samedi 19 avril 2008

Tranche de vie à Kashii

Ce samedi matin, je suis allé faire un petit tour vers le centre de Kashii où j'avais quelques trucs à faire. Bien que la résidence soit un peu éloignée, c'est tout de même assez bruyant, surtout le week-end j'ai l'impression. Déjà il y a l'environnement naturel : au Japon il y a pas mal de corbeaux, et pas des petits. Le matin ce ne sont pas les oiseaux qui gazouillent mais les corbeaux qui s'y mettent. À cela il faut ajouter le passage des quelques avions : l'aéroport de Fukuoka étant situé dans la ville, on les entend assez bas.

Les matins de week-end on a aussi droit aux activités de clubs des lycées et collèges, et vu qu'il y en a un juste à côté de chez moi... Quand je suis arrivé au Japon, c'était encore les vacances scolaires, mais c'était assez difficile à deviner. Les élèves sont très motivés : tous les matins vers 8h on en voyait dans les rues, et même le dimanche à 7h30 (du matin oui, j'étais dehors à cette heure là un dimanche, je sais que ça peut surprendre). Habituellement on entend les joueurs de base-ball, ce matin j'ai aussi eu droit à l'orchestre du lycée quand je suis passé à côté.

Et puis il y a aussi la musique dans les rues marchandes, les vendeurs qui attirent le client à la voix, etc. En approchant du centre j'ai entendu plein de ~masu. C'était un groupe de 10 ou 15 élèves qui distribuaient des tract pour une association caritative, une écharpe de ladite association sur l'épaule, et qui criait en cœur des yoroshiku onegaishimaaaassssu et autres arigatô gozaimaaaassssu. (Quand je vous disais qu'ils étaient motivés.)
À ce propos, petit aparté sur la langue... En japonais il existe deux formes pour les verbes : la forme neutre et la forme polie (pour le vouvoiement, les formules de politesse, etc.) qui se termine par masu (prononcer masse) au présent (le cas standard). De ce fait, beaucoup de formules de politesse (ou phrases dites pour faire poli) se terminent par ce son. Quand des vendeurs ou autres remercient, ils prononcent très vite le début et allonge la fin si bien que parfois on ne distingue qu'un début-super-rapide-incompréhensible-maaaaaassssu ; mais c'est pas grave si on a zappé le début. Intérêt pour les étrangers : pour toute forme de remerciement ou équivalent il suffit de sortir un aaasssssu et ça passe très très bien, même si on ne met rien avant !

Je savais que les Japonais aimaient bien donner des sacs plastique, mais en fait c'est pire que ça : parfois c'est juste pour la forme : je ne vois toujours pas l'intérêt d'avoir attaché un sac au bout d'un balai puisque primo je le porterai par le manche et secondo on ne peut même pas l'utiliser pour porter le produit. Y'aurait de quoi faire hurler Martoni, notre écolo-réac. Surtout qu'au Japon, bien qu'ils soient (soit-disant) très discipliné, ils conduisent vraiment n'importe comment... aussi bien vélos que voitures. Dans les rues étroites de Kashii, quand y'a des rencontres c'est le bazar.


Fin des trucs en vrac. Cet après-midi ça sera ballade à Tenjin. J'y suis déjà allé le samedi qui a suivi mon arrivée (il y a 3 semaines) mais je n'ai pas encore pris le temps de faire un article dessus. Vous aurez droit à un mix ce soir ou demain.

vendredi 18 avril 2008

Y'a quoi à la télé ?

Ouais, un article sur la télévision ! Allez raconte, t'as vu des jeu débiles ? des anime à la con, des émissions loufoques ? Bah non en fait... Moi aussi j'espérais... mais j'ai été déçu. En fait les trucs qu'on trouve sur Youtube sont tout de même très limités.

À la résidence où je regarde de temps en temps la télé en mangeant (avec toujours un peu d'espoir de tomber sur un truc bien), on capte 4 ou 5 chaînes locales ainsi que NHK, la chaîne publique nationale. À part sur NHK où ils passent de temps en temps des reportages intéressants, le reste, faut pas se voiler la face, c'est plutôt naze. Il faudrait que j'essaie de choper une grille des programmes compréhensible ou essayer à d'autres heures, mais je n'y crois pas trop.
À la limite les pubs sont ce qu'il y a de plus intéressant : c'est plus universel (donc plus facile à comprendre), on découvre des types de produits ou de pubs qu'il n'y a pas chez nous, ... Même pas de pub très spéciale, malheureusement. Un truc qui surprend par rapport à la France : il n'y a aucun jingle ou autre pour signaler le début ou la fin de la pub, sauf éventuellement si ça a été ajouté dans le programme qui est interrompu, c'est parfois assez perturbant.

On peut classer le contenu que j'ai eu l'occasion de voir en trois catégories :

  • les documentaires et le journal télé ;
  • les films et drama ;
  • les émissions faites pour le grand public avec un plateau et des invités.


Je ne suis tombé qu'une seule fois sur une chaîne où y'avait ce qui ressemblait à un journal d'informations, et pourtant j'ai le plus souvent été devant la télé aux alentours de 20h-21h. Il faut croire que l'actualité ça ne passionne pas les Japonais ou qu'ils se contentent des journaux papier (bien plus présents qu'en France). Les documentaires on en voit sur NHK... et c'est tout je crois. J'ai suivi un reportage sur le jeu de go qui n'était pas inintéressant du tout (les schémas de parties, ça aidait à comprendre).

Pour ce qui est des films, rien de spécial à dire, à part qu'au Japon il y a toujours de la VO (avec potentiellement deux pistes audio : versions originale et doublée), ce qui n'est pas une mauvaise chose. Pour ce qui est des drama, là c'est une autre affaire. Un drama est un terme générique pour désigner une série télévisée filmée (les anime, dessins animés japonais, n'en sont pas). Ils peuvent aborder un peu tous les thèmes mais montrent souvent des gens (normaux à la base) auxquels il va arriver des trucs peu communs. Le jeu d'acteur y est souvent pas terrible, voire carrément mauvais : ça fais très préparé, très artificiel. Mais il semblerait que ça soit voulu : dans un film, on peut retrouver les mêmes acteurs avec un jeu tout à fait normal. Y'a parfois des concepts... japonais bizarres. Mardi je suis tombé sur un drama, ça devait être un des premiers épisodes (la rentrée était y'a quelques semaines, donc à raison d'un par semaine...) : une fille se fait livrer chez elle un robot (la raison était expliquée dans les épisodes précédents) à forme humaine (là j'ai eu plus de mal à comprendre pourquoi), un homme bien sûr (faut bien une histoire... on devine la suite) et elle doit l'embrasser pour l'allumer (là j'ai arrêté de chercher à comprendre et je suis remonté dans ma chambre).

Et maintenant le gros de la télévision : les émissions qui parle de bouffe et de rien (mais surtout de bouffe). Prenez un plateau au décor très cheap et fait plus ou moins à l'arrache, plongez-y des invités qui rigolent et ont toujours l'air heureux, ajoutez des morceaux de courts reportages, saupoudrez de grosses inscriptions très colorées reprenant mot à mot certaines phrases des invités en question, mélangez le tout : c'est prêt.
Et les reportages tournent très très souvent autour de la bouffe, et c'est moins marrant que ça et moins loufoque que ça : on vous présente un gentil papi qui cultive ses daicons et qui vous montre comment il cuisine je ne sais pas trop quoi. Et là tous les invités sortent des oishiiiiii (délicieux, trop bon), tabetaaaaaiiiii (je veux [en] manger), etc. Ils sont toujours très enthousiastes et le moindre grain de riz devient LE plat que tout le monde veut goûter (comme tous les plats précédents).
Ça n'est pas toujours aussi direct que ça, mais il y a comme un axiome qui dit que tout émission avec de joyeux invités passe par un point de nourriture. Au début on n'est pas au courant, on se laisse surprendre...
  • Le reportage vous montre des types dans une station spatiale. Ça parle un peu, mais très vite John te sort la bouffe spatiale, spécialement préparée par le chef cuisinier machin, qui doit faire attention à plein de trucs parce que ça ajoute des contraintes particulières. Et hop, on a droit à des tsugooooi (génial, trop fort) tabetaaaaiii, etc.
  • Un jeune adulte vous montre ses quelques ordinateurs, parmi lesquels quelques modèles un peu anciens (un vieux portable Toshiba, comme celui qu'on avait, guère plus récent que ceux qu'on a récupérés Eirbot), on distingue clairement des mots relatifs à l'informatique, ... Cool, un truc un peu geek ! Et là la femme du type appelle à manger et on à droit à des images de comment ils préparent la popote, ce qu'il aime, etc. Les PC passent complètement à la trappe. Cruelle déception...

Bon, même s'ils diffusent des cours de cuisine et autre, il y a aussi des émissions un peu comme en France. Je suis tombé sur une émission une émission que deux ou trois Japonais regardaient. C'était un genre de Star Academy avec tout de même des différences notables :
  • nettement moins de mise en scène ;
  • des candidats plus quelconques et pas sélectionnés pour s'affronter ;
  • les paroles qui défilent en sous-titres style karaoké...
  • ... pour que les téléspectateurs puissent eux-aussi chanter...
  • ... ce qu'ils firent.



Certains se plaignent de la télévision française, mais par rapport à ce que j'en ai vu, c'est nettement mieux que la télévision japonaise, du moins pour ce qui est des chaînes gratuites. Après il y a aussi des chaînes payantes, plus spécialisées et sûrement plus intéressantes, mais ce que j'ai vu m'a déçu.

mercredi 16 avril 2008

C'est l'heure des courses

Le RU est fermé, le frigo est vide, pas même des pâtes sous la main... l'étudiant va au supermarché le plus proche acheter de quoi survivre se sustenter. Pris d'une flemmingite aiguë il a mal prévu son coup : on est vendredi soir et y'a une queue pas possible. Il place ses produits sur le tapis roulant en râlant contre la mémé d'en face qui n'en finit pas ranger ses trois carottes et sa pâtée pour chat. Après avoir traîné les produits pour passer les code barre la caissière annonce le prix d'un air fatigué. Pendant que l'étudiant rentre son code de carte bancaire elle est vautrée dans son siège prête à arracher le ticket de caisse dès son apparition. Une fois tous les achats rentrés dans le sac recyclable vous partez sans savoir si cette fois la caissière aura laissé échappé un semblant de remerciement.

Quelques mois plus tard le même étudiant rentre dans un hyakuen shop (100 yens shop, un magasin où (presque) tout est à 100 yens, environ 0,6 €) histoire de s'acheter un peu de vaisselle et des baguettes. On est dimanche matin et il n'y a pas de queue à l'unique caisse, tout comme le vendredi soir à 19h. Il pose son panier et la caissière, debout derrière sa caisse, l'accueille d'un irasshaimase avant de commencer à passer les produits tout en les transvasant dans un autre panier. En voyant que le client a acheté un produit à 210 yens (et non 100) elle fait une petite courbette et le remercie d'un arigatô gozaimasu. Pendant que l'étudiant prépare sa monnaie, la caissière range les différents produits dans un ou plusieurs sacs en plastiques. Au moment de rendre la monnaie, elle compte les billets de 1000 yens devant l'étudiant avant de les lui donner (à deux mains, avec une petite phrase en sus), lui remet les quelques pièces restantes et le ticket de caisse avant de saluer le client d'un n-ème arigatô gozaimasu (merci beaucoup) tout en s'inclinant.


Dans ces deux cas il s'agit de vécu : la première fois en France, la deuxième au Japon. Ils donnent un assez bon aperçu des différences qu'il peut y avoir. Quelque chose que l'on remarque très vite : le client est toujours bien accueilli. Même si parfois les caissières font un peu la tronche, on a toujours le droit à un bonjour et à un merci. Et c'est souvent plus verbeux avec régulièrement quelques courbettes. Toujours dans le rapport client/caissière, il n'y a pas de caisses à tapis roulant : on pose ses produits et la caissière les fait passer de l'autre côté. Il y a des sacs en plastique tout le temps et partout, même quand on achète un petit produit. Dans les (pseudo-)grandes surfaces la caissière donne quelques sacs plastique au client qui va ranger ses produits (enfin ceux que la caissière n'a pas déjà rangés) un peu plus loin après avoir payé.
Quand on achète, il faut faire attention aux taxes. Parfois les prix sont TTC, parfois non, auquel cas il faut ajouter 5% (ce qui fait notamment que les 100 yens shops sont en réalité des 105 yens shops).

Du fait de la présence de très nombreux kombini (ces petits magasins ouverts 24h/24, 7j/7 qui proposent un peu de tout), il n'y a pas de vraie grandes surfaces comme on les conçoit en France. De manière générale, les magasins ferment tard (22h contre 20h en France). Par contre, quand on arrive trop tard n'est pas sûr qu'il y ait encore un bentô pour le repas du soir.
Cette organisation différente doit sûrement jouer dans le fait que (du moins là où je suis allé), je n'ai jamais vu de queue avec plus de 3 personnes ni attendu plus de 2 minutes pour passer. Les gens achètent généralement par petits lots et il n'y a pas d'heure de pointe comme en France. Cela doit aussi pouvoir s'expliquer par le fait que les dates de péremption (affichées, en pratique on peut déborder) sont souvent (beaucoup) plus courtes : les bentôs sont à consommés le jour même (et vendu à -20% passé une certaine heure), le pain se conserve rarement plus de 4 jours, ...

Pour en revenir aux formalisme dans les magasins, il y a un truc qui est vrai quasiment dans tous les types de magasins, que ça soit un restaurant, un magasin d'électronique, un magasin de vêtements dans une galerie marchande ou autre : dès que vous croisez le regard d'un membre du personnel vous avez droit à un irasshaimase (un bonjour/bienvenu version magasin). C'est caractéristique quand on se ballade dans une galerie marchande : les vendeurs sont debout à attendre et dès qu'on croise un regard on y a droit ; au début on est limite un peu gêné et puis on s'y fait. Dans les restaurants normaux (du genre de ceux où on va manger le midi, pas les restaurants un peu plus haut de gamme) c'est un automatisme chez le personnel : porte qui s'ouvre => irasshaimase, porte qui se ferme => arigatô gozaimasu. À certains endroits c'est limite s'il n'y a pas une personne à la sortie rien que pour dire au-revoir en saluant.


Et dans les magasins ? c'est comment ? À part quelques grands magasins ou spéciaux dont je commenterai la visite une autre fois, je vais exclusivement au Yamada Denki qui est pas loin, un complexe sur plusieurs étage où on peut trouver un peu de tout.
Au rez-de-chaussée c'est la partie plutôt électronique, avec jeux-vidéos (avec des titres qu'on ne verra jamais chez nous, et bien moins chers), DVD, TV, etc. Pour l'ami Jean-Loup ils vendent même des répliques d'armes (type d'airsoft je suppose), et y'a du choix. Juste à côté des consoles de jeu ça fait bizarre quand même. (Je prendrai des photos un de ces quatre si j'ai l'occasion.)

Au sous-sol ce sont plus des consommables et pour la vie de tous les jours. C'est amusant parce qu'il n'y a pas vraiment de limite entre le magasin et l'extérieur. Il serait vraiment facile de sortir sans payer le panier sous le bras (parfois on se retrouve même dans le magasin d'à côté sans le vouloir). Et il y a notamment Hallo Day, supermarché (essentiellement) alimentaire. C'est là que je me prends de quoi manger le matin et le soir. Si on oublie le radio-cassette à moitié planqué derrière un panneau de prix et qui joue une tyrolienne en japonais au dessus des fromages, ils passent de la musique, japonaise évidemment, récente ou ancienne, remixée ou originale... il m'est déjà arrivé de reconnaître des trucs (si si !). Mais le top du top (ou pas), la chanson qui passe le plus souvent (avec le volume plus fort) et qui tranche avec le reste, c'est la chanson thème d'Hallo Day. En gros ça dit que faire ses courses à Hallo Day c'est trop bien, y aller en famille c'est trop bien, ça apporte le sourire, etc.

Elle est loin la France...

mardi 15 avril 2008

Bienvenue à l'ISIT

Ce soir été organisé une petite soirée au restaurant pour fêter la bienvenue aux deux Enseirbiens arrivés depuis peu à l'ISIT.
L'ISIT est un laboratoire privé, financé par des fonds privés mais aussi par la mairie de Fukuoka il me semble, et qui travaille dans le domaine de l'informatique. Dans le cadre de mon stage j'ai à travailler sur un processeur avec une mémoire (type FPGA) reconfigurable dynamiquement. Pour ceux qui voudraient de plus amples informations, vous pouvez me demander ça en privé (ou relouter Martoni qui a pris les devant).

Avant de parler de la soirée, histoire de remplir un peu, j'en profite pour vous parler un peu de l'ISIT d'un point de vue purement social. Je ne vous parlerai pas de la difficulté à comprendre un Windows tellement tout en japonais qu'on dirait du chinois, ou de la familiarisation avec le clavier japonais avec sa barre d'espace très réduite, son QWERTY avec les caractères spéciaux (parfois très mal placés) pas au même endroit que l'US (~goudal aurait pris le clavier Sun que j'ai vu, avec les touches Ctrl et Caps Lock inversées), etc. ... Ah bah si en fait je viens de le faire, tant pis.

La journée de travail normale débute à 9h00 et se termine à 17h45 avec une heure de pause le midi, soit 38h45 par semaine. Vu que je suis payé à l'heure, j'ai la possibilité de faire des heures en plus (ou en moins) et d'être payé (ou pas) en conséquence. Je travaille en collaboration avec les deux autres français qui sont à l'ISIT donc pour la communication (et l'ambiance) ça aide. Le déjeuner se fait au restaurant, avec en général un ou deux collègues japonais.
Les locaux sont situés au 7e 6e étage d'un immeuble de bureau (les Japonais comptent le rez-de-chaussée comme premier étage). On a droit à des ascenseurs vocaux (comme beaucoup de choses au Japon), polis (évidemment) qui nous gratifient de la porte s'ouvre, la porte se ferme, 7階でございます.

Avril étant le début de l'année fiscale au Japon il y a eu changements dans l'équipe : départs et arrivés de plusieurs personnes. À chaque fois, tout le monde se réunit dans l'open-space (un coin réunion où y'a assez de place) pas au garde-à-vous mais presque. On a alors droit à un discours (plus ou moins long) de la personne concernée et également du plus haut placé présent (avec des morceaux d'humour dedans, n'allez pas non plus croire que c'est ultra-coincé). Le tout est accompagné de courbettes à plusieurs reprises, d'applaudissements à la fin, et agrémenté de ありがとうございます (merci beaucoup) et よろしくお願いします (qui signifie plus ou moins : je m'en remets à vous).
Quand une personne revient d'un voyage, il est d'usage qu'elle rapporte des omiage (お見上げ, le お étant une marque de politesse). De manière générale c'est un souvenir (de voyage), dans le cas précis c'est un gâteau local ou autre sucrerie. La personne fait la tournée des popotes et chacun a droit au sien. (Il y a même des magasins spéciaux omiage, histoire de pouvoir prendre un truc, même pris à l'arrache.)


Revenons à la soirée : le rendez-vous était donné à 19h dans un restaurant de Tenjin (天神). Tenjin c'est le centre de Fukuoka, je n'en ai pas encore parlé mais ça viendra (j'ai encore plein de choses à dire en réserve). Étaient présents les 4 français de l'ISIT (dont les 2 stagiaires de l'ENSEIRB), un Brésilien (un vrai, mais qui est là depuis quelques temps et se débrouille très bien en japonais) et 5 Japonais. La soirée n'était pas un vrai repas classique mais un nomikai (飲み会, 飲み = boire, 会 = réunion), quelque chose de fréquent au Japon, surtout entre collègues.
Ça peut dépendre des établissements et de ce qu'on demande, mais quelques plats défilent accompagnés de boissons (alcoolisées de préférence). Suivant les cas l'alcool ou la nourriture peut être à volonté pendant la durée du repas (là c'était 2 heures).

Les Japonais tiennent mal l'alcool, très mal pour certains, mais paradoxalement (ou pas) ils aiment bien se pinter et il n'est pas rare de voir des hommes en costard cravate tituber (ou l'étape d'après) dans les rues en ville passée une certaine heure. Je sens déjà l'inquiétude monter chez certaines personnes alors rassurons-les tout de suite : il ne s'agit pas forcément d'une beuverie (c'est pas un OB à l'Enseirb), et il y a toujours moyen de ne pas boire alcoolisé si on ne veut pas.

Niveau nourriture, c'était pas très fourni ce soir là. Tout d'abord, quelques sashimis en entrée : différents crustacés (calamar, pieuvre, ...) que l'on trempe dans de la sauce soja. Avec ça, un petit truc bizarre que je ne saurais décrire : un genre de sauce avec quelques trucs à picorer dedans, et du foie (d'après ce que j'ai compris, mais du foie de quoi...). Ensuite il y a eu des trucs plus européens et plus classiques, à chaque fois en petites portions (servies dans un plat commun) : salade, viande, pizza, karage (poulet frit), ... Rien de bien exceptionnel.
Côté boisson alcool, ce fut l'occasion de goûter quelques alcools japonais. Il y en a des plus ou moins fort, de plus ou moins bons. Il convient de ne pas mélanger le sake (酒), alcool à base de riz, avec les autres alcools japonais (qui utilisent toutefois le même kanji). Voici ce que j'ai eu l'occasion de goûter :

  • l'alcool de prune est plutôt léger et sucré, pas mauvais du tout ;
  • le shôchû (焼酎) qui peut être de riz, de blé, de soja ou de patate douce, fort pour un alcool japonais mais pas si fort dans l'absolu.
  • le nihonshu (日本酒, littéralement alcool japonais), servi chaud dans des petits tasses en céramiques (hauteur d'environ 5cm, diamètre d'environ 3cm), il est moins fort que le shôchû et pas désagréable à boire.


Après le repas, quelques collègues restent en ville pour aller (re)boire un coup, voire plus...

lundi 14 avril 2008

Ôhorikôen

En début d'après-midi nous sommes partis à 4, deux Enseirbiens et deux habitués de la résidence (un Japonais et un Coréen), en direction de Ôhorikôen (大濠公園, 大 = grand, 濠 = douve, 公園 = parc). En approchant de la gare nous sommes tombés tout à fait par hasard sur un cortège de moines du temple voisin. L'occasion de prendre quelques photos, malgré les voitures qui ne rendaient pas la tâche facile.



Le parc est situé approximativement au centre de Fukuoka et s'étale sur une grande surface. À l'ouest : un château et ses enceintes successives ainsi que les ruines d'un château plus ancien. À l'est : un grand lac (2km de périmètre). Ce n'était pas une visite à proprement parler mais plutôt une grande promenade. Nous avons eu quelques vagues explications historiques du Japonais qui nous accompagnait mais c'est tout. Ne vous attendez donc pas à des décors très variés et des découvertes extraordinaires. Par contre j'ai pris des photos (plus ou moins réussies).

En entrant, on tombe sur des grandes étendues de gazon où se déroulent et se sont déroulés (comme le témoignent les ordures qui s'accumulent près des poubelles) des hanami. Un hanami (花見) est un événement traditionnel japonais. Le nom est formé de hana (花, fleur) et mi (見, voir), la traduction en découle directement. En pratique c'est un pique-nique (bien arrosé pour certains) sous les cerisiers en fleurs. Il y en avait un de prévu à la résidence, mais la météo et des problèmes organisationnels ont fait qu'il n'a finalement pas eu lieu.
Sur la photo ci-dessous, un petit hanami, avec juste quatre personnes. De nombreux pétales tapissent déjà le sol. On avait peur que la période soit déjà terminée, mais les craintes ont vite été dissipées. En tout cas c'est très joli à voir.


Après avoir mangé quelques takoyaki, des boulettes de pâte (normale, à base de farine) fourrées à la pieuvre (tako) et encore et toujours yaki (frites, pour ceux qui auraient besoin d'un rappel), commence l'escalade pour arriver jusqu'en haut de la colline d'où le château surplombe les alentours. Ledit château est entouré d'enceintes successives formant un pseudo-labyrinthe pour obliger l'ennemi à faire du chemin (comme pour le TD à War3). Et encore et toujours des cerisiers en fleurs. Les pétales sont roses et/ou blancs, plus ou moins selon les cas. Quand il y a du vent (ou que quelqu'un s'amuse à secouer une branche, c'est plus efficace) les parfaits pétales de cerisiers* s'envolent : ça fait très cliché, mais ça existe vraiment (mais pas aussi dense que dans l'imaginaire de certaines fictions japonaises).


Une fois en haut, on a une vue sur toute la ville et sur une grande partie du parc. Les cerisiers en fleurs se distinguent très nettement des autres arbres. La visite de la cour intérieure du château se terminant tôt, nous n'avons pas pu y entrer. Et de l'extérieur il n'y a pas grand chose à voir. Étape suivante : le lac.


Le jardin japonais qu'on aurait pu aller voir ferme aussi ses portes tôt. Nous avons donc juste fait un demi tour de lac avant de le traverser : quelques îles et ponts permettent de le franchir par le milieu. Quelques étudiant(es) en uniforme rentrent de l'université toute proche, un naginata ; le moins qu'on puisse dire c'est que pour bosser le cadre est sympa. Dans le lac on peut voir quelques poissons vicieux : ils se postent à la limite (extérieure) de la zone où il est permis de pêcher ; ainsi que des tortues. Au centre il y a même des faucons à qui des enfants jettent du pain : c'est quand même plus classe que les pigeons et corbeaux (qui sont là aussi). Autour on peut aussi voir quelques petits piliers avec des comptines et mimes associés pour les enfants, ça fait très japonais.


Fin de la promenade, après avoir bien marché et sans avoir de pluie.

dimanche 13 avril 2008

Une journée chez Matsuda-san

Aujourd'hui on (un étudiant de l'ENSEIRB qui fait le stage avec moi, et moi) avait prévu d'aller à Ôhorikôen (大堀公園, kôen signifie parc) aujourd'hui. Mais finalement une fête prévue pour demain a été avancée pour des raisons météorologiques. Nous sommes donc parti de la résidence en groupe en début d'après-midi en direction de la résidence de Matsuda-san (san est un suffixe de politesse équivalent à Monsieur/Madame).
Vous ne savez pas qui est Matsuda-san... pour comprendre il faut que je vous parle un peu de la vie à la résidence, c'est l'occasion.

Le Jikyogakusha Kyûshû Dormitory est une résidence qui accueille beaucoup d'étrangers. Il y a pas mal de chambres mais elles sont loin d'être toutes occupées je pense (on ne voit pas beaucoup de têtes différentes). Pour les curieux, cette page donne des détails sur ce qu'il y a (avec photos à l'appui). Ce n'est pas le but de cet article donc je ne m'y attarde pas.
Il y a des Japonais, des Coréens, des Brésiliens, des Boliviens, ... et deux Français, les seuls à ne pas comprendre et parler le japonais couramment. Ça peut surprendre mais les Brésiliens et Boliviens sont d'origine japonaise et parlent donc la langue. Heureusement dans l'ensemble l'anglais suffit pour se comprendre.
Il y a aussi quelques jeunes, des habitués, qui ne logent pas ici mais qui viennent quand même parce qu'ils sympathisent avec les résidents qui se succèdent.

Et Matsuda-san dans l'histoire ? Lui aussi est un habitué de la résidence, à chaque fois qu'il y a une petite fête ou soirée d'organisée il rapporte une bouteille de vin (c'est un connaisseur). Des fêtes il y en a déjà eu quelques unes, j'en parlerai peut-être une autre fois, même si ça fait désordre que le récit ne soit pas chronologique...

Chez Matsuda-san, il y avait pas mal d'étrangers, surtout venant d'Amérique du Sud. Entre les Brésiliens, les Argentins et autres, ça parlait même parfois plus portugais ou espagnol que japonais. Chose rare (pour ne pas dire exceptionnelle), il y avait une personne qui pouvait parler français ! Il y a une collection impressionnante de pantoufles, largement suffisante pour tout le monde. Près de l'entrée (couverte de chaussures) on trouve même un petit meuble ou racker verticalement des paires de pantoufles, dans un style très japonais.
Tout le monde s'est réuni sur le toit pour un déjeuner mélangeant barbecue, paella, tacos, ... La petite table est vite totalement remplie, comme le montre la photo ci-dessous (où il ne reste plus grand chose à manger).


Mais ce n'est que le début du repas, des invités arrivent, d'autres partent, ça discute beaucoup. J'ai été plutôt agréablement surpris en constatant que j'arrivais tout de même à suivre certaines conversations en japonais. Même si ça reste modeste, ça fait plaisir. Après les spécialités plutôt sud-américaines (cuisinées par le maître de maison), des trucs plus japonais arrivent. Par exemple des petits bouts de pain avec du fromage, le tout frit. (Quand je vous disais qu'ils aimaient ça...) ; un alcool assez fort (style rhum) apporté par un Brésilien et placé dans une bouteille style jus de pomme en a surpris plus d'un(e). Une fois n'est pas coutume, j'ai eu l'occasion de tester des sucreries, notamment une sorte de crème blanche sucrée, avec une consistance étrange, et en portions très très petites, bizarre... Pas encore de dangos mais je me suis renseigné sur la question, les informations devraient bientôt arriver.
Je suis également content (si on peut dire ça) d'avoir eu l'occasion de goûter le produit en conserve coréen que avez déjà dû voir avec effroi au moment où vous lisez ces lignes.

Ce sont des larves de ver à soie. Il paraît que c'est bon pour la santé... j'espère bien, parce que ça n'est pas terrible comme goût. Ça n'est pas mauvais, mais ça n'a vraiment rien d'exceptionnel, je n'en mangerais pour le plaisir. C'est petit, ça craque quand on le croque et puis l'intérieur est tout effrité. Les Japonais aussi sont repoussés par ce genre de nourriture, on n'a pas été beaucoup à essayer.

La soirée se termine tranquillement, parmi ceux qui sont encore là on est quelques uns à regarder avec un film (heureusement, y'avait des sous-titres en anglais). C'est la première fois que je vois un home-cinéma dans une pièce si petite. Il y en a pour une fortune en matériel : vidéo-projecteur, son 5.1, ordinateurs, synthés, etc. Mais il n'y a plus place pour être bien placé devant l'écran et au milieu des enceintes. Seul ça doit aller, et encore...
On termine en grignotant un peu autour d'un kotatsu, une table entourée d'une couverture sous laquelle est placé un radiateur. On se met autour en tailleur, les pieds sous la couverture et on est bien au chaud. C'est bien agréable.

En plus de l'intérêt purement matériel d'avoir pu faire deux bons repas, ce fut une journée très intéressante d'un point de vue culturel. L'occasion de découvrir des plats qui ne seront jamais servis dans un restaurant, de voir comment ça se passe quand on est invité chez quelqu'un, la confrontation de plein de nationalités, ... et, encore et toujours, progresser un peu en japonais.

vendredi 11 avril 2008

いただきます

La nourriture au Japon est sensiblement différente de ce qui se fait en France et plus généralement en Europe et ceci à plusieurs niveaux : déroulement du repas, organisation de la table, ingrédients, ... Premier tour d'horizon de la cuisine japonaise avant d'aborder les plats plus en détail.
Remarque : prendre des photos en plein restaurant n'étant pas forcément bien vu, je n'ai pas encore eu l'occasion de prendre des photos de repas, heureusement il y a ce qu'il faut sur le net.

Contrairement à la France où aller au restaurant coûte assez cher, au Japon il est très courant d'y aller, notamment pendant la pause quand on travaille. On en trouve un bon nombre et ils ne sont jamais vides (le midi ils sont même souvent pleins). Les prix tournent en général autour de 700 yens (4,5 €). Le soir, pour l'instant c'est surtout des plats préparés type bentô dont j'ai parlé hier. Le problème des bentôs c'est qu'ils sont fait pour être consommés le jour mais et ne se conservent pas donc longtemps. Quand c'est vraiment la dèche il y a les cup noodles ou équivalents, des nouilles instantanées pas chères mais qui ne remplissent pas trop l'estomac. Eh oui, au Japon aussi le plat du pauvre de l'étudiant ce sont des pâtes.

En France le repas est divisé en trois phases : entrée, plat principal et dessert, avec dans la plupart des cas un plat unique dans son assiette. Le repas japonais fonctionne différemment, un peu à la manière d'un plateau repas : on a devant soi tout une série d'éléments et on pioche dedans dans l'ordre qu'on veut jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien. Le contenu dépend bien évidemment du repas, mais certains éléments reviennent souvent.

  • La soupe miso : servie chaude dans un petit bol, on y a toujours droit. Elle est essentiellement composée d'algues, d'herbes et de soja qui trempent dans une sauce opaque. On y va un peu au feeling avec ses baguettes pour y pêcher quelque chose avant de la boire.
  • Les trucs frits (frit se dit yaki) : les Japonais en sont très friands (hum, pardon). Tamagoyaki (sorte de rondelles d'omelette enroulée sur elle-même, pas mauvais du tout), yakisoba (les soba sont un type de nouilles), karage (poulet frit), etc. Beaucoup de repas en contiennent.
  • Le riz, bien sûr. Servi dans un bol qui sert aussi à retenir ce qui pourrait tomber (quand les bouchées sont trop grosses). C'est dur riz rond (et non long, comme en France), toujours collant (sinon avec des baguettes c'est même pas la peine).
  • Du choux, des mélanges de légumes : le choux est mangé cru et remplace en quelque sorte la salade, les légumes accompagnent le poisson ou la viande. Il y a aussi régulièrement des légumes en lamelles, finement découpés et qui se picorent. (Pas vu de courgettes pour l'instant, juste des aubergines.)
  • Du daicon : la première fois que j'en ai goûté c'était dans l'avion et c'était pas fameux, ce n'est qu'après que j'ai appris ce qu'étaient ces rondelles jaunes et croquantes. Ceux qui sont sur place sont meilleurs mais c'est pas exceptionnel. Le daicon est un gros radis blanc et on a souvent droit à quelques tranches.
  • Des nouilles, de plein de types différents : soba, nouilles de soja (elles sont translucides, c'est rigolo), spaghettis comme chez nous (il paraît que c'est plutôt un plat de filles là-bas), udon (des grosses pâtes), pâtes à ramen, plus d'autres sûrement.
  • De la sauce à base de soja (y'a beaucoup de soja au Japon) : il y en a toujours un pot sur la table, pour assaisonner son chou, son tofu (il paraît que dans le riz, ça ne se fait pas).

Pour ce qui est des fruits, il faut aller faire ses courses soi-même. Certains fruits (bananes, ananas) sont tout à fait corrects, autant au niveau du goût que du prix, d'autres comme les tomates ont une tête bizarre et sont beaucoup plus cher quand France. On trouve également du thé (en bouteille également) et pas mal de produits/arômes bizarres/étranges, mais ça sera pour une autre fois.

Comme vous le savez, au Japon on utilise des baguettes, ou hashi (はし). On utilise tout de même des cuillères pour certains plats japonais (comme le riz au curry) ou produits européens (le yahourt à la baguette c'est pas super). Les baguettes japonaises sont courtes (contrairement aux baguettes chinoises) et en bois (les baguettes coréennes sont en métal, c'est lourd...). La nourriture est adaptée à l'utilisation des hashi mais parfois c'est tout de même dur, par exemple pour découper le poisson (il résiste) ou le tofu (tout mou, il se dépiaute complètement, pour réussir à choper les morceaux après...).
Quand les morceaux sont trop gros (une grosse bouchée de poulet par exemple), on croque un bout et/ou on laisse tomber le reste dans son bol de riz.
Les Japonais n'ont pas du tout la même notion de propreté quand il s'agit de manger. Manger bruyamment c'est le signe qu'on trouve ça bon et peut être vu comme un compliment à la personne qui a préparé le plat. Quand on mange des ramens, on aspire les pâtes bruyament, c'est la bonne manière de faire. Il n'est pas rare non plus de voir des Japonais la bouche collée au coin de leur plateau et y ratissant les dernières bouchées de leur repas.

Et tout ça, c'est beau ? c'est bon ? c'est bof ? C'est nippon ni mauvais ?
N'étant ni gastronome ni très exigeant (je ne trouve pas le RU mauvais, c'est pour dire), je ne saurais donner d'avis valable. Dans l'ensemble je trouve ça bon. Les bentôs sont pas mauvais dans l'ensemble, même chose pour les restaurants. Les repas sont variés et j'aime bien le concept du repas à choix multiples où on choisit ce que va être la bouchée suivante au gré des envies.


ごちそうさま



いただきます (itadakimasu) est une formule de début de repas, l'équivalent de bon appétit.
ごちそうさま (gochisôsama) est une formule prononcée quand on a fini son repas, pour remercier.