dimanche 31 août 2008

Retour en France... et retour au Japon ?

Ça y est, le stage s'est terminé vendredi, dernier jour de boulot. Enfin boulot... c'était assez tranquille et surtout destiné à du rangement, rapatrier les données utiles sur les serveurs de l'ENSEIRB pour pouvoir les récupérer, etc. Les démarches diverses sont bouclées (interrompre sa ligne au Japon c'est bien plus pratique qu'en France : une courte discussion quelques jours à l'avance et c'est réglé). Le sac a été rempli et tout rentre (c'était pas gagné !).Je prends l'avion demain matin (10h30), atterrissage à Charles de Gaulle à 18h20.

Jeudi, il y a eu une soirée d'adieu au restaurant, dans un yakiniku (焼肉, lit. viande grillée). En gros c'est comme un barbecue, mais en intérieur et le matos pour griller étant posé sur la table, il est plus petit. C'était bien sympathique et on a bien mangé et bien discuté : vous saviez qu'au Japon (à part pour les sumos) avoir un tour de taille supérieur à 85cm pour les hommes, 90 pour les femmes était illégal ? Le lendemain, dernier jour de travail oblige, on fait un (court) blabla d'adieu devant le personnel (en japonais s'il vous plaît). Le soir il y avait un genre de meeting organisé par l'ISIT avec des invités venus de je ne sais où. Sur la fin, on est descendu à plusieurs, histoire de profiter des sushis gratos et de discuter avec les employés du pôle administratif (ou comment apprendre qu'une des secrétaires est une gameuse).

Vu que c'est le dernier article (que j'écris vraiment comme ça vient, d'une traite), il va falloir que je parle des trucs biens et moins biens, des regrets, etc. Bon alors déjà je ne regrette pas du tout, je me suis bien amusé et j'ai découvert plein de trucs (oui, ça fait bateau mais c'est vrai). Je regrette un peu de ne pas avoir beaucoup eu l'occasion de pratiquer mon japonais, faute d'avoir été beaucoup en relation avec des Japonais. Ceci dit, mon niveau dans la langue a tout de même bien progressé je pense. D'ailleurs, à force de ne parler français qu'avec les trois mêmes personnes, j'ai perdu certaines habitudes (par exemple ça m'a fait bizarre de vouvoyer un prof de l'ENSEIRB en visite). Et à force de parler et d'entendre du japonais, j'en ai pris d'autres (faire des eeeeh ?, des etoooo, maaaa et autres : les Japonais ont tendances exprimer leur pensée immédiate par des sons), sans parler des courbettes.
Il y a une foultitude de petites différences entre le Japon et la France, surtout liées au mode de vie que j'ai sur place. De retour en France il va falloir abandonner les baguettes et reprendre fourchette et couteau. Plus de riz tous les jours, place au trio entrée/plat principal/dessert. Plus de repas pas cher au restaurant (pas de vaisselle à faire, le pied). Finis les feux rouges interminables et il va falloir se remettre à ne pas traverser que quand le feu est vert (histoire de ne pas passer pour quelqu'un de bizarre). Mes parties régulières de Pop'n Music et de DrumMania vont me manquer. En retrouvant la morosité et le caractère désagréable des Parisiens Français je vais regretter le sourire et la sympathie qu'on a au Japon ; et puis la mode japonaise c'est tout de même plus amusant à voir. Je vais à nouveau comprendre tout ce qui est écrit et affiché dans la rue (y compris la pub...).
Hum... on va s'arrêter là.

Une fois rentré il va tout de même falloir finir le rapport de stage, faire la soutenance qui va avec, et après... Alors justement pour après, bien que rien ne soit encore décidé, il n'est pas impossible que je reparte là-bas (toujours à l'ISIT), pour 6 mois ou plus. Il y a encore des histoires de 希望 (kibô, espoir), de 条件 (jôken, conditions) et de budget... Ce blog ne s'arrêtera donc peut-être pas avec ce article.

dimanche 24 août 2008

Un week-end à Kumamoto

Ce week-end, j'ai quitté pour la première fois la préfecture de Fukuoka pour aller visiter la ville de Kumamoto (熊本), capitale de la préfecture du même nom située au sud de Fukuoka. Nous partîmes 4 (trois français et un Japonais) de Tenjin et nous nous vîmes toujours 4 en arrivant à la gare de bus de Kumamoto 2 heures plus tard. Première impression : pas de doute, c'est une ville japonaise. On n'a pas erré en la ville, mais la traversée de la grande galerie et de quelques rues voisines ont suffit pour se faire une idée.


Première étape du parcours : l'ancienne maison de l'ancien maire de la ville. C'est une résidence traditionnelle, comprendre avec des tatamis (et on se déchausse à l'entrée), des portes et murs qui coulissent, des murs fins avec une armature en bois, des passages entre les pièces où il faut baisser la tête... et du vide, comme le montre très bien la photo de gauche. Il faut le dire : les pièces ne sont pas très remplies, et en plus c'est peu éclairé. Comme ça n'apparaît pas sur les photos, le symbole du clan auquel appartenait monsieur le maire revient régulièrement, et pas que dans sa maison (on le voit dans d'autres lieux, sur les monuments, ...). La visite permet de voir quelques éléments de la vie des gens aisés de l'époque, mais pas trop quand même : vu que c'est plutôt vide, la visite c'est surtout pour l'ambiance.



Pour la suite, c'est juste à côté, visite du château de Kumamoto (熊本城, Kumamoto-jô), le lieu touristique numéro 1 du secteur. J'avais déjà très vaguement évoqué les ruines du château de Ôhorikôen, mais ça mérite un peu plus d'explications. En Europe on a deux grands types de châteaux : les imposants châteaux forts qui sont là pour les guerres de courtoisie entre voisins et les luxueux châteaux style Versailles qui sont là pour frimer auprès des voisins, en toute courtoisie également, et aux frais du contribuable. Au Japon ce sont des châteaux sérieux, ceux où se te tape dessus. Toutefois l'approche est différente... elle est beaucoup plus longue. La partie principale est bâtie sur une colline et protégée par des enceintes successives dont les murs sont inclinés comme il faut pour pas que l'ennemi puisse l'escalader. Le but de l'assaillant c'est de faire tomber ces barrières une par une. Le but du défenseur... c'est de l'en empêcher. Du coup, en plus d'être en pente, le chemin est plus ou moins labyrinthique et surtout long : les châteaux sont très étendus et pour arriver en haut y a du chemin.

Pour protéger tout ça, on ajoute des remparts et des tours, le tout équipés de meurtrières, ouvertures pour balancer des cochonneries sur ceux qui voudraient escalader, etc. Là où ça fait moins sérieux c'est que quasiment tout est en bois. Donc avec un bon canon ou quelques flèches enflammées y a de quoi faire des ravages. C'est d'ailleurs ce qui arrivait : le château a été reconstruit plusieurs fois au cours de son histoire, plus ou moins partiellement. Sur la photo de gauche on peut voir deux tours : une petite à gauche et la tour principale (l'équivalent du donjon) à droite. Sur la photo de droite, une vue du haut de la tour principale qui donne une idée de l'étendue du château. On remarquera l'important brouillard (il pleuvait ce jour là) et les spots-à-la-con allumés le soir qui t'explosent les yeux (bon, ok, de l'extérieur ça fait pas mal).



Le château possède plusieurs parties à visiter. D'abord il y a une des tours d'enceinte. Y a rien dedans à part du noir et on fait juste monter après avoir pris soin de se déchausser à l'entrée (comme quasiment partout en fait). Dans la tour principale là il y a plus de trucs. Des ribambelles de noms de généreux donateurs sur des petites plaquettes de bois alignées, des objets de l'époque, des maquettes, des photos d'autres châteaux japonais, ... et une vue en haut. La dernière partie remarquable est une section du château restaurée en utilisant les méthodes de l'époque mais avec du matériau neuf, permettant ainsi d'avoir une idée de comment c'était à l'époque. En fait c'est plus une reconstruction qu'une restauration vu que la section entière a totalement brûlé je ne sais plus quand. C'est amusant parce que comparé à la tour d'enceinte qui fait plus que vieillot, on a quelque chose qui sent encore le neuf, bien éclairé, etc. On a l'occasion de voir différentes salles (notamment la cuisine) ainsi que des peintures/fresques en train d'être faites (la restauration n'est pas totalement achevée).


Pour le dîner, c'était une soirée très sympathique accompagnés d'une connaissance japonaise d'un des Français dans un izakaya (居酒屋). Je n'avais pas évoqué le nom, mais c'est le type de restaurant où on va pour les nomikai. On sert une série de plats collectifs, avec des trucs un peu chic genre sashimi, et chacun pioche dedans. Après une nuit à l'hôtel (y'a des drama bizarres à la télé le samedi soir...) et un petit déjeuner japonais avec soupe miso, onigiri (boulettes de riz) et thé, on refait un petit passage par la résidence du maire pour récupérer un parapluie oublié. Finalement c'était pas une mauvaise idée cet oubli vu que contrairement à la veille, il faisait beau : plus agréable et mieux pour les photos.

Ensuite on prend le tram hyper archaïque de la ville, avec un quai qui ne doit pas faire plus de 75 cm de large (difficile de s'éloigner de la bordure du quai), pour se rendre dans le jardin japonais de Suizenji (水前寺) avec son temple, son lac, sa verdure et ses boutiques souvenirs. Rien de très exceptionnel, c'est surtout une occasion de se promener. Près du temple il y avait un genre d'autel curieux, avec des statuettes de chats et des pièces alignées sur le devant. Je ne sais pas quel est le but, mais c'était la première fois que je voyais ça.


Après s'être baladés, c'est l'heure de déjeuner. Au menu : donburi (丼), un gros bol de riz avec des trucs dedans (œuf, viande, ...). Dans celui que j'ai pris il y avait un poisson proche de l'unagi et tout aussi bon. Dans un des autres menus on avait droit à une petite coupelle comportant des œufs d'un poisson quelconque et dont je ne suis pas très fan et surtout une espèce de pâte verte gluante. Ils aiment bien les trucs gluants au Japon. C'est pas forcément mauvais mais ça reste spécial ; et quand on prend ça avec ses baguettes on peut observer les propriétés physiques particulières de la chose. En général, c'est difficilement descriptible alors on se contente de dire que ça a le goût de ce à quoi ça ressemble, un truc gluant vert.
Ensuite c'est l'heure de rentrer à Fukuoka. Avant de prendre le bus, on achète comme il se doit des omiage (お見上げ), des sucreries/gâteaux/petits trucs à manger qu'on distribue aux collègues et connaissances après être revenu de voyage. C'est vraiment un truc ancré dans la culture japonaise. Il faut savoir que ça s'achète souvent au dernier moment : les gares et terminaux de bus ont toujours quelques boutiques dédiées.


Pour conclure : c'était un week-end sympathique et agréable. Par contre les lieux de visite ne sont pas toujours très remplis. C'est le petit côté contemplatif japonais...

mardi 19 août 2008

Des nouvelles en vrac

Ça fait longtemps que je n'ai rien posté : occupations autres, pas de sujet, manque d'inspiration, lassitude, flemme... Pour rattraper un peu le retour, voici un bref résumé, pas trop chargé en notes culturelles.


Le premier jour du mois (oui, ça remonte à loin) il y a eu un grand feu d'artifice à Ôhorikôen, sponsorisé par des grosses boîtes. Le soleil se couchant relativement tôt, il peut avoir lieu en début de soirée (19h30 environ) et durait pas mal de temps (1h30-2h). Les feux d'artifice (花火, hanabi de 花=fleur et 火=feu) ne m'intéressent/emballent/passionnent pas vraiment, surtout que quand on est seul c'est moins fun. J'arrête de faire le mec blasé pour parler des trucs sympa. Comme d'habitude quand y a une fête on a droit à la ribambelle de stands vendant de quoi se sustenter, les quelques jeux classiques des matsuri, etc. Et cette fois-ci, été oblige, on enfile son yukata. Les yukata sont des kimono d'été, plus légers et moins contraignants que les kimono classiques, et très colorés pour ceux féminins. On ne le met pas tous les jours, mais quand y a un événement, on en profite (surtout les filles, pour les garçons c'est plus rare). Il y avait du monde mais c'était amusant de se balader et de voir toutes ces couleurs, surtout que c'est joli un yukata bien porté.


Dimanche 3 août on est parti en visite de Yanagawa, une ville à 45 minutes de Fukuoka réputée pour sa rivière qu'on peut descendre en barque, ses unagi (anguilles) et ses quelques onsen (sources chaudes naturelles). Mon appareil photo et son indicateur moisi de batteries qui se vident en un rien de temps m'ayant lâchement laissé en plan, je n'ai pas de photo, mais je devrai pouvoir en récupérer d'ici peu... On a commencé par la descente en barque, l'occasion de traverser la ville calmement. Il n'y a rien de particulièrement notable à voir lors de cette balade. Le guide donne quelques explications auxquelles je ne capte évidemment rien. J'ai juste retenu qu'il finissait toutes ses phrases par un ne (les japonisants comprendront).

Pour le repas du midi, Yanagawa oblige, c'est unagi. Pour ceux qui se demanderaient ce que ça peut donner, c'est vraiment pas mauvais du tout, très fondant malgré quelques fines arêtes qui ne se sentent pas. L'unagi étant un poisson cher, il était servi en relativement petites quantités, à ne pas avaler en une bouchée si on veut en profiter et ne pas se retrouver en deux secondes avec plus que le riz.
Le dernier truc notable, c'était la source chaude publique dans laquelle on pouvait s'y tremper les pieds librement avec les quelques personnes du coin qui étaient là. C'est agréable et bien détendant.


Le vendredi 8 août avait lieu le nomikai bi-annuel de l'ISIT, avec près de 30 personnes. Pour rappel, un nomikai c'est littéralement une réunion pour boire et en pratique une soirée resto avec les collègues. La réservation avait été faite dans un restaurant chinois de Tenjin, avec tables tournantes (paraît que c'est traditionnel) mais basses. Si y'a bien un truc que je hais ce de devoir me mettre en tailleur pour manger. Parce qu'avec mes jambes trop longues aussi souples que des spaghettis crus... j'ai du mal (et mal aussi). Pour la petite histoire, ça m'a déjà valu quelques mésaventures.
Après avoir payé leur place, les convives tirent un numéro au hasard pour savoir où ils seront placés. Chose amusante, et courante au Japon semble-t-il, le tarif était échelonné en fonction du niveau hiérarchique, avec un rapport du simple au double entre les big boss et les employés normaux en bas de l'échelle. Comme il n'y avait pas de numéro 42, j'ai fait simple en piochant le 1, qui m'a fait me retrouver avec pas mal des big boss en question. Mais bon, en pratique on pouvait changer de place pour aller bavarder avec la tablée d'à côté et plus marrante.

Le repas n'était pas mauvais du tout et souvent bien épicé, l'occasion de tester quelques saveurs (ça fait classe dit comme ça). On se sert un peu comme on veut du plat en cours et on mange dans sa petite assiette avec ses baguettes. D'ailleurs pour ça des baguettes c'est bien pratique : moins encombrant et plus facilement dans des positions tordues. Comme il se doit, c'était nomihoudai (boisson à volonté). Le service assuré par les serveuses en kimono était impeccable (vidage de table efficace, anticipation des besoins en boisson, ...). Les nomikai c'est aussi l'occasion de parler japonais. J'ai été agréablement surpris de constater qu'avec mon vocabulaire plutôt pauvre et mes maigres connaissances de grammaire (beaucoup de phrases toutes faites) j'avais de quoi assurer une discussion, même simple. Il faut dire aussi que ce sont souvent les mêmes trucs qui reviennent... Mais c'est plus sympa quand on peut rigoler avec les autres et participer. Les Japonais se sont dit impressionnés par non niveau de japonais, mais il faut savoir qu'ils dotés d'une très forte tendance à l'exagération quand il s'agit du dire du bien de quelque chose.
Ce fut une soirée bien sympathique.


En fin de semaine dernière, c'était Obon (お盆), la fête des morts au Japon, souvent férié. Beaucoup de personnes en profitent pour se réunir en famille. Chez nous c'était pas férié mais ça n'a pas empêché les employés de prendre des vacances. Résultat, y avait pratiquement personne dans les bureaux, tout le monde ayant pris des congés pour aller rejoindre sa famille ; enfin sauf notre collègue otaku qui lui est parti comme il se doit au Comiket.
Obon marque aussi la fin des vacances d'été. Lundi les cours ont repris, les transports en communs se sont reremplis, les élèves en uniformes sont revenus en masse. En parlant de congés, j'ai appris tardivement que j'avais quelques jours de vacances à déposer... ça aurait bien qu'on nous communique plus de deux semaines et demi avant notre départ.


Moins de deux semaines avant mon retour en France. Un week-end à Kumamoto de prévu (cool), un rapport de stage à finir (pas cool)... Ça se termine.

mercredi 6 août 2008

Bêtes, mais surtout bestioles

Gnurf, déjà 10 jours depuis le dernier blabla... ça va pas tout ça. Ce 42e article donnera quelques réponses (à défaut d'avoir les questions) sur la vie animale à Fukuoka. Un sujet pas vaste du tout, parce que les animaux, ça ne court pas les rues. Il y a bien quelques chats errants et chiens/chiots accompagnés de leur maître... mais y'a rien à dire sur eux, ils sont comme en France (la différence c'est tout de même que je n'ai jamais eu l'occasion de voir de déjections canines sur le trottoir).

Fukuoka, comme bon nombre de villes, a bien entendu son gang de pigeons. Par contre ils n'ont vraiment de rien impressionnant : ils ne sont pas bien gros et surtout peu nombreux. La raison ? C'est qu'il y a un autre groupe de piafs in black dans le secteur qui a su s'imposer : les corbeaux. Et forcément, quand tu mets un corbeau et un pigeon côte à côte... tu sens bien que le frêle pigeon a intérêt à garder profil bas. Est-ce qu'on y gagne au change ? Non, on y perd même. Déjà un corbeau ça fiente autant qu'un pigeon si ce n'est plus (du fait de la différence de taille). Mais le corbeau a aussi le chic de venir croasser (tôt) le matin près des habitations, et ça croasse fort un corbeau.

Dans les différentes rivières, étangs ou lacs on a l'occasion de voir (surtout dans les parcs) des poissons assez gros, notamment des carpes koï (koi étant le nom japonais pour carpe), souvent blanches à taches rouges. À noter qu'à l'occasion du kodomo no hi (jour des enfants, qui tombe le 5 mai, pendant la Golden Week on peut voir des koinobori (鯉幟, littéralement bannière carpe) qui ont cette tête ; il y en a une pour papa, une pour maman et un par (petit) garçon. J'en avais entendu parlé, mais n'en ayant que quelques uns, je n'avais rien écrit dessus.
Un autre animal aquatique que j'ai vu et dont le nombre m'a laissé médusé... les méduses (hum, pardon). Un jour, la petite rivière qui passe à côté de la résidence en était littéralement saturée. En tout cas ne ça donne pas envie de se baigner... déjà qu'à la base des plages artificielles toutes carrées c'est pas le top.

Dernière famille animale : les insectes. Ça doit être lié au climat, mais au Japon les insectes c'est taille XXL. Prenons par exemple un cafard japonais, avec ses 5 bons centimètres il en impose (la première fois ça surprend). Et non seulement il est rapide mais en plus il reste bien aux insecticide (coriace la bébête). Dès que l'été arrive il est aussi fortement conseillé de fermer la moustiquaire afin de limiter l'arrivée de moustiques, araignées, fourmis en période de reproduction (donc volantes) et autres bestioles qui n'hésiteront pas à se balader chez vous, à passer sur votre écran pendant que vous regardez un film ou votre clavier pendant que vous tapez, à mourir sur vos genoux, à venir goûter à vos restes alimentaires, à venir squatter votre dos ou votre cou, ... J'ai aussi eu droit à un tapis de cadavres de fourmis devant ma porte. Très sympathique comme vous pouvez l'imaginer... mais on s'y fait.
Il faut savoir qu'en plus de cela, les Japonais sont fans d'insectes. J'avais déjà évoqué la présence de stands en vendant dans les matsuri, et il y en a aussi dans certains gachapon. Je vois tout à fait les enfants Japonais se balader en bordure de la ville, ratissant les bois dans les hautes herbes pour attraper des Pokémon insectes pour leur collection ou pour affronter le copain (Insécateur, go!).

On va finir sur un insecte et pas des moindres : la cigale. Déjà les cigales japonaises (蝉, semi) sont grosses : difficile de ne pas voir les cadavres qui apparaissent de temps en temps dans les escaliers. Mais surtout, c'est bruyant. Alors là j'entends tout de suite certains dire que c'est parce que je ne suis qu'un sale geek incapable d'apprécier le doux chant des cigales que nous offre Dame Nature. À ces personnes je conseille le trajet station de Nishijin - SRP Building un matin d'été, qui leur permettra de se rendre compte qu'un c'est tout sauf doux : ça en balance des décibels. Une fois arrivé on en a vraiment plein la tête, ça fait du bien quand ça s'arrête.
Il y a plein d'arbres qui bordent la route et quelques jardins ou parcs, et ce tout au long du chemin. Les cigales s'en donnent donc à cœur joie ; elles s'entendent de loin et couvrent aisément le bruit du trafic automobile. Autre exemple, le matin j'entends plus les cigales qui sont dehors que le réveil à 50 cm de ma tête (et si je garde la fenêtre ouverte, c'est juste pour pas (trop) crever de chaud).
Les cigales font deux sortes de bruits : un sifflement continu qui fait mal au crâne et qu'on entend surtout au début de l'été et qui laisse ensuite la place à un ksss ksss plus classique. Parfois on a aussi des sons très bizarres : « Tiens, un hélicoptère ? Ah non, des cigales psychopates. » ; « Tiens, ils construisent un truc dans le coin ? Ah non, ce sont des cigales qui imitent des engins de chantier. » (ça sent le vécu, c'est normal). Le midi elles se calment et le soir ça va encore. C'est vraiment le matin que c'est le pire, et ça commence tôt (au moins 6h, avant j'étais pas réveillé).


Voilà, fini, on a fait le tour. En gros ce qu'il faut retenir c'est que y'a pas beaucoup d'animaux (en ville c'est plutôt normal) et que le peu qu'il y a est à mettre dans la catégorie des nuisibles, section grandes tailles.

samedi 26 juillet 2008

Le retour des transports

Comment ? Mais il y avait déjà eu un article sur le sujet. Ssscrooc s'empressent de dire les deux élecs du fond. Oui mais j'ai quelques nouveaux trucs à dire depuis la dernière fois, et pas mal de généralités.
Pour les curieux, le site du métro de Fukuoka rassemble pas mal d'informations. En cliquant un peu partout vous pouvez tomber sur une description rames, ce qui est mis en œuvre pour se protéger des vilains terroristes, ... le tout avec des photos.

La dernière fois, j'avais parlé des machines pour acheter ses billets. Il existe évidemment des tarifs forfaitaires pour les habitués ou pour des occasions particulière. Il y en a même un bon paquet (en voici une petite partie), entre les pass normaux, les forfaits avec place de parking, les tickets valables pour se rendre dans la gare voisine, forfait voyage+hamburger, etc. Et il y a souvent une grosse campagne de pub quand une nouvelle carte de transport est annoncée. Personnellement j'ai une simple carte mensuelle (aperçu), bleue parce que je suis en garçon (pour les filles c'est rose bien entendu), valable de Kashii-Miyamae à Nishijin, ce qui est bien utile ça permet d'aller à Tenjin sans avoir à prendre de ticket.

Les transports sont toujours très ponctuels, ce qui est vraiment appréciable. Le personnel fait aussi tout son possible pour être agréable. Il y a le préposé aux gozaimasu en rafale dont j'avais déjà parlé, les お疲れ様です (otsukare sama desu, une formule pour remercier quelqu'un de son travail), l'employé qui attend l'arrivée de la rame avec une rampe qu'il dépliera devant la porte pour que l'handicapé en fauteuil puisse descendre sans encombre, etc.
Tiens, un truc sans rapport : dans certains trains de la JR il y a un système de sièges amovibles qui permet de passer de deux rangées de deux places à un carré de quatre face à face ; c'est tout bête mais c'est très sympa quand on est plus de deux pour pouvoir discuter, ou quand on veut juste se mettre tout seul (ou à deux). C'était l'anecdote du jour.

On le sait, les Japonais sont très rangés. J'avais déjà parlé des files devant les portillons qui se forment de manière très fluide (parfois un passager pressé s'intercale dans la file, mais toujours sans accrochage). Mais il y a aussi la manière d'attendre sur le quai (quand il y a la place pour, ça demande de l'espace). Ça m'a surpris la première fois que j'ai vu ça alors qu'il y avait pas mal de personnes qui attendaient. En général quand j'attends qu'une rame arrive je me pose sur le quai à un endroit quelconque, j'attends, et quand elle arrive je m'approche des portes. Les Japonais fonctionnent différemment : le train n'est même pas encore annoncé qu'ils attendent à l'emplacement des portes, bien alignés sur deux files (comme il se doit). Ça fait des colonnes de personnes bien longues qui donnent l'impression que le quai est plein, assez surprenant.

Il est amusant de regarder les nombreuses affiches des stations. Il y a tout d'abord les gagnants du concours de posters sur les bonnes manières dans les transports en commun (les affiches sont assez amusantes), et une autre rappelant ces bonnes manières. Dans le même ordre d'idée, à la fin de l'été sont aussi apparues des affiches (dessinées bien entendu) avec une madame fort triste derrière laquelle on distingue l'ombre d'un homme au sourire mauvais, le tout sur fond rose fushia avec marqué en gros チカンは犯罪 (chikan ha hanzai, la perversité est un crime), message à l'intention des mains baladeuses.
Il y a aussi la pub pour la sortie prochaine de la peluche ちかまる (chikamaru, la mascotte du métro de Fukuoka). Ils aiment bien ça au Japon, les mascottes ont la cote. Et quand je vois celle des pompiers de Fukuoka ça me rappelle fortement les pompiers Fabuland de mon enfance.

Dans les rames, il y a décidément trop de messages vocaux. Au début on s'amuse à comprendre ce qu'il veulent dire mais on a vite fait le tour et ça devient une rengaine un peu lassante, entre les consignes sur l'usage du téléphone portable, faire attention aux pieds du voisin, etc. Je n'avais pas d'enregistrement la dernière fois, aujourd'hui je vous propose cette vidéo du trajet Hakozaki/Kaizuka (le terminus), avec en bonus l'écran de led déjà évoqué. Pour une raison que j'ignore, il y a deux parties avec presque la même chose, vous pouvez commencer à 2:14. Ce trajet est le plus long et le message est vraiment minimal (quand ça parle de téléphone ça dure trois plombes) donc ça ne voit pas trop, mais en moyenne ça occupe une bonne partie du temps de voyage.

En plus des messages sonores, il y a les messages visuels, la pub. Ce qu'on peut dire c'est qu'il y en a un paquet (cliquez sur l'image pour des détails, vous avez aussi les liens en haut pour les autres espaces et même la grille de tarifs), parfois mêlés aux consignes diverses (attention aux portes, etc.). C'est amusant les pubs parce que ça occupe quand on essaie de les déchiffrer, ça permet d'être un peu au courant des trucs du moment (l'annonce des soldes, les derniers films, la sortie de MGS4, ...), de voir des pubs marrantes et/ou ridicules, ... Régulièrement dans le train on a droit l'intégrale, par exemple la pub rouge vif Mama Pasta partout, difficile de la rater. En ce moment c'est la série des open campus, journées porte ouvertes pour les université. Les vacances d'été on commencé la semaine dernière ; en ce milieu d'année scolaire, c'est choisir pour quelles universités on va postuler (entrée sur concours). Et il y a de tout : en plus des formations usuelles on peut par exemple voir des école comme celles destinées aux futures épouses où on apprend à faire la cuisine, s'occuper des enfants, ...


Plus le temps passe et plus je me dis que le métro est endroit vraiment très représentatif du Japon. On y retrouve tout plein d'éléments caractéristiques du pays, des habitudes des gens, des usages, etc. Autant de choses qui font que, pas de doute, je suis bien au Japon.

lundi 21 juillet 2008

Courrier

Il y a deux semaines j'ai envoyé une série de cartes postales, elles doivent toutes être arrivées à destination maintenant. Comme il faut bien que je parle de quelque chose, parlons courrier, lettres, cartes, ...

Le but n'étant pas de faire dans la longueur, je vous épargne les lapalissades du genre le Japon a un service postal pour aborder les choses plus (a)typiques. Les bureaux de poste, boîtes aux lettres et compagnie se repèrent facilement grâce au 〒, le symbole postal japonais. En plus la couleur de la poste c'est le rouge, donc ça se voit bien. Si vous êtes au Japon et que vous avez du courrier à envoyer, même si vous ne parlez pas un mot de japonais ça se passera sans problème.
Première étape, je me suis rendu dans un bureau de poste (j'ai la chance d'en avoir un petit en bas de l'immeuble où je travaille). Je suis le seul client, pas besoin d'attendre. Je me présente au guichet avec mes enveloppes (non timbrées) que je présente à l'aimable employée qui n'aura pas manqué de me saluer. Pour la forme je dis que j'en ai cinq, à destination de la France et du Royaume-Uni, mais ça n'était pas nécessaire. En France, habituellement c'est à ce moment là qu'on vous invite suggère refoule vers les automates, ou si vous avez de la chance, qu'on vous demande si vous voulez des timbres. Là, l'employée vérifie rapidement les enveloppes, tapote sur sa caisse : ça fera 550 yens (environ 3,50€). Je paye, j'ai droit à un petit papier (une offre quelconque que l'employée essaie de m'expliquer, voyant que je n'arriverai pas à comprendre, j'acquiesce poliment et je pars), terminé. On apprécie la simplicité et la rapidité du service. Notez que dans l'histoire je n'ai pas vu à quoi ressemblaient les timbres japonais...

J'avais déjà parlé du format des adresses dans le troisième article, reprenons avec un exemple complet : l'adresse à utiliser si vous voulez m'écrire.
813-0012 福岡県福岡市東区香椎駅東1丁目11番23号
Vous avez, dans l'ordre :

  • 813-0012, le code postal, information redondante qui dépend de la préfecture et de la ville ;
  • 福岡県 (Fukuoka-ken), la préfecture ;
  • 福岡市 (Fukuoka-shi), la ville (ici c'est le même nom que la préfecture, mais c'est un cas particulier) ;
  • 東区 (Higashi-ku), le quartier ;
  • 丁目 (choume), numéro de quartier-plus-petit (difficile de trouver un mot), l'idée c'est que c'est une subdivision du 区 (ku) ;
  • 番 (ban, numéro quand on compte une série), désigne le pâté de maison (séparé du reste par des rues) ;
  • 号 (gou, numéro au sein d'un groupe, oui il y a plein de manière de compter en japonais), le bâtiment dans le pâté de maisons.
Il est fréquent de ne pas utiliser de kanji pour les nombres et de les séparer juste par des tirets (c'est plus simple à écrire), d'ajouter le nom du bâtiment, celui de l'appartement, etc. (rien d'exceptionnel).
Si vous avez à envoyer un courrier au Japon, sachez que vous pouvez tout à fait écrire l'adresse en alphabet latin sans trop vous soucier de l'ordre des éléments (le système est permissif). Par exemple vous pouvez vous passer du Fukuoka-ken Fukuoka-shi et juste indiquer Fukuoka City, ça passera comme une lettre à la poste... c'est le but d'ailleurs.

Le japonais pouvant s'écrire de haut en bas et de droite à gauche, en plus des formats d'enveloppes qu'on a chez nous, les Japonais utilisent aussi des enveloppes verticales. À noter que les enveloppes n'ont rien pour fermer : pas d'autocollant ou de colle à lécher, prévoyez du ruban adhésif si vous voulez fermer. Dans les magasins on peut aussi trouver des enveloppes ornées de rubans/cordons de différentes couleurs (noir, blanc, rouge et or), le format est systématiquement vertical. Sur les modèles bas de gamme ça sera un simple dessin, mais en général vous avez des vrais rubans (comme ici) et une enveloppe qui se rapproche plus du tissu que du papier ; il peut aussi y avoir de jolis décorations, ou des plus moches (j'en ai vu des assez spéciales, blindées de rose avec une petite robe de poupée en tissu... très japonais). Ces enveloppes sont utilisées directement, soit repliées autour d'une vraie enveloppe (ça donne un truc assez épais au final).
On utilise ces enveloppes spéciales pour envoyer de l'argent (accompagné d'un petit mot) en guise de cadeau pour divers événements : mariage, naissance, funérailles, ... ; la couleur des rubans variant selon l'événement en question (il convient donc de ne pas se tromper). Je n'ai pas expérimenté la chose, mais il paraît qu'il y a des tarifs spéciaux pour ces enveloppes (certaines pouvant atteindre des poids assez importants). Détail culturo-linguistique : il serait déplacé d'envoyer une somme avec un 4 dedans (par exemple : 42000 yens), 4 (四) pouvant se lire shi qui s'écrit aussi 死 et signifie alors mort.

Pour terminer, les cartes postales. Ceux qui en ont reçu remarqueront qu'elles ne sont pas faites pour écrire l'adresse au verso. Les cartes sont achetées bien protégée dans un petit sachet plastique et vous l'envoyez dans une enveloppe. J'ai été un peu surpris par le choix proposé dans le magasin ou je suis allé en acheter. (Je précise que je n'ai pas fait 36 endroits, je n'ai donc pas une vision globale de ce qui est proposé.) Déjà, vous ne trouverez pas de petite boutique donnant sur la rue avec des séries de cartes postales pour les touristes. Ce type de carte est très difficile à trouver, pour ne pas dire inexistant. On trouve bien quelques jolies photos sans rapport avec Fukuoka mais que très très peu de clichés des lieux caractéristiques de la ville. Le style est moins excentrique/déconne que ce qu'on peut voir en France. Bizarrement les cartes pour souhaiter un bon anniversaire ou équivalent sont rares. Parmi ce que je ne m'attendais pas à trouver : des cartes de vœux en français (mais bon, le français c'est cool, ça peut se comprendre), des cartes représentant des affiches de pub françaises du début du siècle et même une carte de La guerre des boutons (mais qu'est-ce que ça fout là ?).


Bon... je crois que j'ai fait le tour, en mélangeant un peu tout... Quand je reçois du courrier à la résidence (déjà il faut repérer son nom parmi tous les kanji, quand c'est écrit en petit c'est pas toujours facile) c'est le plus souvent des trucs tout en japonais avec des formulaires très bien expliqués... mais en japonais, des tonnes de papier remplis de kanji et devant lesquels ont se sent impuissant (ça veut dire tous ces trucs là ?). J'imagine même pas le Japonais exilé en France face aux incompréhensibles papiers de l'administration française.

mercredi 16 juillet 2008

Le festival Yamakasa

Après le Dontaku d'il y a deux mois, la ville de Fukuoka a organisé comme chaque année un autre festival : le Yamakasa (山笠, aussi orthographié Yamagasa) de Hakata Gion (oui c'est encore le quartier d'Hakata qui s'y colle). L'événement s'étend sur deux semaines (du 1er au 15 juillet), les premiers jours étant surtout destinés aux préparatifs.

La première chose qu'on remarque, ce sont les grandes statues éparpillées dans Fukuoka, à Hakata et dans quelques coins très fréquentés comme Tenjin. Un plan est était disponible pour ceux qui voudraient toutes les voir (il y en a environ une douzaine). Comme on peut le voir sur la photo, c'est grand, très grand ; il y a deux côtés à voir à chaque fois, et c'est toujours à peu près le même genre de décoration : un amoncellement de créatures très colorées (surtout dorées en fait). Les emplacements de ces statues marquent les étapes des courses, le vrai événement du Yamakasa.



Comme pour le Dontaku, le Yamakasa réunit un nombre important de personnes dans les rues, aussi bien spectateurs qu'acteurs. Les participants sont là pour faire la course. Des haies sont installées sur la route et les Japonais équipées des chaussures de sport dernier cri se... ouais non, en fait c'est très différent : ils sont en équipes (des groupes de 50 personnes minimum) et doivent trimballer sur leurs épaules une charge qui pèse... très lourd (il ont l'air de souffrir).
Des petites courses s'étalent sur toute la durée du festival. Une grande répétition a eu lieu samedi à 4h de l'après-midi, permettant à chacun d'y assister en famille. Le parcours est un peu plus court que celui de la vraie course, celle qui s'est déroulée mardi (dernier jour du festival) également à 4h... mais du matin cette fois-ci (les participants sont motivés !).
Je suis juste allé à la course de samedi (avec le deuxième stagiaire, un japonais et deux coréens) mais pas à celle de mardi (j'étais pas en forme, sinon j'y serais peut-être allé... ou pas). N'étant pas allé aux deux, je ne peux pas vous donner les différences, mais à celle de samedi il n'y avait pas trop de monde (il faisait juste chaud).
Sur la photo ci-dessous, une partie d'un groupe, actuellement ils ne courent même pas mais y'en a au moins qui portent des trucs. Des explications sur leur tenue un peu plus loin...



Lors de la course, les équipes se succèdent tour à tour : les Japonais ont beau être dangereux sur les routes, ils ne vont pas faire du coude à coude sur une rue de quelques mètres de larges avec des trucs énormes sur les épaules. En fait, dans chaque groupe, il y a ceux qui triment et qui se farcissent le machin à porter, ceux qui sont sur le machin en question et qui encouragent vivement, et les autres qui gambadent autour. Comme pour le Dontaku : le principal c'est de descendre dans la rue. Les femmes ne participent pas (faut dire, c'est très select, tenue incorrecte exigée), toutefois les filles en bas âge sont acceptées (ça n'est pas réservé aux adultes).
Tous les participants portent un vêtement particulier constitué d'une veste courte nouée sur le devant, d'un pagne traditionnel et de sandales+chaussettes. La veste arbore souvent un signe caractéristique du groupe, comme le nom et numéro de quartier.
Ils sont en plus équipés d'un bout de corde pour les aider à porter leur lourde charge (même ceux qui ne portent rien du tout). Une autre tradition est d'encourager les porteurs en criant un truc genre de ho-hisse mais pour courir (l'explication est minable, je sais). Le dernier truc c'est de balancer de l'eau sur les porteurs ; des gros récipients (bleus vif, pour pas qu'on puisse les rater) sont disposés aux points clé du parcours pour que les participants équipés de seaux (plus petits, mais de même couleur) puissent se réapprovisionner en eau afin d'asperger leurs copains.
En général une bonne partie du groupe arrive un avance pour défiler un peu et attendre ceux qui suivent, puis le gros arrive avec la statue en courant, et suivi par les derniers ; certains tricheurs participants fatigués n'hésitent pas à couper pour se placer en avance sur un point plus avancé du parcours.

Pour finir et compenser l'absence de liens de cet article (pas inspiré...) et parce qu'une photo c'est trop figé, voici une vidéo du passage d'un convoi, for your eyes only (ben oui, y'a pas de son).
La vidéo (6,24 Mo)


C'était une journée sympathique, malgré la chaleur. J'ai trouvé ça moins spectaculaire que le Dontaku (plus répétitif aussi), mais ça vaut le coup d'œil. Ceci dit, l'ambiance à 4h du mat' doit être bien différente, avec le soleil qui doit tout juste commencer à pointer son nez.