jeudi 10 avril 2008

Petit tour de Kashii

Kashii (香椎), c'est le quartier où se situe la résidence dans laquelle je loge. Plus exactement, elle est à (respirez-un bon coup) Fukuoka-shi, Higashi-ku, Kashiieki-Higashi (福岡市東区香椎駅東). Moi aussi ça m'a fait peur au début, mais c'est vite rentré. Ce long texte c'est à peu de chose près l'adresse postale (moins quelques numéros).

  • Fukuoka-shi (福岡市) : ville de Fukuoka
  • Higashi-ku (東区) : quartier est (Higashi = est)
  • Kashiieki-higashi (香椎駅) : est de la gare de Kashii (même s'il y a 3 gares à Kashii...)

Il y a encore des subdivisions par pâtés de maison, etc. : pas de rues numérotées comme en France. La résidence se trouve très précisement ici.

La grande zone à côté c'est le terrain de sport du lycée voisin où les élèves viennent jouer au base-ball le week-end (à Fukuoka ça marche fort le base-ball). Pas loin il y a un temple comme on peut en voir beaucoup. Le kanji pour ces temples (et qu'on peut voir sur la carte) c'est 卍 (ça y'est, j'ai mon point Godwin). Juste à côté on trouve un étrange alignement de statuettes sans-tête habillées d'un genre de tablier.



Si dans le centre de Kashii les rues sont correctes (droites, avec des trottoirs décents), dès qu'on s'éloigne un peu c'est plus du tout ça. Les rues serpentent dans tous les sens, y compris verticalement (c'est pas plat du tout), les trottoirs sont rares et les rues plutôt étroites. On comprend pourquoi ils n'ont pas un système de rues : ça ne serait pas gérable. C'est un gros bazar, comme d'autres choses au Japon : y'a les choses qui sont rangées et les autres qui sont compliquées ou tordues... Il est risqué de s'aventurer sans carte (et même avec) : on se perd très vite et le (très) peu d'indications est en Japonais.

Aux alentours du centre on tombe sur une tripotée de kombinis, y'en a tous les 100 mètres si ce n'est pas tous les 50. Un kombini c'est une (très) petite superette ouverte 24h/24h, 7j/7 et qui vend :
  • de quoi boire et manger quand on veut prendre un truc rapide ;
  • quelques magazines et manga près desquels on voit souvent 2 ou 3 personnes lire (comme à la Fnac mais en plus petit) ;
  • des parapluies (les mêmes partout), parce qu'au Japon c'est important ;
  • quelques bricoles diverses.

Les kombinis c'est pratique est il n'y a pratiquement pas de différence de prix avec des magasins de plus grande taille. Ils proposent même de réchauffer les bentôs (弁当), qu'on y achète. Pour ceux qui ne savent pas, un bentô c'est un genre de plateau repas avec du riz, quelques légumes, de la viande ou du poisson. Ça paye pas de mine mais certains sont bien nourrissants et c'est pas très cher.

Dans le centre on passe aussi près de grands bâtiments avec des grosses lumières à l'intérieur et d'où sort un bruit pas possible dès que la porte s'ouvre (j'ose même pas imaginer à l'intérieur). Ce sont des parkings pachinko, un mélange de flipper et de jeu de hasard. Comme le dit Wikipédia, ça marche très fort au Japon. Rien qu'à Kashii, en plus des petits, il y a l'énorme Wonderland (la surface d'un parking) et son petit frère (tout aussi gros) juste à côté Wonderland II (le retour).
Kashii c'est aussi trois gares (il y a déjà deux compagnies de train à Fukuoka) dont une avec une seule voie alors que le train circule dans les deux sens (ça fait partie des trucs tordus).
Autre truc typique : les karaoke. Aller passer une soirée au karaoké entre amis et courant. J'aurai d'ailleurs probablement l'occasion d'essayer ça lors d'une soirée organisée à la résidence.

Chose qu'il n'y a pas autant qu'en France : des hôpitaux. Ce ne sont pas des grosses infrastructures comme chez nous : ils sont de petite taille et privés (peut-être pas tous, je ne sais pas). Ici, pas de médecins généralistes ni de pharmacie : quand on a un problème on va à l'hôpital, et si besoin on est redirigé vers un plus gros. On voit d'ailleurs pas mal de publicités pour des hôpitaux.
Au Japon (ou tout du moins à Fukuoka), les trottoirs (quand il y en a) sont pratiquement tous dotés de bandes podotactiles qui se prolongent même dans les stations de métro, pour les mal-voyants. Ces derniers bénéficient aussi aux passages piétons de feux musicaux avec des mélodies qui restent dans la tête.

En plus des nombreux restaurants familiaux qui pullulent au Japon, Kashii a la chance de posséder un gros centre commercial avec notamment ce qui ressemblerait presque à un supermarché. (Il n'y a pas ou très peu de grandes surfaces telles qu'on en a en France.) Des détails une prochaine fois.

mercredi 9 avril 2008

Le japonais en une leçon

Il serait difficile de parler du Japon sans employer des mots japonais ou sans faire allusion à la langue. Et certains points abordés ne pourront se comprendre qu'avec un minimum de connaissances du fonctionnement du japonais. Voici donc un rapide topo pour présenter le B.A. BA.


Syllabaires

Le japonais fonctionne par syllabes (les consommes sont toujours associées à une voyelle). Deux syllabaires (les kana) de 46 caractères chacun permettent d'écrire l'intégralité de ces sons : les hiragana (ex. : ひらがな) et les katakana (ex. : カタカナ). Ils correspondent directement à une syllabe à prononcer, ce qui rend la lecture immédiate (contrairement au français où le lien écriture/prononciation est plus tordu). Il n'existe que 3 exceptions et un cas particulier que nous verrons plus tard. Les katakana ont été étendus pour permettre de représenter des sons non japonais.

Les katakana sont utilisés pour les mots et noms d'origine étrangère. Pouvoir les lire est bien utile car ils permettent de reconnaître des mots (essentiellement tirés de l'anglais) sur la sonorité, et donc d'y comprendre quelque chose au milieu de tous les kanji.


Kanji

Les kanji (ex. : 漢字) sont les caractères d'origine chinoise. Ils servent pour les radicaux des verbes, un bon nombre de noms, etc. et permettent également de différencier les homonymes (assez nombreux), et aussi de séparer visuellement les éléments dans la phrase (on rappelle qu'il n'y a pas d'espaces en japonais).
Les kanji sont très nombreux : il y a 1945 kanji officiels (plus 284 pour les noms propres) mais il en existe bien plus. Chaque kanji a dans la plupart des cas plusieurs prononciations (plusieurs dizaines pour les cas extrêmes), mais chacun reste (en général) associé à un sens ou une idée donnée. La lecture des kanji est donc difficile, et leur apprentissage demande du travail. Connaître beaucoup de kanji est une marque d'érudition.
Dans la vie courante, on apprend vite à en reconnaître quelques uns, notamment pour les noms de lieu. Parfois, les kanji sont accompagnés de furigana (la prononciation écrite en petit au-dessus ou à côté en utilisant un des syllabaires), ce qui permet de tout de même les lire.


Rōmaji

C'est la transcription en alphabet latin des syllabes japonaises, celle que j'utiliserai ici. Elle n'utilise que des caractères normaux excepté le ō qui correspond à un o long. Par soucis de commodité il peut aussi être noté ô ou encore ou (comme pour les hiragana).
Quelques petites différences apparaissent parfois dans la manière de transcrire, mais elles sont minimes.


Prononciation

Si vous lisez ou retenez un mot, autant qu'il soit prononcé correctement. La prononciation du japonais n'est pas difficile à lire. Certaines règles qui peuvent sembler étranges viennent du fait que la transcription est directement tirée de l'écriture en kana.

  • Les voyelles : a, i, o se prononcent comme en français, e se prononce é, u est à cheval entre le ou et le u (ça varie suivant les personnes).
  • Les consommes : s se prononce comme dans sa, ch se prononce comme dansmatch, sh se prononce comma dans chat, le h est aspiré, le f est plutôt soufflé, le j se prononce comme dans jazz, le r est un l (L) tirant sur le r français , le reste c'est comme en français.
  • ou est un o long, ei est diphtongué et souvent proche d'un e long.
  • Quand un y suit une consomme, on lie les deux : myo se prononce comme dans myosotis.
  • Quand on parle un peu vite, quelques diphtongues apparaissent.
  • Quand on parle à vitesse normale, des voyelles sont omises : shiku est prononcé ch'coup, un masu final est prononcé masse, ...
  • Une consomme double (ex. : yatta) se prononce plus longtemps (on insiste dessus).

Hum... après coup, ça fait un peu compliqué, mais en pratique c'est plus simple.

Les 3 exceptions dont je parlais sont parfois directement transcrites corrigées, il s'agit de syllabes prononcées différemment quand elles sont utilisées comme particules (comprendre seules dans un mot) :
  • la particule ha se prononce wa (également dans konnichiha et konbanha) ;
  • la particule he se prononce e ;
  • la particule wo se prononce wo.

Le cas particulier est un n qui peut se placer sans voyelle après. Il est prononcé en général comme en français, et tire parfois vers gn ou m en fonction de ce qui suit ; en pratique ça vient instinctivement.


Finalement c'était plus qu'un petit topo. Promis, la prochaine fois ça ne sera pas un cours.



Ai goto mai tofuru (I got my TOEFL)

Ça n'apparaît peut-être pas clairement, mais le japonais n'utilise qu'un nombre très réduit de sons : peu de voyelles, des consommes qui manquent à l'appel, etc. L'avantage pour nous c'est que c'est pas dur de prononcer du japonais. Par contre l'inverse c'est vraiment pas ça. Essayez de faire prononcer du français ou de l'anglais à un Japonais, il y en a qui se débrouillent plutôt bien mais le plus souvent c'est pas très compréhensible : tu devient tsu, j'ai devient djé, etc. Je ne vous dis pas le nombre de fois que j'ai dû épeler mon nom (les r ils ne connaissent pas).

Petit exemple : le lendemain de mon arrivée on est allé faire un petit tour dans un magasin nommé prononcé donkihôtee. Je croyais que c'était Donkey quelque-chose, mais c'eût été trop simple... Il s'agissait en réalité de ドンキ・ホーテー qui signifie(rait) Don Quichotte.

Dans le même genre, au début on est étonné, voire choqué de voir que La France Juice (ラ・フランスジュース) est le nom donné au jus de poire (il est où le rapport ?), et puis on s'habitue...

mardi 8 avril 2008

L'arrivée... deux semaines après

Après presque deux semaines depuis mon arrivée, voici (enfin) un premier récit de mon séjour au Japon. Quelques remarques avant de commencer...
Si je fais un blog c'est principalement pour pouvoir donner des nouvelles à plusieurs personnes sans avoir à tout répéter. Certains passages ou private jokes qui ne vous seront pas destinés pourront vous échapper, c'est normal.
Je m'excuse d'avance pour le manque d'intérêt et la maladresse qu'auront certaines parties, je n'ai ni l'habitude ni le style pour raconter ma vie par écrit. Au pire, vous pourrez toujours m'insulter par mail.
Je n'ai pas beaucoup de photos pour illustre pour l'instant, mais ça viendra.
Le blog est à l'heure du Japon, soit +900. La France est à +200, soit 7h de moins.

Deux semaines ça fait pas mal de retard à rattraper, un découpage en plusieurs parties qui seront postées petit à petit s'impose.

Tout d'abord le voyage... les 11 heures d'avion avant l'escale à Séoul sont passés plus vite que je n'aurais pensé. Merci à l'écran et à la télécommande qui ont assuré un temps d'occupation non négligeable rien que pour le triturage des boutons et la découverte des différentes options proposées. Voyager avec Korean Air c'est l'occasion de confirmer le fait qu'on n'y comprend rien du tout en coréen et que les asiatiques ont du mal avec la prononciation de l'anglais. Effet qui s'accentue après l'escale où l'anglais laisse peu à peu la place au japonais.
Mais Korean Air c'est aussi l'occasion de voir un film américain de baston/kung-fu se déroulant à Paris avec un Français voulant devenir américain, des Chinois qui parlent japonais, le tout en VF de qualité médiocre sous-titré en chinois. Heureusement il y a le repas pour s'occuper devant le film. La prochaine fois, je testerai les films coréens (s'il y en a sous-titrés en anglais).
À part les films il y a bien sûr de la musique, aussi des jeux (codés par des Français). Très sympa le Tetris à 4h du matin quand on n'arrive pas à dormir : 143 lignes malgré la maniabilité douteuse, j'étais plutôt content de moi. On regrettera cependant le fait que sur la carte (avec notamment le suivi du vol) l'affichage en mode pilote's view ne fonctionne pas.

Une fois arrivé à l'aéroport de Fukuoka, on sent déjà que c'est plus strict (comprendre rangé) qu'à Paris. Le Japonais qui contrôle mon sac à la douane est un peu surpris en sortant les stocks de chocolat made in France que j'ai emporté, mais ne le montre que très peu. Un autre Enseirbien (exilé depuis plusieurs années déjà) nous attend et on se dirige vers le dormitory pour aller dormir, après un rapide détour par un des nombreux combini (j'en parlerai plus tard) pour s'acheter de quoi dîner avant d'aller dormir.

Le peu de temps passé dans les transports en commun (bus, métro, train), dans les rues et dans les commerces font vite comprendre que les Japonais aiment...

  • écrire partout : affiches mais aussi indications sur le sol, panneaux lumineux à faire hurler un réac, etc. (tout ça bourré de kanji bien sûr) ;
  • les voix d'annonce, notamment dans les transports en commun : ça blablate vraiment beaucoup (j'y reviendrai) et toujours à la forme polie (ce qui rallonge les phrases) ;
  • les dessins mignons qu'on voit partout (ex. : le plan de la ligne dans le train), là où en France on a un INTERDICTION, au Japon on a un dessin de policier un peu rondelet, fâché mais gentil.

C'était les premières impressions à l'arrivée. La suite dans un délai inconnu, ça dépendra de la mobilité des air-lutins, particulièrement en forme ce soir, depuis l'immeuble d'à côté... en attendant la connexion stable qui arrivera d'ici deux semaines.