vendredi 30 mai 2008

Boissons

Après avoir parlé de trucs à manger, parlons des trucs à boire qui se font au Japon. Je ne parlerai pas des cérémonies du thé ou des subtilités diverses liées à la préparation de ce breuvage (parce que je n'y connais rien) mais des boissons de tous les jours, du genre de ce qu'on trouve dans les distributeurs ou en magasin (parce que c'est plus fun).


Dans les distributeurs

Ci-dessus, le distributeur de la résidence, il donne un bon aperçu des différents types de boissons qu'on trouve. Au delà des différences d'aspect de la machine ou de forme des canettes, la gamme des produits proposés sont différents de ce qu'on a en France.
On a bien sûr l'omniprésent Coca Cola (et des dérivés) et d'autres produits du groupe comme du Sprite ou du Fanta. Premier truc qu'on n'a pas en France : le Fanta grape. Comme l'indique le nom, c'est au raison. Le goût est un peu particulier, c'est pas mauvais mais pas en trop grandes quantités ; on conçoit tout à fait que ce produit n'ait pas de succès chez nous.

Autre classique, pour les Japonais : le thé (la bouteille en haut avec marqué 茶花, et celles juste à droite). Il s'en vend beaucoup et plusieurs marques se partagent le marché (même pas d'illusions, elles appartiennent aux gros groupes multinationaux). Il y a deux grands types de parfums : thé vert et thé rouge. Je ne suis personnellement pas très adepte du thé en bouteille, il a un goût âpre (pas anormal pour du thé, ceci dit en passant) ; je préfère le thé (froid ou chaud) qu'on a dans pas mal de restaurants (à la place de l'eau) qui est moins agressif.
Comme boissons douces on trouve aussi différentes boissons comme l'Aquarius qui sont des sortes de boissons aromatisées (histoire de donner du goût), principalement au citron et à des trucs chimiques quelconques (du style boissons pour sportifs).

À droite du thé, on a du Real Gold, une des marques de boissons énergétiques qu'on peut trouver, des équivalents de Red Bull. Je n'en bois pas (n'en déplaise à certaines mauvaises langues), j'ai juste goûté une fois, donc je ne saurais vous dire si c'est vraiment énergétique.
Toujours dans la gamme des produits caféinés, mais en en plus soft, on a le café. Là non plus je n'en bois pas, mais il paraît qu'il n'est pas très fort... c'est pas ça qui va aider un drogué du café à tenir debout. Si vous voulez un truc un peu fort, prenez bien du café black, ça vous évitera d'avoir un truc trop fadasse ou coupé au lait : parfois c'est écrit clairement dessus café au lait (besoin de traduction ?), mais ça n'est pas toujours le cas.


Les boissons normales
Il y a bien sûr tout plein de boissons qu'on trouve en magasin, du même style que ce qu'on a chez nous : jus d'orange, équivalent Canada Dry, limonade, etc. Il y a cependant certaines marques que vous ne trouverez pas au Japon (en tout cas j'en ai pas vu), comme par exemple du Schweppes, du Pepsi.
C'est tout pour cette partie ridiculement petite d'un intérêt ridiculement petit.


Calpis du lait qui vient pas des vaches

Calpis

C'est le moment d'attaquer les boisons un peu space. Une très connue est le Calpis (カルピス). Après un rapide tour sur le net, il semblerait que ça ait été exporté dans quelques pays. C'est une boisson qui fait penser à du lait : opaque, blanche, texture similaire. Par contre le goût est différent. J'aurais du mal à le décrire (surtout que j'en ai pas sous la main), le mieux c'est de goûter. En tout cas c'est particulier : parmi les Européens, y'a ceux qui aiment et ceux qui trouvent ça trop spécial pour eux. Moi j'aime bien.
J'aime tester les trucs bizarres (est-il encore nécessaire de le préciser ?), j'ai donc goûté plusieurs des variations existantes : la version de base (Calpis Water), la version pétillante (Calpis Soda) et la version aromatisée à la pêche (Calpis... Peach, je crois), et il en existe d'autres.


Furu-furu, secouez-moi, sinon le jus il coulera pas
Furu-furu Shaker

Vous avez devant les yeux une canette de Furufuru Sheikaa (ふるふるシェイカー), une boisson vraiment très spéciale. La canette est très colorée, ça annonce un goût spécial... mais ça ne s'arrête pas là.
C'est une nouvelle boisson, sortie il y a deux ou trois mois tout au plus. Vendredi dernier, je vois mon camarade français avec un exemplaire du produit dans les mains et qui me dit, partagé entre rire et stupéfaction, que « C'est vraiment trop space, y'a pas que du liquide dedans. » Deux minutes plus tard j'étais de retour avec une canette dans les mains. J'ouvre la canette, je la porte à mes lèvres, je l'incline... rien ne coule si ce n'est un mince filet de liquide. En fait, la canette est remplie de liquide mais également surtout d'une espèce de gelée (qui forcément ne passe pas par l'ouverture). Et là on comprend que sheikaa c'est pour shaker et que le dessin en haut de la canette c'est pour nous dire de la secouer dix fois avant d'ouvrir.
Il fallait le faire, la boisson pétillante en canette-shake. C'était un peu trop tard pour secouer, je n'ai pas pu profiter pleinement de la boisson, mais le goût n'était pas aussi spécial que la consistance, mais pas quelconque pour autant. Il faudra que j'en reprenne une pour tester dans de bonnes conditions.


Melon Cream, breuvage psychédélique
Melon Cream Soda

Pour terminer sur cette série, voici l'énormissime Melon Cream Soda (メロンクリームソーダ). Après une boisson blanche, une boisson jaunâtre en gelée, voici une boisson vert fluo. Ça ne se voit pas trop sur la photo mais c'est vraiment fluo, et ça le vaut bien. C'est vert parce que c'est (censé) être du melon (les melons japonais sont des melons verts), mais ça n'explique pas le fluo.
Le Melon Cream, quand on le voit on ne sait pas ce qu'il y a dedans mais c'est sûrement plein de trucs chimiques, quand on le goûte on n'a pas la réponse mais on a confirmation pour les trucs chimiques, et quand on demande à un Japonais de traduire la liste des ingrédients il n'est pas capable de lire l'inscription sur la bouteille (les kanji pour bicarbonate de sodium ou acide nitrique, ça ne sert pas tous les jours). Le mystère reste donc entier quant à la composition de ce singulier breuvage.
Le goût de cette boissons pétillante est en effet très particulier, ça fait penser à un bonbon (du genre Arlequin). Je ne sais pas ce qu'il mettent dedans mais c'est la première fois que je bois un truc comme ça. C'est très particulier mais c'est vraiment bon, j'adore.



J'ai épuisé toutes les boissons bizarres sur lesquelles je suis tombé. Ce sont des produits qui ont l'air de changer régulièrement, et comme l'été approche, j'ai bon espoir de pouvoir tester d'autres trucs du style d'ici la fin de mon séjour.

dimanche 25 mai 2008

Fukuoka Dome et Comic City

N'étant allé nulle part hier en raison de la météo, et n'ayant aucun endroit particulier à visiter, j'ai décidé de faire un tour du côté du Fukuoka Dômu (Dôme de Fukuoka), pour voir ledit dôme et me balader dans le coin. Il est situé à quelques minutes de là où je travaille (juste à l'ouest, après la rivière).
Le dôme est le (grand) stade de baseball de la ville, premier dôme à toit ouvrant du Japon, et qui abrite l'équipe locale à savoir les Hawks.
Suite au rachat de droits par Yahoo! Japan, le dôme a changé de nom pour devenir le Fukuoka Yafuu Domu (faut savoir que Yafuu est la transcription de Yahoo, on début on se demande ce que ce mot fait là), comme on peut le voir sur la photo.

En arrivant au pied de l'escalier, je trouvais qu'il y avait un peu de monde pour un simple stade ; et les matchs à cette heure-là, ça m'étonnerait. Après avoir gravi l'escalier je vois des masses de Japonais parqués dans des carrés entourés de barrières tandis qu'une personne annonce je ne sais quoi dans un mégaphone. Y s'passe un truc...



En regardant ce qu'il y a autour j'apprends (plus tard aidé d'une rapide recherche sur le net) qu'aujourd'hui est le jour de la 17e édition du Comic City de Fukuoka, une convention de dôjin (j'explique plus loin) qui se déroule plusieurs fois par an, dans plusieurs villes. N'ayant rien de prévu pour la journée, je décide de tenter l'expérience, ça pourrait être marrant. Bénéficiant de l'effet mouton couplé aux compétences exemplaires des Japonais en matière de files d'attente (longues mais rapides), je troque quelques modestes deniers contre un panfuretto (pamphlet), un genre de guide qui sert également de pass d'accès avec tout ce qu'il y a à savoir sur l'event : plan, disposition des stands, liste des cercles présents (y'a des noms qui en tiennent une couche), règles à suivre, règles à suivre, conseils pratiques et informations sur la sécurité, ... La convention est ouverte au public de 11h à 15h, j'ai trouvé ça restreint comme horaires, mais pour le visiteur ça suffit.


Maintenant un brin d'explication sur ce quoi porte la convention (je vais essayer de ne pas faire trop long). Comme vous devez le savoir, le Japon est gros producteur (et gros consommateur) de manga et d'anime (BD et dessins animés à la sauce nippone) ainsi que de jeux-vidéos (surtout certains genres, qu'on ne trouve parfois que là-bas). En plus des produits qu'on pourrait qualifier de commerciaux et qu'on peut trouver sur les étalages des magasins standards (ce qui s'exporte en Europe, entre autres), il existe un marché annexe alimenté par des amateurs. Ceux-ci produisent toute sortes de manga, de jeux (PC) et de livres d'illustrations, très souvent basés sur (ou dérivés de) produits commerciaux (mais de taille plus modeste). C'est comparable aux fan-fictions/fan-arts, mais plus général que ça. Le terme dôjin (同人) a évolué et désigne maintenant les productions des ces groupes, appelés des cercles).
C'est un moyen pour les artistes en herbe ou développeurs indépendants de se faire connaître, mais aussi de diffuser leurs produits sans avoir à lancer toute la mécanique commerciale. Il existe des magasins spécialisés dans ce genre de produits (par exemple Mandarake) et la vente sur Internet existe, mais les conventions restent un bon moyen de vendre ses produits (surtout quand débute). À noter que certains groupes sont plus célèbres que d'autres (vu la quantité, tout le monde n'a pas sa place dans les boutiques), voire carrément (très) connus (et deviennent parfois des entreprises à part entière).

Le stade est suffisamment grand, il y a la place qu'il faut pour circuler, et la pelouse moquette verte gomme les bruits de pas (et c'est agréable de marche dessus). Du coup, malgré ce qu'on pourrait penser (et un fond sonore discret), c'est calme. En se balladant à travers les stands d'environ 1 mètre chacun, classés par genre, on voit un peu de tout. Rarement des œuvres originales (c'est pas non plus une grosse convention) mais essentiellement des trucs basés sur des univers existants, avec les plus connus qui reviennent souvent et d'autres plus curieux (y'en a qui reprennent des jeux de rythme quand même). Au niveau de la qualité, y'en a qui se débrouillent clairement très bien, et d'autres qui font plus peine à voir.
En plus des livres d'illustration, jeux et compagnie on trouve aussi tout un tas de vêtements et accessoires pour poupées, fait main bien évidemment (les poupées ça m'étonnerait par contre), et aussi divers accessoires de déguisement à taille humaine. Tout ça intéresse fortement la gente féminine...

Côté public, c'est la tranche des 20-30 ans qui domine, avec autant de filles que de garçons, que ça soit devant ou derrière les stands (peut-être même plus de filles d'ailleurs). On voit néanmoins pas mal d'adultes plus âgés, parfois des couples avec un enfant, pas trop de jeunes adolescents par contre. Et puis bien sûr, je devais être le seul vrai blond présent. Je précise vrai, parce que des faux y'en avait, pas autant que des personnes à cheveux roses par contre.

Parce qu'en plus de la vente sur les stands, une des activités majeures du salon c'est le cosplay (pour ceux qui ne sauraient pas, ça consiste à se déguiser en un personnage de fiction, ça n'existe pas qu'au Japon). Qui dit cosplay dit bien sûr photos. Celles-ci n'étant pas autorisées sur les stands (les Japonais sont assez pointilleux sur le droit à l'image, etc.), tout le monde se rassemble dans la zone prévue à cet effet (à gauche sur la photo d'ensemble). Sur simple demande, les cosplayeurs sont ravis de poser pour qu'on puisse les prendre en photo : ça va du cliché déconne au téléphone portable aux photos en rafale avec du matériel professionnel style mannequin.
Au niveau des déguisements, il y a les séries populaires qu'on voit en plein d'exemplaires. Il y a les trucs très connus (à gauche, y'avait aussi un Jack Sparrow très réussi) et ceux qu'on préfère ne pas connaître (à droite, les candidats étaient nombreux).


Il y a quelques personnes qui portent un costume disponible dans le commerce, mais les vrais sont ceux qui font leur costume eux-même. Il sont plus ou moins bien réussis mais dans l'ensemble c'est ressemblant et bien réalisé (y'avait un type d'environ 40 ans avec un costume immonde, c'était bien ridicule). Attention toutefois habillé bizarrement n'implique pas être déguisé, ça c'est rapidement acquis au Japon ; mais plus trompeur, la réciproque est fausse : y'en a ça se limite à un t-Shirt bien choisi ou à un uniforme très proche de ce qu'on peut voir tous les jours.
Un point important c'est la pose. Pour certains c'est une pose toute bête, pour d'autres (et/ou sur demande du photographe) il y a des photos de groupe avec mise en scène voire accessoires divers : les cosplayers étant souvent en groupes, il y a possibilité de faire des photos avec plusieurs personnages du même univers. Il y a la pose debout classique, la pose mise en scène, la pose (plus ou moins) comme dans la série, ...
Le modèle


Ce qui est amusant à voir ça n'est pas tellement les cosplayeurs eux-mêmes : même si c'est plus sympa de voir ça en vrai, on peut trouver toutes les photos qu'on veut (ou pas) sur Internet ; c'est surtout l'ambiance qui règne : ça rigole, ça discute (non pas moi, j'étais tout seul et j'ai pas le niveau, y aller à plusieurs ça doit être plus marrant), ça commente, etc. On sent que (comme pour le dontaku) les Japonais présents aiment bien se déguiser, c'est un bon prétexte pour s'amuser. Ils aiment également beaucoup prendre des photos avec des poses pour délirer, alors ça forcément ça y va fort. Ça créée parfois des mouvements de masse où tout le monde se rassemble, plus ou moins en se jetant l'un sur l'autre, tout en rigolant, comme sur la photo ci-dessous. (Ce qu'on ne voit pas c'est que par terre, hors du cadre, il y a une trentaine d'appareils amassés, pour que chacun ait sa photo.)



Quand l'événement touche à sa fin, tout le monde rassemble ses petites affaires, ce qu'il reste (ou pas) sur son stand, une longue queue se forme devant les vestiaires, les gros acheteurs rassemblent leurs récentes acquisitions dans des cartons pour qu'ils soient envoyés directement chez eux par l'entreprise proposant ses services de livraison... C'est l'heure de rentrer, un peu fatigué.
Tout s'est déroulé très gentiment, dans une bonne ambiance, sans avoir besoin de tout un service d'ordre ou je ne sais pas quoi. Ce qu'il est amusant de remarquer c'est que contrairement aux événements similaires approchants qui ont lieu en France (comme la JapanExpo), les deux seuls (petits) stands professionnels qu'il y avait vendaient des ramettes de papier et du matériel informatique pour dessiner. On pourrait dire que seule la logistique est assurée par des professionnels, tout le reste est animé et construit par les participants.

vendredi 23 mai 2008

Dazaifu

Dimanche dernier (oui, je n'ai pas écrit grand chose ces derniers temps), je suis allé visiter Dazaifu (大宰府), et surtout le temple dédié à Tenjin, pour lequel l'endroit est célèbre. Le site est au sud-est de Fukuoka, en dehors de la ville. Pour y aller il a fallu prendre le train. Et contrairement à la ligne que je prends tous les jours, c'est beaucoup plus compliqué. Le plan est un joyeux mélange de lignes qui se croisent dans tous les sens, encore plus que le RER parisien : bien faire attention de prendre le bon train, sachant que le premier ne sera pas forcément le plus rapide.

Une fois arrivé dans la ville de Dazaifu, il reste encore à se rendre sur le site. L'entrée est située dans le prolongement d'une longue rue en pente (le temple étant évidemment en hauteur) avec plein de boutiques diverses et variées (et même un soit-disant duty-free, je me demande s'ils savent vraiment ce que c'est). Le temple lui-même n'a rien de très exceptionnel, en gros, c'est comme le sanctuaire de Kashii mais en plus grand : on retrouve les trucs classiques : de quoi se rincer les mains, les endroits où accrocher les tablettes en bois avec des vœux dessus, etc. Il n'y aura donc pas grand chose à dire dessus.
À l'entrée il y a une statue de bœuf apparemment célèbre : le touriste caresse la tête de la bête (puis se fait prendre en photo avec, bien entendu). Un peu plus loin, on tombe sur un dresseur avec son singe qui faisait une petite animation pour gagner quelques pièces. Puis on arrive à la partie centrale du temple où les gens vont prier et où un prêtre déclamait une longue prière.



Sur le site on trouve également, parfois un peu planqué, quelques tombes et curiosités, souvent recouvertes d'inscriptions (que des kanji, du japonais ancien pas forcément lisibles par les Japonais eux-mêmes). Sur la photo de gauche, un genre de monument à la forme étrange. D'après une inscription, il n'y en aurait que huit au Japon. Je ne saurais pas vous dire ce que c'est, mais on peut reconnaître sur la pierre ce qui semble être le symbole de Tenjin : la fleur à cinq pétales, parfois uniquement représentée par cinq disques. À droite, une des tombes qu'on peut voir sur le site, celle-ci étant couverte d'un gros pinceau (lié à la profession de la personne commémorée).


D'après ce que j'ai pu lire et entendre, le site possède quelques autres éléments célèbres comme un prunier attaché à une légende ou un jardin Zen que nous n'avons pas pu visiter cette fois-ci. Je n'ai pas les détails de tout ça, mais si vous êtes intéressés vous pourrez facilement trouver plus d'informations avec une petite recherche.


Pas loin du temple on peut trouver le Kyushu National Museum installé dans un grand bâtiment moderne. Pour y accéder, on doit emprunter une série d'escalators et de tapis roulants, le musée étant placé en hauteur. Détail inutile d'un truc typique du Japon : le tapis roulant prend soin d'annoncer au touriste qu'on est bientôt arrivé, c'était pas nécessaire...
On a fait une visite dudit musée qui rassemble divers objets anciens : débris archéologiques, poteries, armes et armures, maquettes, cartes peintes (assez jolies), etc. Sympathique à voir mais rien de transcendant pour autant, un musée ordinaire et dont la visite est relativement rapide.


La journée a été sympathique mais il n'y a pas grand chose de particulier à raconter. Je donne peut-être l'impression d'être complétement blasé, mais c'est juste qu'il n'y a rien qui m'ait particulièrement marqué.

samedi 17 mai 2008

L'outil de base du Japonais

Certains disent qu'en France les gens ont toujours leur téléphone portable dans la main. Ça n'est pas totalement faux, mais quand on voit comment c'est au Japon, on apprend à relativiser. Des keitaidenwa (携帯電話, abrégé comme chez nous en keitai qui signifie juste portable) on en voit partout. Prendre le métro est un bon moyen de constater le phénomène qui concerne toutes les générations.

Au Japon, le leader du secteur c'est SoftBank. À l'origine c'était une banque mais depuis que la société a racheté une boîte de téléphones portables... C'est également LE sponsor de l'équipe de base-ball de Fukuoka, qui n'est pas une petite équipe (au Japon on aime le base-ball). Au niveau des tarifs, je ne sais pas trop ce qui se fait en France, mais de ce qu'on m'a dit c'est beaucoup moins cher ici (si vous voulez comparer). Par exemple pour les abonnés SoftBank, avec un forfait basique, les appels et envois de mails vers un téléphone de la marque sont gratuits (sachant qu'ils sont leaders...).

Avec un téléphone, qu'est-ce qu'on fait ? On ne fait pas que téléphoner bien entendu (personne ne téléphone dans les rames de métro et de train, ceci dit en passant). Contrairement à la France, personne n'écrit de SMS, c'est dépassé : on envoie des e-mails, et pas qu'un peu. Il faut dire que la langue permet d'écrire plus rapidement. On commence à taper la prononciation et y'a une auto-complétion à double usage : lister les mots possibles et faire la transcription en kanji. Certes, il y a aussi de l'autocomplétion en France mais elle est moins performante. Le japonais étant plus compact et avec moins de petits mots perdus ; c'est beaucoup plus rapide et pas besoin de langage SMS tout crade. Un défaut tout de même, ils utilisent le SJIS (un encodage vraiment pourri) : si vous envoyez un mail en UTF-8 avec du japonais à un portable n'espérez pas qu'il soit interprété correctement.

Bien entendu, l'usage du portable ne s'arrête pas là. Comme en France il y a un appareil photo intégré (cela va de soi) et des jeux, avec certains bien japonais (en z'yeutant un peu je suis tombé sur un jeu de pêche). Dans les transports, les Japonais ne se contentent pas de jouer et d'envoyer des mails. Suivant les modèles on les voit incliner leur téléphone et/ou faire pivoter l'écran et/ou déplier une antenne. Recevoir la télé sur son téléphone est une chose tout à fait banale, et y'a un bon réseau de diffusion.
Y'a un autre truc bien utile quand on est avec des japonais (je ne sais pas si c'est dans le téléphone ou si ça se fait via Internet) : un dictionnaire anglais/japonais.

Pour finir, l'accès au net pour les téléphones portables est très développé : les portables sont équipés pour et beaucoup de sites ont une version pour mobile et certains services ne sont proposés que par l'intermédiaire de cette version. On voit aussi un peu partout (produits, pubs, ...) des codes barre 2D de ce type qui codent une adresse Internet ; en photographiant le code barre avec son portable, on peut accéder au site (sans avoir à taper l'adresse). Il doit probablement y avoir d'autres usages plus spécifiques de ce système d'ailleurs.

lundi 12 mai 2008

Questions pour un (non) nippon

Petit grand jeu (ou l'inverse) aujourd'hui, pour stimuler les méninges... ou pas.
Une (courte) série de questions sur tout et rien, les réponses et explications sont rassemblées à la fin.


Et on commence tout de suite par une question à 1 point.
Q1 : Nous sommes le 12 mai 2008, vous avez votre correspondance train vers métro à prendre à Kaizuka. Vous êtes devant les pseudo-portillons de contrôle et avez en main votre carte de transport qui expire le 20.05.08.
Que faîtes-vous ?

On enchaîne tout de suite avec une question musique, pas d'indice, mais vous avez la main.
Q2 : Où et quand faut-il aller pour entendre une version instrumentale de Ce n'est qu'un au-revoir ?

Sans transition, une question sur la télévision.
Q3 :À quelle heure se terminent les programmes télévisés au Japon ?

Pour varier les plaisirs, une question en images.
Q4 : Où travaille cette charmante personne (je dénie toute responsabilité pour les sensibilités heurtées).
Avec un indice.

Et pour finir, une question gastronomie.
Q5 : Que peut-on manger au Japon ? Des têtes de crevettes ou du cartilage de poulet ?



C'était dur ? Je sais... Mais sans plus attendre, les réponses.


R1 : Vous allez renouveller votre carte périmée depuis 4 jours déjà.
Il faut le savoir, les japonais ont deux systèmes pour compter les années, à peu près autant utilisés l'un que l'autre : celui que tout le monde utilise (et qui dit que nous somme en 2008) et un à eux basés sur le nombre d'années de règne de l'empereur (dans celui-ci, on en est à l'année 20).
On peut penser que ça peut prêter à confusion, mais en fait non. Déjà parce que les Japonais écrivent l'année complète (2008 et pas juste 08). Et puis parce qu'ils ont la bonne idée de toujours écrire dans l'ordre année/mois/jours. Comme séparateurs on voit souvent le point ou le tiret, mais (curieusement) pas le slash. En japonais une date s'écrit comme ceci (par exemple pour le 12 mai 2008) : 2008年5月12日, des kanji très classiques. Les dates sont aussi fréquemment suivie du jour de la semaine, marqué entre parenthèses (chaque jour correspondant à un kanji). Les mois n'ont pas de noms en japonais (comme nous avons janvier, février, etc.), du coup les dates, on est sûr de pouvoir les lire.

R2 : Dans une gare, à l'heure du dernier train.
Je sais que c'est le cas dans une des gares de Kashii (je l'ai entendu ce soir, ça dure longtemps en plus), et j'ai entendu dire que c'était pareil pour le métro. En tout cas, ils ont le sens de l'humour (imaginez le type qui rate son train de justesse, avec cette musique dans les oreilles).

R3 : Aux alentours de 28h, en moyenne.
J'ai trouvé un programme télé sur le net, et en voyant ça j'ai d'abord cru à un bug du système, mais en fait c'est tout à fait normal : les programmes qui débordent sur la nuit sont comptés dans le jour précédent, sans remettre l'horloge à zéro. Heureusement qu'il n'y a pas que l'heure pour programmer des enregistrements, ça ne doit pas être simple sinon...

R4 : À environ 3 mètres de moi.
Oui, c'est un collègue d'un box à côté, qui travaille sur le même projet que nous, et on mange régulièrement avec lui. Comparez-donc avec la personne en haut à droite de la photo donnée en indice. Qui soupçonnerait ça d'un ingénieur en informatique ? surtout qu'il en a tout une collection de photos de cosplay sur son site, et que (dixit un des Français) il est très enthousiaste quand il en parle, il vous montre d'autres photos, etc. Les Japonais ont des goûts... particuliers quand même. Il ne faut pas non plus aller croire que c'est ultra banal et répandu, y'a aussi des Japonais qui trouvent ça bizarre et que ça amuse. Mais globalement on dirait qu'ils aiment bien se déguiser les Japonais, et ça n'est pas le même genre de costumes que ce qu'on a chez nous (y'a qu'à voir ce qu'on peut trouver dans les magasins).

R5 : Les deux bien sûrs, et frits bien évidemment.
J'ai goûté, ça n'est pas transcendant. Le plus étrange c'est le cartilage. Ça craque sous la dent de manière un peu spéciale, ça se mange mais je préfère de loin du vrai karaage (avec une bonne sauce).

samedi 10 mai 2008

Afficheurs et chenillards

Ceux qui étaient à la coupe de France de robotique en 2006, et d'autres également, savent que j'aime bien faire clignoter des leds (aaah... mon premier K2000...). Au Japon ils ont l'air de bien aimer ça les chenillards (c'est quoi un chenillard ?). Je me devais donc d'en toucher deux trois mots, au moins pour les gars d'Eirbot qui sont dans le même cas que moi.

Première chose : les Japonais ont beaucoup d'écrans lumineux, y'en a un peu partout. On en voit aussi en France mais beaucoup moins, et des moins gros. Deuxième chose : du fait du système d'écriture, ils ne peuvent pas se contenter d'afficheurs à segments ou d'afficheurs de faible résolution (tram bordelais par exemple) : comptez au moins 16x16 pixels pour pouvoir afficher des kanji.


Où qu'on en voit des leds ?

Je passe sur les écrans et panneaux géants qu'on peut voir en centre ville et qui sont d'une autre dimension pour ne parler que de ceux qui restent de taille plus ou moins normale. Déjà pas mal de boutiques en ont (je ne parle même pas des pachinko), des gros qui brillent, si possible entourés d'ampoules de toutes les couleurs pour attirer le client : texte, images, animation, ... on voit de tout. Mais ça reste relativement commun...
En fait, dès qu'il y a des leds ou un afficheur, même petit, il faut que ça bouge et on a droit à un chenillard, et ça concerne pas mal de choses : péage de parking, indicateurs placés devant les escalators, témoins lumineux sur les distributeurs (en plus y'a deux couleurs à chaque fois : bleu et rouge pour les boissons fraîches et chaudes), mini afficheurs sur ces mêmes distributeurs (et qui n'ont pas l'air de servir à grand chose à part faire chenillard), ... Certains Jacky vont même jusqu'à mettre des afficheurs au dessus du pot d'échappement de leur moto déjà bardée de grosses lumières bleues.


Dans le métro

Les quais du métro mais aussi les rames ont droit à des afficheurs haut de gamme, rien à voir avec les pauvres trucs du tram bordelais par exemple (ça doit être pareil pour les autres trams d'ailleurs). J'ai tout de suite été séduit par ces zolis afficheurs et leur gestion particulièrement efficace. Ça bouge pas mal dans les rames, mais j'ai quand tout de même réussi à vous prendre une photo correcte.


Comme vous pouvez le voir, on a droit à un truc de bonne taille : un écran de 128x32 leds permettant d'afficher deux lignes de 16 kanji chacune (chaque kanji faisant 16x16 pixels), le tout avec 3 couleurs différentes disponibles (simultanément bien entendu). Sur les quais il y a bien évidemment des afficheurs plus gros, avec une meilleure résolution (24x24 par kanji), mais toujours aussi bien gérés). Là ce sont uniquement des caractéristiques techniques, mais la grosse différence réside qu'au Japon ils n'ont pas des trucs tout bugués codés par des stagiaires incompétents en stage de première année. À Bordeaux les afficheurs partent régulièrement en vrille, au Japon je n'ai jamais vu ça encore.

Déjà il est impensable de se limiter à une seule police : on a donc droit à deux tailles de base, sans compter les polices pour l'affichage du texte en anglais. Chaque ligne est évidemment gérée indépendamment des autres et les messages ne se chevauchent pas comme dans le tram.
On a toujours à disposition le nom du prochain arrêt, plus des messages divers qui défilent (correspondances, mettre son téléphone en mode vibreur, version en anglais, etc.).
Dans toutes les situations, l'espace est toujours utilisé intelligemment pour une lisibilité maximale, même avec les noms de stations trop longs, comme par exemple quand il s'afficher en grand (on respire) Maidashikyudaibyouinmae (馬出九大病院前) qui, avec ses 16 kana et ses 7 kanji, est le nom de station de métro le plus long du Japon : une autre police est choisie et subit un redimensionnement intelligent.


Je me demande s'ils ont un simulateur pour ça...

jeudi 8 mai 2008

Les repas du jour

Aujourd'hui je vous propose un petit aperçu en images photos (et bien évidemment accompagnées d'explications) du genre de repas que je mange le midi au restaurant. Aujourd'hui vous aurez droit à deux exemples, d'autres suivront peut-être.


カツオムライスカレー



En rômaji ça donne katsuomuraisukaree. Après découpage on obtient katsu omu raisu karee. Explication...

  • katsu : quelque chose de pané et frit (de la viande en général), ça se reconnaît aisément sur la photo ;
  • omu : une version contractée pour dire omelette, vous savez tous ce que c'est ;
  • raisu karee pour rice curry : du riz au curry, avec le riz à gauche (sous l'omelette) et la sauce curry à droite.

Le katsu et l'omelette ne nécessitent pas de commentaires particuliers. On a l'équivalent en France, tout le monde connaît. Pour le riz au curry, il faut savoir que c'est très courant au Japon : tous les restaurant en proposent, c'est le plat de base qui coûte pas cher et qui remplit bien l'estomac. Il est toujours servi de la même manière (d'un côté le riz, de l'autre le curry) et se mange à la cuillère (à soupe), hors du cadre de cette photo. Avis au sensibles du palais, c'est tout de même bien épicé, faites attention.

Sur la gauche de l'assiette vous avez ces petits trucs rouges à picorer. Je ne saurais pas vous dire le nom, ça doit être un légume quelconque. Au fond, en bonus, vous avez un bout du bentôt de mon voisin d'en face. Entre ça et mon assiette vous pouvez voir une tasse de thé. Le bol sur lequel sont posées les baguettes contient la soupe miso, chaude, avec quelques herbes dedans et divers ingrédients (qui donnent notamment cette couleur blanchâtre). Pour finir un peu de salade avec une sauce crudités quelconque.

Ce n'est pas un repas très cher, c'est dans la fourchette basse des prix qu'on trouve dans le quartier de Momochi : 650 yens (4€). Par contre ça nourrit bien (très bien même). Ce même restaurant sert surtout des bentô (mais cette fois-ci j'avais pris autre chose). Tant que je suis à raconter ma vie, la première fois que j'y ai mangé, on n'était assis par terre (on laisse ses chaussures et on y va en chaussettes). Il y a un petit coussin pour s'asseoir mais c'est hautement inconfortable pour les gens qui, comme moi, on des jambes dont la longueur et la souplesse rappellent des spaghettis crus : impossible de se mettre décemment en tailleur, les jambes s'en rappellent.


Le repas en pièces détachées



Là c'est dans un restaurant plus cher que la moyenne : 850 ou 900 yens (environ 5,50€), je ne me souviens plus exactement. C'est un restaurant qui fait dans le katsu, avec différents choix de viande et poissons. Le truc pour pas s'embêter (et payer un peu moins) c'est de prendre un higawari (日替わり, plat du jour, le choix pratique qui évite d'avoir à vraiment choisir).

Ce restaurant a quelques particularités amusantes. Tout d'abord la table : presque vide quand on arrive, elle se remplit de toutes sortes de choses à une vitesse assez incroyable. Bols pour le riz, soupe miso, petites coupelles, sauce soja classique, sauce pour le katsu, récipient commun pour le riz, récipient avec les graines de sésame et j'en passe... la table est vite entièrement recouverte.
Un autre truc c'est qu'on prépare soi-même la sauce pour les katsu, que vous pouvez voir dans la coupelle sur laquelle sont posées les baguettes (y'en a pas mal de sauce parce que je l'apprécie particulièrement). On commence par verser des graines de sésame dans la coupelle dont les bords sont striés (ça n'est pas un hasard). Deuxième étape : on écrase les graines au moyen des pillons (que vous pouvez voir sur la photo, entre le bol de riz et la soupe miso), ça explique les bords striés. Dernière étape : on verse un des deux sauces disponibles (la douce et la normale, pour ceux qui veulent du goût) et on mélange le tout. Il ne reste plus qu'à y tremper ses katsu. Ceux qui comme moi apprécient quand y'a du goût peuvent ajouter une sorte de moutarde (le goût est très proche) pour que ça soit meilleur.

Dans l'assiette vous pouvez voir que les katsu sont différents : il y a de la viande mais aussi une (grosse) crevette (dont on voit la queue dépasser), ainsi qu'une aubergine (le truc sombre). Comme c'est souvent le cas, les katsu sont accompagnés de chou (à droite de l'assiette, avec une sauce quelconque à côté). Dans ce restaurant, c'est chou et riz à volonté : il suffit de demander (ça explique un peu pourquoi c'est plus cher que la moyenne). On en voit se faire resservir généreusement de chou et engloutir l'immense volume en quelques bouchées, pareil pour le riz d'ailleurs.