins) comme dans la série, ...
Le modèle


Ce qui est amusant à voir ça n'est pas tellement les cosplayeurs eux-mêmes : même si c'est plus sympa de voir ça en vrai, on peut trouver toutes les photos qu'on veut (ou pas) sur Internet ; c'est surtout l'ambiance qui règne : ça rigole, ça discute (non pas moi, j'étais tout seul et j'ai pas le niveau, y aller à plusieurs ça doit être plus marrant), ça commente, etc. On sent que (comme pour le dontaku) les Japonais présents aiment bien se déguiser, c'est un bon prétexte pour s'amuser. Ils aiment également beaucoup prendre des photos avec des poses pour délirer, alors ça forcément ça y va fort. Ça créée parfois des mouvements de masse où tout le monde se rassemble, plus ou moins en se jetant l'un sur l'autre, tout en rigolant, comme sur la photo ci-dessous. (Ce qu'on ne voit pas c'est que par terre, hors du cadre, il y a une trentaine d'appareils amassés, pour que chacun ait sa photo.)



Quand l'événement touche à sa fin, tout le monde rassemble ses petites affaires, ce qu'il reste (ou pas) sur son stand, une longue queue se forme devant les vestiaires, les gros acheteurs rassemblent leurs récentes acquisitions dans des cartons pour qu'ils soient envoyés directement chez eux par l'entreprise proposant ses services de livraison... C'est l'heure de rentrer, un peu fatigué.
Tout s'est déroulé très gentiment, dans une bonne ambiance, sans avoir besoin de tout un service d'ordre ou je ne sais pas quoi. Ce qu'il est amusant de remarquer c'est que contrairement aux événements similaires approchants qui ont lieu en France (comme la JapanExpo), les deux seuls (petits) stands professionnels qu'il y avait vendaient des ramettes de papier et du matériel informatique pour dessiner. On pourrait dire que seule la logistique est assurée par des professionnels, tout le reste est animé et construit par les participants.

dimanche 4 mai 2008

Hakata Dontaku

Ce week end était celui du Hakata Dontaku (博多どんたく), un célèbre événement qui se déroule à Fukuoka chaque année. Et si je n'ai pas pu être présent à la coupe de France de robotique qui se te tenait également ce week-end, en tant que membre d'Eirbot, pour faire du bruit et passer de bons moments, j'ai tout de même pu bien m'amuser. Y'avait aussi du bruit, une mascotte abeille, un lapin rose et des pom pom girls ; il manquait juste des robots et du Nutella.


Matsuri, animations, stands

Avant d'entrer dans le cœur du dontaku, parlons un peu de ce qu'il y a autour... En japonais matsuri (祭り) signifie festival ou fête, on lui ajoute souvent le préfixe honorifique o (お). À chaque matsuri on a droit à divers stands vendant notamment de la nourriture, et des stands de jeu. On trouve toujours le même genre de choses.
Côté nourriture, beaucoup de takoyaki (boules de poulpe frites) et brochettes du genre, de la glace pilée avec du sirop de fruit dessus, des fruits (gros raisin, pommes) entourées d'une grosse couche de sirop durci, ... (toujours pas de dango (団子), malheureusement). Parmi les autres stands on voit pas mal avec des Wii, des DS, des PSP et les jeux qui vont avec, parfois accompagnés de modèles (réalistes) d'armes à feux. Moi aussi ça m'a surpris, surtout qu'au début je pensais que c'était à vendre, mais en fait il s'agit d'une sorte de loterie (on tire un ticket et on a un lot), sauf que y'a que ce genre de lots à chaque fois. Côté jeux y'a pas des masses de trucs : poissons rouges à attraper avec un petit filet (qui se déchire si on y va comme un bourrin), jeu de tir (de très prêt) à la carabine où il faut abattre un lot pour le remporter. D'autres stands proposent des produits divers : petits accessoires, peluches, ... Il y avait aussi deux ou trois stands qui vendaient... des insectes, et y'avait des clients.




Plusieurs animations avaient lieu, notamment aux endroits (parcs entre autres) où il y avait des stands. Des scènes étaient installées et des groupes de danseurs et musiciens, enfants et adultes, se succédaient. Ça allait du spectacle scolaire au joueurs de taiko en passant par les danses de geishas (note : ce ne sont pas des geishas avec maquillage en général, ça reste plus simple, mais j'emploierai ce terme parce que c'est pratique d'en avoir un), pas toujours très motivant mais toujours très motivés. Les taiko sont des tambours de tailles diverses (souvent assez gros), chaque groupe est composés de plusieurs personnes et de tambours différents. En plus du rythme et des variations entre les musiciens, les joueurs frappent soit au centre, sur sur le bord du tambour pour un son plus aigu et plus rapide (je n'apprends rien aux joueurs de Taiko: Drum Master).
Pour les groupes de danse, il y a en de plusieurs types différents. On notera notamment des groupes assez nombreux, en costume, avec des danses très dynamiques. Ils devaient avoir chaud, parce que le soleil tapait souvent fort (j'ai pris mes premiers coups de soleil). Dans le genre plus calme et plus lent il y a les groupes de danseuses avec la panoplie traditionnelle complète : kimono à grandes manches + ôbi (large ceinture) + zôri (les sandales, mais pas celles en bois) + tabi (les chaussettes qui vont avec), chapeau avec des (faux) pétales de cerisiers éventail et/ou ombrelle et/ou (fausses) branches cerisiers en fleurs. Le tout est très coloré, les couleurs sont vraiment vives.
Pour la musique qui accompagne, il y a un peu de tout, même pour les groupes de danse traditionnelle. La seule constante doit l'enka pour les geishas, même s'il est parfois modernisé (rassure-toi JD, on est encore très loin de Jero, et y'a pas de djeunz à casquette).
Une fois comme intermède, on a eu droit à la petite Dareka, tel âge, habillée comme-ça a perdu sa môman. On a aussi vu des gens qui distribuaient des sacs poubelles et une pince, faisant appel au sens civique de chacun pour ramasser les déchets qui traîneraient par terre (faut dire que les rares poubelles sont vite pleines lors de tels événements).




Dontaku, cortège haut en couleurs

Ce qui fait l'événement ce sont bien sûr les dontaku, une parade dans laquelle défile toutes sortes de groupes. L'événement est de grande ampleur : pendant plus de 10 heures réparties sur deux jours, près de 150 groupes différents se succèdent (d'après le guide, certains étant là les deux jours) soit plus de 10000 personnes (d'après une estimation personnelle, ça pourrait être beaucoup plus).

Le dontaku tombe pendant la Golden Week et attire de l'extérieur de Fukuoka, les rues sont pleines de monde, ce qui demande donc une bonne organisation. À mon humble avis, l'événement n'aurait pas été aussi agréable sans ça. On peut bien sûr compter sur l'auto-discipline des Japonais : même sans barrières, pas une seule personne n'empiète sur la route où les groupes défilent. Entre chaque groupe, les gens en profitent pour traverser, dirigés par quelques policiers. Pour ce qui est de voir, on apprécie vraiment d'être plus grand que la moyenne. Même si parfois c'est assez serré, il y a toujours la place de passer sur les trottoirs noirs de monde, que ça soit à pieds ou en fauteuil roulant : les gentils policiers, équipés de panneaux adaptés, gèrent la circulation... des piétons. J'ai tout de même vu un incident : une femme à vélo qui voulait avancer alors que ça n'était pas son tour (elle ne voulait pas écouter le gentil monsieur, la vilaine) ; quatre policiers sont arrivés immédiatement on ne sait trop comment (téléportation ?) pour la bloquer de manière très efficace et sans aucun contact physique. L'incident n'a pas duré plus de 30 secondes tout compris, les policiers et la responsable ont disparu aussi vite qu'ils étaient arrivés, j'étais soufflé.

Le gros point fort des dontaku c'est leur très grande variété : ça va des groupes professionnels aux associations de quartier en passant par les fanfares étudiantes et les entreprises de toutes tailles. En plus des personnes, la plupart du temps il y a un char décoré, traditionnellement tiré/poussé (en pratique beaucoup de fourgonnettes). On a aussi droit à des drapeaux, des ballons, des mascottes, etc. Tout est toujours très coloré, on en a plein les yeux et ça donne du dynamisme et de la gaieté à l'ensemble. On n'hésite pas à sortir le cyan flashy, le orange fluo, le vert vif. (Par contre pour faire des photos pas floues, c'est dur, vous m'excuserez. Surtout que mon appareil est lâchement tombé à court de batterie sans prévenir, le vil.)
Bien que très variés, les groupes sont tout de même rassemblés en diverses catégories, voici une liste de ce qu'on peut voir, avec plus ou moins de détails.

  • Les institutions publiques ou privées (police, pompiers, scouts, ...), souvent des fanfares avec des majorettes.
  • Les groupes scolaires, essentiellement lycées (et certainement chers, payant ils le sont tous), avec costumes et fanfares. Et y'a pas juste deux trois élèves avec : ce sont des vraies fanfares de plus de 50 personnes avec instruments et majorettes.
  • Quelques hana-jidosha (花自動車, littéralement automobile fleurie), des petits camions décorés de dessins et de fleurs avec plein d'ampoules dessus. Ça a l'air d'être un des éléments clé du festival, mais en réalité ça n'était pas si génial que ça (en plus y'a en pas beaucoup), parmi les chars des groupes de gens, y'en a des bien plus sympa à voir.
  • Les groupes de danseurs (ou cercles comme ils les appellent) dont la finalité est le dontaku, parmi lesquels on retrouve ceux qu'on voyait aux différentes animations. Il y a beaucoup de groupes de femmes en kimono (avec accessoires) mais on en voit aussi pas mal d'autres, par exemple avec des masques comiques et faisant des danses plus diversifiées (les kimono de femmes ça limite les mouvements).
  • Les groupes étrangers ou en rapport avec des pays ou préfectures différents : Brésiliens, tambours d'Okinawa, groupe Amérique et country, ...
  • Les associations et entreprises diverses, parfois en rapport avec la danse et parfois non. Ça peut aller de la grosse boîte (branche ouest de Coca-Cola au Japon) à l'hôpital du coin, d'un/club association de musique et danse au centre de remise en forme, en passant par l'association de soutien d'un quartier de Fukuoka.




Les groupes ne se content pas de marcher : chaque groupe a sa (ou ses) chorégraphie(s) et accompagnée de musique (là encore, c'est très varié, même si y'en a une traditionnelle qui revenait très souvent). La performance des groupes est évidemment très variable (autant du point de vue de la qualité de réalisation que de l'originalité) : les groupes de danse ou les fanfares se débrouillent mieux que les employés du centre de remise en forme pour personnes âgées. En revanche, chaque groupe avait au moins son costume pour afficher son identité. Pour faire du son, en plus des instruments classiques, des froufrous des pom pom girls, des mégaphones, amplis et autres appareils modernes, il y a des sortes de crécelles et surtout des espèces de spatules en bois (les mêmes que pour servir le riz semble-t-il) qu'on frappe l'une contre l'autre. Quand 50 personnes le font en même temps ça s'entend.

Au niveau des intervenants, là encore c'est très varié, même si dans l'ensemble on constate qu'il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes (ce qui peut se comprendre, les hommes sont sûrement moins attirés par les groupes de dontaku). Parfois on voit un majorette ou un pom pom boy (?) perdu au milieu d'un groupe exclusivement féminin, ça fait sourire. Pour ce qui est de l'âge, il y a vraiment de tout partout. Il y a pas mal de majorettes de 4 ou 5 ans et les groupes de geishas comptent beaucoup de femmes âgées (évaluer l'âge des gens c'est pas mon fort, mais je dirais au moins 60 ans pour les plus âgées). Dans les groupes d'entreprises ou d'associations, tous les employés sont là, avec parfois leurs enfants, qu'ils soient jeunes ou vieux, à pieds ou en fauteuil roulant.
Un autre truc qui marque, c'est qu'à part quelques personnes un peu fatiguées par les 1200 mètres (de mémoire) du trajet, les gens qui défilent ont vraiment l'air de s'amuser, la joie est sur les visages. La plupart sont également sur-motivés et ont de l'énergie à revendre. Et là encore, ça concerne tous les groupes et toutes les tranches d'âge. On sent qu'ils aiment ça les Japonais : se déguiser, défiler, danser.



Ces deux jours, bien qu'un peu fatiguants étaient vraiment sympa. C'était tellement varié (je me répète) qu'on n'avait pas de quoi s'ennuyer. Les couleurs, les sons, la joie que montrent les personnes du cortège font que quand on repart, on est de bonne humeur (sauf peut-être quand on est un vieux grincheux).

mardi 29 avril 2008

Golden Week

Aujourd'hui commence la Golden Week, même si cette année elle sera à cheval sur deux semaines. La Golden Week c'est quoi ? c'est un ensemble de jours fériés à quelques jours d'intervalle. Les Japonais en profitent souvent pour prendre une semaine de vacance complète, faire du tourisme, etc.
Comme j'ai du temps vu que c'est férié, j'ai fait cherché les quelques renseignements de base pour vous. Il y a eu quelques petits changements récents sur les jours fériés, actuellement il y en a 4. Note linguistique : le kanji 日 (hi, mais il y a d'autres prononciations) qui apparaît dans les noms signifie jour, le の (qu'on rencontre très souvent) est une particule qui indique un déterminant.

  • 29 avril : 昭和の日 (Shôwa no hi), anniversaire de la naissance de l'empereur Shôwa ;
  • 3 mai : 憲法記念日 (Kenpô kinenbi), fête de la Constitution ;
  • 4 mai : みどりの日, (midori no hi), jour de la nature (midori signifiant verdure) ;
  • 5 mai : こどもの日, (kodomo no hi), jour des enfants (kodomo signifiant enfant)

Cette année la Golden Week comporte donc le 29 avril (aujourd'hui), et un week-end prolongé du 3 au 6 mai. Si vous avez suivi vous devez être en train de vous dire : « Il essaie de nous avoir, le 6 mai c'est un mardi et c'est pas dans la liste des jours fériés qu'il a donnée ! ». Oui, mais c'est parce qu'au Japon il y a une loi qui dit que tout jour férié tombant un dimanche est repoussé au prochain jour non férié. Le 4 mai étant un jour férié tombant un dimanche il est repoussé au 6 mai (le 5 mai étant déjà férié). Une autre loi, qui ne s'applique pas cette année, stipule qu'un jour qui tombe entre deux jours fériés (les dimanches étant considérés comme fériés) devient férié. Tout est prévu.

Aujourd'hui, c'était donc un jour férié. L'orchestre du lycée d'à côté en a profité pour se rassembler comme le samedi, même chose pour le club de base-ball et sûrement d'autres. Je suis allé faire un tour en ville à tout hasard, pour voir s'il y avait des événements quelconque, mais y'avait rien (c'est pas une fête qui correspond à des festivités particulières). Par contre y'avait du monde dans les magasins, dans les transports, dans les restaurants (et bien sûr devant les pachinko). Et chose plutôt inhabituelle, il y avait beaucoup d'enfants avec leurs parents qui venaient profiter de la journée.

Samedi il y aura des festivités avec notamment un défilé de chars dans Fukuoka, ça sera donc plus intéressant qu'ajourd'hui. Stay tuned!

mardi 15 avril 2008

Bienvenue à l'ISIT

Ce soir été organisé une petite soirée au restaurant pour fêter la bienvenue aux deux Enseirbiens arrivés depuis peu à l'ISIT.
L'ISIT est un laboratoire privé, financé par des fonds privés mais aussi par la mairie de Fukuoka il me semble, et qui travaille dans le domaine de l'informatique. Dans le cadre de mon stage j'ai à travailler sur un processeur avec une mémoire (type FPGA) reconfigurable dynamiquement. Pour ceux qui voudraient de plus amples informations, vous pouvez me demander ça en privé (ou relouter Martoni qui a pris les devant).

Avant de parler de la soirée, histoire de remplir un peu, j'en profite pour vous parler un peu de l'ISIT d'un point de vue purement social. Je ne vous parlerai pas de la difficulté à comprendre un Windows tellement tout en japonais qu'on dirait du chinois, ou de la familiarisation avec le clavier japonais avec sa barre d'espace très réduite, son QWERTY avec les caractères spéciaux (parfois très mal placés) pas au même endroit que l'US (~goudal aurait pris le clavier Sun que j'ai vu, avec les touches Ctrl et Caps Lock inversées), etc. ... Ah bah si en fait je viens de le faire, tant pis.

La journée de travail normale débute à 9h00 et se termine à 17h45 avec une heure de pause le midi, soit 38h45 par semaine. Vu que je suis payé à l'heure, j'ai la possibilité de faire des heures en plus (ou en moins) et d'être payé (ou pas) en conséquence. Je travaille en collaboration avec les deux autres français qui sont à l'ISIT donc pour la communication (et l'ambiance) ça aide. Le déjeuner se fait au restaurant, avec en général un ou deux collègues japonais.
Les locaux sont situés au 7e 6e étage d'un immeuble de bureau (les Japonais comptent le rez-de-chaussée comme premier étage). On a droit à des ascenseurs vocaux (comme beaucoup de choses au Japon), polis (évidemment) qui nous gratifient de la porte s'ouvre, la porte se ferme, 7階でございます.

Avril étant le début de l'année fiscale au Japon il y a eu changements dans l'équipe : départs et arrivés de plusieurs personnes. À chaque fois, tout le monde se réunit dans l'open-space (un coin réunion où y'a assez de place) pas au garde-à-vous mais presque. On a alors droit à un discours (plus ou moins long) de la personne concernée et également du plus haut placé présent (avec des morceaux d'humour dedans, n'allez pas non plus croire que c'est ultra-coincé). Le tout est accompagné de courbettes à plusieurs reprises, d'applaudissements à la fin, et agrémenté de ありがとうございます (merci beaucoup) et よろしくお願いします (qui signifie plus ou moins : je m'en remets à vous).
Quand une personne revient d'un voyage, il est d'usage qu'elle rapporte des omiage (お見上げ, le お étant une marque de politesse). De manière générale c'est un souvenir (de voyage), dans le cas précis c'est un gâteau local ou autre sucrerie. La personne fait la tournée des popotes et chacun a droit au sien. (Il y a même des magasins spéciaux omiage, histoire de pouvoir prendre un truc, même pris à l'arrache.)


Revenons à la soirée : le rendez-vous était donné à 19h dans un restaurant de Tenjin (天神). Tenjin c'est le centre de Fukuoka, je n'en ai pas encore parlé mais ça viendra (j'ai encore plein de choses à dire en réserve). Étaient présents les 4 français de l'ISIT (dont les 2 stagiaires de l'ENSEIRB), un Brésilien (un vrai, mais qui est là depuis quelques temps et se débrouille très bien en japonais) et 5 Japonais. La soirée n'était pas un vrai repas classique mais un nomikai (飲み会, 飲み = boire, 会 = réunion), quelque chose de fréquent au Japon, surtout entre collègues.
Ça peut dépendre des établissements et de ce qu'on demande, mais quelques plats défilent accompagnés de boissons (alcoolisées de préférence). Suivant les cas l'alcool ou la nourriture peut être à volonté pendant la durée du repas (là c'était 2 heures).

Les Japonais tiennent mal l'alcool, très mal pour certains, mais paradoxalement (ou pas) ils aiment bien se pinter et il n'est pas rare de voir des hommes en costard cravate tituber (ou l'étape d'après) dans les rues en ville passée une certaine heure. Je sens déjà l'inquiétude monter chez certaines personnes alors rassurons-les tout de suite : il ne s'agit pas forcément d'une beuverie (c'est pas un OB à l'Enseirb), et il y a toujours moyen de ne pas boire alcoolisé si on ne veut pas.

Niveau nourriture, c'était pas très fourni ce soir là. Tout d'abord, quelques sashimis en entrée : différents crustacés (calamar, pieuvre, ...) que l'on trempe dans de la sauce soja. Avec ça, un petit truc bizarre que je ne saurais décrire : un genre de sauce avec quelques trucs à picorer dedans, et du foie (d'après ce que j'ai compris, mais du foie de quoi...). Ensuite il y a eu des trucs plus européens et plus classiques, à chaque fois en petites portions (servies dans un plat commun) : salade, viande, pizza, karage (poulet frit), ... Rien de bien exceptionnel.
Côté boisson alcool, ce fut l'occasion de goûter quelques alcools japonais. Il y en a des plus ou moins fort, de plus ou moins bons. Il convient de ne pas mélanger le sake (酒), alcool à base de riz, avec les autres alcools japonais (qui utilisent toutefois le même kanji). Voici ce que j'ai eu l'occasion de goûter :

  • l'alcool de prune est plutôt léger et sucré, pas mauvais du tout ;
  • le shôchû (焼酎) qui peut être de riz, de blé, de soja ou de patate douce, fort pour un alcool japonais mais pas si fort dans l'absolu.
  • le nihonshu (日本酒, littéralement alcool japonais), servi chaud dans des petits tasses en céramiques (hauteur d'environ 5cm, diamètre d'environ 3cm), il est moins fort que le shôchû et pas désagréable à boire.


Après le repas, quelques collègues restent en ville pour aller (re)boire un coup, voire plus...

dimanche 13 avril 2008

Une journée chez Matsuda-san

Aujourd'hui on (un étudiant de l'ENSEIRB qui fait le stage avec moi, et moi) avait prévu d'aller à Ôhorikôen (大堀公園, kôen signifie parc) aujourd'hui. Mais finalement une fête prévue pour demain a été avancée pour des raisons météorologiques. Nous sommes donc parti de la résidence en groupe en début d'après-midi en direction de la résidence de Matsuda-san (san est un suffixe de politesse équivalent à Monsieur/Madame).
Vous ne savez pas qui est Matsuda-san... pour comprendre il faut que je vous parle un peu de la vie à la résidence, c'est l'occasion.

Le Jikyogakusha Kyûshû Dormitory est une résidence qui accueille beaucoup d'étrangers. Il y a pas mal de chambres mais elles sont loin d'être toutes occupées je pense (on ne voit pas beaucoup de têtes différentes). Pour les curieux, cette page donne des détails sur ce qu'il y a (avec photos à l'appui). Ce n'est pas le but de cet article donc je ne m'y attarde pas.
Il y a des Japonais, des Coréens, des Brésiliens, des Boliviens, ... et deux Français, les seuls à ne pas comprendre et parler le japonais couramment. Ça peut surprendre mais les Brésiliens et Boliviens sont d'origine japonaise et parlent donc la langue. Heureusement dans l'ensemble l'anglais suffit pour se comprendre.
Il y a aussi quelques jeunes, des habitués, qui ne logent pas ici mais qui viennent quand même parce qu'ils sympathisent avec les résidents qui se succèdent.

Et Matsuda-san dans l'histoire ? Lui aussi est un habitué de la résidence, à chaque fois qu'il y a une petite fête ou soirée d'organisée il rapporte une bouteille de vin (c'est un connaisseur). Des fêtes il y en a déjà eu quelques unes, j'en parlerai peut-être une autre fois, même si ça fait désordre que le récit ne soit pas chronologique...

Chez Matsuda-san, il y avait pas mal d'étrangers, surtout venant d'Amérique du Sud. Entre les Brésiliens, les Argentins et autres, ça parlait même parfois plus portugais ou espagnol que japonais. Chose rare (pour ne pas dire exceptionnelle), il y avait une personne qui pouvait parler français ! Il y a une collection impressionnante de pantoufles, largement suffisante pour tout le monde. Près de l'entrée (couverte de chaussures) on trouve même un petit meuble ou racker verticalement des paires de pantoufles, dans un style très japonais.
Tout le monde s'est réuni sur le toit pour un déjeuner mélangeant barbecue, paella, tacos, ... La petite table est vite totalement remplie, comme le montre la photo ci-dessous (où il ne reste plus grand chose à manger).


Mais ce n'est que le début du repas, des invités arrivent, d'autres partent, ça discute beaucoup. J'ai été plutôt agréablement surpris en constatant que j'arrivais tout de même à suivre certaines conversations en japonais. Même si ça reste modeste, ça fait plaisir. Après les spécialités plutôt sud-américaines (cuisinées par le maître de maison), des trucs plus japonais arrivent. Par exemple des petits bouts de pain avec du fromage, le tout frit. (Quand je vous disais qu'ils aimaient ça...) ; un alcool assez fort (style rhum) apporté par un Brésilien et placé dans une bouteille style jus de pomme en a surpris plus d'un(e). Une fois n'est pas coutume, j'ai eu l'occasion de tester des sucreries, notamment une sorte de crème blanche sucrée, avec une consistance étrange, et en portions très très petites, bizarre... Pas encore de dangos mais je me suis renseigné sur la question, les informations devraient bientôt arriver.
Je suis également content (si on peut dire ça) d'avoir eu l'occasion de goûter le produit en conserve coréen que avez déjà dû voir avec effroi au moment où vous lisez ces lignes.

Ce sont des larves de ver à soie. Il paraît que c'est bon pour la santé... j'espère bien, parce que ça n'est pas terrible comme goût. Ça n'est pas mauvais, mais ça n'a vraiment rien d'exceptionnel, je n'en mangerais pour le plaisir. C'est petit, ça craque quand on le croque et puis l'intérieur est tout effrité. Les Japonais aussi sont repoussés par ce genre de nourriture, on n'a pas été beaucoup à essayer.

La soirée se termine tranquillement, parmi ceux qui sont encore là on est quelques uns à regarder avec un film (heureusement, y'avait des sous-titres en anglais). C'est la première fois que je vois un home-cinéma dans une pièce si petite. Il y en a pour une fortune en matériel : vidéo-projecteur, son 5.1, ordinateurs, synthés, etc. Mais il n'y a plus place pour être bien placé devant l'écran et au milieu des enceintes. Seul ça doit aller, et encore...
On termine en grignotant un peu autour d'un kotatsu, une table entourée d'une couverture sous laquelle est placé un radiateur. On se met autour en tailleur, les pieds sous la couverture et on est bien au chaud. C'est bien agréable.

En plus de l'intérêt purement matériel d'avoir pu faire deux bons repas, ce fut une journée très intéressante d'un point de vue culturel. L'occasion de découvrir des plats qui ne seront jamais servis dans un restaurant, de voir comment ça se passe quand on est invité chez quelqu'un, la confrontation de plein de nationalités, ... et, encore et toujours, progresser un peu en japonais.